CHAP1TI&E XI
De V Orthographe.
L'orthographe est la manière d'écrire correctement tous les mots d'une langue.
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Orthographe des noms.
1°. La première lettre des noms propres, noms de dignité, doit être une lettre capitale ; Pierre. Paris,
2 ° . Tous les noms qui ne finissent point par s au singulier en prennent une au pluriel ; exemple : tin jardin charmant, des jardins charmans.
3 ° . C'est une faute d'écrire sans h les mots qui commencent par cette lettre : écrivez l'honneur, et non pas l'onneur : quoiqu'on écrive honneur avec deux nn, il n'y en a qu'une dans honorer.
4 ° . On écrit avec mp, compte, compter, pour signifier supputer ; avec m seulement, Comte, Comté, titre, dignité ; avec une n, conte, conter, pour signifier raconter.
:.. 5°. On écrit avec mp, champ, pour signifier terre, et avec nt, chant, pour signifier l'action de chanter.
6°. On écrit aussi/a/?», besoin de manger, etjin, le terme où finit une chose : la mort est la fin de la vis.
Mots en ace et en asse.
On écrit ainsi par ce, glace, besace, grimace, espace, place, race, etc.
Et pas ss, terrasse, basse, grasse ; tous les imparfaits du subjonctif de la première conjugaison : j'aimasse, j'appelasse, etc.
Mots en ance et en ence.
On écrit par a les mots suivans : abondance, constance, vigilance, distance, etc.
Et par e, prudence, conscience, absence, clémence, éloquence, etc. (On suit à cet égard l'orthographe latine : abundantia, prudentia). Mots en èce et en esse.
On écrit ainsi par ce, nièce, pièce, et par sse , adresse, blesse, paresse, etc.
JVLots en ice et en esse.
On écrit ainsi par ce, calice, office, artifice, précipice, etc.
Et par sse, écrevisse, réglisse, jaunisse ; tous les imparfaits du subjonctif de la deuxième, et quatrième conjugaisons, je finisse, je rendisse. Mots en sion, tion, xion, ction.
On écrit par une s, appréhension, dimension, pension, convulsion, ascension, etc., et par /, attention, condition, agitation, discrétion, etc.
Remarque. T conserve sa prononciation dans les noms où il est précédé d'une s ou d'un x, question, indisgestion, mixtion : autrement il se prononce comme s : attention : prononcez attension.
On écrit par x, fluxion, réflexion, complexion, génuflexion, etc,. et par et, action, distinction, séduction, prédilection, etc.
{Ces observations ne peuvent être réduites en règles générales ; la lecture et le dictionnaire doivent en tenir lieu).
Orthographe des Verbes.
Présent de Vindicatif.
Singulier. 1.° Si la première personne finit par e ; j'aime, j'ouvre, ect., on ajoute s à la seconde; la troisième est semblable à la première ; exemple : j'aime, tu aimes, il aime.
Si la première personne finit par s ou x, la seconde est semblable à la première : la troisième finit ordinairement en t ; je finis, tu finis, il finit.
(Dans quelques verbes, la troisième personne se termine en d; il rend, il vend, il prétend).
Pluriel. Le pluriel, dans toutes les conjugaisons, se termine toujours par ons, ez, ent : nous aimons, vous aimez, ils aiment ; nous finissons, vous finissez, ils finissent.
Imparfait de Vindicatif.
Il se termine toujours de cette manière : ois, ois, oit, ions, iez, oient.
J'aimois, tu aimois, il aimoit, nous aimions vous aimiez, ils aimoient.
Prétérit de Vindicatif.
Le prétérit défini a quatre terminaisons : ai, is, us, ins, de cette manière :
J'aimai, tu aimas, il aima, ; nous aimâmes, vous ai mates, ils aimèrent.
Je finis, tu finis, il finit; hjus finîmes, vous finîtes, ils finirent.
Je reçus, tu repus, il reçut ; nous reçûmes, vous reçûtes, ils reçurent.
Je devins, tu devins, il devint ; nous devînmes, vous devîntes, ils devinrent.
Futur de Vindicatif.
Il se termine toujours ainsi : rai, ras, ra, rons, rez, ront.
J'aimerai, tu aimeras, il aimera ; nous aimerons, vous aimerez, ils aimeront
Je recevrai, tu recevras, il recevra : nous recevrons, vous recevrez, ils recevront (1).
Conditionnel présent.
Il se termine toujours ainsi : rais, rais, raït ; rions, riez, raient.
J' 'aimerais, tu aimerais, il aimerait ; nous aimerions, vous aimeriez, ils aimeraient. Je recevrais, tu recevrais, il recevrait ; nous recevrions, vous recevriez, ils recevraient.
Présent Bu Subjonctif.
Il se termine toujours ainsi : e, es, e ; ions, iez, ent.
