‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 10 sur 81 · Diamant · texte numérisé non relu

Diamant

Quand on essaie ce caractère , il faut , autant que possible , choisir des cristaux dont l’angle soit de go°, et lorsque la rayure est faite , passer le doit mouillé par-dessus pour enlever la poussière , et voir par là si celui qui porte la rayure n’a pas lui - même rayé l’autre en l’usant. Il est bien probable que les molécules de même nature possèdent toujours la même dureté ; ainsi celles du diamant et de V anthracite sont également dures , mais leur mode de réunion donne lieu à des masses dont la dureté est extrêmement différente.

Action de la lumière.

20. L’action de la lumière sur les minéraux est encore un caractère très important, mais c’est aussi un de ceux qui exigent le plus d’habitude pour l’observer avec soin ; nous allons passer en revue les principaux accidens qu’éprouve la lumière à la surface ou dans l’intérieur des minéraux , et auxquels sont dus :

2i. A. L ’ éclat. La lumière réfléchie constitue l’éclat d’un minéral ; on en distingue plusieurs sortes : tels sont Y éclat métallique , l’ éclat vitreux , Y éclat résineux, Y éclat gras , IVclal adamantin , ou analogue à celui du diamant, Y éclat na—

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cré , Yéclat soyeux. On dit des substances pierreuses dont l’éclat approche de celui des métaux qu'elles offrent Y éclat métalloïde j ces différentes épithètes n’ont pas besoin d’être définies. 11 laut encore distinguer l’éclat produit par la simple réflexion de la lumière à la surface du minéral , d’avec l’éclat particulier qui est dû à l’action de cette lumière sur la couche la plus extérieure du corps réfléchissant.

22. B. La couleur. La lumière décomposée constitue la couleur ; ce caractère est en général assez bon pour les substances métallifères, mais il est de peu d’importance dans les autres. On distingue les couleurs en propres et accidentelles : les premières sont toujours semblables dans la même substance , comme dans les métaux ; les autres sont dues à la présence de corps étrangers , et surtout à des oxides métalliques interposés, comme dans la plupart des substances pierreuses.

23. C. La transparence. Quand les minéraux laissent passer entièrement les rayons lumineux , on les dit transparais, et seulement translucides quand on ne peut distinguer la couleur ni la forme des objets qui sont placés derrière eux : quand , réduits en lames minces, ils ne laissent pas passer la lumière , on les dit opaques.

La transparence parfaite, et souvent même la translucidité, indiquent cpie les différens principes qui composent le minéral sont à l’état de combinaison et non de mélange , car dans ce dernier cas le minéral serait opaque. 11 ne faudrait pas conclure de là que toute substance opaque contient des parties mélangées; car l’opacité peut dépendre uniquement d’un arrangement particulier dans les molécules du corps, et la même substance minérale peut se rencontrer opaque ou transparente dans un état de pureté parfaite : tels sont le beau marbre blanc et la chaux carbonatée cristallisée limpide.

Les minéraux transparens ou translucides peuvent laite subir différentes modifications à la lumière, soit quelle les tra-

vevse entièrement, soit qu’elle ne pénètre que très peu dans leur intérieur ; tels sont :

