ESPÈCE. MOLYBDÈNE OXIDE OU ACIDE M OLY B DI QUE
150. Celte espèce, fort rare dans la nature, se présente sous l’aspect d'une poussière jaunâtre, recouvrant, sous forme d’un enduit léger, le molybdène sulfuré.
Composition. En atome de métal et 3 atomes d’oxigène
— Mo. Cette poudre n’est cependant pas l’acide pur; suivant M. Berzélius , elle contient toujours de l’oxide de fer. Peutêtre est-ce un molybdate de fer avec excès d’acide.
Extraction du molybdène.
151. C’est en réduisant l’acide molybdique par le charbon ou l’hydrogène, qu’on se procure le molybdène dans les laboratoires; mais comme cet acide est fort rare dans la nature , on est obligé de le préparer d’abord en traitant le sulfure de molybdène, soit par le procédé de Scheèle, soit par celui de M. Bucholz. Le premier consiste à chauffer le sulfure avec de l’acide nitrique à 3o°, dans une cornue de verre munie d’une allonge et d’un récipient. L’acide nitrique, à l’aide de son oxigène , fait passer le soufre à l’état d’acide sulfurique , et le molybdène à l’état d’acide molybdique ; celui-ci étant insoluble dans les acides sulfurique et nitrique, se précipite en poudre blanche à mesure qu’il se forme. Pour l’avoir pur, il suffit de le laver avec une certaine quantité d’eau , qui n’en dissout qu’une très faible proportion ; mais ce procédé étant extrêmement long, parce qu’il faut brûler tout le soufre et tout le métal , il est plus avantageux d’employer le second , dû à Bucholz. Celui-ci consiste à griller le sulfure , afin de brûler son soufre et transformer le imitai en acide molybdique ; mais, pour cela, il faut avoir le soin de remuer toujours la matière et ménager le feu, surtout à la fin de l’opération, afin d’éviter que l’acide molybdique ne s’agglomère et m’enveloppe les portions de sulfure non décomposées. On traite ensuite le
ÉLÉMENS
résidu du grillage par une solution de potasse caustique , pour dissoudre l’acide et le séparer du sulfure qui n’aurait point été attaqué; on filtre la liqueur, et on y verse de l’acide nitrique ou bydroclilorique, qui s’empare de la potasse, et laisse précipiter l’acide molybdique sous forme de poudre blanche, qu’il suffit de laver et de sécher pour l’avoir dans l’état propre à être traité par le charbon ou l’hydrogène. Cette dernière opération étant absolument semblable à celle qui a pour objet la réduction du chrome, nous nous contentons de renvoyer à cet article. (i45.)
IVe FAMILLE. ANTIMOINE:.
1 5 1 bis. Les minerais d’antimoine se reconnaissent en ce qu’ils donnent au chalumeau un oxide blanc volatil sous forme de vapeurs épaisses, qui fait prendre à la flamme une couleur bleu- verdâtre ; qu’ils se dissolvent dans l’acide nitrique, avec dégagement de deutoxide d’azote et formation d’un précipité blanc, qui est de l’oxide d’antimoine; enfin, que celui-ci , traité par l’acide bydroclilorique, s’y dissout et donne une solution qui précipite abondamment par l’eau (oxi-clilorure d’antimoine ou poudre d’Algarotli).
Cette famille comprend quatre espèces.
J,e ESPÈCE. ANTIMOINE NATIF.
1 52. Caractères essentiels. Ce minéral jouit d’un éclat métallique très prononcé, d’un blanc d’argent; il est très fragile , se laisse assez facilement entamer par le couteau , et présente un tissu essentiellement lainelleux.
Composition. Corps simple de la Chimie. Son signe chimique = Sb.
Caractères cristallographiques . Sa structure est très remarquable, en ce que c’est une des plus compliquées que l’on ait
observées jusqu’à présent. Suivant M. Hauy, elle offre des joints naturels très sensibles dans vingt directions différentes , les uns parallèles aux faces d’un octaèdre régulier, et les autres à celles d’un dodécaèdre rhomboïdal. Sa forme primitive est 1 "octaèdre régulier. Lorsqu’on le casse , ce minéral se divise en fragmens quelquefois rhomboïdaux , mais communément indéterminés, à bords obtus. Ses variétés de structure se réduisent à deux :
Antimoine natif laminaire ,
lamellaire, ou en petites lames brillantes disposées confusément.
i53. Caractères d’élimination. On peut quelquefois confondre l’antimoine natif avec Y antimoine sulfuré, le fer arsenical et Y argent antimonial. Le premier donne , au chalumeau, une odeur sulfureuse; le second a une cassure à grain fin et serré , sans indice de lames , et étincelle par le choc du briquet, en répandant une odeur d’ail ; enfin, le troisième , chauffé au chalumeau, donne un bouton d’argent et des vapeurs épaisses d’oxide d’antimoine.
