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CHAPITRE IV

De la Classification en général , et des Méthodes

minéralogiques .

59. On donne le nom de classification, en Histoire naturelle, à la distribution méthodique d’une collection d’êtres , de quelque nature qu’ils soient, en plusieurs groupes distincts les uns des autres , que l’on a nommés classes , familles , genres et especes.

Tant que l’on ne connut qu’un petit nombre de corps, on sentit peu le besoin des classifications : la mémoire suffisait alors pour rappeler sans effort les différens caractères que présentaient ces corps. Aussi voit-on peu d’ordre dans les descriptions que nous ont laissées les anciens auteurs qui écrivirent les premiers sur l’Histoire naturelle, tels qu’Hésiode, Pline, etc. ; ou du moins suivent-ils des classifications tellement vagues, qu’elles méritent à peine ce nom. Mais à mesure que les connaissances des hommes s’étendirent, que les voyages entrepris dans le but d’enrichir la science eurent augmenté les catalogues des naturalistes d’une foule de nouveaux corps, on reconnut la nécessité de disposer ces corps suivant un certain ordre, afin de soulager la mémoire, et d’empêcher que tout 11e tombât dans un chaos difficile à débrouiller ensuite. C’est dans ce but qu’on renferma tous les êtres connus dans des espèces de catalogues, divisés et subdivisés d’après leurs propriétés, de manière qu’en suivant l’observation de ces propriétés, on pût parvenir à la connaissance du nom et des autres caractères dont on 11 avait l’ait aucun usage. La première division métho*

diquc connue en Histoire naturelle est celle de tous les corps eu trois règnes, minéral , végétal et animal, division qui a été successivement reproduite par tous les auteurs, jusqu’à nos jours. On établit ensuite, dans chacun de ces règnes, de grandes divisions ou classes, en réunissant tous les êtres qui étaient doués de quelques caractères susceptibles d’être appliqués à un grand nombre : c'est ainsi qu’on forma les classes des reptiles, des poissons, des oiseaux, etc. Chaque classe fut subdivisée en plusieurs groupes désignés sous le nome/ ordres on familles, d’après quelques propriétés communes à un certain nombre de corps ; les familles furent encore subdivisées de la même manière en de nouvelles cohortes qu’on appela genres, et ceux-ci en especes, où enfin il ne se trouva plus que des individus ou leurs variétés. A l’aide de cet ingénieux artifice , il fut très facile, par 1 inspection de ces tableaux, d arrivera la connaissance du nom d’un être que l’on avait sous les yeux, si toutefois il était déjà décrit , ou de s’assurer que c’était une nouvelle conquête pour la science.

Telle a été l’origine des classifications. Mais tout en reconnaissant les avantages d’un tel ordre dans l’ensemble des productions naturelles, on a long-temps discuté sur les bases qu’il fallait établir; aussi chaque auteur a-t-il suivi une marche différente dans la distribution méthodique des êtres, en adoptant tantôt un principe, tantôt un autre: de là sont nés ces nombreux systèmes , ces méthodes arbitraires qui ont assailli chaque partie des sciences naturelles, et dont les avantages ont été bien compensés par la confusion qu’ils ont introduite dans leur étude.

Go. En Histoire naturelle, on ne doit pas confondre, sous la même acception, les mots système et méthode. Le système est un arrangement symétrique établi sur un petit nombre de caractères; il a pour unique but, pour unique résultat, de faire connaître, avec plus ou moins de facilité, le nom des êtres

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auxquels il est appliqué. Tel est enBotanique le célèbre système de Linné, fondé sur les divers caractères que présentent les organes sexuels des plantes. Dans le système, on n’a nul égard à 1 importance plus ou moins grande des parties dont on tire le caractère fondamental ; aussi est-il arrivé qu’on a rapproché souvent les etres les plus disparates par leurs propriétés essentielles, et séparé, au contraire, ceux qui avaient entre eux la plus grande analogie. Dans la méthode , les êtres sont rangés d apres l’ensemble de leurs caractères essentiels. On a vu , en etudiant surtout les corps organisés,, qu’il existait des rapports naturels entre eux ; que certains se ressemblaient plus par 1 ensemble de tous leurs caractères, qu’ils ne ressemblaient à tous les autres. L’étude de ces rapports a conduit à réunir les etres qui affectent entre eux le plus d’analogie, et à former des groupes, qu’on a ensuite comparés les uns aux autres pour reconnaître leur affinité plus ou moins grande , et les disposer convenablement entre eux. La classification qui remplit un tel objet est donc, pour ainsi dire, la représentation aussi exacte que possible de ce qui se passe dans la nature ; c’est pourquoi la méthode s’appelle méthode naturelle. Elle a donc sui le système ce giancl et inappréciable avantage de faire cou— naitic, non seulement les propriétés d’un corps , mais encore les îapports qui le lient aux autres, tandis que le système fait simplement connaître son nom. Or, savoir le nom d’un coips, ce n estpas le connaître ; aussi les sciences naturelles ont" elles fait des progrès plus rapides depuis que les classifications ont été envisagées sous le point de vue réellement scientifique des rapports naturels.

