ABONDANCE» IO
ùe sovt diocèse-^ • dans une grande cherté de grains , lui dit : Sire, vous vives dans rabon^jdance, et vous ne connaissez pas lafcunine; jnqislajamine amène la peste y et la peste est pour tout le monde. C'est encore là de l'éloquence sans aucune amplification»
' L*entretien <4« Caton et Brutus ^ dans la Pharsalé, serait sublin^ s'il n'était pas difRis. Xiucain était jeune , et Tambitioa d'un jeune homme est d'étonner en renchérissant sur lui* * même., Le comble -de l'art est de s'arrêter où s'arrêterait la nature. Virgile et Racine sont des modèles de cette sobriété ; Homère et Corneille n'ont pas ce mérite.
Partout où la. philosophie est susceptible d'éloquence, elle permet au style une abon-^ dance ménagée. Voyez Plutarque exprimaont le délire et les angoisses^ de l'homme superstitieux. Voyez, dans l'Histoire naturelle, toutes les richesses de la langue ^ employées à décrire la beauté du paon et la férocité du tigre, n
Mais CD. général le style philosophique reat être plein, ckûr et précis. Lycurgue voulait qu'on accoutumât les enfans , par un long ùlence , à avoir la répartie vive et aiguë. Car, ajoute Plutarque , comme la débauche rend les hommes inféconds et stériles , Tintempé-
TOMK r *®
MO ' ABONDAMQfi.
fan» de la langue rend de même le ^sconi^ insipide et yeàn. Paroles «impies et d'un grand poids , vivacité piquante , qui J^rtait comme un trait , et qui aQait droit au but : ce fut l'éloquence laeédémbnt€niiie. ^^'^
Le genre oratoire est Mini o4 les richesses de U pèoAée et dustylepeuteât serëpandre le plus abondamment. P^ojr, amplification. Les an- 'eiens orateurs en» aimaient f excès , même dans leurs disciples. More Antoine disait de Fun .des siens : Hume ego (Smlpictdm) cumprimàm, in eausàparvulâ y adoleseenlulum ' audipi, .... 4MFUÈioue céleri et oonciiatd fquod erat ingeniij , et verbis ej^e/vescentièiiis et pauh uimium redundantibus {quùd erat œtatiij ; mm sum aspematus. F»io enim se efferatin adoiescente feeùmdUas : namfaeiUàSy sicut in nitibus , revocanmr ia quœ 9ese nimium pfqftideruMi, quam, si nihil valet materies , nova sannenta culiurà ejscitantUK Ita voio ej»» in adoiescente umde aUquid amputem : n<m enynpQiest esse in eo suceus diuturKus y quod nimis ceieriter est maturitatem nsseeutum *'.
* ttorsque, pourvu première fois , j*e;nteiidi« ce SulpicHis , jeane encore , plaidant une petite canae , et que je remarquai dana son discours de la rapidité et de la véhéoiMiM ( et ^i était de swi géni») , et dasa les moH
ASOVOÀtf CE* iti
Le vice 4u ^yk^ oppPfé k cette abondance , est la sécheresse et Iâ.âtérLHté;..On s'^in aperçait ftiftémçnt, lorsque, sur un »ij«tqiii demande à être approfondi et développé , 4" écrivain demeure , comme Taièt)|)« a^ miKÂi d'im fleuve , haiftant, .si j'osQ la i)irè< ^piofi ^expression, ou plutôt, apr^ la/{i[^Q5«6V^^iâ: semble lui échapper au iii09ient't{^'3l cmtlajsaisir.
Mais un dé^ul phm fatig^iant enccKre \ e«t cette loquacité impovto»^ ^qw s'est introduite panjjoi iious dansie; bftrjr^auelfdans la chaire.
Ce n*est p^us of^Jft^ iq^'Antoine.estfanait dans ses disciples, liflli(Q^i,to|)f)Oâait de» riche^i&es; e'.?&t une, indigènes prodigue; d'est une vaiike.^iup^rSMlftédi^loeiitidnà communes, et qui. ne:prpiip^(S||t rfen ,o^*uft tidé abspln dàn^resprit* Con^me^ ddisftlerla rérilé dans le thftm âf& plai4oit«es ?: Combien de fois les îugçs .^e pouniaimtt-^: pas dire saix avocats
de reffcrvcscence ^t 4e la redondance ( ce qui était de <0n ilfge ) ', je ne Véii éilifnaî psîs moins. Je veux <}ue dan* l'adolescence s'annonce la fëcondit^f ^t'H^en est dtf talent comme de la TÎgne , dont il est plus facile de retrancher des ramcàî^ st^i^éft f Ifftér Sf»fil«PnirV si le fonds est mauvais, qu'elle en- produtsi» de n^ttveaux. |e Yeiix.d;e. metne , dans la jeunesse , trouver ^elqiie choseiiëmonder : les fruits qui mûrissent trop vîte , ne sauroiebt conter vor l«iq|^teinpkUllB ineift Jofttaam^/ *
lia ABONDANCE.