1 54 - Gisement. L’antimoine natif, assez rare dans la nature, se trouve surtout, comme principe accessoire, dans les filons argentifères, à Huelgoat en Bretagne, à Andreasbcrg au Hartz. Dans cette localité, il contient, d’après Klaproth , 0,01 d’argent et des traces de fer ; il a pour gangue du quarz et du carbonate de chaux. On le trouve encore à Salberg , près de Sala en Suède , dans la chaux carbonatée ; aux environs de Presbourg en Hongrie , et à Allemont , près de Grenoble , dans le quarz , où il est associé à l’antimoine oxidé.
i55. Annotations. L’antimoine, fondu et refroidi lentement, se prend en un culot qui présente à sa surface une espèce d’étoile très apparente, à rayons branchus, surtout si cette surface a une certaine convexité; et lorsque celle-ci a
ÉLÉMENS
une courbure insensible, elle offre des empreintes que les anciens chimistes ont comparées aux feuilles de fougère. Si on les examine avec attention (ces dendrites), on s’aperçoit bientôt que leurs ramifications se bifurquent sous des angles constans en rapport avec la forme primitive de ce métal. Tous les pains d’antimoine du commerce présentent ces dendrites superficielles. Si l’on fait fondre l’antimoine dans un creuset , et qu’après l’avoir laissé refroidir on perce la croûte supérieure , afin de décanter les parties internes encore liquides , on trouve le métal nettement cristallisé. Ces cristaux sont tantôt des cubes , tantôt des parallélépipèdes rectangles allongés , et tantôt des ramifications composées de petits octaèdres implantés l’un dans l’autre, ressemblant beaucoup à une pyramide triangulaire, dont les faces seraient creusées en gouttière.
i56. Usages. L’antimoine est employé dans les arts pour !a fabrication des miroirs métalliques et des caractères d’imprimerie ; ceux-ci sont un alliage de piomb et d’antimoine. On le mêle aussi à l’étain pour augmenter la dureté de celui-ci , et l’alliage qui en résulte porte les noms de métal de prince, d 'étain de Cornouailles ; mais son principal usage est de fournir à la Chimie et à la Médecine une foule de préparations très énergiques , parmi lesquelles nous citerons comme étant les plus employées le beurre ou chlorure d’antimoine, le protoxide ou fleurs d'antimoine, Y antimoine diaphorétique ou anlimonile de potasse, Y émétique, le kermès minéral, le soufre doré, la poudre d' Algarolh ,1e fondant de. Rotrou , le crocus melallorum ou safran des métaux, le verre d'antimoine, 1 cfoie d'antimoine , etc. , etc.
2e ESPÈCE. ANTIMOINE SULFURE- ( Proto-sulfure d'antimoine des chimistes) .
Caractères physiques . Doué d’un éclat métallique, ha couleur tire sur le gris de plomb ; il donne une poussière noire, tache le papier en noir par le frottement; il est très fragile, très tendre, et a une structure généralement laminaire Sa pesanteur spécifique est de 4>5.
Caractères chimiques . Il dégage par le frottement une odeur sulfureuse; il se fond à la simple flamme d’une bougie; la potasse caustique le transforme en une matière jaune.
Composition. Formé d’un atome d’antimoine et de trois atomes de soufre = SbS1. Presque toujours il est uni à des sulfures d’argent , de cuivre et de nickel ; de là les variétés d’antimoine sulfuré argentifère, cuprifère, et nickelifère, établies par Haüy Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un octaèdre rhomboidal , dont les incidences de l’une quelconque des faces sur les trois adjacentes sont de iocf'1^' , io^°56 et iio°58/. (Haüy.) Cet octaèdre se subdivise suivant des plans dont les uns sont parallèles aux trois rliombes formés par la réunion des arêtes prises quatre à quatre, et les autres parallèles aux arêtes latérales, et en même temps à l’axe suppose vertical. Quoi qu’il en soit, son clivage est toujours incomplet Ses formes dominantes sont généralement des prismes rliomboidaux à sommets tétraèdres un peu comprimés , dont les pans sont à peu près rectangles; ils sont terminés par des pyramides obtuses à quatre faces, dont les faces latérales sont des trapèzes. Quelquefois deux des bords sont tronqués, ce qui les rend prismes hexaèdres. On rencontre encore des prismes dodécaèdres, terminés par des sommets à quatre laces, qui se réunissenten pyramide très aigue.
