PREFACE
V>'est par la langue maternelle que doivent commencer les études, dit M. Rollin. Les Enfans comprennent plus aisément les principes de la Grammaire, quand ils les voient appliqués à une langue qu'ils entendent déjà, et cette connaissance leur sert comme d'introduction aux langues anciennes qu'on veut leur enseigner. Nous avons de bonnes Grammaires françaises, mais je doute qu'on puisse porter un jugement aussi' favorable des Abrégés qui ont été faits pour les commençans. Les premiers élémens ne sauraient être trop simplifiés. Quand on parle à des enfans, il y a une mesure de connaissance à laquelle on doit se borner, parce qu'ils ne sont pas capables d'en recevoir d'avantage. Il est surtout important de ne pas leur présenter plusieurs objets à la fois : il faut, pour ainsi dire, faire entrer dans leur esprit les idées une à une. comme on introduit une liqueur goutte à goutte dans un vase dont l'embouchure est étroite ; si vous en versez trop en même temps, la liqueur se répand, et rien n'entre dans le vase. Il y a aussi un ordre à garder : cet ordre consiste principalement à ne pas supposer des choses que vous n'avez pas encore dites, et à commencer par