24. D. La réfraction simple et double. La lumière ne traversant jamais un corps sans éprouver la réfraction, il en résulte que tantôt le rayon lumineux ne fait que changer de direction , et que d’autrefois il se divise en deux et occasionc la double réfraction. Le phénomène de la réfraction simple est peu sensible dans les pierres, il l’est plus dans les métaux : dans la réfraction double , un des deux rameaux suit la loi naturelle, ne se déviant que d’après la densité du milieu qu’il traverse; l’autre est extraordinaire. Cette observation sert à distinguer les substances naturelles cristallisées des corps artificiels; la double réfraction ne se manifeste jamais dans les corps dont les cristaux sont le cube, Y octaèdre ou le dodécaèdre bien réguliers , si ce n’est quelquefois en chauffant ces cristaux d’un côté seulement , et les rendant par cela même un peu irréguliers. Il faut , pour l’observer, regarder par des faces qui 11e soient ni perpendiculaires ni parallèles à l’axe du cristal , mais qui lui soient obliques. O11 ne l’observe facilement que dans deux cristaux naturels , qui sont la chaux carbonatée rhomboïdale et l’octaèdre du soufre. Dans d’autres cas, comme dans le cristal de roche, il faut regarder à travers une des faces du prisme , et une de celles de la pyramide , ou bien il faut faire naître une face sur une autre arête. On observe la réfraction double en plaçant une épingle derrière le cristal , à une certaine distance, ou bien en plaçant ce cristal entre une carte percée d’un trou d’épingle et une lumière.

25. E. \é irisation , ou i ri dation , est due à une décomposition particulière de la lumière, décomposition produite par la surface même du minéral qui a été altéré , par des fissures invisibles à l’œil, par le soulèvement d’une laine très mince du minéral lui-même , ou bien encore par une matière étran-

gère, incolore, qui forhxe à sa surface une couche très mince. Ce phénomène se présente avec assez d’intensité, dans certains fragmens de houille, de fer oligiste, etc.

26. F. Le chatoiement. Ce phénomène s’observe dans quelques minéraux lorsqu’on les expose dans certain sens à la lumière , les rayons lumineux ne sont jamais renvoyés de l’extérieur, mais de l’intérieur du minéral, par la surface des lames qui le composent; aussi l’observation de ce caractère indiquet-elle assez souvent le sens du clivage. Le chatoiement est surtout remarquable dans le labrador.

27. G. Le dichroïsme est la propriété singulière que possèdent quelques minéraux de présenter une couleur quand on les regarde dans un sens, et d’en offrir une autre lorsqu’on change leur position relativement à l’œil. Ce phénomène , ainsi que le suivant (la polarisation) , a beaucoup plus d’importance en Physique qu’en Minéralogie ; on peut l’observer dans la dichroite.

28. H. La polarisation est une propriété que possède la lumière, après avoir traversé certains minéraux cristallisés, de présenter des pôles comme un corps électrisé ; on a mis cette découverte à profit dans le cristal de roche, pour faire des lunettes marines , avec lesquelles on distingue dans quel sens se meut un objet éloigné qui paraît immobile.

Phosphorescence.

29. La phosphorescence est la propriété que possèdent certains minéraux de laisser dégager de la lumière dans l’obscurité ; on peut apercevoir ce phénomène par différons procédés, car il n’y a aucun minéral qui dégage naturellement de la lumière sans qu’une cause quelconque l’ait produite : i°. en frottant deux minéraux l’un contre l’autre; 20. par la chaleur; à cet effet, on réduit la substance en poudre, et on la place sur une surface métallique suffisamment chauffée; bientôt le

phénomène a lien, et la couleur île la flamme varie selon l’espèce que l’on essaie; 3°. par l’insolation ; mais il paraît qu’il n’y a que les rayons violet et bleu qui puissent produire la phosphorescence ; si les autrss ont quelque part dans ce phénomène, c’est très peu de chose, et le rayon rouge n’y est pour rien; 4°. enfin, en tirant beaucoup d’étincelles sur certains minéraux, ils jouissent pendant quelque temps de cette propriété.

La phosphorescence dans les cristaux est en rapport avec leur structure; elle ne se développe pas, ou que très peu, sur les laces qui sont parallèles aux joints du cristal, mais elle est très sensible sur les faces naturelles ou artificielles qui se trouvent en sens contraire de ces joints.

Electricilc.

3o. Les minéraux deviennent électriques, soit par le frottement , soit par la chaleur ; les pierres et les sels dont les surfaces sont planes et unies donnent l’électricité vitrée, tandis qu’on observe l’électricité résineuse sur celles qui sont raboteuses. Les corps combustibles donnent toujours l’électricité résineuse; un léger frottement peut souvent développer ce phénomène : il suffit de presser des topazes entre les doigts pour le faire naître d’une manière bien sensible. La même chose n’aurait pas lieu si on les pressait entre deux corps durs.

