IRONIE* Ï^^Q
Stylé plaisant ou comique , et au Ion de la société, qu'il soit inRignè de la haute élo- •
. quence et de la haute- poésie , et qu'il n'^prime avec autant, de noblesse que d'amertume le mépris ou l'indignation qui se mêle au ressentiment , au dépit , à la colère , à la fureur même. Rien de plus énergique dans la bouche d'Oreste que cette, apostnophe iro-
» nique : . ' .
Grâce aux dieux. , mon malhetir passe mon espérance ; £ty> ie loue, 6 ciel ! de ta persévérance. •
Hîen de plus sanglant que l'ironie' dans la bouche dUermione. en parlant à Pyrrhus : ' .
Est-il juste, après tout, qu'an conquérant s'abaisse Sons la servile loi de garder sa promesse ?
T9bn , non ; la perfidie a de quoi vous tenter. Et t%u8 ne me cherohez que pour vous en Vanter. Quoi! sans que ni serment ni deToit,Toua retienne, ' Rechefèher une Grecque , amant d'une Trpyenne -, , . . Me quitter, me reprendre , et retourner encor De la fille d'Hélène à la veuve d'Hector ; Couronner tour à tour T^sclave et la princesse ; Immoler Troie aux Grec^, aux fils d'Heftor la Grèce ^ Toi^t cela part d'un cœur toujours maître de soi , D'un héros qui n'est point esdlave de sa foi. Pour plaire à votre épouse , il vous faudrait pent^tre Prodiguer les doux noms de parjure et de traître. Votre grand cœvt sans dottU attend «près mes pleurs ^
*^So 1 ROUIE.
Pour aller dans ses, bras jouir 4e nés dpiileiva ; Changé de taat d'bouneur ,wît veut qu'où le reavoie; Mais , seigneur , eu un jour ce serait trop de joie. Et sans chercher ailleurs des titres empruntés , IYe«apoa8 suffit^il pas de ceux qfte tous portez ? Du vieui père d*fiçckor U valeur abattue Aux pieds de $» famille expirante à sa vue, - Tandis que dans son sein votre bras enfoncé Cherche un reste de sang que i'âge avait glacé ; Dsns'dea rtiisseaux de saug Troie ardente [i^longée ; De votre pro|>re m^in Polixène égQrgée Aux yenu, de tous les Grecs indignés contre vous ; Que peut-on refuseç à ces-généreux coups ?
On voit dans le neuvième livre de riliade 'on bel e/emple d* ironie , à ti'avers Ja, franchise avec laquelle Achille repond à Ulysse , qui, de la pari d'Agamemnon , vient solliciter $on retour. « Qu'il n'espère pas me tromper encore , lui dit-il : je le connais trop ; eti^ne viendra .pas à, bout de me^persuader, JÎ n'a qu'à chercher jkvec vous, prudent Ulyafce , et avec h«;antres rois, les moyens de garantir ses vaisseaux des flammes dont ils sont menacés. Sans moi il a dpjà fait de si grandes cho^ejs ! I{ a fem^é soxm camp d'une grande murail^e j il- a environné cette muraille d'un large fossé, il a fortifié ce fossé d'une bonne palissade; et avec tous ces retranchemens il x^e peut encore repousser Thomicide Hector î
IROWIE. 175
Les sîèclefe les plus raffinés n'ont certainement rien de plus «droit que cette manière de reprocher au fier Agamèmnon les timides soins qu'il se donne potlr se tenir renfermé dans son camp.
C'est une ckose digne d'admiration que les diverses, tentathrés qu'a faites le génie de Corneille , en créant parmi nous là tragédie, pour en étendre et varier Iç genre. Il a tout osé-, jusqu'à risquer au théâtre un héros rao* queur; et, si dans le langage t/D/zi^ire qu'il a mis dans la bouche de Nicomède , il a souvent manqué de goût , il n'en est pas moins vrai que l'invention , le dessin , la physionomie de ce caractère , ont quelque chose de sttrpretiant dans leur originalité.
▲ TALE à Laodice.
fiome , qui nl*a Dourri, vous pttlsrsi pour làûL
Borne , seigneur I
JLVALB.
• Oui-, Rome. £n êtes- vous en dlnte?