Mais si , en Botanique et en Zoologie , les efforts des savans doivent tendre à perfectionner la méthode naturelle, et si les dudes des jeunes néophytes doivent être dirigées d’après ces principes sages et rationnels, nous allons voir que l’application de ces lois ne peut apporter avec elle d’aussi précieux résultats

pour la Minéralogie. En ellct, les corps bruts étant privés d’organes, il s’ensuit que voilà déjà un nombre infini de caractères que ces organes auraient pu fournir qui manquent pour la classification de ces corps. Leur vie , si l’on peut s’exprimer ainsi, étant entièrement passive, ils ne présentent à l’observation que les propriétés qui font le partage de la matière , c’est-àdire des propriétés toutes physiques et qui sont peu variées, par cela même que la nature a mis plus de simplicité dans leur formation. Les caractères distinctifs des minéraux sont donc singulièrement restreints, puisqu’au premier aspect, ils ne reposent que sur la couleur, la pesanteur, la structure, la dureté, les formes extérieures et quelques autres propriétés physiques ; aussi les auteurs qui se sont servis de ces caractères pour base de leurs classifications ne sont-ils parvenus qu’à faire trois ou quatre grandes coupes bien tranchées , dont les subdivisions se sont ressenties du peu de variété que présentent ces caractères. Il en est résulté qu’ils n’ont jamais pu donner une idée précise de V espèce et de l 'individu , tels qu’on doit les concevoir en Minéralogie; aussi leurs systèmes ont-ils peu facilité l’étude des minéraux.

11 a donc fallu, pour créer les moyens de parvenir à la disliibulion des espèces, pénétrer dans l’intérieur des corps, étudier les lois qui président à l’arrangement de leurs particules, et voir dans quels rapports ces particules se réunissent pour constituer Y individu ou la masse , considéré isolément. Tandis que, chez les êtres organisés, les caractères ont d’autant plus de \aleui qu ils se tirent, non de la composition intime, mais des formes extérieures ; chez les corps bruts , au contraire, leur importance est d’autant plus grande, qu’ils sont fondes sur la composition élémentaire et l’arrangement syi métrique de leurs parties les plus intimes. Une méthode basée •sur de tels faits est donc très naturelle , puisque ces caractères ipeuvent être observés sur tous les individus, et qu’ils ne va-

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l ient dans ancun cas. L’objet de la méthode naturelle est alors rempli, puisqu’une de ses conditions, la plus indispensable, est l’universalité et la fixité des caractères que l’on prend pour base de classification.

Gi. D’après ce que nous venons de dire, il est facile de s’apercevoir que les corps, en général, présentent deux ordres de caractères ou de propriétés bien différens par leur importance : les uns sont ce qu’on appelle les caractères essentiels, les autres les caractères accessoires ou secondaires. Les premiers peuvent s’appliquer à tous les corps , et donnent une idée exacte de leur nature intrinsèque ; les seconds ne conviennent qu’à un petit nombre d’entre eux , et ils font connaître seulement quelques particularités dans leur manière de se présenter à l’observation. En Minéralogie , les caractères essentiels sont ceux que l’on tire de la forme symétrique de la molécule intégrante* et de sa composition chimique; les caractères secondaires sont ceux qui dépendent de quelques propriétés extérieures, telles que la dureté, la pesanteur, la structure, etc.

Mais s’il est facile de distinguer ainsi les caractères de première valeur dans la comparaison des minéraux , il n’en est pas de même lorsqu’on veut savoir quels sont, parmi ces caractères, ceux auxquels on doit donner la préférence. En effet, il n’est guère possible de décider a priori ce qu’il y a de plus important de la forme régulière ou de la composition chimique, parce que ce sont des propriétés de genres différens. Il est donc nécessaire de choisir entre ces caractères essentiels, c’est-à-dire que pour comparer rigoureusement les minéraux les uns aux autres, on ne peut partir que d’un seul genre de propriétés. Maintenant s’élève la question desavoir quel est le genre de propriétés qui doit être le plus exact: pour la résoudre, il faut chercher quels sont les caractères qui varient le moins, et qui peuvent conséquemment servir à les distinguer ou à les

DE MINÉIULOGIK.

confondre dans le plus grand nombre de cas; on voit de suite que ce sont ceux tires de la composition chimique . En effet , quoique la forme régulière et le clivage ( que M. Haiiy a employés si souvent avec succès pour distinguer ou séparer des substances encore mal connues et classées) soient dans bien des circonstances très importuns, néanmoins ils sont insuffisans pour la plupart du temps, et cela par deux raisons majeures: i°. parce que le même corps peut se présenter dans différens états, sous des formes et avec des structures qui sont produites par agrégation ou accident ; i°. parce que, lors même que ce corps se trouve toujours cristallisé régulièrement, il arrive souvent que sa forme peut se rapporter exactement à d’autres corps bien différens par leur composition. Je citerai pour preuve de cette assertion, d’une part, l’alun, le sel marin, le sel ammoniac, les sulfures de fer et de plomb, presque tous les métaux purs et cristallisés, etc., qui tous ont pour forme primitive le cube, et dont plusieurs donnent aussi cette forme par le clivage; et de l’autre, certains sels de meme genre qui présentent, suivant les observations de MM. Mitschcrlich et Beudant, des formes tout-à-fait identiques ou si rapprochées les unes des autres, qu’on les confond très facilement : tels sont le sulfate de fer, qui cristallise de la même manière que le sulfate de cobalt; le sullate de magnésie, de même que le sulfate de zinc et le sulfate de nickel ; les arse'niates, de même que les phosphates, etc. (*). Il suit donc delà que les caractères