ce que les Lacédémoniôlis dUaiedt à certain harangueur prôlîxe : Nous avorté oublié lé commencèn\entde ta harangue ; ce qui est cause que y n'i^rmi pas èomprîs le milieu , nous n^ saurims répondre à la fin? ^
. C'esl encore fôs y s'il «âsl po^ble , pobr téùo» qucnoe de la- chaireu L'Usage ' de parler ùiie heure. siirun.sàfjiat; k^ilë^>ott simple; la métbode létàhli^icke lUviâ^'^ de snbdiTiser, de proiiver GcqiA,e»^^Ti^nt, oti d'eipKquef ce qui est ineffable; 'd'analyser, d'amplifier ce qui deiBanderaîè,'pôuif ft^pper les esprits, des touches fortes e)D;de'gtlsinds traits ; voilà ce (|&î ne fait que treip »ottteiir4é réloquënce d« fe chaire un babil 'do»tld>vbkibiIitéu6és^tdUiy dit, et dont la «nçnotOttie'liouS mdort.» *; ' * Il est certain qu«les ^^ffidës vérités itto^ïftè^ et religieuses dont' la «ha»e doit ^efêhiir , «dgent quelquefois /ip dév^oq^mmsr et c'est là que le style doit employer aon ahon - " dance , maïs avec l'économ^iç que le goût et la raison prescrivent*. . ,r ,
Le sage e«t mën^^^^ ^ t«^t ^^ p*r<jl^f,,. , , ^ surtouC lorsqu'il o^ifcupe ïoùt un peuple assemblé. , . , j • •
Écoutez Massillon; parlaatde la tplérance
ABOKDAIfCB* ^l3
roligi^iie* ifL'çglise n'opposa jajoai$Aiup^->sécutiea^ qne ia patioacb et la fermeté; la foi fut. le seul.giaiT^ aveclofuel elle Tainquit las tyhuiâ. CeAe^pas'en r^andantjiesangide , ses enneims qu'elle jnulliplia ses disciples : le sang de ses ipartyrs , tout seul , fut la semence des fidèles. Ses premiers < docteur» ne furent pas earoyé^ dans ruiiivfers comme des li«ns> pour porter partout le meurtre et le canju|ge« mais> comme des agneaux , pour être euii*- BBPémes égorgés. Os pfiourèrentt iH)Ren;^om-} battant ,*maiB en mourant pour, la foi ^ la vérit^ •ne leur nossion. » - ■ ' (
Écoutez le même 9 ]Nréchant la bien&i^aace à un jeanenoi.. « Toute cette vaine ]i\<)ntre qui vous enviroiine, lui dât-^il, est pour les autres ; ce plaisir (de faire du J>ien ) est pour vous seul» Tout le reste a ses amert^es,^ ce plai>4r>^n} . les adoucit toutes. La joie défaire du bien est tout autrement douce et touchante que Ifl^joi^ de le recevoir : revenez -y eneore ; c'est un plaisir qui ne s'use ^oint ; plus on^le goûte/ plus on IHH refid digne de le goéler. On s'accoutunte à sa prospérité propre ^ et on y de-r vient insensible ; mab on sent toujours la joie d'être l'auteur de la prospérité d'autrui. »
On voit là sans ^eute la même idée revenir ,
et M pf^ésetiMEi s<fas des Craiu «fui^BibleiKtles mêmes , ma» lioitt dMMte i» vend ptoa vvre et plus tottchanta^ et qui^ piiiv émouvoir' l6 Éoeur , mit isL force de r«RUiiqai tonbo goulte à goutte sur le rocbér qtt'cdk aoftoUit
Qtk^tfGvivm% étaï» Ciç^ion nsUe ésèmpieB àe c^tê'mùùmiafUe, U faisait on préevpte d^ Fem^ti^r ^ X^nàr ^e*prie defamditeur hn^ temps aiki&hé sur u»€ tnéme pnmée ;- et de cet tti^ qu*^il«a6ei^ayt , il est liH-^^mème le pk» t^dait modèk» : ^ itfen Pisterai qu'un seiA mût « pris de la harangue pour MavcdkB à qui ÇéSMr wmk Mi f^hice^Jm armis, miëtum mrtus, iQoomm'ôj^poMUmêas , mtocitiasacio^ rûThy ciàs»ê9, ùomm&ùias muHam juvmmt :