On a cru, jusque dans ces derniers temps, que l’électricité développée par la chaleur n’appartenait qu’à un assez petit nombre de substances naturelles ; mais M. Brcwster vient d en augmenter singulièrement la liste. Il a fait voir en même temps que cette propriété pouvait appartenir également à quelques substances artificielles. Comme les corps qui présentent le caractère de la pyro-électricité sont encore peu nombreux, nous allons en faire l’énumération.

Substances naturelles pyro-électriques .

Tourmalines,

Topazes,

Axinite,

Boracite ,

Zinc oxide',

Splïène ,

Me'sotype (plusieurs variétés: scolezite , me'so-

lite) ,

Calcaire cristallisé,

Béril jaune,

Barytine ,

Célestine ,

Plomb carbonate,

Diopside (variété depyroxène),

Fluor (rouge et bleu) ,

Diamant ,

Arsenic sulfuré jaune,

Analcime,

Quarz hyalin améthiste,

Quarz du Dauphiné,

Tdocrase ,

Mellite ?

Soufre natif,

Grenat ,

Dicliroïte.

Substances artificielles pyro-électriques .

Tartratc de potasse et «le soude,

Acide tartrique,

Oxalate d’ammoniaque ,

Chlorate de potasse,

Sulfate de magnésie et de soude,

Sulfate d’ammoniaque,

Sulfate de fer,

Sulfate de magnésie,

Prussiate de potasse,

Sucre ,

Acétate de plomb,

Carbonate de potasse ,

Acide citrique ,

Deuto-chlorure de mercure.

( Annales de Chimie el de Physique , t. XXVIII , p. 161.)

Les cristaux de tourmaline présentent ce caractère à un point bien marqué , pourvu que leur température soit de 3o° à 120°. Aussi, comme on se sert ordinairement pour déterminer l’électricité des minéraux, d’une aiguille de tourmaline suspendue sur un pivot, on a soin de la chauffer à 1200, afin d’avoir le temps de faire ses expériences jusqu’à ce qu’elle soit ramenée à 3o°. On détermine les pôles de cette aiguille avec un morceau de succin. On pourrait également les déterminer par la seule inspection des cristaux , car cette substance, ainsi que les topazes , se présente ordinairement sous la forme de cristaux prismatiques allongés , dont les deux sommets sont toujours dissemblables; et c’est une règle générale que, dans tous les minéraux où l’on peut faire cette remarque , le côté le moins compliqué s’électrise toujours résineusement par la chaleur, et celui qui porte le plus de facettes, toujours vitreusement : ainsi on peut, sans les essayer, connaître laquelle des deux extrémités sera le siège de l’une ou l’autre électricité. Quoique cet appareil pour connaître l’électricité soit très sensible, on emploie de préférence une aiguille qui porte à l’une de ses extrémités un cristal de chaux carbonatée , dont l'électricité est toujours vitrée. Les minéraux Tome 1. 3

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qui repoussent l’aiguille sont électrisés de la même manière ; ceux qui l’attirent possèdent l’électricité opposée. Les topazes peuvent conserver leur électricité jusqu’à 3a heures; mais ce qui a fait donner la préférence au carbonate de chaux , c’est qu’il peut conserver la sienne pendant io à 11 jours.

Il est assez remarquable qu’en frottant un bâton de cire à cacheter avec du talc, du molybdène sulfuré , ou avec d’autres minéraux qui peuvent se séparer eu paillettes d’une apparence grasse, on lui communique l’électricité vitrée.

Magnétisme.

