‹ Elémens de littérature (volume 4)Chapitre 1 sur 26 · PARIS · texte numérisé non relu

PARIS

PEBSAN ÏT C»e , BUE DK jfà^VKE'SEC^ F» 3».

i8aa.

TFB ^n 7c>j^jf L PUBLIC LIBBARY

ELEMÉNS

DE

ÎVOMBRE.

En poésie et en éloquence , on appelle ainsi le mouvement qui résulte d'une suc-

. cession de syllabes réunies dans un petit espace de temps distinct et limité. Quidquid est quod sub aurium rnensuram aliquam cadit^ humérus vocatur, ( Orat. ) Ce petit espace est divisé à Toreille en parties aliquotes pu unités de temps ; et selon que chaque syllable x)ccupe une ou deux de ces parties de leur temps commun , elle est brève ou longue. L'espace de temps qu'elles occu-

vpent ensemble est ce qu'on appelle mesure ; l'articulatioR de la mesure est ce qu'on ap>

'■ pelle cadence , l'égalité ou l'inégalité des syllabes réunies , et , si elles sont inégales, leurs diverses combinaisons , font Ja diversité des

2 KOMBKir.

nombres, Distinctlo , et œqualîum et sœpe variorum inteivallorum perçus sio , numerum efficit, ( De Orat. ) Un «space de temps divisé en quatre parties aiiqifotes peut être occupé par deux , ppr trois ou par châtre syliables , c'est - à - dire par deux longues , par une longue et deux brèves combinées de trois façons , et par quatre brèves de suite. Ainsi, dans la même mesure , il y a cinq nombres à former.

Dans les vers le nombre et le pied sont

•nonymes. Mais le pied métrique n'avait

lère que quatre temps , et le nombre ora-

ire en avait davantage. Le pœon , par

'-emple , était composé d'une longue et dé

' , ois brèves , et vice versa , - et \e crédque

ine brève entre deux longues. Ainsi la

«.esure de Piin et de l'autre était de cinq

■ • nps. Mais les Siombres oratoires décom-

P'sés se réduisaient' aux pieds métriques ,

^u'on divisait en trois espèce^ , savoir : celle

où le pied était formé de deux parties égales ,

comme le spondée et le dactyle; celle où Tune

des deux parties n'était que la moitié de

l'autre , comme l'iambe et le cborée', et celle

où d'un côté il y avait d'excédant une moitié

de la moitié du tout y comme dans le pseon.

Nullus est numerus extra poetlcos pedes, ., . pes qui adhibitur ad numéros pariitur in tria,, , , œqualis , dactylus ; duplex , iambus ; sesqui , Pœon, ( Orat. )

Les pieds ou nombres du vers étaient prescrits. Comment se £ait-il donc que de deux vers latins tle la même mesure , les uns soient si nombreux , et que les autres le soient si peu ? Par exemple , dans ces vers d'Horace :

Quijit, Mœcenas, ut nemo, quam sihi sorUm Sûu ratio dederit, seu/ors ohjecerit, illa Contentas vivat , laudet dû^ersa sequentes ?

pourquoi le nombre n'est-il pas aussi sensible à Toreiile qu'il Test dans ces vers de Virgile ?•

At trépida , et cœptis immanihus cffera Dido , Sanguinemm volvens aciem , mae^lisque trementes Interjusa gênas , et paUida mortejmtnra.

£st-cela dîflférente contexture des nombres et leur mélange qui en est la cause ? Cela sans doute y contribue, mais de deux vers * spondaïques d'un bout à T autre , l'un a du nomhre et l'autre n'en a pas. QueJ'oreille 4SQmpare ce vers de Virgile ,

BelU/erratos rupit Saturnia postes ,

ayec ce Ters d*Horace ^

Qui fit, MœctnctSy ut nenuf, quam JtUi sortem ... *

la force du rhythme dans Tun , et sa nullité dans l'autre , ne sont-elles pas très-seasiblçs ?

