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B. CORPS COMBUSTIBLES

Ier ordre, métalloïdes

irc FAMILLE. SOUFRE.

Cette famille comprend trois espèces.

ltc ESPÈCE. SOUFRE E ATI F.

78. Caractères physiques . C’est une substance solide, d’une couleur jaune plus ou moins pure, insipide et inodore sans

frottement. Sa cassure est conclioide, presque résineuse; sa structure esta peine distincte. Le frottement lui communique l'électricité résineuse; quelquefois opaque, souvent translucide et transparente; elle offre, comme M. llauv l a observé pour la première fois, la double réfraction à travers deux laces parallèles entre elles. Elle est très friable et se brise toujours avec craquement.

Sa pesanteur spécifique est de i ,99 à 2.

Caractères chimiques. Le soufre fond à 170° centigr. ; il s’enflamme à une température plus élevée , et répand, avec le contact de l’air, des vapeurs suffocantes d’acide sulfureux : il se volatilise en vaisseaux clos; chauffé avecl’acide nitrique, il 11e donne que de l’acide sulfurique avec dégagement de gaz nitreux .

Composition. Corps simple. Son signe chimique est S.

Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un octaèdre à bases rhombes, dont les angles sont de 1060 3o', et 85° 5' vers un même sommet, et 1430 i5' d’une face d’un des sommets sur l’autre.

Le soufre qu’on fait fondre et qu’on laisse refroidir jusqu’à ce qu’il se soit formé une croûte solide à la surface, qu’011 brise pour décanter les parties internes encore liquides, fournît des cristaux en prisme oblique à bases rhombes, qui sont par conséquent incompatibles avec les cristaux octaédriques naturels. (Mitscherlich.) Quelques chimistes pensent que cette différence tient à ce que le soufre naturel renferme toujours un peu d’hydrogène ; mais il n’est pas encore bien démontré que ce soitee dernier corps combustible qui, par sa présence, produise cette anomalie; car lorsqu’on fait évaporer spontanément du carbure de soufre qui tient du soufre en solution, on obtient des cristaux qui ont une forme absolument identique avec les cristaux naturels.

Les formes dominantes sont produites par des modifications sur les arêtes ou sur les angles de l’octaèdre primitif-

ÉLÉMEWS

On observe,

i" L’octaèdre dont les deux sommets sont tronques ;

r>.°. L’octaèdre dont les deux sommets sont séparés par un prisme à quatre pans ;

3°. L’octaèdre dont les sommets sont remplacés par deux pyramides a quatre faces tronquées par le haut, ce qui donne un solide à dix-huit faces.

Quant à ses formes accidentelles, elles sont très variées; on y remarque surtout les variétés qu’on a nommées

Soufre aciculaire,

stalactilique , concrétionné-luberculeux , granulaire , compacte , terreux , pulvérulent .

Variétés de couleur. La couleur la plus habituelle du soufre est le jaune citron ; mais elle est souvent altérée par le mélange de substances étrangères diversement colorées; de là naissent les variétés de couleur que l’on connaît sous le nom de

Soufre verdâtre , blanchâtre , miellé , brunâtre , gris,

bitumineux , c’est-à-dire d’un brun plus ou moins foncé.

79. Gisement. Le soufre natif existe en assez grande quantité dans la nature ; on le rencontre dans presque tous les terrains, mais il n’y forme jamais de gîtes à lui seul: il

est toujours disposé sous forme de nids ou d’amas plus ou moins volumineux dans les roches des divers terrains qui suivent.

1. Terrains primitifs . Suivant M. deHumboldt, il est très abondant dans ces terrains, mais on ne le connaît encore, pour ainsi dire , que dans le nouveau monde. 11 se présente dans des couches de quarz de 1200 pieds d’épaisseur, subordonnées au micaschiste primitif (montagne de Ticsan , dans les Cordillières de Quito) ; disposé en filons extrêmement crevassés, et exhalant une vapeur sulfureuse dont la température s’élève à plus de 47°, 8 centésimaux lorsque l’air ambiant esta 2o°, 2; dans un micaschiste primitif (Cordillières des Andes de Quindiù ) ; disséminé avec de l’or dans du quarz chloriteux recouvrant le thonscliiefer primitif ( Minas-Geraès , Brésil) ; enfin , sous forme de petits rognons dans des filons de quarz traversant un banc calcaire subordonné à un schiste de même âge que le précédent (Antonio Periera , près de Villarica, Brésil ) , etc. , etc.