( ) M- H..iiy avait admis que jamais deux corps différemment composés ne peuvent avoir la même forme cristalline, à moins qu’elle n’appartienne aux formes limites, c’est-à-dire au système de cristallisation cubique; et que lorsque par hasard l’inverse se présentait , cela était dû à des mélanges accidentels qui s étaient moulésdans la forme particulière à l’un des deux , par la force de cristallisation de scs parties constituantes. Les belles découvertes dc M. Mitschcrlich, qui ne datent encore que de quelques années , ont fait voir que cette supposition, toute gratuite, était inexacte. Il est maintenant

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tirés de la composition chimique ont une plus grande valeur que tout autre pour distinguer les minéraux entre eux , et ce sont aussi ceux que nous adopterons pour établir les divisions que

bien reconnu que des corps composes d’éle'mens différons, mais d’atomes en nombre égal et combinés de la meme manière, ont des formes, sinon identiques, du moins très rapprochées par la mesure de leurs angles. Cela dépend de ce que les divers oxides, au même degré d’oxigénation , ont eux-mêmes des formes identiques ou analogues, et qu’en se combinant en mêmes proportions avec les mêmes acides , ils communiquent aux composés salins qui en résultent cette identité ou cette analogie de forme. De là naissent îles composés ternaires et quaternaires de meme formule, jouissant, dans un très grand nombre de cas . de caractères extérieurs tellement semblables, qu’il n’y a que l’analyse chimique qui puisse faire découvrir les différences essentielles qui existent entre eux. On connaît déjà plusieurs classes d’oxides, qui sont telles que les corps qui font partie de chacune d’elles renferment le même nombre d’atomes d’oxigène , ont des formes semblables , et jouissent de la propriété de se substituer les uns aux autres dans une même combinaison, sans altérer la forme cristalline d’une manière marquée. M. Mistclierlich a donné à ces divers oxides le nom de bases isomorphes (de iVoç, égal , pareil, et poptu, forme) , cpic l’on peut comprendre dans trois classes. La première renferme la magnésie, la chaux, le deutoxide de cuivre, les protoxides de fer, de manganèse, de nickel, de cobalt, de zinc, etc.; dans la seconde sc trouvent la baryte , la strontiane , l’oxide de plomb, etc. ; 1 alumine, les deutoxides de fer et de manganèse (tri-oxide de fer et de manganèse), etc., composent la troisième.

Les composés isomorphes ont la propriété, quand ils sont dissous dans le même liquide, de cristalliser ensemble en toutes proportions, de manière que leurs molécules , quoique de nature différente, concourent également à l’accroissement d’un cristal unique, celles de l’un pouvant sc substituer indifféremment à celles d’un autre, à cause de l’analogie de leurs formes; et la configuration du cristal mélangé est sensiblement la même que celle des cristaux purs que chaque composé aurait produits isolément. Ce fait très important, remarqué d’abord, par M- Beudant , dans les substances dont la cristallisation est artificielle, paraît avoir eu lieu fréquemment dans lu nature, et il fournit une explication satisfaisante des variations que l’on observe dans les analyses de certains corps regardés jusqu’ici comme appartenant à une même espèce. C’est ainsi que les anciennes espèces appelées grenat y pyroxcnc , amphibole , chabasie , etc. , comprennent un grand nombre

I on a désignées dans tout système sous les noms d 'individu, espèce, genre, famille et classe, et dont nous allons nous occuper maintenant.

île composes différens et de même formule; et les résultats de leurs analyses ijui, pendant long-temps, avaient paru n’accuser que des mélanges accidentels, dans lesquels il ne pouvait y avoir rien de fixe, s’interprètent aujourd’hui, et se calculent d’une manière rigoureuse lorsqu’on les discute avec soin, dans la vue dy reconnaître et d’y démêler les substitutions isomorphes.

On voit, par ce que nous venons de dire, qu’une même forme cristalline prouve dans les espèces une composition analogue, bien plus qu’une identité de nature, et qu’ainsi le caractère donné par la forme ne peut aller de pair avec celui que nous offre la composition, en supposant toutefois que celleci soit bien connue. Il est maintenant hors de doute que non -seulement la

même forme cristalline peut appartenir à des compositions différentes , mais encore qu’une meme substance composée des mêmes élémens, combinés dans les mêmes proportions, peut affecter deux formes différentes, pourvu que des circonstances particulières exercent une influence dans l’acte de la cristallisation. Le dernier phénomène est assez facile à expliquer dans la théorie corpusculaire, bi la position relative des atomes qui ont produit un cristal est changée par une circonstance quelconque, la forme primitive ne restera plus la même. Ce phénomène , isolé dans les sciences physiques, s’étend à la théorie cristallographique en général, et se retrouve dans les oxides; aussi peut -on émettre cette proposition générale, que des corps composés du même nombre d’atomes se partageai en des groupes isomorphes. On en trouve des exemples dans la chaux carbonatc'e ordinaire et l’arragonite, dans le fer sulfuré jaune et le fer sulfuré blanc, dans le

souirc fondu et le soufre naturel ou obtenu en cristaux par l’intermédiaire du carbure de soufre.