Prenons de même deux vers dactyliques , celui-ci d'Horace y

' ' litia est potior : quid enim ? concurritur , horœ ...

ux-ci de Virgile :

e ubiclara dédit sonitum tuba,Jinibus ormnesy' ' .. td mora , prosiluere suis. Feritœtheru elatnor :

înt*on pas la même différence ?

ifin prenons deu'x vers "du même poète ,

tj même rhytliœe , l'un à côté de l'autre :

Tlle gravent duro terrant qui vertit aratro... Peifidus hie ûaupo , miles , ftauUequeper omnas.

le premier n'est-il pas bien ^\us nombreux <que le second ? Deux vers » avec les mêmes pieds >

peuvent donc n'avoir pas le même nombre , et voici pourquoi.

i« C'est qu'il y a dans les langues un€ prosodie naturelle et une prosodie de convention , tt que l'une est beaucoup plus sensible à Toreille que l'autre* L> prosodie naturelle est donnée par la qualité des sons^par lemécanisme de la parole, quelquefois par l'analogie du mot avec ridée , le sentiment ,> et surtout l'image. • La prosodie artificielle et de fantaisie n*est analogue ni au physique ni au moral de l'expression ^ ce n'est point la nature , c'est le pur caprice de Fusage qui l'a prescrite. Mon oreille et mon âme sont égalentent indécises sur le mouvement de ces mots : contra tmercator. Elles ne k sont pas de .même sur le mouvement de ceux-ci : Navim jactantibus ausïris , et encore raonis sur l'analogie de» sons avec l'image , dans ce vers de Virgile : ,

Tarn multa in tectis crépitant salit horrida. grando. *

a« C'est que les nombres étant bien placés , ilT se fortifient par leur contraste , par leur enchaînement, par leur impulsion commune.

Seu ratio dedent , seu fors objecerit , sont deux incidentes inanimées , dans les sons

comiii« dans la pensée ; c^est de la froide prose comme de la froide raison. Mais ces membres de pbrase : sanguiueam -^olvens aciem , macuUsque trementes interfusa gênas ^ et palUda morte Jutura , font , pour Tpreille comme pour rame , une accumulation de force qui rébranle profondément.

3*> C'est que le nombre n'est jamiûs si sen-"

sible que lorsque sa cadence, prosodique se

trouve coïncidente avec le repos ou la sus-

pension,du sens ^ et en t:ela le rhythme de la

eet celui de nos vers a un avantage mar>

sur le rhythme des vers anciens , où la

ctuation n'était presque jamais consultée

/ez CESURE ). Cependant il arrivait que ,

sentiment, les poètes observaient cette

/ . ' espondance , et alors le nombre du vers

•nait un nombre oratoire , c'est - à - dire

liiurqué par les repos naturels de la voix. On

peut le voir dans ces vers de Virgile :

X)Ui inter sese magna w hrachia tollunt

In numerum

lUa graves oculos conata attolUre , rursus

Déficit : infixum strùlet sub pectore vulnus. Ter sese attollens cnbitoque innixa levavii ; Ter revoluta.toro est: ocuîisque ercantibus alto QuœsivU cœlolucem, ingemuUqué repetta.

"Qu'on oublie la parité et la continuité des

nombres , et que Ton prononce ces vers selon leQF ponctuation , jcomiae une prose libre ,

' dlé n'aura cpiele défaut d'être trop nombreuse et trop belle ; et ce secret de donner à ses vers , indépendamment .de leur cont«xture métrique , le mouvement le plus analogue à l'impulsion du sentiment , au caractère de la pensée ou de l'image , et en même temps le mieux marqué par les suspensions et les repos

. du sens , ce secfet , dis -je , que Virgile a eu y parmi le poètes latins , comme Cicéron parmi les prosateurs, est ce qui donne s* singulièrement , si éminemment , à ses vers , un charme auquel Pordille do toutes les nations est sensible , malgré Textréme altération qu'éprouve , dans la bouche d*un Anglaise , d'un Français , d'un Allemand , le nombre métrique des vers latins.