2. Terrains de transition. Assez rare dans ces terrains , on sait depuis long-temps qu’il se trouve dans des masses de chaux sulfatée intermédiaire, dans le Dauphiné, à Pesay, dans la Tarentaise ; et dans des calcaires du même âge, comme le calcaire de Carrare. M. de Humboldt depuis l’a observé, aux Andes du Pérou , dans des roches de quarz placées sur la limite des porphyres intermédiaires et du calcaire alpin.

3. Terrains secondaires . C’est surtout dans cette sorte de terrains que le soufre se présente en très grande quantité sous forme damas, de cristaux très nets, de veines, de couches disposées tantôt dans le gypse, tantôt dans les dépôts salifères qui se rencontrent à divers étages, tantôt enfin dans les marnes qui se trouvent intercalées dans ces dépôts, comme à Comlla , près de Gibraltar; en Italie, en Sicile, etc. C’est

i o(î ÉLÉMENS

dans ces terrains ([ti’on trouve les plus beaux groupes de cristaux .

4- Terrains tertiaires. Il est assez rare dans ceux-ci; cependant on le connaît dans les lignites d’Artern , en Thuringe et dans la pierre à plâtre de Paris (Montmartre). Dans ce dernier gîte, il est en petits grains disséminés dans une marne. Il est probable qu’il provient de la décomposition du sulfate de chaux.

5. Terrains volcaniques . Ceux-ci offrent le soufre en bien plus grande quantité que tous les autres. Tantôt il est en cristaux , tantôt en couches, tantôt en poussière très line, dans les fentes des laves qui avoisinent les volcans. Tous les volcans en activité en produisent considérablement: il est probable que dans ce cas ceux-ci le prennent dans les roches inférieures pojir le sublimer à la surface ; mais il est très rare dans les terrains ignés anciens et les volcans éteints qui paraissent les plus modernes; on n’en peut citer que dans des basaltes à l’île de Bourbon, et dans quelques laves d’Auvergne.

Les soufrières les plus célèbres sont celles de la Solfatare , près Pouzzoles, en Italie; celles de Sicile, des états romains, de l’Islande, de la Guadeloupe et de Quito , dans les C01dillières, etc.

Associations . Les associations les plus constantes du soufre sont avec la chaux sulfatée (gypse) , la marne, la soude mu— datée, la chaux carbonalée , le bitume, la slrontiane sulfatée , etc.

Les eaux thermales sulfureuses déposent journellement du soufre en poussière très line autour des lieux d’où elles sourdent ; on doit attribuer à la même origine les dépôts de souire que Pallas a observés en Sibérie dans des lacs , des mares , îles ruisseaux, etc. Dans tous les cas, il provient de la décomposition du gaz hydrogène sttlluré par des causes encoie inconnues.

Enfin il paraît que la décomposition lente et seculaiie dt

quelques sulfates produit encore journellement une certaine quantité de soufre; mais il est nécessaire que ces sels se trouvent enfouis dans les endroits où des matières végétales et animales sont en putréfaction.

So. Extraction. Le soufre étant volatil, et presque toujours mêlé ou combiné avec des matières qui ne le sont pas, son extraction n’offre aucune difficulté.

Lorsque le soufre est simplement mélangé avec diverses matières terreuses , comme à la Solfatare , près Pouzzoles ,

• ou met ce mélange dans de grands creusets en terre, que l’on chauffe tous ensemble dans un long fourneau, nommé ( galère (t). Ces creusets sont recouverts par des couvercles de i terre, et communiquent par des tuyaux dans des pots fermés à la partie supérieure , ouverts à la partie inférieure , et plongeant dans l’eau. Le soufre distille , et vient se solidifier dans l’eau des récipiens ; mais comme il a entraîné avec lui une plus ou moins grande quantité de matières terreuses, on est obligé de le purifier pour pouvoir le livrer au commerce. Cette opération se pratiquait autrefois en le faisant fondre dans une marmite de ionte , puis le décantant pour le couler ensuite (*)

(*) On appelle galère nn fourneau long, ordinairement en briques, qui a la torme (l’un prisme rectangulaire d’environ 3^4 mètres de longueur, 9 li i -i décimètres de largeur, 7 à g décimètres de hauteur, cl qui est terminé supérieurement par un demi-cylindre , qu’on appelle dôme. A l’une de •ses extrémités est une porte par laquelle on introduit le combustible; ;» I autre est une cheminée plus ou moins élevée. La galère dont il s’agit ici a 22 décimètres de long sur 7 décimètres et demi de haut, et 5 décimètres iuttérieureïnent d’une paroi à l’autre.