Les développcmens que nous venons de donner s’étendant à toutes les classes des corps isomorphes, la loi pour le rapport entre la composition ommque et la forme cristalline pourra maintenant être énoncée ainsi: Lie nu me nombie d atonies , combines de la même manière, produit, h très peu près, la même forme cristalline, et la même forme cristalline est indépendante delà nature chimique des atomes, et n’est déterminée que par le nombre et la position relative des atomes. {Voir, pour de plus amples détails, les intéressans Mémoires de M. Mitscherlich , insérés dans les Annales de Chimie et de Physique , année iSao et suivantes.)

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6a. O11 entend par individu, dans le règne organique, un être particulier, composé de parties essentielles destinées à remplir certaines fonctions, et qui ne peut être divisé en d’autres êtres semblables ou égaux. Dans le règne inorganique, cette idée de V individualité n’est plus la même tant que l’on considère les corps sous des rapports purement physiques, puisqu’ en effet la forme et la structure n’étant pas essentielles » aux substances inanimées, on peut les diviser à l’infini, sans que pour cela elles cessent d’être toujours les mêmes. Il faut donc avoir recours à la Chimie pour acquérir une idée précise de ce qu’on doit nommer individu. En Chimie , il existe des corps simples nommés élémens qui, parleur réunion, constituent des corps composés: or ce sont ces corps composés, dont on ne peut séparer les élémens sans les décomposer, qu’on doit considérer comme des individus. Il suit de là que I’indivi du minéralogique sera, comme I’individu chimique, un assemblage d’un certain nombre d’élémens en certaines proportions réduits à la molécule intégrante , comme nous l’avons déjà dit (4).

63. On peut définir I’espèce, en Histoire naturelle, une collection d’individus qui ont entre eux plus de rapports qu’ils n’en ont avec tous les autres. Dans le règne organique, on développe cette définition en ajoutant que les êtres se reproduisent constamment par la génération , sans éprouver de changement sensible dans leurs propriétés, en sorte qu’on peut les regarder comme provenant originairement d’un seul individu. Dans le règne inorganique , on ne peut ainsi compléter la définition ; mais connaissant ce qu’011 doit entendre par individu, il est facile de l’exprimer en d’autres termes. On dira donc que I’espèce en Minéralogie est la collection des corps formés des memes principes et en memes proportions (*) .

(*) Celle définition ne peut plus être admise dans tous les cas oii il

M. llauy ajoute la condition, que les molécules intégrantes des corps seront semblables par leurs formes; mais nous pensons, avec M. Beudant, que les formes diverses ne sont pas

s'agit tic substitutions isomorphes; et en attendant qu’on ait trouvé un principe généralement applicable, il faut adopter pour ces cas un point de vue particulier. D’un côté, la forme cristalline, de l’autre, la formule de composition, les signalent comme un groupe de combinaisons qui, par leur plus ou moins de conformité entre elles, imitent absolument les rapports de genre et d’espèce dans la classification des êtres vivans. Le genre est déterminé par la formule chimique et par la forme géométrique; l’espcce l’est par les elemens. Pour plus de clarté, prenons le grenat pour exemple. Sa forme cristalline est généralement connue, et la formule de sa composition est, d’après M.TrolIe Wachtmeister, R signifiant radical, R 3 -h aK Si. Ces deux formules déterminent le genre grenat. M. Wachtmeister

a prouvé, en outre, que K peut être de la chaux, de la magnésie, du protoxide de fer ou de manganèse, soit un seul de ces «Siemens, soit plusieurs ou

meme tous ensemble, et que R peut être ou de l’alumine ou du demoxide de fer, tantôt seuls, tantôt combinés l’un avec l’autre. Il ne peut donc pas résulter de ces principes moinsde huit espèces ou prototypes de grenat diffVrens , dont le mélange produit des vaiiétcs en si grand nombre, que ce serait en vain qu’on voudrait les distinguer. On a donc ici des genres, des espèces et des variétés; ou , si l’on désapprouve le nom de genres, on a des espèces, sous-especes et variétés. On peut en dire amant de la chabasie, du pyroxène de l’amphibole, du mica, etc. ; mais ces idées ne peuvent pas être appliquée! a la classification systématique générale, sans qu’il résulte une déviation de la méthode ordinaire. Certaines formules générales do composition chimique ne présentent pas la même forme cristalline ; par exemple, le feldspath etl’alont une même formule, mais non une même forme cristalline, et i oivcnt , par conséquent, être considérées comme des espèces plus distinct! s 'ju< deux grenats ou amphiboles de composition différente. Ces difficultés peuvent être levées, mais en partie seulement, au moyen d’un changement dans la classification chimique. Comme les substitutions isomorphes peuvent avoir lieu entre les corps électro-négatifs comme entre les positifs, sans changer la figure des cristaux , mais qu’elles ont lieu plus fié quemmenl entre les derniers, puisque parmi les corps électro-négatifs on a. en a encore découvert que dans les acides phosphoriqne et ar,eniqUe qui

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toujours assez importantes pour établir une espèce; car de quelque manière que les particules soient groupées entre elles, c’est toujours bien évidemment le même corps.