Que j'aime, que tu aimes, qu'il aime ; que nous aimions, que vous aimiez, qu'Us aiment
Imparfait du Subjonctif
Il y a quatre terminaisons : asse, isse, lisse, insse, de cette manière :
J'aimasse, tu aimasse, il-aimkt ; nous aimassions ; vous aimassiez, ils aimassent
Je finisse, tu finisses, il finit ; nous finissions, vous finissiez, ils finissent.
Je reçusse, tu reçusses, il reçut ; nous reçussions, vous reçussiez, ils reçussent.
Je devinsses, tu devinsses, il devînt ; nous devinssions, vous devinssiez, ils devinssent.
(1) N'écrivez pas je receveraijs renderai; on ne met « devant m qu'à la première conjugaison.
Remarquez que les secondes personnes plurielles des verbes ont ordinairement un z à la fin.
Remarques.
Sur l'Orthographe de Pronoms, Adverbes et
autres mots.
JLjeur ne prend jamais s à la fin quand il est joint à un verbe, alors il signifie à eux, à elle : ces enfans ont été sages, je leur donnerai un prix.
Leur suivi d'un nom pluriel prend une s, alors il signifie d'eux, d'elles, un père aime ses enfans, mais il n'aime pas leurs défauts.
On ne met point d'accent sur o, dans notre, zotre, quand ils sont devant un nom : votre père, notre maison ; mais on met un accent circonflexe sur ô dans le nôtre, le vôtrejanôtre, la vôtre ; exemple : mon livre est plus beau que le vôtre.
On met un accent grave sur lu, adverbe de lieu : allez là ; on n'en met point sur la, article : la reine, ni sur le pronom féminin la : je la connais.
On met un accent grave sur où, adverbe de lieu : où allez-vous ?
On n'en met point sur ou conjonction, c'est vous ou moi.
On met un accent grave sur à préposition : je vais à Paris.
On n'en met point sur a troisième personne du verbe avoir : il a de l'esprit.
On met un accent circonflexe sur dû parti-
cipe du verbe devoir : rendez à chacun ce qui lui est dû : on iren met point sur du article : la lumière du soleil.
De V Apostrophe,
V apostrophe (') marque le retranchement d'une de ces trois lettres : a, e, i.
A, e, suivis d'une voyelle ou d'une h muette se retranchent dans le, la, je, me, te, se, de, ne, que, ce.
Le, on dit : l'ami, V enfant, l'instinct, l'oiseau, Vunivers, l'honneur, pour le enfant etc.
La, on dit : V abeille, Vipée, V intention, V oisiveté, etc., pour la abeille, la épée.
Je, on dit : j'apprends, j'étudie, f honore, j'oublie, etc. pour je apprends.
Me, on dit : V/>us m'aimez, vous m'estimez, vous m'instruisez, etc., pour vous me aimez.
Te, on dit ; je t'avertis, je t'ennuie, je t'invite. etc., pour te avertis, etc.
Se, on dit : il s'amuse, il s'ennuie, il s'instruit, il s'occupe, pour se amuse, etc.
De, on dit : beaucoup d'apparence, d'ignorance, d'orgueil, pour de apparence, etc.
Ne, on dit : je n'aime pas . je n'estime pas, il n'obéit pas-, pour ne aime, etc.
Que, on dit : qu'avez vous fait? qu'importe? pour que avez vous fait ? etc.
C?, on dit : c'est la vérité, pour ce est, etc. .
E à la fin des mots quelque, entre, jusque.
Quelque perd e devant un, autre : quelqu'im, queîqu'<77tf/T.
Entre perd e devant eux, elles, autres : entr'eux, entr elles, entr' autres.
Jusque perd e devant à, au, aux, ici .-jusqu'à. Paris, jusqu'au ciel, jusqu'ici
I se retranche dans le mot si, devant il, ils : s'il arrive, s'ils viennent.
Du trait d'union.
Le trait d'union (-) se met entre les verbes et je, me, moi, toi, tu, nous, vous, il, ils, elle, elles, le, la, les, lui, leur, y, en, ce, on, quand ces mots sont placés après le verbe.
EXEMPLES
Irai-je ? viens-tu ? donnez-lui, achever a-t -il ? viendra-t-elle ? a-t-on fait ? prenez-en, etc.
On met encore le trait d'union entre deux mots tellement joints ensemble qu'il n'en font plus qu'un ; chef-d'œuvre, contre-pointe, avantcoureur.
Du Tréma.
Le tréma ( " ). On appelle ainsi deux points placés sur les voyelles i, e, u, quand ces lettres doivent être prononcées séparément de la voyelle qui précède, comme haïr, païen, aïeul, ambiguë, pour empêcher qu'on ne prononce ce dernier mot comme fat igue.
De la cédille.
La cédille (ç) On appelle ainsi une petite figure qu'on met sous le c devant a, o, u, pour avertir qu'il doit avoir le son de s, comme dans façon, leçon, façade, reçu.
De la Parenthèse.
La parenthèse. On appelle ainsi deux crochets ( ), dans lesquels on renferme quelques mots détachés ; exemple ; celui qui évite d'apprendre (dit le sage) tombera dans le mal.