Concluons de là que ce n'est point en scandant les vers , mais en les prononçant , qu'on sent la puissance du nombre, L«s petits élans et les petites pauses qui , dans la scandaison , divisent les mesures , sont une cadence factice. La seulexadence donnée par la nature est celle qui est marquée par les repos

«►.cens ; et les intervalles de ces repos , quel e soit le rhythme du vers, seront toujours la

s NOMBRE.

mesure du nombre, Aiim , potfr en sentir TeffjDt , ce n'est ni un , tiî deux , ni trois piefis seulement qu'il faut entendre , c'est la phrase ; et bien souvent , d'un versa l'autre , on sent le nombre qui se presse , s'accélère et s'accroit jusqu'à son repos. Maculisque trementes — interfusa gerias , et paUida morte futiira.

Cette théorie du nàmbre , que je viens d'appfliquer aux vei*s , est encore plus conve* nable à la prose. Mais une prose libre est-elle susceptible de nombre ? et peut-il y avoir quelque règle dans l'art de l'y introdmre et de l'y placer à propos ?

Les Grecs furent long-temps k s'en apercevt^î* ; mais dès que les rhéteurs en eurent fait l'es^ / et qu'Isocrate , en modérant l'usage du nombre OT2LXo\Te^ en eut fait sentir la puissance , les Qrateurs , Ëschine , Démosthène , les philosophes , Platon et Théophrasté , \m historiens , Thucydide et Xénophon , se saisirent avidement de ce moyen de captiver l'oréillc de celui des peuples du monde qui fut le plus soumis à l'empire des sens.

Chez les Romains , la poésie fut tardive , et plus tardive que l'éloquence , à s'empargÉ^ dsi pouvoir du nombre. Les vers sénaires de

iTOlttBJlE. 9

Pacuvins, de Plante et de Térence, n'avtiéî&t pas même l'harmonie* d'une prose Tariée et nombreuse, Comicorum senarii ^ proptersimilitudinem sermonis, sic sœpe stmtahjectiy ut nonnunquam vix in his nmnerus et versus ïhteïligipossiU ( Cic. Orat. ) Et lorsque Lucrèce , le premier des poètes latins qui ait donné au vers hexamètre de I9 magnificence et du nombre , publia soA poème , il y avait long - temps que Crassns et Marc - Antoine avaient appris du rhéteur Caméade le secret de communiquer le pouvoir du nombre à réloquence. Cicéroti , âgé alors de • tieutecinq ans , possédait ce grand art , et l'avait déjà pratiqué. Après y avoir excellé lui-même, il en donna des leçons profondes dans ses livres de l'Orateur. J'en vais extraire quelques détails. ^

' U ne veut pas que le nombre de la prose soit celui des vers ( car il parle des vers métriques, dont tous les pieds étaient prescrits) ; et une prose ainsi cadencée eût paru trop artificielle. Mais comme' la prose même a , de sa nature , et sa lenteur , et sa vitesse , et ses inouvemens , et ses repos , il deniande que , sans Tassujettir , on en. règle la marche, 'soit pour kl soutenir , soit pour l'accélérer ,

lO NOMB&E.

soit pour donner au cercle qu'elle doit parcourir l'étendue qui lui convient. Oraûo quoniam tum stabiUs est tum volubilis y necesse est ejusmodi naturam numeris condneri, Nam circuitus ille incitatior numéro ipso feriur et labitur , quoad perveniat adfinem et insistât, Perspicuum est igitur numeris' adstri^tam orationem esse debere , cùfere versibus, ( Orat. )

Quant à Tespèce de nombre que reçoit la prose , il déci4e , contre le sentiment des rhéteurs et d'Aristote même , qu'elle les admçt tous, ^go autem sentio otnnes in otH" tione esse quasi permixtos confusosque pedes. L'iambe, Deos , dans la langue latine , était le plus commun. Magnant enim partern ex iambis nostra constat oraiio. Lecborée , nrnsa , est vicieux dans la désinence des phrases , parce qu'il tombe sur la brève , et Cicéron préfère le spondée , campos : Habet stabilem querndam et non expertem digniiatis gradum. Il le recommande surtout dans les incises ou petites phrases coupées : pau^ citatem enimpedum gravitatis suœ tarditate compensât. Or il est important de donner aux incises , lorsque la pensée en est remarquable , un nombre sensible et jrappant : '

irOHBKE. II

Nihil tara débet esse numerosum , quam hoc quod minime apparet , et vafet plurimum.