U espece en Minéralogie , comme dans les autres branches des sciences naturelles, se partage en variétés. Ces subdivisions reposent sur les différentes formes secondaires , les formes accidentelles, les formes empruntées, etc., sous lesquelles peut se présenter l’espèce ; sur les diverses sortes de structure , sur le genre d’éclat , les degrés de transparence et l’opacité , sur les couleurs , sur l’otleur , sur les mélanges chimiques de diverses natures, sur le mode de gisement, etc. Ces variétés ont plus ou moins d’importance, mais cependant, en général , on ne doit leur accorder qu’un intérêt bien secondaire.

64. Le genre est la collection des especes qui ont entre elles une ressemblance frappante dans V ensemble de leurs propriétés. Or nous avons vu que les espèces étaient établies sur la composition chimique ; il s’ensuit que la formation des germes ne peut se faire que sur des analogies chimiques. Il faut donc pour grouper les espèces ensemble qu’elles aient un ou plusieurs principes communs.

65. Le mot famille, introduit pour la première fois par Magnol, en Histoire naturelle, est généralement usité pour désigner les groupes de genres qui sont liés par des caractères communs. Tout ce qu’on peut dire sur les familles est abso-

sont plus rares, il doit donc y avoir moins de difficulté ît ranger les corps d’après leur principe électro-négatif ; mais, quoi qu’il en soit, il n’est pas possible, dans l’état actuel de nos connaissances, lorsqu’il sc présente des minéraux à substitution isomorphe , de déterminer d’une manière satisfaisante quels sont ceux qui composent des espèces minéralogiques; et comme ces échanges ont lieu principalement entre les principes électro-positifs des minéraux, leur classification, d’après le principe électro-positif, ne peut être employée sans de grandes difficultés. (Bcrzélius, Annules des iSciences na~ lurelles , tome Y, page a35.)

lument semblable à ce que nous venons d’exposer sur les genres. Une famille minéralogique se compose de toutes les combinaisons que présente un corps simple ou un élément ; ainsi, dans la famille arsenic , par exemple, se trouvent ranges 1 arsenic natif , 1 at scmc snljnré , 1 acide arsemeux etc

Mais ici s’élève une question importante qui a long-temps partagé les savans et qui les occupe encore : d’après quel principe constituant doit-on établir les familles ou les groupes de genres qui forment les familles ? Sera-ce d’après le principe minéralisé, ou d’après le principe minéralisateur , ou, en d’autres termes , d’après le principe électro-positif ou le principe électro-négatif? Les uns , et c’est le plus grand nombre , ont employé de préférence le principe électro-positif ou les hases; les autres ont employé le principe électro-négatif ou le principe minéralisateur. Ces deux manières de procéder ont chacune leurs avantages : on peut suivre , sans grand inconvénient, l’une ou l’autre de ces méthodes, mais enfin, puisqu il laut opter entre l’une d’elles, nous pensons que celle qui donne plus d’importance au principe électro-positif dans le groupement des genres en familles doit être préférée, et en cela nous nous appuyons de l’autorité d’un grand nom. Voici comment AI. Berzélius s’exprime' à ce sujet :

« La plupart des corps composés contenant un plus grand nombre d’atomes du principe électro-négatif, qu’ils n’en contiennent du principe électro-positif, il arrive quelquefois que le premier a plus d’influence que le second sur les caractères des combinaisons où il entre ; par exemple, les sulfures métalliques forment un groupe naturel dont les caractères physiques sont faciles à saisir. S’il en était rie meme pour toutes les combinaisons, nul doute que le minéralogiste dût préférer 1 arrangement d après le premier de ces principes, à celui qui serait fondé sur le second ; mais si l’on compare les différens sels d’une même base avec les différens sels d’un même acide. Tome I. ^

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on trouvera beaucoup plus d’analogie entre les premiers qu’entre les seconds : ainsi les sels de cuivre présentent un plus grand nombre de caractères communs que les diverses especes de sulfates. Ce sont ces dernières considérations qui m’ont fait donner la préférence aux groupes qui ont le principe électro-positif commun. »

Quant à la manière de disposer les familles entre elles , il n’est pas indifférent d’employer tel ou tel arrangement , surtout après avoir admis les conséquences d’une classification toute chimique. Mais ici deux routes se présentent encore : les uns, à la tète desquels on doit placer M. Ampère, pensent qu’il faut autant que possible grouper les familles d’après les analogies tirées de l’ensemble de leurs propriétés. Or, il est nécessaire de connaître et de comparer tous les rapports qui peuvent exister entre les corps qui servent de types aux familles. C’est d’après ces idées , conformes à l’esprit d’une méthode naturelle, que M. Ampère a proposé une classification circulaire qui a l’avantage de ne pas rompre , comme les séries linéaires , les rapports qui lient entre elles les différentes espèces , et de placer les unes à côté des autres celles qui ont entre elles le plus d’analogie. Voici cette classification ingénieuse :

DE MINERALOGIE.

