‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 12 sur 81 · De ce nombre sont l’odeur et la saveur · texte numérisé non relu

De ce nombre sont l’odeur et la saveur

I. Odeur. La propriété que possèdent certaines substances minérales d’agir sur le sens de l’odorat serait peut-être plus importante, s’il était permis de pouvoir la définir avec exae-

ÉLÉMENS

titude dans tous les cas où on l’observe; mais, le plus souvent , les différences qu’elle présente n’étant qu’individuelles et d’ailleurs très peu tranchées et très peu multipliées , elle n’offre qu’un petit nombre d’indications exactes et véritablement utiles.

Les odeurs dépendent de la nature même des corps qui les manifestent, ou bien ne sont cpie de simples propriétés de circonstance. Les premières , plus nombreuses , peuvent s’observer par divers moyens, tels que la chaleur, le choc, le frottement, qui agissent toujours en divisant à l’infini une petite portion du corps sans l’altérer, et lui font développer son odeur caractéristique ; c’est ainsi que , par la chaleur , on peut reconnaître les minerais dans lesquels il entre du soufre, de l’arsenic, du sélénium, de l’antimoine , du phosphore, du tellure, du chlore, des matières bitumineuses , etc. Le choc et le frottement produisent les mêmes résultats , mais avec bien moins d’intensité.

Les odeurs accidentelles sont très variées , et proviennent , la plupart du temps, du mélange de certaines matières étrangères, comme des bitumes, des substances organiques, etc.; telles sont les odeurs d’hydrogène sulfuré, de bitume, que le choc ou le frottement développe dans quelques variétés de calcaire, de cjuarz, de baryte sulfatée, de chaux sulfatée , de pyroxène, dans certains bois pétrifiés, etc. C’est peut-être encore à la même cause qu’il faut rapporter cette espèce d’odeur que répandent quelques matières sèches et poreuses, d’apparence argileuse, lorsqu’on les expose au contact de l’humidité ou de l’haleine; tels sont plusieurs minerais de fer oxidé terreux, la pinite, etc. ; on l’a nommée odeur argileuse, quoique cependant elle ne soit certainement pas due à l’argile, puisque l’alumine et beaucoup de minerais argileux ne la présentent en aucune manière.

Los odeurs accidentelles n’ont donc pas la même valeur

ijuo celles dont nous avons parle en premier lieu, et qui tiennent à l’essence même des corps.

47. II. Saveur. Ce caractère ne peut s’appliquer qu’aux substances généralement solubles , telles que les sels • ou à celles qui sont susceptibles d’éprouver quelque modilication de la part des matières salines contenues dans la salive , tels que la plupart des métaux qui , comme le fer, le cuivre, le zinc, etc., appliqués sur la langue, développent des saveurs assez différentes et caractéristiques pour chacun d’eux. Nous n’entrerons pas dans de plus grands détails sur ce sujet, puisque nous décrirons ce genre de caractère lorsque nous ferons l’étude des espèces minéralogiques , et que les expressions qui servent à désigner les variétés qu’il peut présenter n’ont besoin d’aucune définition.

§ II. Caractères fournis par l’altération des cotps.

48. Ces caractères peuvent facilement s’observer, soit en faisant usage de la voie sèche , c’est-à-dire du chalumeau et des fondans, soit en employant la voie humide ou les divers réactifs destinés aux recherches analytiques : de là , deux subdivisions nécessaires.

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