SYMBOLE
^2 eau trop étroit ^ pour dire, évitez tout engagement qui gène votre liberté. Ne remuez ^j?éts le feu avec Vépée y pour dire , n'irritez pas l'homme colère et violent. Ahstenez-voûs de fèves y pour dire, ne vous mêlez pas des affaires publiques. Ne vous promenez pas SUT les grands chemins , pour dire , ne vous réglez point sur l'opinion de la multitude.
Aidez celui qui soulève un fardeau , pour dire , encouragez le travail. Ne logez point sous vos toits r hirondelle y pour dire, ne formez point de liaisons passagères , ne vivez point avec les babillards. Abstenez-vous des coqs blancs , pour dire , passez - vous des biens difficiles et rares. Ne ramassez point les fruits qui tombent , pour dire , attachezvous à des idées saines et mûres. Ne semez pas du bois sur les chemins , pour dire , ne soyez pas difficile à vivre , ne vous rendez pas embarrassant. En adorant^ tournez autour de vous , pour dire , voyez Dieu partout , et adorez-le en toutes choses.
Les symboles de convention sont encore aujourd'hui une langue mystérieuse , et qui n'est entendue que des hommes instruits :
c'est pour eux seulement que le pavot réveille Vidée de la fécondité ; l'olivier , celle de l'a
S3o SYMBOLE.
paix ; la palme ou le laurier , cell^ de la vicr foire ; le lierre , celle du talent poétique ; 1« cyprès , celle de la mort.
Mais comme Tinstruction s*cst répandue , cette langue est devenue plus familière et n'est plus une énigme pour un peu[^e- ciyiliâé.
Quand le maréchal de Saxe , après la bataille de Fontenoi , revint en France , il vouLoi , pour l'exemple , qu'à la barrière de Péroiine , ses équipages lussent fouillés , a^ qu'on vit s'il ny avait rien qui f^t sujejt aux droits d'entrée. Passez ^ Moiiseigneur , lui dit ui^ commis, les lauriers ne paieat rien. Jenç veux pas taire que , pour ce mot , les fermiers généraux donnèrent au commis une gratification, qu'il n'aurait pas eue du temps des Turcaret , dont la pie étaii: le symbole.
. Chez les anciens , on donnait par extension Le nom de symbole à l'étiquette des vases , à l'empreinte des monnaies , aux mots de ralliement dans les guerres civiles , et à ce qu'on appelle le mot du guet dans nos armées. Le mot de ralliement de Marius était le dieu Lare ; celui de Sylla , Apollon delpbique / celui de César , Vénus mère, Dajns les cam^^ le mot de Tordre était , comme aujourd'hui , donné aux sentinelles , et on le cl^ngaut
tous leiï jours : c'était palme , gloire ^ valeur i etc.
L'usage des symboles^ établi une fois et •
tjransmis d'âge e^ âge , d donné Heu aux ar-
iBQims , et cette institution , Tune des plus
4é^adéjes par la sottise et la vanité , était
peut-'étre ww dps plus précieuses à conserver
*à»fks r.espr^t de son origine , car le symbole
ét^iil coipnmiiiément l^expression ^u caractère
d^ ce)u^ qui ^ décorail; ses armes , et«un en-^
gagei^ept public de ne se démentir jamais. Ce
carfictère , pe^psonnel au chef d'une famille ,
P^^S^it à s^s .enf$ns avec ses armoiries et avec
la résolution d'être dignes de les porter. Ain^
dans chaque race il y avait un type de mœurs ,
j^'enteinds de vertu militaire , car on n'en con-
n^sait pas d'autre , et , de la part de la no-
messe, c'était un garant |)our l'État de son
asdeur à le servir.
jÇçjt usfige est d'une antiquité très-reculée. On dit c^k la guerre de Thèbes chacun des ch£& avait sur ses armes un symbole particulier : Polinice , un sphinx ; Capanée , une hydre '^ Am|^araûs, un dragon ^ etc. A la guerre de Troie , si l'on en croit Homère , ' Agamemnon avait de mém« sur son bouclier un Uon ; Ulysse , un dauphin ; Hippomédon,
B3a SYMBpLK.
un typhon vomissant des Jeux. Le symbole d*Alcibiad« était un Amour ^ la foudre à la main.
bans la guerre de Marius contre les Cirabres et les Teutons , on observa que ces barbares portaient sur leurs armes des figures de bétes féroces. Marius lui-même avait un aigle sur son bouclier , et Vaille commença dès lors à être renseigne des Romains, qui jusque là n'avaient porté que le manipule pour étendard. Les légions prirent aussi des enseignes particulières , et sur ces enseignes des figures diverses, de loup, de cheval, de chevreau, de minotaure , etc. Le cachet de Pompée , que César reçut en pleurant , portait Fimage d'un lion tenant une épée. César lui-même avait pris pour symbole un papillon avec une écrevisse pour réunir les deux idées de célérité et de lenteur. Il avait aussi sur son cachet un sphinx , symbole de la pénétration et du jnystère dans les projets. On sait que dans la suite il prit sur son anneau Fimage d'Alexandre , l'objet de son émulation.
Les nations eurent aussi leurs symboles^ particuliers; les Athéniens, l'oiseau de Minerve; les Thébains , l'image du sphinx ; les Perses , un aigle dW ou l'image du soleil. Les
STMBOIi.E. 333
nations ipodemes ont suivi cet usage : les Suisses ont pour symbole des ours ; les Belges', des lions ; les Anglais , des léopards.^ etc.
Les rois , les princes , les guerriers avaient aussi leur symbole : la mode en est passée.
( Voyez DEVISE. ) Ce qui en reste est en armoiries ; mais les' armoiries nouvelles n*ont plus de caractère , et ne signifient plus rien ; leur bon temps fut celui de la chevalerie , et ce temps est fort loin de nous ; je dis de nous, moralement parlant ; car nous avons encore et des Renaud et des Bayard.