31. Le magnétisme est la propriété que possèdent quelques minéraux d’agiv sur l’aiguille aimantée. Ce caractère est extrêmement borné, car on ne l’observe que dans les minerais de fer : et encore , parmi ceux-ci , un seul possède le magnétisme polaire, c’est-à-dire qu’un morceau détaché au hasard se trouve toujours muni de deux pôles ; les autres n’agissent que par attraction sur les pôles d’une aiguille aimantée. Le nickel et le cobalt possèdent aussi cette propriété , mais à un bien moindre degré que le fer.

Structure.

32. On a long-temps confondu la structure avec la texture ; mais, comme l’observe M. Brongniart, ce sont deux caractères essentiellement difïerens , puisqu’ils peuvent se présenter ensemble dans le même minéral.

« La structure, dit ce savant, est la disposition des joints « de séparation des parties d’un minéral , d’où résulte nécessai- « rement la forme de ses parties ». On peut observer la structure, soit en présentant le minéral à la lumière, quand il est transparent, soit en le faisant rougir et le plongeant dans l’eau, soit en lui faisant subir un choc plus ou moins violent, qui, forçant ses parties à sc séparer, isole presque toujours

celles dont la forme n’est qu’une conséquence de ce caractère.

La structure peut indiquer la forme primitive d’une substance cristallisée, en déterminant le sens du clivage; elle est dite alors structure régulière ou laminaire. Elle diffère de la structure lamellaire , en ce que scs parties offrent toujours une incidence semblable et déterminable , ce qui n’a pas lieu dans cette dernière. Ainsi la chaux carbonatée rhomboïdale a une structure laminaire , et la chaux carbonatée saccharoïde , une structure lamellaire.

La structure est fibreuse quand la masse est formée par la réunion d’une infinité de petites fibres , qui ne sont autre chose que des cristaux très déliés. Ces fibres peuvent être parallèles ou divergentes, ce qui, dans ce dernier cas, donne lieu à la structure radiée.

Outre ces diverses espèces de structure, qui dépendent toutes d’une structure primitive cristalline , les minéraux en offrent fréquemment une autre que l’on désigne ordinairement sous le nom de fissile ou schisteuse, qui ne dépend pas de la cristallisation, et qui présente des joints parallèles plus ou moins nombreux. Tant que ces joints sont droits , la structure conserve le nom de fissile ou feuilletée, s’ils sont nombreux, comme dans 1 ardoise ; et prend le nom de structure slraliforme , quand les joints sc contournent de différentes manières sans perdre leur parallélisme, comme on peut l’observer dans certaines masses de chaux fluate'e.

Texture.

j3. Nous venons de voir que la texture était différente de la structure; c’est, pour ainsi dire, la définition de l’aspect que nous offrent les minéraux qui n’ont pas de structure, ou les fragmens produits par la disgrégation particulière des masses minérales qui en présentent une distincte. Ainsi , un minéral qui présentera une structure fissile dans ses masses

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pourra très bien avoir une texture compacte dans les feuillets qui seront les résultats de la disgrégation fissile.

Ce caractère offre un grand nombre de variétés faciles à déterminer, souvent employées pour distinguer des sous-espèces ou des variétés. Telles sont les textures vitreuse, compacte, terreuse, grenue, saccharoide , etc., qui n’ont pas besoin de définition.

Ces différentes sortes de texture donnent lieu aux impressions diverses que les minéraux produisent sur le toucher.

Cassure.

34. C’est l’aspect que présente, dans un minéral, une surface que l’on vient de mettre à découvert par un choc plus ou moins violent. Ce caractère dépend de la structure, de la texture, et de la force de cohésion par laquelle les molécules de la substance que l’on étudie sont unies.

La cassure est quelquefois nécessaire pour observer la structure ; mais il faut éviter de confondre ces deux caractères, qui sont cependant très distincts , en ce que , dans le dernier, les joints de séparation existaient avant le choc qui les a mis à découvert, tandis que, dans le premier, c’est ce choc qui a déterminé la séparation des parties , sans qu’aucune cause préexistante y ait contribué. Ainsi on ne dira pas une cassure lamelleuse , une cassure feuilletée ; mais une structure lamelleuse , une structure feuilletée , que la cassure rend plus facile à observer, mais ne crée pas.

