ARLEQUIN
pEftsoNNAGE de la comédie îlalieDne. Lé caractère distinctîf de l'ancienne comédie italienne est de jouer' des ridicules, non pas personnels , mais nationaux. C'est une imitation grotesque des mœurs des différentes Tilles d'Italie ; et chacune d'elles est représentée par un personnage qui est toujours le même. Pantalon est Ténilien , le Docteur est bolonois , Scapin est napolitain , et Arlequin est Bergamasque. Celui-ci est d'une singularité qui mérite d'être observée ; et il a fitit long-temps les plaisirs de Paris , joué par trob acteurs célèbres , Dominique, Thomassin , et Carlin.
Il est Traisemblable qu'un esclave africain fut le premî«r modèle de ce personnage. Son ca-r ractère est im «aiéUnge d'ignorance, de aiti[veté , d'esprîjt , de bêlûse et de grâce : c'eaioae espèce d*bomme ^auebé, un grand etiiaat, qui a des Ivteurs de raiaon et d'intèlUgenee , eC dont toutes les méprises cm les maladresse»
ont qudque chose de piquant. Le^rai modèle de son jeu est la souplesse , l'agilité , la gentillesse d'un jeune chat , ayec une écorce de
grossièreté qui rend son action pins plaisante ; son rôle est celui 4'un yalet p^itient, fidèle, crédule, gourmand, toi^oulrs amoureux, toujours dans rembarras , ou pour son maître , ouponrini-uéme, qui s*afHîge, qui se console ayec la i&cilité d'un enfant, et dont la dou^ leur est aussi amusante qtte la joie*.
Cerèle exige beaucoup de naturel et d'esprit , beaucoup de grâce et de soi^lesse.
Les Français roi|t:e^pl<>jé quelqueibia heureusement dans leurs comédies , comme de Lisle dans AHequin sauvage^ etilans Tïmoit le Misanthrope i mais en général la liberté dit jeu de cet acteur naiif et Toriginalité de. Bon langage s'accommodent mieux d'un sim]^e canevas^ qu*il remplit à sa guise , que du rèle le mieux écrit.