ESPÈCE UNIQUE. CHROME OXIDE VERT
( Chrome oxidé siliciferc , Brongniart. )
i^2. Caractères essentiels. Cette substance, qui se présente toujours sous la forme d’une poudre verte, colore le borax en vert émeraude ; chauffée avec le nitre dans un creuset , et traitée par l’eau, elle fournit une solution cpii précipite en rouge par le nitrate d’argent, et en jaune par le nitrate de plomb.
Sa pesanteur spécifique est de 1 ,6.
Composition. Formée d’un atome de chrome et de trois
atomes d’oxigène = Cr. Contenant presque toujours de la silice, dont la quantité est inconnue. L’on ne sait pas encore si l’on doit considérer ce minéral comme un mélange de l’oxide de chrome avec de la silice ou de l’argile, ou comme un silicate de chrome mêlé d’argile, ou bien comme un silicate double d’alumine et d’oxide de chrome.
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143. Gisement. L’oxide de clirôme est fort rare dans la nature ; ou ne le trouve qu’à la surface de quelques échantillons de plomb chroma te', et recouvrant, sous forme d’enduit, des roches quarzeuses : telle est la calcédoine du Creusot , trouvée par M. Leschevin , et qui 11’est autre chose qu’un quarz hyalin translucide , et disséminé dans des terrains d’agrégats , comme dans Y anagénite , ou brèche ancienne, qui forme le sommet de la montagne des Écouchets, entre le Creusot et Couches, département de Saône-et-Loire. L’oxide de chrome existe en veines minces dans cette brèche, composée de fragmens de felspath rougeâtre et de quarz gris , avec quelques parcelles de mica noir. Sa quantité varie depuis 2,5 jusqu’à i3 pour 100. Enfin l’oxide de clirôme existe, mais comme principe accidentel ou principe colorant, dans plusieurs autres substances; en effet, c’est à lui que l’émeraude, la diallage verte, l’amphibole vert ditactinote, le pyroxène (coccolite et lherzolite ) , et plusieurs roches magnésiennes (serpentines), doivent leur belle couleur verte.
144. Usages et préparation. L’oxide de clirôme jouissant , lorsqu’il est pur, d’une couleur verte très intense et très belle, est une des matières colorantes dont les arts fout le plus grand usage. O11 l’emploie pour faire des fonds verts très foncés sur la porcelaine, et pour faire généralement toutes les autres couleurs dont le vert fait partie. On s’en sert aussi pour fabriquer des verres dont la couleur imite celle de l’émeraude, et avec lesquels on fabrique des bijoux. C’est en raison de la consommation considérable qui s’en fait dans le commerce, que l’on prépare cet oxide en grand, à l’aide de plusieurs procédés que nous ne ferons qu’indiquer. Le plus suivi consiste à décomposer le chromate de mercure par la chaleur. L’opération s’exécute dans une cornue de grès que l’on place dans un fourneau à réverbère; le sel se décompose en oxigène, mercure et oxide de chrome : les deux premiers se dégagent et se rendent
ilans des récipiens pleins d’eau , où le mercure se condense. La calcination dure environ trois quarts d’heure; l’oxide de chrome est ensuite renfermé dans des flacons. On peut , suivant M. Bertlner, substituer le chromate de plomb au chromate de mercure pour la fabrication de cet oxide , mais alors il faut opérer dans un creuset brasqué. Le plomb se réduit complètement et reste mêlé avec l’oxide de chrome, dont on effectue la séparation en pilant etlévigeant la masse ; l’oxide passe mêlé seulement avec de petits grains de métal qu’on dissout par l’acide nitrique ; celui-ci est sans action sur l’oxide de chrome, qu’on lave et qui est alors très pur. Enfin, M. Lassaigne a donné un procédé qui consiste à chauffer jusqu’au rouge, dans un creuset de terre fermé, un mélange de chromate dépotasse et de soufre à parties égales. Il se produit du sulfate et du sulfure de potasse , qu’on enlève en lessivant le résidu verdâtre. L’oxide, après plusieurs lavages, peut être considéré comme pur. Ce dernier procédé a cela d’avantageux, qu’on obtient toujours un oxide de chrome d’une belle couleur verte et au même degré d’intensité ; il est ensuite très économique.
Extraction du chrome.
i45. Le chrome, à l’état métallique , n’étant d’aucun usage dans les arts, son extraction 11e se fait jamais que dans les laboratoires. C’est le protoxide de chrome ou l’oxide vert que l’on emploie pour cet objet. On opère de la manière suivante : on mele une quantité arbitraire de cet oxide avec un excès de noire efumee, et l’on donne au mc'langela consistance d’une pâte
ferme avec de l’huile; on en fait une boule que l’on met dans un creuset de Hesse brasqué (*) ; on recouvre cette boule de
(0 On donne le nom de creusets brusqués on désoxidans h des crenseis de terre dont l'intérieur est revêtu d'une couche pins ou moins épaisse de
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charbon ordinaire et le creuset de son couvercle, puis l’on place le creuset dans un fourneau de forge , après l’avoir préalablement assujetti sur une brique avec un peu de lut infusible. Le fourneau étant plein de charbon ou de coak , et la combustion étant activée par le vent d’un fort soufflet , on soutient un bon feu pendant une heure à une heure un quart environ ; à cette époque , on donne un coup de feu pendant quelques minutes , et l’opération est terminée. On retire alors le creuset du feu avec une pince , on le laisse refroidir tranquillement, et l’on trouve le métal réduit clans la brasque et fondu en culot. M. Berthier se contente de placer l’oxide directement dans le creuset brasqué sans le mélanger avec le charbon, et de. chauffer dans un bon fourneau à vent alimenté par du coak ; mais l’opération est toujours plus longue. ( Ann. de Chim. et de Phys , toin. XYÏI , p. 56.)