Les variétés de structure sont plus abondantes que les variétés de forme ; on distingue surtout les suivantes :
ÉLÉMENT
Antimoine sulfuré cylindroide.
actculaire , formé d’aiguilles , tantôt longues et épaisses, et tantôt déliées et divergentes.
Lorsque ces aiguilles prismatiques sont fracturées , leui lames , mises à découvert , font la fonction de miroir ; de là la variété créée , mal à propos, par quelques naturalistes, sous le nom à’ antimoine spéculaire. La variété aciculaire accompagne souvent la baryte sulfatée en Hongrie et en France, dans le département du Puy-de-Dôme.
capillaire . En fdamens soyeux et élastiques, d’un gris sombre, souvent ornés des plus belles couleurs de l’iris. Cette variété est accompagnée , à ce qu’il paraît, d’arsenic, d’argent, de fer et d’or.
granulaire .
compacte. C’est la variété la moins commune.
A res variétés nous joignons ici, en forme d’appendice, deux variétés provenant de l’altération spontanée qu’éprouvent certains échantillons d’antimoine sulfuré. La cause qui produit ces changemens dans la composition des corps nous est encore inconnue; du moins on suppose que c’est l’air qui en est le principal agent, mais on ignore de quelle manière il agit.
Ces deux variétés , établies par M. Haiiy , sont les suivantes:
Antimoine oxidé épigène. C’est l’antimoine sulfuré, qui par l’épigénie, a perdu son soufre en totalité, et s’est oxidé; ce qui le prouve, c’est qu’on trouve souvent sur ces morceaux épigènes des aiguilles encore intactes de sulfure d’antimoine.
Antimoine oxidé sulfuré épigene. Celui-ci s’est oxidé en partie, et a pris une couleur de cochenille, en même temps qu’il a perdu une partie de son soufre. Nous reviendrons sur cette variété en étudiant l’espèce suivante ( i G5) .
, 58. Caractères d'élimination. L’antimoine sulfuré se confond au premier coup d’œil avec Y antimoine natif: nous avons déjà vu les caractères distinctifs de ces deux espèces. La variété aciculaire se confond également avec le manganèse oxidé aciculaire : on peut les reconnaître, en ce que celui-ci n’est pas fusible comme l’autre à la flamme d’une bougie, et que la tache qu’il forme sur un corps foncé , tel qu’une ardoise , est d’un gris obscur, tirant quelquefois au noir de fer , tandis que celle de l’antimoine sulfuré est d’un gris clair métalloïde.
i5(). Gisement. Quoique peu abondant dans la nature , l’antimoine sulfuré est assez répandu : il forme à lui seid des filons plus ou moins puissans qui traversent les roclies des terrains primitifs , telles que le gneis , le granité , le micaschiste , etc. Il se rencontre encore , comme principe accidentel , dans beaucoup de filons , et surtout dans les filons argentifères. Ses gangues ordinaires sont le quarz, la baryte sulfatée, le felspath et la chaux carbonatée. Il est presque toujours accompagné, du reste , d’or natif, d’argent natif, de fer sulfuré, d’arsenic sulfuré , de blende et dé galène. On le trouve, en France, à Dèze (Lozère), Alby et Mercœur (Haute-Loire) , Malbose (Ardèche), Massiac etLubillac (Cantal), St.-Yrieïx (Haute- Vienne) , Auzat (Puy-de-Dôme) , Portés, Saint-Florent, Anjar, dans les environs d’Uzès (Gard), etc., etc., et en Hongrie, en Bohème, en Saxe , en Daourie, en Angleterre, en Suède, etc.
160. Préparation, ou plutôt purification. Le sulfure d’antimoine , avant cl’ètre livré au commerce, est toujours débarrassé de sa gangue, à l’aide du procédé suivant. On enfonce en terre un grand creuset jusqu’à son bord, et on y fait entrer à moitié un second creuset plus grand , percé de trous à son fond. On remplit ce dernier de lamine, et on le chauffe en l’entourant de leu : le sulfure étant bien, plus fusible que sa gangue , se fond seul et coule dans le creuset inférieur, où il cristallise en refroidissant. On fait plus fréquemment usage
d’un fourneau circulaire pour chauffer les pots ou creusets dans son intérieur, et économiser ainsi ie combustible.
On remplace avec avantage, à Malbose (Ardèche), les creusets par des cylindres ou tuyaux un peu coniques, en terre cuite, placés verticalement dans une espèce de fourneau à réverbère. Comme on peut facilement retirer des tuyaux, et sans arrêter le feu, le résidu de l’opération, et que l’antimoine sulfuré coule au dehors du fourneau, la fonte est continue. Ce pr ocède est supérieur au précédent et plus économique.