Mais si le choree simple est trop léger pour les conclusions de phrases , il y devient plus grave lorsqu'il est redoublé , et Cicéron , en parlant de ce nombre , cite un exemple de se^ effets dails une harangue de l'oratetir Car« bon. O Marce Druse ( patrem appello ) ! tu dicere solebas sacram esse rempublicam ; quicumque ecun violavisset, ab omnibus esse eipœnas persolutàs, Fatris dieUint sapiens temeritas filiicomproba^it. Ce dichorée com^ probavit , ajoute Cicéron , fit un effet prodigieux. Et changez Tordre des paroles ; dites : comprobavit filii temeritas ; ce n'est plus rien : jq/n nihil est.

Ce mot temeritas est pourtant le pseon , qu'Aristote préfère à tous les autres nombres pour terminer la période. Mais Cicéron n'est pas de son avis , et il pense que le crétique tanguidos est au moins aussi favorable. Cependant il admet les deux paeons comme trèsoratoires ; la longue et les trois brèves pour le début de la période : desinite, comprimite, çt les trois brèves suivies de la longue pour les repos idomuemnt^ sonipedes. Le»p«ons

la NOMBRE.

mêmes lui serableut d'autant plus convenables à l'éloquence y qu'on les rencontre rarement dans Içs vers. Pœon minime est aptus ad versiun , quo Uhcntius eum recipit oratio.

Tels sont le?» éléniens du nombie.

Mais dans les vers il faut (que le nombre soit sensible et soutenu d'un bout à Tautre.

JVam versus eeque prima et média etextfema pars attenditur; qui debilitatur^ in quacumque sit parte titubatum. ( De Orat. ) Au lieu que dans la prose , non sejulement le nombre n'a pas besoin d'être continu , mais il ne doit pas rétre. C'est dans les points éminens du discours , dans les incises r.emarqvables ( quœ incisim oui membratim efferuniur ^ ca vel aptissime cadere. debent ) , aux articulations des membres, aux deux extrémitésde la période qu'il doit être placé ; mais plus sensiblement encore dans ks phrases correspondantes et symétriquement opposées , dans les antithèses , dans les corrélations , dans ce qu'on aj^elait similiter cadens , ou' similiter desinens. .

Nec numerosa ess9 utpoçmata , nec extra numerum, utsenno vul^, esse débet oratio.

Altérant nimis est vinctum , ut de industria factum appareats alterum nimis dissolutum.

NOHBax. i3

ut pervOffum et vuigave videatur. Sii igitur pertnixtaet temperata nnmeris, necàissoluta^ nec tota nuxiierosa , pdfone tnaxitne ^ sed re-

tiquis nnineris eùàm temperata Multum

interest utrurn numerosa sit, un plane e mimeris constet bratia, Alterum si fit , intale^ rabite vitium est ; aUerùmsi non fit ^ dissipatate t inciiltc^'et fiuens est oratio.

Il j avait alors , comme aujourd'hui , des gens qui ne croyaient point au nomkre de la période , et c'est de, ceux-là que Cicéron\ disait .-/ze^ra qnasàabeànt auhss. /^. perioob. ' Il reconnaissait cependant que Je style périodique et TM/nèreux avait une place plus libre et plus marquée dànâ le<( discours uniquement destinés à instruire et à plaire , dans les morceaux de décoration , comrai^dans le^ éloges , dans les narrations , dans les descriptions oratoires , où Fâme n'étant attachée par aucun intérêt pressant, on ne pouvait captiver l'attention que par le plaisir de l'oreille. Enfin le nombre était comme Tâme de ce que nous appelons harangues : yam qunm ù est auditor,^ qut non vercatur ne compo^ sitce orationis insidUs suafides {Utentetur^ gratiam quoque habet oratori voluptati au- Hum servienti. Aussi la plus harmonieuse des

14 'iroMURK.

