ACCENT
ilf n dans Utpat^umê esp^ àe chêipH, dit Cieévon. Màis'ce chaht était-il iiOté pair 1« prosodie d^ langtK*» anâienne^? CMr)i0ito'i« dit; on nous assure que,\daDS Je grée 01 le latht^ Faccff/if «larqiiait rintonation d» la voix sur telle et sur telt<» tjûAe^ et ^^lârod ^'OA ii^]^Ué Yaéëêni prdjsàdique ^ diltiiMl de Tâdctf^e 'ù^aùnhe v «^u tlé» inflexi<»^s dôn-^ néea à ^a parole par U p«iuié« c^^»^ la UftèÛ^ ment. Il lest iXHtrtant btan dilftéiledcrcMtoevôiy ^6el abca/t7pro5<»diitti€^ adhérant aust syHâbes , à indin^ q<ie ," dMMia ptoaoAeilttidn animéf par tes moutenjénaidii^i'éloqueiiibe yU ixe eédàt la place à tadceâl^'mt^kk ;-eC tsesd la dl£S^ ctilté. «• i>-"" ,'• .'••>■
Qu*on êmklè k ttaf^i^kaioieii des par4»les H^jfe t^élées'|lar Tit^èi^y^de 4a kni§U&^ il est évTÈiiftit qilê , s'U veu«|aisser dux s^iabœ leurf
1)4 ACGKXT.
iatoBationS'pi^odiqaeç, M sera dansJ'mpos'sibilité de donner du naturel et du caractère à ton chant ; et que, s'il 'veut au contraire plier le son des paroles à TeÉpression que Fidée on le sentiment sollicite, il laut^qu'il ks dégage de i'occe/zf prosodique , et se donne la liberté de les' moduler à son gré. Or , il en est de là prononciation oratoke cosune de la musique.
Vaecent prosodique qui nuirait à Tune , , s% était in^a^t^e^^ nuirait donc égalemn^nt à l'autre : des paroles déjà notées. pajr la pro^ •odie, supplieraient et nu^n^ceraient ayec le^ même» in&ew>n9.
U ne faut pas confondre ici la quantité ayee Yacpem,: La dnrée relative des «yllal^es peut ilr&:&(e fit immuable dans^oine lap^Q.sana que l'ei^pressiod en. spi^ gênée , ,^u fUQins sen-; sifalemept. Par etég^Q ,, qi^e l'on prqlpnge la pénultiàme >ou qu.'oix.appm«;Sur ladcrmère, la diflérenpe n'est quejdaxv»iles. temps ^ et noi\ p«$;d«ns les tp«^»< L«q]||i9AJlâ p.e||t dpi^p éfriB fsxfi et prescrite; mais (e^iulon^tiops, les infissions de.WpffrokidQis^lv^tKe li]»res ftau ohoix de celui qui parle , ,sans quoi il ne sili4«rait f avoit de .vérité' d«ns .rél^piaion. . > ; . Dans.J^ iangue française ,i:;t^l]e qu'pn 1» parié à PâW» , il n'y ii ppint i'flçeent fxf^*
dique. II.mI «rai Mfde la finale nlttette n'est jamms «sccptible de i'éléràtion delà voix -, et qu'on «6t obligé iou de l'abaiâserxwde.la tenir à runisson ; mais c-'est la seule voyelle qui , de sa n^ui^ ^ g^nci. jia. Ubejrté de Vaccent oratoire. C'est le repos , le sens suspendu , le ton supjiliànt , menafant, cehii de la stiq>rîse, de 'la plainte^ de là'frayenr, etc^; qtïi décide de rél^w^tlim bti d^'lfabaisseinent de la voix sur téHe'^à' teâe" s;fUabe; et quelquefois le iB/èmt seniiinent est susceptible de différentes inflelidns. Je n'en eiterai qu'un exemple, ^fds du> fêle de 'Phèdre dans la tragédie^ de Racine : - ' *
.Mattieaieuse î qsd mot eit sorti de tik boiicUe?
Ce ycrs peut se Réclamer de* façon que la voix élevée sur la première syllabe de màlheu" reuse\ s'abaisse sur les trois dernières^ que la voix se relève sur la première de quel mot, et descende sur la seconde ; et qu'elle remonte sur la trpisième de ce nombre , est sorti , et retombe sur la fin du vers :
Slàlheurèlue ! quel mot est sorti de ta bouche ?