Ainsi fondu et purifié , le sulfure d’antimoine porte dans le commerce le nom d 'antimoine cru. Dans cet état, il forme des groupes d’aiguilles que l’on fait quelquefois passer pour de l’antimoine sulfuré naturel ; mais ces groupes présentent presque toujours une face par laquelle ils adhéraient au creuset et qui porte des indices de fusion , par les aspérités dont elle est chargée, et quelquefois par les cavités dont elle est criblée. On remarque , en outre , que ces aiguilles factices sont plus serrées et plus nombreuses que celles du sulfure naturel.
161. Usages. Le sulfure d’antimoine n’est employé qu’en Chimie et en Médecine ; il sert à préparer le verre d’antimoine, le kermès , le soufre doré , V antimoine diaphoré tique , et plusieurs autres composés analogues. Il entre dans la composition des tablettes antimoniales de Kunckel. Il n’a qu’un seul usage dans les Arts, c’est de servira l’extraction de son métal.
3*' ESPÈCE. .4NTIMOINE OX1-SÜLFURÉ.
(Antimoine sulfuré rouge, antimoine rouge, antimoine mordon (Brongniart) , vulgairement kermès natif.
16?.. Caractères essentiels. Substance d’un rouge brun ou mordoré, le plus souvent en cristaux prismatiques aciculaires ; elle est facilement fusible, volatile avec odeur de soûl re et blanchit dans l’acide nitrique; la potasse caustique lui lait éprouver peu de changement
Pesanteur spécifique (le 4,6.
Composition. Forme de 1 atome de tri-oxide d’antimoine et de 2 atomes de tri-sulfure de même métal — Sb-f-2 SbS5.
Variétés. Ilaüy en distingue deux variétés :
h' antimoine oxi-sulfuré aciculaire , vulgairement mine d’antimoine en plumes rouges , soufre doré natif strié. 11 est en aiguilles ordinairement luisantes, plus ou moins déliées et divergentes.
L’ antimoine oxi-sulfuré amorphe , vulgairement mine d’antimoine rouge granuleuse , kermès minéral natif. 11 est en masses granuleuses d’un rouge mat.
163. Caractères d'élimination. On le distingue du cuivre oxidulé soyeux , en ce que celui-ci est d’un rouge vif clair et se dissout avec effervescence dans l’acide nitrique , en y formant un nuage verdâtre ; et du cobalt arsenialê aciculaire , en ce que ce dernier est d’un rouge lilas et colore en bleu le verre de borax , caractères bien différens de ceux de l’antimoine oxi-sulfuré.
164. Gisement. Cette espèce accompagne presque toujours les autres mines d’antimoine et surtout l’antimoine sulfuré. Onia trouve particulièrement en Toscane, à Pernek, près de Plassendorf , dans le comté de Presbourg , à Braunsdorf en Saxe , à Fclsobanya en Hongrie , et à Kapnick en Transylvanie.
165. Annotations . Cette espèce, comme nous l’avons déjà dit, parait provenir de la décomposition du sulfure d’antimoine, et M. Haüy n’est pas loin d’admettre que tous les échantillons d'antimoine rouge , que l’on a regardes comme des produits immédiats de la cristallisation, sont produits par cette altération spontanée. Un fait qui vient à l’appui de celte opinion , c’est que très souvent ces morceaux sont recouverts d’une foule de petits octaèdres de soufre ; fréquemment aussi ds sont accompagnes d’oxide d’antimoine Au reste , il est
ÉLÉMENS
prouvé que dans certains cas, Y épigénie ou la transformation dont il est ici question , a eu lieu, puisqu’on peut en observer les différens termes sur une série d’échantillons , qui montrent visiblement le passage de l’antimoine sulfuré à un état où sa couleur est d’un rouge analogue à celui du kermès natif ou d’un rouge mordoré.
Le nom de kermès natif donné à cette espèce, ne doit pas la faire confondre avec le kermès minéral des chimistes- : sa composition est essentiellement différente ; ce dernier, suivant M. Berzélius, est un proto-sulfure d’antimoine hydraté. Ces deux composés n’ont donc de rapports que par la couleur.
4e ESPÈCE. ANTIMOINE OXIDE.
( Tri-oxide d'antimoine , antimoine blanc ; muriale d'antimoine de Born. )
166. Caractères essentiels . Minéral blanc ou grisâtre, ayant un aspect comme nacré, une structure laminaire, très facile à entamer avec le couteau, fusible à la flamme d’une bougie, volatil en fumée blanche , donnant une couleur verte à la flamme lorsqu’on le réduit sur un charbon , en même temps qu’il y décrépite.
Sa pesanteur spécifique est de 5,6.
Cette espèce n’a point encore été caractérisée par la géométrie; la structure laminaire des cristaux n’ayant été observée que dans un sens. Il est tantôt en lames rectangles et tantôt en prismes aciculaires.
