RECONNAISSANCE
On peut consulter la Poétique d'Aristote et le commentaire de CastelTetro sur ces différentes combinaisons de ïa reconnaissance , et sur les manières de la varier , soit relative» ment à la situation et à la qualité des personnes ) soit relativement aux moyens qu'on emploie pour ramener , et aux effets qu elle peut produire.
La reconnaissance k\9L.(\\xel\e Atistote donne la préférence est celle qui nait des incidens de l'action même , comme dans T Œdipe : mais je crois pouvoir lui comparer celle qui nait d'un signe involontaire que l'inconnu laisse échapper ; comme dans Topera de Thésée , où ce jeune prince est reconnu à son épée au mo- . ment qu'il jure par elle, lie plus beau modèle en ce genre est la manière dont Oreste sa faisait connaître à sa sœ^r dans V Iphigénie de Polydes, lorsque ce malheureux prince , conduit aux marches de l'autel pour y être immolé , s'écriait : « Ce n'est donc pas assez que ma sœur ait été sacrifiée à Diane , il' faut que je le sois aussi !»
La reconnaissance doit-^elle produire tout à coup la révolution ou laisser encore en sus- , pens le sort des personnages? Dacier^ qui préféré laplusdédsive, n'a vu l'objet que tf un côté.
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Si U révolution se hit éa bosbéur au malheur, elle doit être t«nrible , et par conséquent tout changer, tout renverser, tout décider en un instant. Si au contraire la révolution se fait du itial^ur iiu bosheiir, et que la. reconnnùsance réunisse des malheur reux x{tii s'aiment , comme dans Méropè et da^ns Iphigénie , pour que leur réunion soit attendrissante il laut que révénament soit suspendu et caché ; car la joie p«re et tran> quille est le poison de l'intérêt L'art du poète consiste alors à les engager, au moyen de la reconnaissance même , dans v& péril nouveau , sinen plus terrihle , au moins plus' touchant que le premier, par l'nirtérêt qu'ils prennoit l'un à l'autre. Mérope en e^ na eiemple rare et difficile à innter*
Il n'y a point de reeonnaissêine^ saim une sorte de péripétie ou changement 4» fortune , ne fît*-eUe, dans la fhbk simple^ qu'ajduter au malheut des perscmaages i»téressans . Mais il peilt y a'voir des révohrtions sans reconnaissance; et quoiqu'elles ne soient pas aussi belles , les Grecs ne les dédatgnaicni pas.
Il y a aussi une r&ioHnaissïince^Bt% clKises , comme de rinnoeenee d'Hippoljte., deZaïre^ d' Anvénâïde , de la perfide de Giéeqpâtre dana
KAisoirirB«BNT. 145
Rockkgiinc, de IVmpottoimèmtiBtdlhès, etc.; «I celto-ci nejK>nt pat ks inoins piâlU-
La reconnaissance egt ÎBtéi^cssaiite liftna la tragédie, sok avant, soit^ après* lecrine :
a<rant, poi« empêcher qu^U^ ne aail eommb; après , pour en faire seiMtir tgaft k regret.
Ijà reconnaissance est, daiisiedeiiuu|Éa, ' une source de ridlcuèe , connue die est daaa ia tragédie mie souree de pathétique ; date «ette'*-ci , c'est toass ibére qoî irai tuer son tia , an fila qui vient de tuer sa iiièi% , e< qui fe«- ^oanaissent , i'vne le crime qvfelle a i lajft commettre , l'autre le crime qu'il aeommiri : dans celle-là, c'est un vieux jaloux^ qui , par erreur , livre à son rival sa maîtresse , et ne s'aperçoit de sa méprisé ^ue lorsqu'il n'est plus temps , comnie dans Y Ecole des Maris ; c'est un J€tlne étourdi quriiieiiie<;ohitaM-son rival qu'après qu'il lui a conlié touC ae qu'il a laât et tout ce qu'il veut faire pour lui enlever- sa maîtresse , comme dans V Ecole des Femmes ; c'est vak ottcle et un neveu dont l'un veut ihire enfermer l'autre, et qui se trouvent camarades de Iroope dans une comédie de apciété, coflune dans la Méitomame ;
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t'est un fils clissipateur et nn père usurier, qui , dan* le prêteur et l-emprunteur qu'ils cherchent réciproquement, se rencontrent, tomme dans V Avare.
Cil? sent combien la méprisé qui précède ces reconnaissances , la surprise , Fétonnetaient, rembarra^ la révolution qui les suit, doivent contribuer à ce qu*on appelle le comique de situation :' et si à la reconnaissance àes personnes on ajoute celle des choses, v*'est-à-dire des bévues et des erreurs où le personnage ridicule est tombé, des pièges où il s*est laissé prendre , on aura l'idée de presque tous les moyens qui , dans la comédie , amènent les révolutions.