On peut aussi , «t peut-être aussi bien , le
ia6 ACCEITT^
âéctuantr'ùaxis me moiUalun timtiaire , cr abaissant les s^rllabes qne'ndiis Tenons d'é&e^ ver, et en ékevant ceQcs que nèiis a^cstu abaissées. ■ ..• -t* . , ;•;
' MalheurèuM ! quel mht est' toftt'<lBtu ISûttdié ? '
Le choix de ces ifttOAfttioos. fait, partie de Tart de la prononciation théâtrale et- ovatcdn? ; et l^n sent bien que s'^ y .avait dans U langue un accent prosodique, ùé^ejnmné ^ in^Hriablc^ le choix des intonations n'aurait plus iieu^ ou serait sans cesse c6nti;ané pas Tacaj^nt.. s
La nature, ctit CicéroBVi^^oimue si dUc evilt voulu moduler la parole , a mis dans chaque * mot une voyelle aiguë , et le plus loin qu'efle Tait placée en-déçà de la finale, c'est à la pénultième *. Cela est difficile à entendre pour nous , si cet accent ^t^it immuable. Mais ce que je vois clairement dans Qmntilicn , c'est que Vaccent grave et l'acc^w^aigu changeaient souvent de place , pour favoriser l'expression. Dans les mots quate et quantum^ par exemple, raccentuatlon était différente pour llnterrogatiou' ou rexclamation , et pour la compa-
* Ipsa enùn natura , quasi moduîareiur hominum ora- - Uonem ^ in omni verbo posuit actUam nwcem , nec una pius , nââ à-p&stremé sjrUmhd ckrm f orHmt .
létspa iâm^e« CVst c« qui avrûre'^u» noita lnnifliiil y. tontes lèS' fi>i&.qae,tui4 mlténer là protQfdlè /i4 lwi>ik^nciatÎOTl peut 'mS^étem^ maott^vifetrau glâèevi, clevér «uïwdœèr^ll»
t<ui^ surlflUe on ioHv «imisvyJiUtbe: commet ^9r4iitffmphà4 sefte appuie sur ki pi«mièitt<dé mot cmei^ 'iLansfacceâtiltt rfeprocfae tendre V cC.aii)ïa.iienâère ; âàtts :F4BcôaÈt de iVffzé» r ÉkîW, que>£%aijefaû?'€mèl! que dêên^^u^^
Cette iaièiii«é>i^otts.<st donnée pnreBqtie pày» tottt ou TanQTilès- riàyciles n'est pa^ imdtte on iriàrakuamiit hrère , oomms Fest la pi»^ mière àeà mok»}dés^, ehtiltMtr, i»wtrùf,"inA èmr^ datât la dçmièi^ seule pentiétrc ^écetu^ tiiée» Mais alors même rien- n'empècfae de lés lenûr looAea La deux à Tmiisson, et deplaôcr Vncoemt^'txvL en^eçà saur ie mot qui précède , <m an-^elà stfr lé mot smÎTanl ^ comme dans e)es exemples: ' Imputiénr désirs. Mes Jian^ tèusès- d&uieurs. Je le: pètdt sans .mtaut»
Mourir sans me venger! ■ f .
€e quf cm 'appelle ïa^eent des proTincef consiste, en partie , dansla qttafttité proao^ dique : le Normand prolonge, là syHabe que le Gascon abrège^^Il eoiasitate encore plts danp les ififlexions attachées , non pas ssax syllabes des mots , mais auxmouTémens «lu langage;
X28 ACCBlt'I'.
par exemple ^ .dans V accent duJGasèoiiiv dâ Picard , da.Normand^ riBâ^xion de U^misÀ prise ; délia fdainte^ dd lapticvp ^id^llironîe^ if^eslpà&l&inéme* Ui^Gasqaii vocB^^jeinaiida cQmmentvéttsppriesrVoàs f d'unltotugai^, i4f flfâaimét<|iiî se relève s^cdalm der'^|a<^kvase9f 1^ Noctnalid <ltt la même chose d'iin soil de vâixlaiigQisâaBt, qm s'élève surilapëniitièm^y et retomrbe «i^r la dèmière;V\:a' peu près <du même toa q^ieile Gaston se pljdndiâk.
' sOe'^ne n&nsdisons de Islasgae française « deit; s'entendre de toutes les fuguas vivantes ^ leur , proBodi^ est d^s , là^ durée > relative des sy^abes v «fetir ncàent est dans les'iafle:^ionA de là parole , dans le fort et le faiiblé de la ▼«»ix', scsmo4nlations, ses appuis, setoni'id^e; le sentiment ou la passion t}U'elle exprime , la mouvement de l'âme qu'elle imite ; maifl^d'occeM£ prosodique adhérant ^ux sons , immobile et invariable , aucune langue n!en peut avoir sans renoncer à toutes les nuances de l'ex-^ pression , qiii doit pouvoir sans- cessC' varier * et se plier dans tous les &ens. ; ^ .