Composition. 1 atonie d’antimoine et 3 atomes d’oxigène
=r Sb.
11 offre les trois vaiiéte's de structure suivantes :
Antimoine oxidé laminaire '.Il est en lames rectangles.
aeiculaire. En aiguilles divergentes, quelquefois réunies en faisceau.
terreux. A la surface de l’antimoine natif.
if>-. Caractères d élimination. Les substances qu’on pour- • ait confondre avec 1 antimoine oxide' sont la stilbite et la mêsotjpe seulement ; mais on pourra très facilement l’en distinguer, en ce qu’il fond à la simple flamme d’une bougie et sans boursoufflement, tandis que les deux autres espèces ne sont fusibles qu’au chalumeau, et en se boursouflant.
168. Gisement. Il accompagne toujours les autres minerais d’antimoine. Il est assez rare. On le cite à Prizbram en Bohème, et à Braunsdorf en Saxe, sur du plomb sulfuré- à Malaska en Hongrie, sur une argile qui renferme aussi de I antimoine natif et sulfuré. Monjez le jeune l’a observé aux
Chalances d’Allemont (Isère), à la surface de l’antimoine natif.
169. Nous plaçons ici, sous forme d’appendice, les deux espèces suivantes :
C. Acide antimonieux, antimoine oxide jaune épigène d’Hauy. Blanc, nacré, infusible, et donnant de l’eau pm- la calcination. Il se forme , à ce qu’il paraît, par voie de décomposition du sulfure d’antimoine, à la surface des morceaux
de ce dernier. Sa composition = Sb ; mais il est presque toujours combiné avec quelque base salifiable, telle que l’oxide e plomb ou de fer, suivant que le sulfure d’antimoine était combiné avec du sulfure de fer ou de plomb. On ne l’a encore trouvé que sous forme de poussière.
2°. Acide antimonique. Jaune ou blanc, et devenant jaune en onnant de l’eau par la calcination; reprenant sa couleur
blanche par une calcination plus forte. Sa composition =
Il est probable qu’il existe mêlé avec V acide antimonieux, et qu d se forme dans les mêmes circonstances.
.70. Usages. Les oxides d’antimoine ne sont employés qu’en Chimie. Le protoxide l’est quelquefois en Médecine sous le nom ancien de fleurs argentines d’antimoine.
ÉLÉMEÏSS
Traitement métallurgique des minerais d’antimoine.
1 r 1 . Le peu d’antimoine que les arts réclament est tiré du suif u re , le seul minerai de ce métal qui soit un peu abondant. Avant de le traiter directement, 011 lui fait subir une opération préliminaire dans le but de le séparer de sa gangue : comme il est très fusible, c’est toujours la chaleur que l’on emploie pour atteindre ce but. Nous avons déjà décrit ce procédé. ( 160.)
Lorsque le sulfure est convenablement purifié , on le bocai’de, on le place sur la sole d’un fourneau à réverbère, et on l’expose à l’action d’une douce chaleur, en l’agitant continuellement avec un ringard. O11 doit diriger le feu de manière à ne pas fondre la matière. Ce grillage est fort long ; il n’est terminé que quand le minerai est changé en une poussière terne, d’un gris blanchâtre , qui est mélangée d’oxide d’antimoine et d’une certaine quantité de sulfure non décomposé; d’abondantes vapeurs sulfureuses accompagnent cette opération. On mêle alors le résidu de ce grillage, soit avec du tartre, soit avec du charbon imbibé d’une solution concentrée de sous-carbonate de soude , et l’on chauffe ce mélange dans des creusets placés dans un fourneau de fusion; le charbon ne tarde pas à réduire l’oxide d’antimoine, tandis que l’alcali dissout le sulfure et forme une scorie fluide qui enveloppe le métal , en facilite la séparation et le préserve du contact de l’air. On fond une seconde fois le culot obtenu , afin de le purifier , et on l’obtient alors en masses hémisphériques du poids de 5 à 8 kilogrammes environ , et recouvertes à leur surface convexe de légères dendrites superficielles dites feuilles de fougère.
On prétend que dans quelques fonderies, et surtout en Ecosse, on obtient maintenant l’antimoine en faisant chauller fortement le sulfure avec de la grenaille «le fer ou de fonte.
Celle-ci s’empare ilu soul're et met en liberté l’antimoine , qui étant plus pesant que la fonte et le sulfure de fer, se rassemble à la pai lie inférieure des grands creusets dans lesquels on fait l’opération. Néanmoins ce procédé n’a pu devenir usuel, et l’on croit que c’est en raison de la mauvaise qualité de l’antimoine qu’il produit.