maaimam tferàpariem , quasi àaàjure , For^ tuna sihi vindtciU f -et quidepiid ^tprospaé ^ium , idpenè s/nne duck suam. At vem iêitfmsgkm^, €, €âS^ry qua/n esptûtiotmtt adeptus ( clcmcitti» et uansuetudinis ), sodutH luibegn^^ninem: totUmhoCyqmamUancumqtuif €9îy quad teftè mAximmn êat,. ttium est^ inquam, tmum : mkUmài ^e-istà biude ten^ tunoy mhil py-àFfèctiu y nUùl cokors, màéé turma.decBrpiL Quinntiam, iUtt ipsa tefum fmmanumm. domùm, Fmatuna, iu irtms se
^éiatéHem ^hrù&nonr €^en : tibi c&dti;
U^tbondanoe dit tenlîiiMikt n^eet i^sè h/à-f^ttle., fiwÈome caUéi de y èêprk 9 ««l»i n^ ié-l*il que les sujets pathétiques sut iMqaels il '^C fioisit^ttdie/MiWif rBTaéonrioAce : eif^ressioR qdi {«éfl* vi^«n)«iiC céît» sorte d'âoqusiice , ^ , èams^^Êé^pwwAon^ cttanne «ans otfdre et soiM •vîlDv une àme, pime d'iui grand ^jet et piolbiidémetit ifèêUbtée, répand :iiMc iiu^étu««fté les setttiaaieii» dMrt êHe ^ vrempKe , et f^ ^sserdaiié toutes kà'SboDcs sas rapides ^notiens.
On « TU dans nos ckaires des effets smrpre*
* Difp les combaU, U Tal«ur àa^ troi^pu » ratwtiigc du lieu , le secours des alliés ^ les flottes , les convois servent beaucoap à celui qui commande. La fortune , de ^lein'drMt, s*a<llib4le Ift |)ltià grande |>aft an succès; et HffOf qpw toil «t <|ai «'estlait 4'lleaitnis « eUe s'en empare Goipme de son bîeo. Jttaii^ la gloire , César, «{ne tu ^n^ d'acquérir par la douceur et la clémence, tu ne la partages avccnune antre.' Quelque grand que soit ce triomphe, et- il «MD^^^mI «h Reflet, it f appartient dans son cm- >ieri «i dt la kMuage qui tVn revient; ta u'mrieit à restituer aoeentiurion^y^aa pv^fù, rien am.oobgTtes , rien à la multitude. La fortune elle-même, ce grand arbitre des choses humaines , n*a rien à prétendre à ta gk>ir4^. Elle te la' cède; eHe awMie qmV^Ile est à toi en pvopre et MQ«|«iri^gfi
n(p abonbahce;
jiâ9& d« pouTok de cette é)»qti«i}ce : le^^hé* ment Bt*idai]»e>a*déchiri|Aiis de conirs'et^it cooler plus de iurmes , que le «avant et ph>fond BeupfiUlauév t*^ »>j'oiie Ie<dk<e\ ^jàé le snbliine Bossvtet.
r^MaU l^r^que la foroe ^ I^loqnenoe doi| r^alter ^ l^i^die^èt de-rènehaiii«ai«nt(âiâ» ' i<iéeS) c*e^. une icapradence de se'Uvr^^'k rittspiraâon du* monwintt; à mbhts qu'tnie longue habitude! de FélociiliGn h'ait niis Tovateur en éW-é» d'-âbftiidoRner a sa ▼ëbëm^nce , sans jamaifi s'otd»tier ni se détonmer dis ton but. Ce sont des exceptions rares îà ce que Phitarque âTatt observé des omisont jfttites à l'imprévu, « Elles sont pleines , » dit-il y «de grande nonchalance et de beaul;oup dilégèreté ; car ceux qui parlent ain^ à l'étdurdi, ne savent là où il faut conmteBcer ni là où ils doivent achever^; et ceu» qui s'accoutument ainsi à parler à îa volëe ,' outre les autres fautes qulls commettent, ils ne savent garder mesure ni moyen en leurs propos,- et tombent dans un« nierveilleuse superfluité de langage. » Anvoiv On raconte ^ %^te propos , qu'en Italie , où les prédicateurs parlent assez communément à*abondancc^ Ton d'eux, préchant sur le pardon des ennemis, après s'te« efforcé de
ABORBANOil. tlj
persuader à ses anditenl^ qu'il (àllhit Mn^ seulement pardonner :à ses «nncnBKet.ne pas leur vouloir du mai ^ maié (»core lesdimer el leurfài^ du bien , emporté par sa vâiémenee»