Il paraît que le procédé de réduction à l’aide de l’hydrogène, proposé par M. Thénard, et que nous détaillerons plus bas (■voir, dans le liv. IV, la troisième section qui traite des agens chimiques, au mot Charbon, 2061), 11e pourrait être employé pour obtenir le chrome , puisqu’on prétend qu'il est irréductible par ce moyen. Cependant cette assertion est entièrement contradictoire avec un résultat de M. Vauquelin: ce chimiste assure qu’il suffit de chauffer fortement dans une cornue de l’hydrochlorate de chrome (protochlorure) , pour obtenir le métal parfaitement pur. Si la première de ces observations est exacte , comment se rendre raison de faits si opposés? Ce sujet demanderait donc de nouvelles recherches.
Le chrome n’a encore été trouvé jusqu’ici à l’état métal-
cliarbon de bois lave en poudre et lie avec un peu d’argile. C’est au milieu lie celle masse compacte que se trouve la cavilé dans laquelle on dépose les corps destinés à èlie soumis h l’action (le la chaleur. (/ oir , pour la manière de 1rs construire, Dictionnaire technologique, tome \ 1, page ai ■2.)
lïque que dans les ae'rolitlics , mêlé ou peut-être uni intimement avec le fer, le nickel et le cobalt. C’est M. Laugier qui y a reconnu sa pvesen.ee ainsi que celle du cobalt , et qui a donné les moyens de les y découvrir,. lors même qu’ils sont en quantité infiniment petite, ce qui arrive presque toujours. Du reste, ils n’existent que dans quelques météorites.
IIIe FAMILLE. MOLYBDÈNE .
ï46. Les minerais de cette famille, traités par l’acide nitrique, donnent une poudre blanche, un peu soluble dans l’eau (acide molybdique), qui devient d’un bleu pur parle contact d’un barreau de zinc ou d’étain (acide molybdeux).
Cette famille ne comprend que deux espèces.
Ire ESPÈCE. MOLYBDÈNE SULFURE.
j 47- Caractères physiques. Substance métalloïde, d’un gris de plomb, onctueuse au toucher, facile à gratter avec le couteau et aisément frangible. Elle est composée de lames séparables, flexibles sans élasticité, tachant le papier en gris métallique et formant des traits verdâtres sur la porcelaine ; elle acquiert, parle frottement et étant isolée, l’électricité résineuse; elle communique à la cire d’Espagne ou à la résine l’électricité vitrée par le frottement, en même temps qu’elle y laisse son empreinte métallique.
Sa pesanteur spécifique est de 4?7*
Caractères chimiques . Chauffée au chalumeau, elle se volatilise en fumée blanche (acide molybdique) en dégageant une odeur sulfureuse. [Voyez plus haut les autres caractères chimiques. )
Composition. Un atonie de molybdène et 2. atomes de soufre = MoSb
Caractères cristallographiques. Cristaux laminaires rares dérivant d’un prisme hexaèdre régulier, dont les dimensions Tome I. J2
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soiil inconnues. Quelquefois ces cristaux sont îles prismes hexaèdres Ironquès sur les arêtes des deux hases, de manière à faire disparaître ces bases. On trouve rarement cette espèce cristallisée.
Scs variétés de structure sont également très limitées. On la rencontre ou en paillettes disséminées dans les roches, ou en rognons , ou en couches à structure feuilletée ou lamellaire.
' 147 bis. Caractères d’élimination. Ta; molybdène sulfuré a la plus grande ressemblance avec le fer carburé ; mais celui-ci a une couleur plus sombre, moins d’éclat, un tissu granuleux, forme des traits noirs sur la porcelaine, et 11c communique aucune électricité à la cire ou à la résine. On le distingue aussi du fer oligisle écailleux, dit fer micacé, en ce que celui-ci donne une poudre rouge non métallique, et que, chauffé au chalumeau, il se convertit en aimant , sans donner lieu à aucune fumée blanche.
148. Gisement. Le molybdène sulfuré est regardé, par les géologues, comme un des métaux les plus anciennement formés; il se trouve dans les terrains primitifs, et appartient généralement aux roches anciennes, telles que le gneis, le granité, le micaschiste, dans lesquelles il forme des liions ou de petits amas isolés, ou bien y existe disséminé, et y remplace le mica. Quoique peu abondant, il est assez répandu dans la nature ; on en cite dans toutes les contrées primitives de l’Europe, dans les Pyrénées, les Alpes du Dauphiné , de la Savoie, du Piémont, duTyrol, en Bohème, etc. On le trouve aussi quelquefois dans les amas métallifères, particulièrement dans ceux d’étain (Cornouailles, Zinxvald, Geyer en Saxe, Altin- Lerg, etc.), mais il y est assez rare, ainsi que dans les mines de cuivre pyriteux.
1 4q. Usages. 11 est sans usages; on ne l’emploie que dans les laboratoires, pour se procurer le molybdène et l’acide molybdiquo