Dans les laboratoires, on suit un autre procédé pour obtenir 1 antimoine du sulfure. On fait un mélange intime de 3 parties de sulfure, de ?. de tartre et de i de nitre; on projette ce mélange cuillerée par cuillerée dans un creuset que l’on tient exposé pendant trois quarts d’heure à l’action du feu d un bon fourneau à réverbère. Pour concevoir la théorie de cette opération, il nous suffira de citer les produits. Ces produits sont : iü de l’antimoine, que l’on trouve sous forme de culot au fond du creuset; 2° des scories qui couvrent ce-culot, et qui contiennent du sous-carbonate de potasse, du sulfate de potasse, du sulfure de potassium combiné avec du sulfure d’antimoine non décomposé; 3° des gaz qui se dégagent, et qui consistent en azote ou oxides d’azote, en eau , en hydrogène carboné, oxide de carbone.
L’antimoine obtenu par ces divers procédés est rarement pur; il contient toujours un peu de soufre, auquel il doit la propriété qu’il a detre en lames, et en outre du plomb, du fer, de l’arsenic, etc. M. Sérullas adonné un moyen excellent de reconnaître jusqu’aux plus légères traces d’arsenic. Pour cela, on calcine fortement dans un creuset, pendant long-temps et à une température élevée, un mélange d’antimoine pulvéïisé et de tartre; il en résulte un alliage d’antimoine et de potassium, contenant un peu d’arsenic. En traitant cet alliage par l’eau, le potassium la décompose, et il se dégage de 1 hydrogène arseniqué qui laisse déposer son arsenic quand on le fait brûler dans des cloches à petits orifices. Si l’antimoine était exempt d’arsenic, on n’ob-
ÉLÊMENS
tiendrait que de l’hydrogène pur , comme l’avait déjà indiqué M. Vauquelin. Par ce procédé, M. Sérullas a fait voir que l'émétique et le kermès contenaient presque toujours un peu d’arsenic.
Pour reconnaître le fer, 011 traite l’antimoine par un acide composé de 4 parties d’acide liydrochlorique et de 1 partie d’acide nitrique ; on concentre la dissolution et on la précipite ensuite par l’eau; il se dépose un oxi-chlorure d’antimoine (poudre d’Algarotli ) ; on filtre, on lave, puis on fait passer dans la liqueur un courant d’hydrogène sulfuré qui sépare les dernières portions d’antimoine à l’état d’hydrosulfate (sulfure); on fait bouillir la liqueur pour en chasser l’excès d’hydrogène sulfuré et l’on obtient une dissolution ferrugineuse, dont on peut séparer l’oxide au moyen d’un alcali
ordinaire.
Le métal qui se rencontre le plus fréquemment et en plus grande quantité dans l’antimoine, est le plomb, paice qu il arrive souvent que les sulfures de ces deux métaux font partie de la même mine. Ce métal présente plusieurs inconvéniens dans la fabrication de certains produits antimoniaux. Ainsi ,
en faisant du kermès , il se forme du sulfure de plomb qui est noir et qui ternit la couleur de ce médicàment. En préparant le protochlorure ou beurre d’antimoine par 1 eau regale, il arrive qu’en concentrant la dissolution, il se loi 111e un dépût plus ou moins considérable de muriate de plomb ( chlorure) qui détermine des soubresauts si violons, qu’on est obligé d’interrompre l’opération. Pour reconnaître la présence du plomb, on traite l’antimoine métal pulvérisé par de 1 acide nitrique en excès ; on fait bouillir fortement, et l’on ne cesse que lorsque les vapeurs qui sortent sont parfaitement blanches et ne contiennent plus de gaz nitreux. A cette époque, tout l’antimoine converti en dcutoxide (acide an timomeux), est entièrement insoluble , tandis que le plomb reste combiné
avec 1 acide nitrique. Ou étend d’eau, et l’on ajoute dans la solution filtrée de l’acide sulfurique ou un sulfate quelconque ; on voit immédiatement se déposer une poudre blanche, qui est du sulfate de plomb, dont la composition, bien connue, fournit la proportion de plomb contenue dans l’alliage. 11 faut donc réunir ce sulfate sur un filtre, le laver, le sécher, puis enfin en prendre le poids exact pour en conclure le résultat cherché. ( Dictionnaire technologique , t. I, art. Antimoine. )
Pour purifier l’antimoine du commerce, il faut le réduire en poudre, et le mettre en digestion dans de l’acide liydrochlorique liquide, qui attaque les suliures d’antimoine, de fer, etc., ou mieux, le laire fuser dans un creuset incandescent, à diverses reprises, avec une petite proportion de nitre. M. Robiquet , qui conseille d’employer ce dernier procédé , a constamment vu que l’antimoine ainsi traité finissait par perdre sa texture lamelleuse pour en prendre une à grains serrés , comme celle de l’acier ou de certains fers. Toutefois, si l’on voulait avoir de l’antimoine dans lequel on ne put soupçonner aucune substance étrangère, il vaudrait mieux encore l’extraire du protoxide d’antimoine en le réduisant par l’hydrogène, suivant la méthode de M. Thénard.