Silicium.

Bore. Tantalium.

Carbone. Molybdène.

Hydrogène.

Azote.

Oxigène.

Soufre.

Chlore.

Phtore (*).

Iode.

Sélénium .

Tellure.

Phosphore.

Arsenic.

Antimoine.

Étain.

Zinc.

Cadmium .

Bismuth

Mercure

Argent

Plomb.

Sodium.

Potassium.

Lithium.

Barium.

Chrome.

Tungstène.

Titane.

Osmium .

Rhodium. Iridium.

Or.

Platine.

Palladium.

Cuivre.

Nickel.

Fer Cobalt.

LTrane Manganèse, Cérium.

Thoriniurn(**) .

Zirconium.

Aluminium.

Glucinium.

Yttrium.

Magnésium.

Calcium.

Strontium.

( ) Ce nom a i té pioposé, par M, Ampère, ponr désigner le fluor , radical présumé de Vacule fluorique de quelques chimistes, ou de V acide hydro phtorique de M. Ampère. C’est la théorie du chlore et de l’iode qui a fait présumer à ce savant que cet acide était un hydrucide.

( ) M. Berzelius vient de s’assurer, par de nouvelles recherches sur lu tlu> nne, que ce prétendu oxide métallique est un sous-phoipha te d’yttria

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D’uutres, à la tcte desquels on doit citer M.Berzéiius, considérant qu’il n’est pas toujours facile de bien saisir tous les rapports naturels que présentent les corps à l’observation , sont d’avis qu’il vaut mieux ne faire usage dans ce cas que d’un seul genre de propriétés , mais qui soient tranchées, et ils regardent comme pouvant remplir ce but , celles que l’on emprunte à la théorie électro-chimique. En effet, celle-ci fait connaître que tous les corps de la nature peuvent être séparés en deux grandes classes, ceux qui manifestent au moment de la combinaison des propriétés électro-positives, tels que les corps combustibles et les bases salifiables ; cl ceux qui manifestent des propriétés tout opposées, c’est-à-dire électronégatives , tels que l’oxigène et les acides qui se portent au pôle positif de la pile; ce -qui revient à dire que dans toute combinaison chimique , un des corps fait fonction de base et l’autre remplit celle d’un acide , quoique ce dernier , dans son état isolé, n’ait pas les caractères généraux qui distinguent les acides, tels que la saveur aigre, la faculté de rougir la couleur bleue du tournesol , etc. Mais ces deux propriétés si opposées cfue possèdent tous les corps ne sont pas absolues pour chaque corps en particulier , en sorte qu’un corps qui , dans tel cas, est électro-négatif relativement à un autre plus fortement élcctô-positif, c’est-à-dire qui est un acide relativement à une base plus forte, peut dans tel autre cas être électro-positif, relativement à un corps plus fortement électronégatif, c’est-à-dire peut se combiner comme base avec un acide plus fort. Ainsi, pour nous servir d’un exemple , dans la combinaison de deux acides, 1 acide pku faible sert de base à l’acide plus fort. Et c'est un très grand avantage cpie ces deux propriétés si importantes ne soient que relatives, car par cela même la classification qui est. fondée sur elles se rapproche singulièrement de la méthode des rapports naturels ; et en effet, d’après ce principe, les familles se trouvent rangées dans

DK MINÉRALOGIE.

un ordre tel qu’elles commencent par le corps simple le plus électro-négatif, l’oxigène : les corps se suivent après cela, à mesure qu ils sont de plus en plus électro-positifs et la série se termine par le plus électro-positif de tous , le potassium.

Cette manière de disposer les familles minéralogiques nous semble plus convenable lorsqu’il s’agit d’une classification linéaire , aussi est-ce celle que nous adopterons pour faire l’étude des substances minéralogiques que nous avons à décrire.

66. 11 suit de la discussion où nous venons d’entrer, par rapport au groupement des familles , que la réunion d’un plus ou moins grand nombre d’entre elles constitue de nouvelles cohortes que l’on appelle ordres ou sous-classes , et qu’enfm ces dernières donnent naissance à leur tour à des divisions que l’on peut considérer comme fondamentales , puisqu’elles reposent sur un caractère d’un ordre supérieur et général dans son application : c’est alors ce qu’on désigne sous le nom de classes ; telles sont les classes établies en Minéralogie, d’après le principe de la composition élémentaire des corps.

Nous venons d’établir, d'une manière aussi précise et succincte qu’il était en notre pouvoir ce que l’on doit entendre, dans le langage minéralogique, par les mots classes , ordres , familles , genres , especes, individus, et de développer les idées que l’on doit s’en faire , en employant le secours de la plus saine philosophie. 11 nous reste à en faire une application au développement de la méthode que nous croyons devoir :sui\ie clans cet ouvrage ; mais auparavant nous croyons né— ■cessaiie d exposer en peu de mots les principaux systèmes connus et suivis jusqu’ici en Minéralogie.

