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près, on lui en épargne la peintuM, parcs qu'ils forment Fesprit du corps , et qu'un corps est trop respectable pour être peint au naturel. Il n'y a que les courtisans etles procueurs qui se soient livrés de bonne grâce , et que Ton n*alt point ménages : les médecins eux-métnes seraient peut-être moins patiens aujourd'hui que du temps de Molière ; mais ur l^ur compte il a tout dit.
Si Ton demande pourquoi nous n'ayons plus de comédie , on peut répondre à tous les états , c'est que tous ne voulez plus être peints. Si on nous représente les moeurs du bas peuple , qui est le seul qui se laisse peindre , le tableau est de mauvais goût ; si l'on prend ses modèles dans une classe plus élevée, cela ressemble trop , l'aUusion s'en mêle , et il n'est point d'état un peu considérable qui n'ait le crédit d'empêcher qu'on ^ moque de lui :
chacun veut pouvoir être tranquillement ridicule et impunément vicieux. Cela est com- ^lode pour la société , mais très-incommode pour le théâtre.
La décence est une autre gêne pour les poètes comiques. Une mère veut pouvoir mener sa fille au spectacle, sans avoir à rougir p pur elle si elle est ianocente, et sans la voir
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rbugir'i si elle ne Test pas. Or comment exposer à leurs yeux, ^tir la scène, les vices les plus à la mode , «t qui donneraient lé plus d« jeu à rintrigue et au ridicule ?
Les vices condamnés par les lois sont censés réprimés par elle : les citer au théâttc comme impunis , et les peindre comme plaisans , c*est en même temps accuser les lois et insulter aux mœurs publiques. L'adultère ne serait pas assez châtié par le mépris , ni le li« bertinage et ses honteux effets assez punis par le ridicule : voilà pourquoi on défendà la comédie d'instruire inutilement Tinnocence et d'effarouchet la pudeur.
En général, le caractère des Français, actif, souple, adroit, susceptible de vanité et d'émulation , que la concurrence aiguillonne dans ^ne ville comme Paris ; ce génie peu inventif f mais qm s'applique sans relâche à tout perfectionner , a été la cause constante des progrès de la poésie dans un climat qui ne semblait pas fait pour elle ; et plus elle a eu de difficultés à vaincre , plus elle mérite d% gloire à ceux qui , à travers tant d'obstacles , Font élevée à un si haut point de splendeur.
D'après l'esquisse que je viens de donner
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do rhistoire naturelle de là poésie , 9n doit sentir combien on a été injuste ea comparant les siècles et leurs productioss , et en jugaMat ainsi les hpmmes. Voulez-vous apprécier l'industrie de deux cultivateurs? ne comparez pas sçulement les moissons , mais peosez au terrain qui les a produites , et au cUmat dont Tinâuence Ta rendu plus ou moins fécond.
riM Dt7 TOME SIXIÈME.