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simfiSe et la phis grossière des ûtTentioiis de la nécessité. Le prodige a été de déterminer les rapports des hauteurs et des bases , Feusemble hamomeiiK , Téquilibre des masses ^ la précision et Pélégancé des profils , des saîl* lies^t des contours. Est-ce la raison , l'analo* gie^ la nature enfin , qui a donné la composition de r<Mrdre corînâiiai , le plus magnt^ fique de tous, le plus agréable et le plus insensé? Les colonnes ri^priient des tigeà d'arbres qui supportaient de longnes poutres, et des soUtcs en travers, figurées par l'entablement; je le veux bien : mais ou l'in- Tenteur de Tordre corinthien a*t-îl tu , soit dans l'ordre de la nature, soit dans les pre-* mières inrentions de la nécessité , un rage entouré d'une plante, placé an bout d'une tige d*arbre, et soutenant un lourd fiurdeau ? Callimaque Ta vu ce vase; mais il Ta vu par terre , et ne supportant rien. L'emploi qu'il en a feit répugne au bon sens et à la vraisemblance ; ef cependant cette absurdité est, an gré des yeux , le plus riche , le plus bel ornement de l'architecture. Les rouleaux, on volutes , de Tordre ionique, ne sont pas moins ridiculement employés; et c'est encore une beauté, h* art même, depuis deux mille ans,
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cherche en vain à renchérir sur ces compostions; rien n'en peut approclier : les prop«^ Ûons de rarchitecture grecqae restent encoïc inaltérables ; et sans avoir de modèle dans k nature, elles semblent destinées à être éternellement elLes-mémes le modèle de l'art, P<Nl^ quoi cela? C'est que le plaisir des yeux est, comme celui de Toreille , attaché à de certaines impressions, et que ces impressions dépendent de certains rapports , que la nature a mis entre fohjet et Torgane. Mais saisir ces rapports ce n'est pas imiter , c'est deviner la natxuré.
Ainsi procède l'éloquence ; elle n'imite ri&i: Toratenr n'est pas un mime; il parle d'a]wès lui , il tninsmetsa pensée , il exprime ses sentîmens. Mais dans le dessôn d'émouvoir, d'éclairer , de persuader, de faire passer dam nos cœurs les mouvemens du sien , il choisit avec réflexion ce qu'il connaît de plus capable de nous remuer à son gré. C'est encore ici l'influence de l'esprit sur l'esprit, l'action de l'âme sur l'âme, le rapport des objets avec l'organe du sentiment, qu'il faut étudier; et pour maîtriser les esprits , le soin de l'orateur est de connaître ce qui les touche et peut'leâ émouvoir comme il entend qu'ils soient émus.
ARTS LIBÉRinX. 3^7
Dans les £t7tf mêmes dontrimîtatîon semble être le partage^ comme la poésie^ la peinture , la sculpture, copier n'est rien, choisir est tout. Les détails sont dans la nature, mais l'ensemble est dansle génie. L'invention consiste à éomposer des masses qui ne ressemblent à rien, et qiii, sans avoir de modèle, aient pourtant de la vérité ; or quel est dans la natare le principe et la règle de ces compositions ? Il n'y en a pas d'autre que la connais* sancc'de l'homme, l'étude de ses affections , le résultat des impressions que les objets font sur l'organe. Céï/à est évident pour le choix , le mélange et l'harmonie des couleurs , la beauté des contours , l'élégance des formes : l'œil en est le juge supr^e; et la même étude de la nature , qui démêle les sons qui plaisent à l'oreille , nous a éclairé sur le choix des objets qui plaisent aux jeux.
Même théorie à l'égard de la partie intellectuelle de la peinture , et à l'égard de la poésie , qui est Vart de peindre à l'esprit.
n est aussi impossible d'expliquer les plaisirs^ de la pensée et du sentiment, que ceux de l'oreille et des yeux . Mais une expérience habituelle nous fait connaître cpie la faculté de sentir et d'imaginer a dans l'homme une
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activité inquiète qui T«ut être eiercée , et de telle façon plut6t que de telle autre.
La nature nous préaentie péle-méie , si j'ose le dire , ce qui flatte et ce qui blesse notre sensibilité ; or ^Imitation se propose non seulement Tillusion, mais le plaisir; c'est-à-dire non-'Seulement d'affecter Tâme en la trompant , mais de l'affecter comme elle se ^ait à l'être. Ce choix est le secret de l'art, et rioa dans la nature ne peut nous le révéler , que l'étude même de l'homme, et des impressions de plaisir ou de peine qu'il reçoit des <^jets dont il est affecté.
C'est ce^scernemoit acquis par l'observation qui édlaire et conduit Vartiste ; mais il est le guide du parfumeur comme celui du poète et du peintre^; et que Vart imite ou n'imite pas , s'il est de son essence d'être un 4ir< d'agrément , son prineipe est le choix de ce qui pinit nous plaire. La différence est dans les orgUnes qu'on se propose de fiatter , ou plutôt dans les affections que chacun des arts peut produire.
Les arts d'agrànent qtii ne portent à FÀne que des sensations , comme celui du parfumeur, né seront jamais comptés parmi les arts Ubéraua:. Ceux-ci ont spécialement pour
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organes i'<feil et l'oreille , les deux sens qui portent à Tàme des sentimens et des pensées ; etc*est à quoiTopinion semble avoir eu égard , lorsqu'ePe a marqué à chacun d'eux sa place et ie rang qu'il derait tenir.
