‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 33 sur 81 · JO · texte numérisé non relu

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ÉLÉMENS

solution jouit de la propriété de rougir faiblement le tournesol, de précipiter en jaune par l’acide hydrosulfurique, et en vert par le sulfate de cuivre. Il se dissout sans effervescence dans l’acide nitrique chaud étendu. Traité par le chalumeau, il se sublime sans s’enflammer, et en répandant une odeur d’ail. Il colore le borax en jaune.

Composition. Un atome d’arsenic et trois atomes d’oxigène = As.

Caractères cristallographiques . Il est quelquefois cristallise en petits prismes aciculaires que l’on fait dériver de Y octaèdre régulier.

Variétés de structure. Les formes sous lesquelles il se présente dans la nature sont les suivantes :

Arsenic oxidé aciculaire , en aiguilles ordinairement divergranulaire , gentes ou en p-etits prismes,

pulvérulent , compacte.

îZ'] bis. Caractères d'élimination. Cette espèce se distingue facilement de la chaux arseniatée ou pharmacolite , qui lui ressemble souvent par sa volatilité complète et sa solubilité , et généralement des autres substances blanches avec lesquelles on pourrait le confondre , telles que Y oxide blanc d'antimoine , la chaux carbonalée pulvérulente , par l’odeur caractéristique qu’il développe au feu. Comme l’odeur qu’exhalent les minerais d’antimoine se rapproche assez de la sienne , et qu’elle pourrait être alors une cause d’erreur, pour éloigner tous les doutes, on chauffera la substance sur un charbon à l’aide du chalumeau : si celle-ci couvre le charbon d’un enduit blanc qui conserve sa couleur lorsqu’on y porte le cône intérieur de la flamme, et ne devient nullement noir, c’est un minerai d’antimoine.

i38. Gisement. L’acide arsenieux ne se rencontre que rare-

ment et en petite quantité clans la nature. 11 se trouve à la surface , ou dans le voisinage de certaines mines arsenicales , notamment de celles de cobalt arsenical ou arseniaté ; il accompagne souvent aussi l’arsenic natif. Il paraît que l’on a confondu long-temps avec lui la chaux arseniatée, avant que Klaproth eût fait connaître la véritable composition de cette dernière. Peut-être l’acide arsenieux natif n’est-il que le résultat de l’exploitation des mines.

i3g. Préparation. L’oxide blanc d’arsenic qu’on trouve dans le commerce s’obtient comme produit secondaire , dans le traitement des mines de cobalt arsenical. Pour se le procurer, l’on grille ces mines dans un fourneau à réverbère terminé par une longue cheminée horizontale : à mesure que l’arsenic brûle et passe à l’état de deutoxide ou d’acide arsenieux , il se rend dans ces cheminées et s’y condense ; mais comme il n’est pas très pur, on lui fait subir une nouvelle sublimation. Cette opération se fait dans des espèces de cucurbites en fonte , surmontées de chapiteaux coniques également en fonte, et percés d’un troua leur sommet; on les dispose sur un fourneau , et lorsqu’elles sont rouges , on y projette une certaine quantité d’oxide d’arsenic par le trou supérieur , qu’on bouche aussitôt après. L’oxide se sublime en haut des chapiteaux ; on introduit de nouvelles portions de matière au lur et à mesure, et on en sublime dans les mêmes curcubites jusqu’à 77 kilogrammes environ. On laisse ensuite refroidir les vases , on enlève les chapiteaux et on en détache 1 oxide qui y adhère sous forme de couches vitreuses d’une transparence remarquable ; mais elles ne tardent pas à blanchir et à prendre de l’opacité à leur surface. C’est sous cet état que l’on trouve l’arsenic blanc dans le commerce, et il provient surtout de l’exploitation de Maurizzecli , près d’Aberdam , dans la contrée de Joachimsthal en Bohème. La Saxe en fournit également.

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i4o. L iages. L’acide arsenieux a plusieurs usages dans les arts : il sert de mordant dans la teinture; les verriers l’ajoutent quelquefois à la matière du verre pour la rendre plus fusible et obtenir un verre plus blanc; on l’emploie pour la fabrication du vert de Scheèle, couleur que l’on applique sur les papiers de teinture ; pour faire une pâte très propi e à détruire les souris et les rats , aussi l’appelle-t-on communément mort aux rats. En Médecine , il est usité comme. escliarrotique ; on en fait des trocliisques, et il entre dans la poudre du frère Corne ; on en prépare les arséniates de potasse et de soude en le calcinant avec les nitrates de ces deux bases. C’est un des poisons les plus violens du règne minéral ; il donne la mort à très petites doses. On ne saurait donc prendre trop de précautions dans son usage.

Traitement métallurgique des minerais d’arsenic.

1 4 1 - L’arsenic ne s’extrait jamais de ses mines, qui sont rarement isolées. La plus grande partie de celui du commerce provient du grillage des mines de cobalt arsenical. L’opération se pratique comme il a été dit ci-dessus (i3g). Après la seconde sublimation , le deutoxide d’arsenic est privé , autant que possible, du fer et autres substances étrangères qui l’accompagnent toujours. C’est de cet oxide blanc qu’on extrait facilement le métal; il suffit pour cela d’en former une pâte avec du savon et de l’huile, et de distiller dans une cornue de grès. La savon et l’huile se décomposent; leur carbone et leur hydrogène sont hrûléS par l’oxigène de l’oxide , tandis que l’arsenic métal se sublime et se condense, sous forme cristalline, à la voûte de la cornue.

Mais dans le grillage du cobalt arsenical , tout l’arsenic n’est point oxidé : une petite portion se sublime à l’état métallique et se condense presqu’à la naissance de la cheminée. On le recueille et on le sublime de nouveau dans des cornues de fonte

Uonl le cul , très court et très large, vient plonger dans des récipiens cylindriques. On l’obtient alors sous forme déniasses noirâtres composées d’une foule de petits cristaux facilement séparables et ayant une cassure lamelleuse. On se procure encore de l’arsenic métallique dans le commerce , en sublimant directement l’arsenic natif dans des cornues de fonte semblables aux précédentes. Quoi qu’il en soit, lorsque l’on veut le conserver parfaitement pur dans les laboratoires, il faut, aussitôt que la distillation est terminée , le détacher du col des cornues ou des récipiens , et l’introduire dans des flacons de verre à larges ouvertures et bouchés à l’émeri ; des bouchons de liège seraient insuffisans , et ne pourraient empêcher l’arsenic de se ternir au bout de quelque temps.

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