67. Ces systèmes peuvent se ranger sous trois classes bien •distinctes : i°. ceux qui sont fondés uniquement sur les canactères extérieurs; ?.°. ceux qui sont établis sur la composi-

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tion et les caractères extérieurs à la fois, et 3°. ceux qui reposent entièrement sur la composition.

68. Pour exemple des premiers, on doit citer celui d’Avicenne, e'crivain du i ic sièele, qui divisa les mine'raux en quatre classes : les pierres , les sels , les corps inflammables ou bitumes, et les métaux. Cette division a été' répétée en quelque sorte par tous les auteurs venus après lui : en effet, Linné, le premier des auteurs modernes qui ait publié un système de Minéralogie, établit trois classes de minéraux , pelræ , mineræ , fossilia, et transporta les classes d’Avicenne parmi ses ordres. Il en est de même des systèmes de Wallerius, Wollsterdorf, Cartheuser et Justi, qui parurent successivement après celui de Linné, peu après iy36. Enfin, en 1^58, Croustedt, clans sa Minéralogie , rétablit les classes d’Avicenne. Son système fut reproduit par Brunner, Bergman, Kirwan et autres célèbres minéralogistes de la fin du 18e siècle.

6q. Parmi les systèmes de la seconde classe, on doit surtout distinguer ceux de Werner et de M. Hausmann. Celui de Werner a long-temps dominé et est encore suivi dans une grande partie de l’Allemagne. Il est une copie de celui de Cronstcdt , puisqu’il consiste en quatre classes : les fossiles terreux, les fossiles salins , les fossiles inflammables et les fossiles métalliques , mais il a cela de plus que ses divisions se fondent essentiellement sur la composition. Quant à celui de M. Ilausmann , il repose sur une base chimique, maisles espèces sont distribuées dans des groupes qui se rapprochent par leurs caractères extérieurs : c’est donc l’opposé de celui de Werner. Du reste, voici l’arrangement systématique général de ce système.

Îi er Ordre. Corps iuflani-f Simples.

niables. { Combines.

2e Ordre. Métaux.

3e Ordre Minéraux.

Ile CLASSE-

corts non combtjstiiu.es.

1er Ordre. Oxides. . . .

2e Ordre. Oxidoidcs.

3« Ordre. Acides.

Métalliques.

Terreux.

C Terreux.

4e Ordre. Sels > Alcalins.

x Métalliques.

70. Parmi les systèmes minéralogiques de la troisième classe, qui reposent uniquement sur le principe chimique, on peut citer celui de Karsten, celui d’IIaiiy, celui de M. Berzélius, et enfin ceux plus récens de MM. Brongniart et Beudant. Le premier, celui de Karsten, comprend quatre classes, comme celui de Werner , savoir : les terres, les sels, les corps combustibles et les métaux ; mais ici l’auteur a été fidèle, jusque dans ses dernières divisions, au principe qui fait la base de son système -

71. Le système de M. Haiiy, qui est suivi dans une grande partie de l’Europe , est non-seulement le mieux conçu de tous ceux que nous venons d’examiner jusqu’ici , mais il est aussi parfait qu’on peut le désirer, puisqu’il est en rapport avec les connaissances chimiques, même les plus nouvelles. Comme il est d’un usage très répandu, nous allons l’exposer plus longuement que les précédens.

M. Haüy a partagé l’ensemble des minéraux en quatre classes principales, savoir: les acides libres, les substances métalliques hétéropsides , les substances métalliques autop — sides, et les substances combustibles non métalliques .

La première classe n’est composée que de deux espèces , savoir : 1 acide borique et Y acide sulfurique , parce que l’auteur 11’y fait entrer que ceux de ces corps qui ont été observés libres dans la nature.

KLÉMENS

La seconde classe , les substances métalliques hétérojjsides (c’est-à-dire qui se montrent sous un aspect étranger), renferme toutes les substances qui sont naturellement privées de l’éclat métallique , et que l’on considérait autrefois comme des combinaisons de différentes terres, soit entre elles, soit avec des acides, parmi lesquelles venaient se ranger celles qu’on désignait sous le nom d 'alcalis. Ce sont toutes les combinaisons des métaux que les belles découvertes de M. Davy ont fait connaître.

M. Haiiy fait suivre cette classe d’un appendice dans lequel il range toutes les combinaisons d’oxides terreux et alcalins dont le principe caractéristique dépendant de la silice, est jusqu’ici indéterminé. Ce sont les silicates des auteurs méthodistes postérieurs à M. Haiiy. Cet appendice ne comprend qu’un seul ordre formé par la silice , libre ou combinée.

La troisième classe , les substances métalliques autopsides (c’est-à-dire qui s’offrent d’elles - mêmes sous leur véritable aspect) , comprend tous les minéraux qui se trouvent naturellement dans un ou plusieurs états où ils sont doués de l’éclat métallique ; aussi étaient-ils réunis depuis long-temps sous la dénomination commune de métaux.

La quatrième classe comprend les substances combustibles non métalliques , qui sont divisées en quatre espèces : soufre, diamant, anthracite , mellite.