reprit ainsi : Mtiis, me dérezr-vûus , je n^4n point if ennemis. Fous n'avez point d'ennemis y mms. frères y et le monde y h péché, la chair rie ^nPdlspas vos ennemis ?-
C'est ainsi ^'un orateur, dont la marebo n'estpoint'ré^^ , risque aouveat de s'égaarier; Unprédioateur, après avoir battu la campagno cn.'préchaAt deranc le cardinaèide.Iltcfaetieu , lui dit •: Je demande pisrdon à votre- Émi^ nence^ Je me suis ahemdongié^au Saint-ES'^ prit: une outre fois J€'me prépaierai y etj'es-* père'que je ferai mieux,
n faut avouer cependant qu'il n'y a- que cette Taçon de produire les . grands effets db réibqiience ; *t de saisir tous les avantages du lieu, du moment, de son émotion pro|v*e , «I de celle des auditeurs ; et voilà pourquoi BourdalouGidisait d'un misaiohnaire de son.temps : On rend à ses sermons les bourses que k'^ifà, vole aux miens. Les missionoaiics oitt-elbt effet cet avantage inestimable sur les prédicatcm» étudié. Il est le même au barreau , pour les avocats qui parlent dUibondanee y/sxx ceuji
qui ftr<rïcteiiicnt récitent le ^aidôyer qtills ont éctitJCe ls1«iitrare, que Fénâon vcmlait que Fou «cqtdtj demande tin grand fravail) etsoppiMe Ics^dons les pliis précieux de la nature : il est cependant quelquefois porté si loin par Fhabitùde y qu^il y a des orateurs dont Tëlo-oution même gagne à n'être poini tfwaîllée , et qui parlent inMUK'd'ii&oit^(0m;0 qu'ils n*ér. éiiirent en composaitt. *
Hans lei éooles de rhétorique , là jeunesse roanaine s'exerçait a parier ainsi ; et Craasvsj qui, eù>i^bconBaiBiBnt Futilité de cet usage, trouvait cependaitt préférable èelui de sfap-* pliquer à éciire «vée Y^exion * , Crassus était lui-même de tous tes orateurs l^ptes en état, de parler d'abondance , par ks études infaW tigablesqu*U arait faites, par Timmeiise trllor de eonnafssaAtes et. de pensées qu'il a^ait -amassé , mais surtotit par lesdxerdoes babi-t inels ée sa jeunesse. Fqyez l'artiele muiTO-
Yoèdi un «temple de cette promptitude aveë laquelle il parlait sm* le ebamp. C^ame il plaiêait «n fymmr de Planeusi contre un
* Elsi utile etiam subito tœpe diçere ttamtn iUu^flilîus , iumpto spaliQ ad cogitfindum, paratitu atque accu^^ iWih^diaer^.^ik'OHX.) ' "
Marc«9 Bmtuft^n accusateitr, liomme peu dign« de son nom, et au moment qu'il hù repcoehait sa dissipation et s^ \}cio&y il yit du haut de la tribune passer le convoi <d*une vieille femme de la fomUle Joûia. U â'inlen^ompit^ et adressant la parole à Brutus. « Lève-toi , » loi dit-il , « regarde cette femme que Ton porte au tom* beau. Q^e Teux-tu qu'elle dise de toi à ton père y à m axioétves « à ces illustres xaort« dont les images Paecompa^ent ; à ce Brutus , par qui ce peuple lut d^ vré de la domination des rois ?, A quoi , de qudle gloire ou de quelle vertu leur dûra-t*eUe <|ue lu foccupes? A augmenter ton patrimoine? cela serait peu digne de ta noblesse , à la hoiuie Meure ; mais pour It souitenir» il ne le reste nea : ta dé^ baucbe a tout dissipe. Dixa-t-ell< que tu t'^l^liques à Tétude du droit «tvil ? c« serait imiter ton père ; mai} des débris des meubles de sa nl«is<m que tu ^ vendue , tu n'as pas mém^ eonaervé le siégi^ où il était assis lors^ qu'on le eonsidtait. A la scienee militaire ? tu n'as vu de ta vie un camp, A réUiqtttaee?