Il existe aussi des galères qui ne sont que des fourneaux ronds, ?i réver— bèic, d un gtand diamètre. Les vases contenant la matière que l’on veut 'chauffer se mettent tout autour: on peut ainsi placer 8 h 10 cornues assez grandes. 1 els sont les fourneaux qui servent dans les fabriques d’acide •sulfurique pour la distillation de cet acide, et qui étaient usités également tans les anciennes fabriques A' eau-forte.

ÉLÉMEJNS

dans des moules de bois de hêtre légèrement humides. Cln obtenait alors ce que l’on nomme dans le commerce soufre en canons. Mais on sent combien ce procédé est défectueux; aussi le soufre ainsi purifié est-il toujours plus ou moins grisâtre. Maintenant on obtient le soufre beaucoup plus pur, en le distillant dans une grande chaudière de fonte couverte d’un chapiteau , et communiquant avec une chambre en maçonnerie, qui sert de récipient. On obtient même à volonté, par ce moyen du soufre en canon ou du soufre en poudre. Si l’on suspend l’opération au bout de huit à dix heures , selon la capacité de la chambre, le soufre n’a pas le temps de se réunir en masse, et l’on obtient de la fleur de soufre y dans le cas contraire, il se rassemble sur le sol de la chambre, et on le retire par des robinets pour le faire couler dans des moules. Ce procédé s’exécute en grand en Angleterre, à Marseille , etc.

La plupart des minerais de soufre contiennent du bitume, suivant la remarque deM. Vauquelin ; aussi lorsqu’on les distille, le produit est-il presque toujours coloré en rougebrunâtre, et dégage-t-il par la chaleur ou le simple frottement une odeur plus ou moins fétide. Le résidu de cette distillation est un charbon bitumineux , mélangé de silice , de carbonate de chaux, de fer et de quelques atomes d’alumine et de magnésie.

On peut encore extraire le soulre du persulfure de fer, en chauffant celui-ci assez fortement dans des vases de fonte ou d’argile apyre. On ne peut, par ce procédé, décomposer entièrement le persulfure , on parvient seulement à le ramener à l’état de protosulfure , qui par là devient plus propre à se convertir en sulfate de fer, par son exposition à l’air libre.

8 1 . Usages . Lcsusagesdu soufre sont extrêmement multipliés. On l’emploie principalement dans la fabrication de 1 acide sul-

DE MINÉRALOGIE. IOq

liai que, du cinabre, de la poudre à canon, du sulfure de potasse, etc. On s’en sert pour sceller le fer dans la pierre, et piendre des empieintes. Il est aussi usité en JMédecine et en Pliai niacie; il lait la base des eaux sullureuses ou hépatiques. A l’état d’acide sulfureux , on l’emploie en fumigations pour les maladies de la peau, etc.; enfin, il entre en nature dans la préparation de pastilles, d’onguens antipsoriques et d’huiles soufrées, dites baumes de soufre, etc.

2e ESPÈCE. ACIDE SULFUREUX.

82. Caractères essentiels. Cet acide est toujours gazeux : il est reconnaissable à son odeur suffocante, qui rappelle celle du soufre qui brûle ; il rougit la teinture de tournesol, et se dissout facilement dans 1 eau. Sa densité est de 2 ,25.

Composition. 1 atome de soufre et 2 atomes d’oxigène = S.

83. Gisement. On le trouve à l’état de gaz dans les pays volcaniques, se dégageant des fissures des laves qui avoisinent les cratères desvolcans en activité; maison pense que son existence est passagère, et qu’il ne fait qu’accompagner ou suivre les éruptions volcaniques. On connaît cependant quelques lieux où son dégagement semble être permanent, tels sont l’ancien cratère de la Solfatare, près Pouzzoles, le sommet du Stromboli, celui du Yulcanello, etc. Quelquefois, après des pluies, on trouve dans les trous des roches, près des volcans, des petits amas d’une eau acide, chargée d’acide sulfureux.