On a fait un très grand nombre de variétés de cassure, auxquelles on a généralement donné des noms qui indiquent leurs rapports avec la cassure de substances bien connues , comme le verre , la résine , la cire , ou la ressemblance de la surface découverte avec certains corps : de là les noms de cassure conçhoide , esquilleuse, etc. Nous citerons les cassures :

Vitreuse, quand elle offre le luisant et les inégalités des substances vitreuses, comme dans un grand nombre de minéraux cristallisés ;

Résineuse , quand elle offre les inégalités et le luisant particulier de la résine ; telles sont les diverses variétés d’opale ;

Cireuse ou écailleuse , quand elle présente une infinité de petits éclats adliérens et un peu opaques , comme dans la cire et un grand nombre de minéraux translucides;

Esquilleuse , quand les écailles sont plus longues et pointues , comme dans le talc ;

Raboteuse, quand la surface découverte est très inégale et plus ou moins ondulée , comme dans la plupart des argiles ;

Conchoïde , quand elle ressemble à une valve aplatie de coquille bivalve. Cette cassure est très caractérisée dans le quarz silex pyromaque.

Ténacité.

35. C’est la résistance que les masses présentent au déchirement ; c’est une propriété relative , qui présente un grand nombre de degrés intermédiaires entre la résistance la plus faible , qui est la friabilité, et la plus forte , qui se rattache à la ductilité. Elle est souvent en raison inverse de la dureté ; et tel minéral qui sera bien moins dur que tel autre sera bien plus difficile à briser.

Ductilité.

36. Il n’y a guère que les métaux qui possèdent cette propriété de s’étendre plus ou moins sans se briser. Elle dépend en partie de la ténacité.

Élasticité .

3 'j. C’est la propriété qu’ont certains minéraux, ordinairement en lames assez minces, de reprendre leur première

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direction, lorsqu’après avoir été ploye's, la force qui les tenait dans ce dernier état cesse d’agir : tel est le mica.

On peut encore entendre par élasticité la propriété que possèdent un assez grand nombre de minéraux de renvoyer les corps durs qu’on laisse tomber sur eux, leurs molécules reprenant alors promptement la place que le choc leur avait fait perdre. Ainsi le cuivre est élastique, le plomb ne l’est pas. Mais, considéré dans ce sens, ce caractère est souvent difficile à observer à cause de la petitesse des échantillons ; il est d’ailleurs de peu d’importance.

Flexibilité .

38. C’est la propriété que possèdent certains minéraux de pouvoir se ployer sans se rompre. Elle existe toujours, mais plus ou moins développée. Elle est élastique dans le mica , qui peut se ployer et reprendre ensuite son état primitif ; non élastique dans le talc, la chaux sulfatée, qui ploient, mais qui restent dans la position où l’on vient de les mettre.

Happement à la langue.

3g. Quelques minéraux à texture poreuse s’attachent assez fortement à la langue, en absorbant promptement l’humidité dont elle est couverte. Ce caractère très peu important , mais que l’on doit cependant noter dans les espèces qui le possèdent, dépend en partie de la texture.

Son.

4o. Ce caractère est très peu employé en Minéralogie, il est très bon quand il se rencontre dans les pierres, parce que peu d’entre elles le possèdent; mais sa valeur est nulle dans les métaux , qui sont tous plus ou moins sonores.

Formes irrégulières ou accidentelles des minéraux .