tnais tu n'en as aucune : tout ce que tu peu» faire , et de ta voix et de ta langue , c'est de gagner quelque salaire à ce honteux métier de calomniateur. £t tu oses voir la lumière 9 en-
vianger C6 peuple , te montrer au Forum , paraître dans la TÎHe en présence des citoytens I et tu ne frémis pas de Eonte en regardant cette femme morte et lesimages de tesancélres, dont tu es non-seulement liors d'état dlmiter les exemples ^ mais )ie -loger les simulacres * ! » L'original de ce moineau est -dans le second ItTre-de rOi'ateur; et Fun des interlocRteurs du dialt^e , Antoine^ en lo citant s'écrie :
P^k dii imntortaief ! quœ fuit illa, quanta vis ! quoffi inexpeotata ! quant repentma !
liong- temps avant Crassus^ Galba avait montré une facilité prodigieuse à' parler, sinon à* abondance , au moins avec tr«s-peu de préparation. YoyeE , au livre des orateurs célèbres, ce que Cicéroa en raconte. Laelius« Tami deScipion, doué d'une éloquence douce et foUiêy mais peu nerveuse , avait plaidé deux fois une cause importaj;ite sans en .décider le succès. U eut la modestie de conseiller à set cliens de recourir à Galba : celui-ci se défendit d'abord de parier après Laelius ; mais enfin cédant aux instances qu'on lui faisait , il employa , dit Cicéron , une demi-journée à étu-
* Tu illam mortuam , tu imagines ^sasi non perhor' rtscist qmbus non modo imitandis, sed ne cofloeandif guident tiki ultum locum reliquisii?
ABORDAS^GC. 121
dier la cause.' Le ktf demain sescliens le tro»* yèreni au miliea de «ses scribes, dictant à {âusieurs'à la fois , avec la même vâbémence que s'il avait pkidé. Cétail V^ttfet de Fiiudience. H sortit tout ému ; et en armalUt au barreau, il.]>arla ayec tant d'élfliq[uenGe , que, d'un bout à l'autre de son plaidoyer ^ il fut applaudi pat acclamation *, Ce coup de force, vanté par Cicéron , nous fait entendre cepez^ dant que depareib exemples'élaient tares «liez les Romains. .
Chez les Grecs, l'habitude de parier surle-champ dwratt être moins étonnante. !Çeoutons Démosthènès , dans sa harangue pour la couronne, rappelant ce qui s'était paisé , loc»* qu'on, avâit.appris que Philippe avait fait sa paix avec les Thébains. « Le hi^out^ dans rassemblée du peuple et du sénat, demande à haute voix : Qui veut monter dans fa tribune? Aucun de vous ne lui^ répond. U répète » à plusieurs reprises, la même invitation : personne encore ne sdève, quoique tous* vos généraux et vos orateurs fassent là préseas , et
* Quid multa ? ntagna expecUitione , plurùnis mudien" tibus, coram ipso Lœlio , sic illam causant , tantd w, taïUdque graifitmte dixisse GaUam , ut nuttaferè pars •rftiorùs silentio pr^mtmirrtur.
ffàè la Toix commv»^ àe^ patrie les conjurât d'oli^ir^n avb salutaire; . . i>i celui qui dans «ette conjoncture dëcisiv« se présenta , ce f£t moi *: je nuActî dans la trtlrane , ete. »'
Aha%, toutes lei fois qujun ërénement iraprévQ (d:riige$it d'assentimerlé peuple aâbénien^ éelui qui, à ce cri du hérault : Qui veut parier? montait dans la tribune, y pa«Mt d'A&o/idancê. ' ^
CicéroR , qui ne voyait pas siaps firaycnr le danger de parler ainsi , quoiqu'il eii sentit Favamage, voulait au moins qu'une partie du discours fiilktiécrièe avec soin ; parce qtt*aiors , iktrii , œ^'^itt'on ajoute prend le ton et le ca<^ raclère de ce que l'on' a ptép^té^ et il corn-* pafe le dîseowrft à on vaisseau ttnelbb lancé , qui va lon^-4enips encore lorsque les raneurs ae repoeent. Viconeéiàêo n^f^^^ , cum re^ méges sksHnfiérMHt; rHimenanien ^m nam motum et curskm saum, intermiss» impetit , jmlêuquefêmorum: siè, in omtionepeppetuâ; eumscripàt deficiunt, parent tamêH obànet ùn^tm reUqua cunum , sçriptifmtrtt simiUtu-^ dine , etvi concitata. (De orat. 1. i.)
Quel fut . dans B-ome et dans Athènes , le grand se<5|'et des ora«teurs, pour être prêts k parler sur-le-champ , quand l'occasion était
piWntif mti "fvrorable ? €aoliin Is Mvfttt parmi nous. Prùnùm silpa renan/oc sentes Uamm^colnptuunéaest, « Il faut coiBAMBiiff oe par un '^and. amas de cofmaisancâ et da pensées. » (Z)eO/«^ i* I.) *