84. Usages. L’emploi immédiat de cet acide est singulièrement restreint. Son usage principal est pour le traitement des maadies cutanées, et comme dans ce cas, il importe peu qu’il son mêlé à de l’air atmosphérique, on se le procure en brûlant du soufre sur un réchaud ; c’est encore ainsi qu’on l’obtient pour blanchir la soie, muter les vins, enlever les taches de i,U'tS, Ct de:sinfecter les li™* remplis de miasmes putrides

ÉLÉMENS

Comme il *5 ici u t instantanément les corps enflammés, on pourrait s’en servir avec avantage pour arrêter les feux de cheminée : il suffit dans ce cas de jeter dans le foyer une poignée de soufre.

3e ESPÈCE. ACIDE SULFURIQUE.

85. Caractères essentiels Cet acide est liquide, pesant, sans odeur : il donne de l’acide sulfureux lorsqu’on le chauffe avec du charbon , et forme avec les sels solubles de baryte un précipité blanc insoluble dans l’acide nitrique. Pour le distinguer des sulfates acides, il faut voir s’il se volatilise sans laisser de résidu.

Sa pesanteur spécifique est de i ,85. 11 cristallise en prismes hexaèdres lorsque la température est basse et qu'il contient de l’acide sulfureux.

Composition. Un atome de soufre et 3 atomes d oxigène

— *S -f- Aq.

86. Gisement . Cet acide est très rare a 1 état libre, cai outie que les conditions nécessaires a sa formation sont tics peu nombreuses, il a une trop grande affinité pour les bases pour qu'on en trouve jamais de grandes quantités dans la nature a 1 état pur. Cependant le professeur Baldassari l a vu, dans cet état, pies de Santa-Fiorra , aux environs de Sienne , dans des grottes de la petite montagne volcanique, nommée Zoceohno ; il est mêlé à de l’acide sulfureux et à du sulfate de chaux qui le rend solide. M. Pictet dit l’avoir trouvé libre , distillant de la voûte d’une caverne, près d’Aix en Savoie ; il était mêlé d eau et d’un peu de sulfate de chaux. Fortis assure que cet acide, mêlé seulement d’un peu d’eau, découle de la voûte des cavernes alumineuses de Lotera , près Bolsena. Dolomieu l’a observé sous ce même état dans plusieurs grottes de 1 Etna , et Tournefort, dans File deMilo. Pallasl’a découvert dans les monts 0 urals, près de la source de l’iaik : il si1 dégage de cer-

tams schistes qui semblent su carier et tomber en poussière M. Leschenaud a rapporté de l’acide sulfurique qu’il avait puisé dans l’intérieur du mont Idioune, dans les Indes- il rcu ferma, t un peu de sulfate d’alumine, de sulfate de soude et d’acide hydrochlorique. Suivant M. Vauquelin , il existerait aussi dans les eaux thermales sulfureuses, par suite de l’alto rat, on de l’acide sulfureux. M. de Humboldt a trouve dans

Amer, que des eaux qui lui doivent leur acidité: tel est le R,o-\ inagre , au volcan de Puracé, dans le Popayau etc Cette eau contient, suivantM. Rivero, 080 d’acide sulfurique et ot'-,,84 d’acide muriatique , par litre, elle renferme en outre un peu d’alumine, de chaux et quelques indices de

S;. Préparation. La fabrication de l’acide sulfurique es, une branche de commerce très importante. C’est principale ment aux environs de Marseille qu’elle a lieu. Les bornes et 1, inatm e de cet ouvrage ne nous permettent pas de la détailler avec ton, le son, quelle mérite , nous renvoyons aux o™ de Ch, une «surtout au Dictionnaire technologie, toj , *\ , nous dirons seulement qu’on parvient à former l’acidé

, fui ique en faisant réagir ensemble le gaz acide sulfure. t egaz nitreux convenablement humides. Ces deux tnz sans action l’un sur l’autre quand ils sont ' & ^ ^

«contraire des phénomènes remarquables "

-ce de l’eau. Une portion d’aile n^^dé “ ^ et cède de l’oxigène à l’acide «„lf • ” * LcomP°see ,

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