On évalue tout au plus à huit ou dix mille quintaux la quantité de sulfure ou de métal livré annuellement au commeice de i Europe. La France en produit environ trois à quatre mille.
Ve FAMILLE. TITANE.
1 Les minerais de cette lamille chauffés avec le borax , au chalumeau, colorent le verre diversement, suivant que 1 on agit avec telle ou telle partie de ha flamme. Ainsi, au feu d oxidation, ils donnent un verre bleu, opaque après le refroidissement, et au feu de réduction ils en donnent un qui est jaune, améthiste ou bleu, suivant la quantité de titane Tome I . , •>
ÉLÉMENS
qui se trouve clans le minerai. Mais il y a une observation importante à faire sur cette manière de reconnaître le titane ; c’est que comme ses minerais renferment toujours de l’oxide de fer, celui-ci masque les couleurs que le titane fait prendre au borax , et l’on obtient une boule d’essai qui a une teinte rouge sanguin. Il faut alors faire usage de l’étain, qui détruit l’effet du fer en le désoxidant. A cet effet, l’on touche avec l’extrémité d’un fil d’étain le globule fondu, auquel on fait supporter un nouveau coup de feu , après y avoir ainsi introduit un peu d’étain. La boule d'essai offre alors la couleur propre à l’oxide de titane.
Ces minerais se reconnaissent encore en ce qu’ils ne forment pas de sels solubles par la calcination avec les sous-carbonates alcalins, mais un résidu que l’acide hydroclilorique ne dissout qu’avec difficulté; et en ce que la solution qui en résulte devient violette par l’action d’une lame de zinc, et précipite par l’hydrocyanate de potasse en vert gazon lorsqu’il y a du fer, ou en rouge-brun lorsque l’oxide de titane est pur.
Cette famille ne contient que deux espèces.
Ire ESPÈCE. TITANE RI THIEE.
{Titane oxidé , Schorl ronge, tilanite de K invan , s âgé ni te de Saussure, crispite , gallizinite. )
1 73. Caractères physiques . Ce minéral se présente avec une couleur d’un rouge de sang foncé, passant au rouge hyacinthe clair et au rouge brunâtre; il est éclatant; sa structure est laminaire, sa cassure transversale et raboteuse; il raie le verre, et quelquefois même le quarz ; souvent ses cristaux étincellent sous le choc du briquet; il acquiert l’électricité résineuse à l’aide du frottement. Généralement il est opaque, mais ses cristaux aciculaircs et ses fragmens minces sont parfois translucides.
Sa pesanteur spécifique est de
C aractères chimiques. Il est infusiiile sans addition , mais se dissout dans le borax en produisant beaucoup de bulles.
( J', les autres caractères ci-dessus.)
Composition. Formé de i atome de titane et de 4 atomes
d’oxigène = Ti. 11 est presque toujours mélangé d’oxide de fer, de manganèse, de chaux et même de silice, en quantités variables, suivant M. Vauquelin.
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un prisme droit à bases carrées. Ses variétés de forme sont peu nombreuses; ce sont généralement des prismes octogones à sommets tétraèdres, etc. , mais elles sont remarquables en ce qu’elles ont une tendance générale à se grouper. T es cristaux prismatiques s’accolent deux à deux par un plan de jonction oblique à leur axe. La réunion des deux cristaux se fait de manière qu’ils paraissent engagés l’un dans l’autre par leurs sommets, et que leurs axes font entre eux un angle obtus de 1 14° 18', de sorte qu’il en résulte un coude « ; de là les variétés appelées par Ilaiiy titane géniculé et titane bigéniculê. Ses cristaux sont presque toujours striés sur leur longueur.
Le titane rutliile, suivant certains auteurs, présenterait une autre espèce de forme primitive qui serait un prisme rhomboidal, et c’est à celle-ci que l’on rapporterait les lames hexagonales aiguës, diversement modifiées qui se rencontrent dans quelques lieux.
Les variétés de structure sont les suivantes :
V liane rutliile laminaire .
apiculaire. Ce sont des aiguilles dont la longueur excède souvent plusieurs centimètres. Elles sont presque toujours engagées dans du quarz hyalin.
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Titane nithile réticulé ( sagénite de Saussure). Ici les
aiguilles s’entrelacent de diverses manières , et imitent assez bien un réseau ou filet (en latin sagena). Saussure le regardait comme une espèce particulière.
pulvérulent à la surface de la cliaux carbonatée.