Les arts s'accordent assez souvent pour embellir à frais communs le même objet , et produire un {Saisir composé de leurs impressions réunies ; c'est ainsi que Tarchitecture et la sculpture , la poésie «t la musique travaillent de concert ; mais il ne faut pas croire que ce soit dans la vue de faire plus d'illusion , en imitant mieux leur objet. Un observateur habile a déjà remarqué que les deux arts dont l'alliance était le plus sensiblement indiquée par leurs rapports (la~ sculpture et la peinture) se nuisent Tun à Tautre en se réunissant. Une belle estampe fait plus de plaisir qu'une statue colorée; dans celle-ci , l'excès de ressemblance 6te à l'illusion son mérite et son agrément. Foy, illusion, imitation, etc.
ARTICUtATION.
Depuis la leçon du Bourgeois Gentils homme , il n*y a guère moyen de parler se-
340 AaTIGULAtlON.
rieusement de la manière de prononcer les lettres ; mais , raillerie cessante , il ne serait peut-être pas inutile d'analyser le mécanisme de la parole : on trouverait dans cette analyse la raison physique de la rudesse ou de la douceur , de la lenteur ou de la rapidité naturelle des ardculaHons , et, en deux roots , les élémens dé la prosodie et de la mélodie d'une langue, '
Parmi les voyelles , on trouverait que les sons graves ont naturellement de la lenteur , par la raison que Forgane, en formant cessons^ éprouve une modification plus pénible; que les sons grêles veulent être brefs ; que les sons moyens sont également susceptibles ou de lenteur par leur volume , ou de vitesse par la facilité que nous avons à les former. F. peosodie.
L'étud^ de Varticulation , ou des mouve^ mens combinés des organes de la parole, pour donner aux sons de la voix les qualités qui en font les consonnes, serait encore plus curieuse. On distinguerait, d'abord parmi les consonnes celles où un souffle muet, une espèce de bruit confus précède V articulation , comme Vm et Vn consonne ; comme ly et son doux le V ; comme Vs double et son doux le z ; comme le g et 17 mouillés j et celles ou
gLATICULATION. ^^l
VarticuUuion n'est précédée d aucun souffle , comme Je/?, et son doux le b ; comme 1er) et son doux le d; commet le k , et 17 simple. De là un caractère propre , qui assigne à chacune d'dks une place dans l'harmonie imitative , détail q.ue nous mépriserons peut-être , mais que les Grecs ne méprisaient pas.
On trouverait dans la natiore la raison du choix que les anciens avaient fait de Vmet de Vn pour, être ks signes du son nasal ^ et on s'apercevrait avec surprise que, pour faiw? passer et retentir, dans le nez le son d*une voyelle , on est obligé de l'intercepter ou avec la langue /en la disposant de la même façon que pour VarUculatidn de Vn , ou avec les lèvres, en les pressant comme pour r«r-^ , ticuladon de Vni ; et de là cette conséquence que les nasales des Latins et des Italiens , où V articulation de Vn se fait sentir , peuvent bien être brèves , par la raison que V articulation éteint le retentissement, comme ààtisexameny hymen; mais que les nasales française&, où la langue ne fait qu'intercepter le «on, sans le détacher nettement , doivent toutes se prolonger. Les Latins eux-mêmes ne faisaient brèves que ces nassdes grecques doiit V articulation coupait le retentissement ; culmen, tihi-
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cen, omen , barbiton ; mais toutes les nasales &\m , Deum yfinem , Romam , enim , étaient longues , par la raison qu'elles n'étaient , comme les nôtres , que des Voyelles inarticulées : si bien que- dans les vers on les éfidait comme vo jeller finales ^ afin d^évîter rhùuus. -
Dans cette analyse , on verlMiit pourquoi on a confondu la faible articulation du/ avec le son de Vi, et que la légère application de la langue contre les dents étant la mém« pour donner le son de Vi et Yarticuiatién du^, il n'est pas possible d'exécuter celle-ci sans que le son analogue se fasse entendre , comme dans payer, moyen, citoyen.
Ou verrait pourquoi Vartieulation est plus forte ou plus faible , plus rude ou plus douce en eUoméme , suivant le caractère de la consonne qui frappe la voyelle ; pourquoi les orticuiitions, relativement l'une à l'autre, sont aussi plus ou moins liantes , phis ou moins ' dociles à se succéder ; pourquoi les unes se suivent coulamment et avec aisance , les au> très se froissent et se brisent dans leur collusion y et l'étude de tous ces efiets contribuerait à éclairer le feboix de l'oreille.
On Terrait pourquoi 1'/ est focile après IV,
▲ETICULATION. ^43
et IV pénible après 17; pourquoi deux labiales ne peuvent s*allier ensemble, abfert, abfugit; non plus que deux dentales dont Tune est la faible de l'autre , adtendere y que les Latins avaient répudié; pourquoi le passage d'une labiale à une dentale est facile du faible au faible , comme dans tth-diquer; du fort au fort, comme dans ap-titude; du faible au fort, comme dans ob-tenir;'^X trés-pénibk du fort au faible , eomme dans Cap-de-Bonne- Espérance y que Ton est obligé de prononcer Cab -de- Sonne-Espérance,
On trouverait de même la raison de la difficulté que nous éprouvons à prononcer l'j?
après Vs et réciproquement , comme Quintilien Fa remarqué : Firtus Xerxis , arx studiorum, etc.
Ce ne serait donc pas une' étude aussi ptiérile qu'on rimaginc; et plus d'un poète en aurait eu besoin , pour suppléer au don d'une oreille sensible , qui sçule peut-être a manqué à quelques-uns de ceux qu'on estime , et qu'on ne lit pas. f^o/éz harmonie de sttle.
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