‹ Elémens de littérature (volume 3)Chapitre 46 sur 48 · ATTENTION · texte numérisé non relu

ATTENTION

Cest une action de l'esprit qui fixe la pensée sur un objet et Yj attache ; au contraire de la dissipation , qui la dérobe à ellemême; de la rêverie y qui la laisse aller au ^asard sur mille objets dont aucun ne l'arrête ; et de la distraction , qui Tamuse loin de l'objet qui la doit occuper.

V attention donne à l'esprit une fécondité surprenante et bien souvent inespérée : c'est peut-être le plus grand secret de l'art, le plus grand moyen du génie *. Ce que tout le Uionde aperçoit d'un coup d'œil dans la nature n'a rien de piquant dans l'imitation :

le charme de celle-ci consiste à nous frapper de mille traits intéressans qui nous avaient échappé : or c'est l'attention qui les saisit ^ et qui , changée en habitude , distingue le regard pénétrant de l'artiste, du regard <iistrait , vague et confus de la multitude.

Il n'est pas bien décidé que le poète dont les peintures vous ravissent par la nouveauté

* Intgr ingenium et diUgentiam per patUtUum loeireUquvm est arti, ( De Orat. )

des détails et leur vérité singulière ^eoit né avec plus de talent que vous pour imiter la nature : vous l'auriez peinte comme lui, si TOUS l'aviez étudiée avec la > même attention que lui. Mais tandis que vos yeux se promènent sans réflexion comme sans dessein sur ce qui se passe autour de vous , les siens ne cessent d'épier la nature, et d'observer ce qui. lui échappe de singulier et de piquant.

Lorsque Y attention se porte sur ce qui se passQau dedans de nous-mêmes, elle s'appelle réflexion ; et lorsque la réflexion est profonde et longtemps fixe , elle s'appelle méditation : c'est la source des grandes pensées. Rien de superficiel n'est, rare ^ rien de commun n'est précieux. C'est en creusant que le génie s'enrichit des trésors cachés dans les entrailles de la nature , semblable au chêne que nous peint Virgile, qui, plus il étend ses racipes, plus il élève ses rameaux.

Petit poëme régulier, composé de trois couplets et d'un envoi , en vers égaux , avec un refrain, c'est -à:- dire avec le retour du

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même vers à la fin des couplets ^ ahisi qu'à la fin de renvoi.

Dans la ballade^ les trois couplets sont 9sfmétriquement égaux , soit pour le nombre des Ters , soit pour Fenlacement des rimes. Cest une stance de huit , de dix , de douce vers , en deus parties. L*envoi n'en est qu'une moitié y et il répond communément à la seconde partie de la stance. Les parties correspondantes des trois couplets sont sur les mêmes rimes ; et l'enroi conserre les rimes de. la pavtie à laquelle il répond.

Ce petit poëme a de la grâce et de la tégula*rif;é dans sa forme ; et quand le refrain en est heureusement amené à la fin des couplets , il leur donne un tour très*-piquant.

Nos anciens poètes, comme Villon et Marot , n*y ont employé que les vet^ de dix et de huit syllabes : celui de douze n'était guère en usagé ; et sa gravité semblerait déplacée dans un poëme qui doit garder la naïveté du vieux temps.

La ballade sl-^^^ de mode depuis madame Deshoulières ; mais si quelqu'un veut s'y amuser encore , il fera bien de lui conserver le • tour du style de Marot^ sans trop alfecter son langage. La Fontaine est un excellent mattre dans l'art de r^^feunir cette aacienae naïveté.

Comme la forme de la ballade est.difficile à décrire avec précision, en voici un modèle, pris de Marot, et dans lequel on remarquera , comme une singularité , qu'il y a deux refrains au lieu d*un.

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