Qraîsons de Cicéron , c'est la harangue pouf

Marcellos.

Mais , dans Téloquence du barreau , cette recherche curieuse et continuelle du nombre ferait nuisible à l'éloquence. Il ne doit ni en être exclus , ni trop y dominer , surtout dans les endroits pathétiques. Si enim semper utare , quum satietatem affént , ium quale sit etiam ab imperitis agnoscitur. Detrakit prœtefea actionis dolorem , au/ert humanum sensiun actoris , tolUt funditus ventatem et fidem. Cependant Cicéron avoue qu'il l'a recherché très-souvent avec le plus grand soin , et singulièrement dans ses péroraisons , mais lorsqu'il s'était déjà rendu le taaitre de son auditoire , et que les esprits obsédés et captivés n'étaient plus assez en état de prendre garde au prestige du nombre. Id nos for»

tasse non perficimus , conad quidem sœpissime sumus : quod plurimis lacis pérora-tiones nostrœ voluisse nos atque animo con-tendisse déclarant. Id autem tum valet , quum is qui audit ab orator^. Jam obsessus est ac tenetur. Non enim id agit ut insidietur et observet ; sed jam favet , processumqUe vnlt; dicentisque vim adm,irans, non inquirit quod reptehendat.

NoxBms. i5

les mêmes nombres , qui étaient prescrits dans les ver^grecs et latins , et qui se faisaient distinctement apercevoir dans leur prose oratoire, se retrouvent dans nos vers et dans notre prose. Et qui ne reconnaît pas la mesure de deux yrs français dans oes deux vers d'Horace ?

Quem tu Melpomene semel Nascentem pîacido lumine ^ideris ?

Qui ne reconnaît pas la mesure d^s vers latins dans ces 'vers de Racine ?

Aux feux inanimés dpnt se parent les deux Il rend de profanes hommages.

Cependant ^ < il faut l'avouer , les mêmes nombres sont moins marqués dans notre prosodie c[ue dans la prosodie ancienne ; et si quelque chose peut les décider à not^e oreille , ce sera la musique.

. Mais un mal' irrémédiable et un désavantage auquel notre langue est condamnée à regard du 7zo/n6/« ^ c'est la barbarie de nos conjugaisons , toutes formées en dépit de l'oreille.

On envie aux ancien^ leurs inversions , et ce regret est juste , maRs bien moins fondé qu'on ne^^pense. L'un des grands avantages

l6 « NOMBRE.

de rînversipn , pour les anciens , était de terminer les phrases par le Terbé. Mais presque tons les- temps des verbes donnaient de belles désinences , toutes les inflexions en étaient nombreuses ; et c'est la sonrce la plus féconde de rhiirmonie de Ciéérog.

Dans notre langue , au contraire ^ oa les terminaisons du verbe sont si désagréables qu'elles ne peuvent pas même être souffertes dans fine prose élégante , qu'ils commandassent , que nous confondissions , Q^'^^ entreprissent , que Je délibérasse , que vous délibérassiez , etc. ; ou elles &e réduisent â la monotonie d'un participe indéclinable avec le verbe auxiliaire ; ou elles sont dénuées d'accens et réduites à la mesure du chorée , comme dans }^aime ; du spondée , comme dans i* aimais ; ou de Yiambe , comme dans y attends. Si quelques temps conservent encore une faible empreinte de l'ancien nombre^ comme l'attendrai, je succombe, je tenterais^ cela est rare; et quoique l'invariable désinence des noms , dans notre langue , soit unç^des causes de notre indigence , il n'en est pas moins vrai que ,1e v«rbe est , à l'égard du nombre , ce que nous avons de plud^ingrat. Il faut une adresse - continuelle pour le faire

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