M. Haiiy a réuni dans un appendice , à la suite de cette dernière classe, quatre espèces minérales qu’il désigne sous le nom de substances phj-togenes (c’est-à-dire engendrées des végétaux), parce qu’elles tirent leur origine du règne végétal, et qu’elles ne tiennent à la Minéralogie qu’en vertu d’une sorte cl’adoption qu’elles doivent à leur position et à leur séjour dans le sein de la terre où elles ont été élaborées par diverses causes naturelles. Ces espèces sont : le bitume, la houille, le jajet et le succin.

Eniin M. Haiiy termine sa méthode par un appendice général, dans lequel il renferme les substances qui n’ont pu trouver place dans ses divisions précédentes , par la raison, qu on n’en connaît point encore assez la composition chimique. C’est une simple série par ordre alphabétique de vingt-deux minéraux dont les caractères physiques seuls sont connus. Voici le tableau de cette classilication :

Ire CLASSE .... Acides LIBRES.

IIe CLASSE .... SUBSTANCES MÉTALLIQUES II É'1'É IlOPSI U ES j subdivisées en huit genres, d’après la nature du principe minéralisé ou des bases.

Appendice. Un seul ordre. Silice et ses combinaisons .

IIIe CLASSE . . . Substances métalliques autoesides.

ie‘ ordre. Non oxidables immédiatement, si ce n’est à un feu très violent, etréductibles immédiatement.

2e ordre. Oxidables et réductibles immédiatement.

3e ordre. Oxidables, mais non réductibles immédiatement.

A. Sensiblement ductiles à l’état actif.

B. Non ductiles.

IVe CLASSE . . . Substances combustibles non métalliques , subdivisées en quatre espèces.

Appendice. Substances phj~tog'enes.

Appendice aux quatre classes. Substances dont la classijicalion est incertaine .

Telle est la méthode que M. ITaüy a publiée en 1822, et qu il a suivie dans la dernière édition de son grand ouvrage. Elle diffère peu de celle qu’il avait donnée en 180 1 , lors de la première édition de ce même ouvrage.

ÉLÉMENS

72. Dans la classification de M. Beudant, les espèces minérales sont groupées en familles, d’après les principes ininéralisateurs. L’auteur partage ces familles en trois classes bien caractérisées, dans lesquelles il les range comme il suit, en observant les points de rapports qu’elles présentent les unes avec les autres.

| GAZOLYTES.

LELCOLYTES.

CHROiCOLYTES.

Silicicles.

Tantalides.

Borides.

Antimonides.

Tungstides.

Anthracides.

Stannides.

Titanides.

Hydrogénides.

Zincides.

Molybdides.

Àzotides.

Bismutliides.

Chromides.

Sulfurides.

Hydrargyrides.

Uranides.

Chlorides.

Argyrides.

Manganides.

Plitorides.

Plumbides.

Side'rides.

Sélénides.

Aluminides.

Cobaltides.

Tellurides.

Phospliorides.

Arsénides.

Magnésides.

Cuprides.

Aurides.

Platinides.

Palladiides.

Osmiides.

La première de ces classes renferme des familles dont les corps-types ont cette propriété commune d’être gazeux ou de former des gaz permanens, en se combinant soit avec l’oxigène, soit avec l’bydrogène, soit avec le plitore. Le nom de gazolytes (solubles en gaz) , créé par M. Ampère , exprime bien cette propriété.

La seconde classe comprend les familles dont les corpstypes présentent ces deux caractères , savoir : i°. de n’ètre pa«

solubles en gaz; 2°. de former avec les acides des solutions toujours incolores. Le nom de leucolvtes (solutions blanches) exprime ce dernier caractère.

Enfin, la troisième classe renferme les familles dont les corps-types ont pour caractère commun de former, au contraire, des solutions colore'es : aussi porte-t-elle le nom de chroïcoiates (solutions colore'es).

M. Beudant a renfermé dans des appendices particuliers les substances mal connues et celles qui paraissent être des mélanges plutôt que des espèces minérales isolées ; il place ces appendices à la suite des familles auxquelles ils se rapportent le plus.

73. La méthode minéralogique publiée par M. Brongniart, dans le 3 ie volume du Dictionnaire des Sciences naturelles , est fondée, partie sur celle de M. Haüy et partie sur celle de M. Berzélius. L’auteur a pris pour caractères de ses classes les analogies chimiques àla manière de M. Ampère, et a établi ses genres d’après le principe électro-positif ou d’après les bases. Les espèces y sont dénommées d’après le système de nomenclature linnéenne , c’est-à-dire reçoivent des noms univoques et insignifians qui désignent d’une manière fixe chacune d’elles.

Voici l’exposé de cette méthode :

Les corps inorganiques qui entrent dans la composition de la croûte extérieure de la terre sont d’abord séparés en deux séries.

La. première série renferme tous les corps inorganiques naturels homogènes ou d’apparence homogène ; ce sont les minéraux simples et les roches homogènes .

La seconde série renferme les masses minérales résultant de 1 association en proportions à peu près déterminables des minéraux simples; ce sont les roches composées o u hétérogènes .

La première série comprend trois divisions : — J,e division.

ÉLÉMENS

Minéraux dont les molécules de premier ordre ne sont composées que de deux élémens. - Indivision. Minéraux dont les molécules de premier ordre sont composées de plus de deux élémens — IliL division. Minéraux en masses, ou roches homogènes.

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