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Toutes ses beautés laissé choir !
O vraiment marâtre nature , Puisqu'une telle fleur ne dure Que du matin jusqnes an soir !
Donc , si TOUS me croyez , mignonne , Tandis que votre àge^fleuronne En sa plus verte nouveauté.
Cueillez , cueillez votre jeunesse :
Comme à cette fleur , Ja vieillesse Fera ternir votre beauté.
Quelle différence y avait-il donc entre le»
poètes de ce temps-là^ et ceux d'un siècle où le goût fut {^us épuré ? la justesse et la i^ûreté du discernement et du choix^ L'homme de talent, que le goût n'éclaire pas, fait bien de temps en temps, lorsque l'idée ou le sentiment lui commande , lorsqu'un petit tableau , que lui présente sa pensée, porte avec lui son ca* ractère et sa couleur; et rplus ce poète a de naturel, et plus souvent il écrit comme ferait l'homme de goût. Mais à côté d'un morceau exquis, on en trouve chez lui vingt de mauvais , qu'il croyait bons , et que l'homme de goût rejette. Marot conte souvent comme a fait La Fontaine ; mais La Fontaine est toujouxs, pour le moins, aussi bon que Marot quand il est excellent
Au reste, partout où une certaine philoso-
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phie naturelle sera assaisonnée d'enjouement, la seule verve de la gaitë , la seule grâce de rindolence feront produire des chansons anacréontiques. En voici une qui , qrnoique chinoise , ne laisse pas de ressembler assez attx poésies d'Anacréon.
«c Que m'importe que les diamans brillent d'un éclat plus vif que le cristal et le verre? Ce qui me frappe , c'est qu'ils ne perdent rien de leur prix, pour être dans l'arme. II en est de même du viit. Il est aussi bon dans une taisse de terre que dans la plus belle coupe dejaspe. Le vin est l'appui de la vieillesse, la consolation de ses maux: plus j'en bois, plus je ris des vains soucis qui tourmentent des dormeurs éveillés. L'empereur sur son trône, trouve^t-il le vin meilleur que moi? Si son cœur est empoisonné de vices, cent rasades ne lui étent pas un remords; et u^e' seule me donne cent plaisirs. Les riches boivent pour boire ; et moi, pour appaiscr ma soif. Buvons, amis,* à tasse' pleine. La joie de nos repas n'a jamais coûté un soupir à la vertu. L'amitié et la sagesse sont assises à nos côtés. La bouteille à la main, écoutons leurs leçons. C'est à table que Chuss (sage empereur chinois) reçut leurs couronûes immortelles. Buvons
A.NALOC1Z DU STYLE. 7,-j'i
comme lui , et leur main couronnera notre front. »
Si telle est la philosophie à la Giine, les sages y sont assez heureux.