4i . Les formes qu’affectent dans la nature les grandes masses minérales ne sont pas du ressort de la Minéralogie, elles constituent les couches et les terrains, qui sont l’objet de la Géognosie; mais il n’en est pas de même des formes que prennent en petit les différentes substances minérales : ces formes peuvent être dues à la réunion d’un certain nombre de cristaux , ou à des causes particulières et accidentelles. Les substances qui ne présentent aucune forme particulière sont dites amorphes: telles sont la plupart des roches; d’autres présentent des formes particulières , comme la forme globuleuse , réniforme , mamelonnée , botryoïdeou en forme de grains réunis. Ces formes peuvent être dues à différentes causes; ainsi les galets nous offrent une forme globuleuse qu’ils doivent au frottement continuel que les eaux leur ont fait subir, tandis que l’on trouve également des boules de cuivre carbonate, de fer sulfuré , etc., qui sont dues à la réunion d’un grand nombre de cristaux; mais on distingue toujours la forme globuleuse due à la réunion de cristaux, en ce que la surface des boules est toujours plus ou moins mamelonnée , et souvent même hérissée par les pointemens des cristaux qui les constituent. La cassure de ces boules offre aussi une apparence radiée que ne présentent jamais celles qui doivent leur forme à une cause étrangère. Quelquefois les formes globuleuses, au lieu d’offrir une structure radiée , sont formées de couches concentriques, ci rentrent alors dans les concrétions. Enfin, quelquefois cette même forme est due a ce que les arêtes d’un cristal sont émoussées; c’est ce qui a lieu dans le diamant, dont la forme est toujours plus ou moins sphéroïde. Si les arêtes, au lieu de s’émousser sur un dodécaèdre ou un octaèdre, comme le diamant, viennent à s’émousser sur des cristaux ’vbomboédriques un peu aplatis ou sur des prismes tabulaires, il en

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résultera des formes lenticulaires, comme dans quelques carbonates de chaux , le sulfate de chaux , etc. La structure fibreuse n’est autre chose que la réunion d’une grande quantité de cristaux prismatiques très déliés et parallèles. Les formes coralloides sont dues à une infinité de petits cristaux qui, au lieu d’être groupés autour d’un point commun , comme pour constituer la forme globuleuse, sont groupés autour d’un axe central, et donnent lieu à des cylindres plus ou moins longs, qui simulent des coraux.

En général on donne le nom de druzes à la réunion d’un certain nombre de cristaux groupés de diverses manières. Les druzes peuvent être superficielles, ou bien tapisser l’intérieur de coques pierreuses souvent arrondies ou ovo'ides , qui prennent le nom de géodes. (PL III fig. 3.) Ces géodes, le plus souvent siliceuses , sont quelquefois presque remplies de cristaux (*).

42. C’est encore à des groupemens de cristaux que l’on doit rapporter les dendriles , ou arborisations qui représentent des végétaux, et que l’on observe fréquemment dans les substances du règne minéral: les unes sont superficielles, et se présentent sur le plan des pierres schisteuses , comme un dessin sur une feuille de papier (PL III, fig.i) ; d’autres sont intérieures , et ressemblent en quelque sorte à de véritables végétaux , qui auraient été empâtés dans la matière pierreuse lorsqu’elle était encore dans un état de mollesse. (Pl. III, fig. 2. ) Quelquefois on peut très bien distinguer les cristaux qui forment les dendrites ; mais souvent on ne peut même

(*) ()n parvient ît expliquer comment il a pu se former une si grande quantité de cristaux dans une cavité qui devait contenir très peu de liquide, en observant, d’après les belles expériences de M. Berzclius sur le silicium, que la silice, au moment de sa formation, est très soluble dans l’eau , et qu’elle perd entièrement la propriété de s’y dissoudre quand elle a été solidifiée.

apercevoir leur forme avec le secours de la loupe. Les plus belles sont celles que l’on observe dans les agates orientales.