L'art de bien parler , de. bien rédter y. soit pour Fajcteur , soit pour' l'orateur , consiste singulièrement à accentuer {dus ou moins la parole , selon le genre d'élocution , et à
/ AGCE!r1^. rftg
Taecentacv toujours aycc justesse et sobriété. ■ Cest raccent qui donne du caractère à Pexprcssion ; de l'esprit , de la vérité , de la variété à la Inclore ; de la vie et de l'âme à la déclamatîoii ^ mais il faut prendre gardé de n'y pas mejttite une Êrusse finesse , une fiiQSSé clialeur^ où une emphase déplacée ; rien n*e»t plus ridicule que Taffectaûon qui hit un éôntre-sens.
C'est au barreau , dans la chaire, att théâtre qae ces déÊiuts se font le plus sentir. Les juges sont trop accoutumés, ou trop préoccupés de leurs fonctions , tpour s*apercevoir du ridicule que Racine a joué dans la comédie dès Plai-^ dâars. Mais on entend à Taudience des car aussi aigus que Geliii'dé Vlnti/né. •
t}ne exagération' non moins choquante dé
HfSé^c^enÉ oratoire, subsiste âansr là chaire. Il
^îânqtielqtie temps que de Pendroit le plus
bruyant de Paris y on entendait, dans une
-église voisine , les cris, les hurlemens d'un
hommes On demanda si on l'exorcisa it?, Son,
répondit, quelqu'un,. c'est lui qui exorcise, et
qui, pour ehasser le dénion de l'âme de nos
philosophes; demande le fêr et le" feu. ' ;
Dans la récitation comique, le naturel s'est assez conserva; mais l€i' tragique > malgré
TexenH^de Baron, de laheeôwNr€at^ de cette Clairon qui noiis les rippelaii, n'a pu se corriger eocoi^ aMe^ de ses tans empha* tiques ; e% s*il prend VacceiU natitrd , il $'a« baisse au plus trivial. Foj^ nicLjkXATiov.
Cest une observation q^ j'ai entendu faire par nn comédii^n qui av«itt de^ l'esprit et^ie là ûukurc , et qui lisait singulièrement bitcn , que dans le langage anim^ , surjK>ut dans le langagv? ou poéfiq^ ou oral;o4re, il y a toujours des HK>ts frappans , Où la; force du sens réside ; et que c'est sur ees mots que doit appuyer l'eiipres&ion. En effet , rien ne FalEH-» b}it tant que de la prodiguer ; et de même qufi ^ dans'tm morceau d'éloquence ou de poésie, un homme intelligent ne perche pa^ à foire 46ut valoir ;' de même, dans nn vers ou dans une:'période y il: n'affectera pa$ dfi fair^tvflt sentir^; Sûpposcrfis, par exemple , q^0 T^ntirécite ce» heçLùx v^s de Cprri^Ue :
Je les peius , dans le meurtre à Tenvi triorophaas »
iioMe entière nojéé âù saiig àe ses efafâns ,
Lies utkê «BsassiÉ«s dans Iss placés pmlîKcfÂes, • ^
Jj«ft autres dans le seb de^léyrs'dknut.dQBietl^ilfs ; . . -
Le méchant parle prix au criine encl^aragé.
Le mari par sa femme en son lit égorgé , '
Le fils tout dégoûtant du meuWe de son père',
£t^ M tfête à là fàani , demandaiii son' sftlairèV
ACXEYEHENT. i3|
On volt que , malgré Ul plénitude et Fénergte continuefie d< ces hûam vers , Texpisession portera naturîsilêment sur les mots qui sont les grands traits de Fimage , et s'appuiifl sur la syllabe de ces mots qui peut le mieux sou-» tenir la voix.
Cest une des raisons pour lesquelles il est vrai de dire , en général , que personne ne lit mieux un ouvrage que s^n auteur. H Arrive pourtant quelquefois que, par Fenvie de faire tout valoir , ou ^mis ses vers ou dans sa prose ^ le lecteur pèse sur tous les mots ; et sa lecture , à la lois maniérée et monotone /produit un elfet tout contraire à celui qu'il s*est propose : iParticule tout , et ne distingue rien ; ses cou-* leurs n'ont plus de nuances ; nul ombre ne les iBst bffiller ; il veut que tout sôit en relief; et il rdèvetout si bien , qu'il n^ a plus rien âe saillant.