‹ Elémens de littérature (volume 3)Chapitre 37 sur 48 · ANALOGIE 1>U STYLE · texte numérisé non relu

ANALOGIE 1>U STYLE

rens dont je parle , sont à la langae ce que les divers modes sont à la musique : chaque mode a son système de sons analogues entre eux; chaque style a , de m^me, un cercle de mots, de tours, et de figures qui lui conviennent, et dont plusieurs ne conviennent qu*à lui. C'est dans ce cerqie cpie la plume de l'écrivain doit s'exercer ; et plus elle y conserve de liberté, de vivacité, et d'aisance , plus, dans ces limites étroites , le style a de variété.

. Le ton le plus aisé à prendre et à soutenir , après celui du bas peuple, c'est le ton de la haute éloquence et de la haute poésie : parce qu'il est donné par les bons écrivains , et qu'il ne dépend presque plus des caprices de Tusage. Un homme au fond de sa province peut , en étudiant Racine , Fénélon et Voltaire , se former au style héroïque.

Le ton le plus difficile à saisir et à observer avec justesse , est celui du familier noble : parce qu'il est le plus sujet de tous aux variations de la mode, que les couleurs en sont aussi délicates que changeantes ; et que , pour les apercevoir, il faut un sentiment très^fin et habituellement exercé. C'est sur quoi les gens ^u monde sont le plus éclairés et le moins indulgens : toute la sagacité de leur esprit sem-

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