43. Parmi les formes dues à des concrétions , on remarque les stalactites, substances pierreuses ordinairement de nature calcaire et d’une forme cylindrique , que l’on voit pendre à la voûte des grottes, et qui descendent quelquefois jusqu’au sol de ces souterrains, de manière à représenter des espèces de colonnes ; leur couleur est ordinairement jaunâtre , blanchâtre ou roussâtre ; leur surface est lisse , mamelonne'e , ou hérissée de cristaux ; leur cassure est grenue , brillante , et présente des signes d’une cristallisation confuse ; en travers, elle offre des zones concentriques, traversées par des rayons qui partênt du centre , et vont aboutir à la circonférence ; en long , elle montre des couches parallèles. Il paraît que les stalactites se forment dans les grottes souterraines, par la stillation des eaux chargées de molécules calcaires qu’elles tiennent en dissolution. Quand ces eaux suintent le long des parois des grottes , elles y forment des dépôts de la même nature que les stalactites, et qui souvent présentent des formes assez bizarres ; on dirait l’eau d’une cascade convertie en glaçons, aussi leur donne-t-on le nom de congélations . Quoique le carbonate de chaux soit la matière la plus ordinaire des stalactites, il est cependant d’autres substances minérales qui affectent cette forme, comme l’oxide de fer, le soufre, etc. Les matières siliceuses peuvent aussi donner lieu à des stalactites: telles sont les stalactites de calcédoine, qui se trouvent dans les laves des des de Feroë. Outre les concrétions pierreuses qui prennent naissance aux voûtes des souterrains, on voit encore d’autres excroissances minérales qui sortent, soit des parois latérales , soit du sol même des grottes, en s’élevant à la manière des végétaux : on leur donne le nom de stalagmites . Leur forme n’est pas aussi simple que l’est ordinairement celle des stalac-

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titesj elle se rapproche des formes végétales: les unes ont la figure d’un champignon, avec un pédicule cylindrique portant un chapeau orbiculaire, entouré d’un bourrelet, et dont le diamètie suipasse de beaucoup celui du pédicule; d’autres représentent des tètes de choux-fleurs, etc.

44- Outre ces différentes configurations, les substances minérales se présentent encore sous des formes particulières, purement accidentelles , et quelles empruntent à des corps étrangers, soit organiques, soit inorganiques. Ainsi les- eaux de cei taiues fontaines laissent déposer du carbonate de chaux sur tous les objets qu’elles arrosent, et ces objets devenant les noyaux de matières pierreuses, conservent plus on moins leur forme ; telles sont les eaux de Saint-Philippe, en loscane, de la fontaine de Saint- Ally re , à Clermont en Auvergne. D autrefois certaines substances pierreuses, en gé— néial siliceuses ou calcaires, pénètrent les corps organisés, se substituent aux molécules organiques à mesure qu’elles se détruisent, finissent par les remplacer entièrement, et constituent les pétrifications, si communes dans certains terrains. Tantôt ce sont des bois, des fruits, tantôt des coquillages, des oursins, qui sont changés en pierres de diverse nature. En prenant la configuration d’autres minéraux , plusieurs substances se présentent avec des formes qui leur sont tout-à-fait étrangères; elles se moulent dans des cavités formées par des cristaux d’une autre substance, qui était empâtée , et •font les cristaux se sont détruits par une cause quelconque Ces pseudo-cristaux sont assez communs dans la nature, et pourraient induire en erreur, si l’analyse chimique et des circonstances géologiques ne donnaient pas des indices sur leur nature. On peut observer ce phénomène aux environs de Paris, ou l’on rencontre des masses de quarz cristallisé, qui offre la forme lenticulaire de la chaux sulfatée dont il a pris la place. Enfin, il arrive que certains cristaux , au lieu de sc détruire

DK MINÉRALOGIE.

entièrement, conservent leur forme, et perdent seulement un de leurs principes constituant, qui se trouve remplacé par un autre : on donne à ce phénomène le nom d'épigénie; plusieurs minéraux le présentent, et entre autres le plomb phosphaté dont les cristaux perdent quelquefois leur acide phospliorique , qui se trouve remplacé par du soufre, et donnent lieu à de la galène cristallisée en prisme hexaèdre.

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