1 né\. Caractères d'élimination. Le titane rutliile se distingue du sph'ene ou silicio-litaniale de chaux , en ce cpie celui-ci ne raie pas le verre, et que sa division mécanique conduit à un octaèdre rliombo'idal, tandis que celle du premier, beaucoup plus nette , donne un prisme rectangulaire qui se sous-divise sur les diagonales de ses bases. Il se distingue encore de Y étain oxidé brun , en ce que ce dernier a une densité plus grande dans le rapport de 3 à 2, et que son tissu est moins lamelleux.
Gisement. ( T. plus bas.)
2e ESPÈCE. TITANE ANATASE.
( Titane oxidé, titane oxidulê Brongn., oclaêdrite de Saussure, oisanile, schorl bleu.)
l-j5. Caractères physiques. La couleur de cette espèce varie depuis le bleu d’indigo jusqu’au brun rougeâtre et jaunâtre; mais le plus habituellement elle est d’un gris d’acier joint à un éclat demi-métallique. Elle est opaque et seulement translucide dans certaines parties, ou lorsqu’on la place entre l’œil et une vive lumière. Elle donne une poussière blanchâtre, raie le verre, se rompt aisément, offre une structure laminaire, et s’électrise résineusement par le frottement.
Sa pesanteur spécifique est de 3,8.
Caractères chimiques. Elle est infusible sans addition, et présente les autres propriétés chimiques de l’espèce précédente.
Composition. C’est un oxide de titane très pur, suivant M. Vauquelin , mais l’on ignore quel est son degré d’oxidation.
Caractères cristallographiques . L’anatase se trouve toujours sous forme de petits cristaux, qui sont des octaèdres plus ou moins modifiés sur les arêtes ou sur les angles, que l’on rapporte à un octaèdre aigu à base carrée , dont l’inclinaison des deux pyramides est de i36° 47 • O'1 peut, à l’aide d’une modification sur les angles , faire dériver cet octaèdre du prisme droit à hases carrées, qui est la forme primitive que nous avons assignée au titane rutlnle. Les faces des cristaux présentent ordinairement des stries transversales.
176. Caractères d’élimination. L’anatase peut être facilement confondu à la première vue avec le zinc sulfuré en petits cristaux ayant l’aspect métallique ; mais celui-ci ne raie pas le verre, et dégage une odeur sulfureuse par l’acide sulfurique. La structure et la forme sont d’ailleurs très différentes de part et d’autre.
177. Gisement général des oxides de titane. Les deux minerais de titane que nous venons de décrire appartiennent aux terrains les plus anciens, quoique d’ailleurs on les trouve dans toutes les époques de formation. Ainsi on les rencontre dans les granités les plus anciens, danslegneis, où le titane rutliile surtout est très abondant; dans le granité graphique, le granité alpin, où l’anatase existe principalement; dans des micaschistes supérieurs à celui-ci, et enfin dans les terrains de transition.
Le rutlnle est presque toujours disséminé dans ces divers terrains sous forme de cristaux, ayant généralement le quarz pour gangue, et pour association le fer oligiste et le fer spa-
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thique. Quelquefois il est en nids ou en veines plus ou moins puissantes. Les cristaux groupes se trouvent dans une multitude de pays différens ; à Gourdon (Saône-et-Loire l , Saint-’'i riex (Haute-Vienne), au Simplon, au Saint-Gothard , aux monts Carpaths (Hongrie) , à Arendal (Norwége), dans la Nouvelle-Castille (Espagne), à Nevv-Yorck (États-Unis), à Madagascar, au Brésil, etc. etc.
L’anatase, bien plus rare que le ruthile, existe dans des veines remplies de felspatli, de quarz et de chlorite; il est surtout abondant dans les montagnes du bourg d’Oisans (Isère). On le cite aussi près de Moutier (en Tarentaise) , dans la vallée de Chamouny, à Barrèges (Pyrénées), au Saint- Gothard, en Espagne, dans les montagnes de la Vieille-Castille, etc.
178. Annotations. L’anatase et le ruthile sont-ils deux espèces différentes? La chose est encore indécise. M. Haiiy a trouvé que la forme primitive de ces deux oxides de titane est entièrement différente ; d’autres cristallographes pensent que l’on peut ramener leurs formes cristallines à un même type primitif. M. Vauquelin a reconnu que l’anatasc ne contient rien autre chose que de l’oxide de titane. Jusqu’ici l’on ne voit pas quelle différence on peut établir entre ces deux espèces. Les expériences au chalumeau prouvent, selon M. Berzélius, que le titane a deux degrés d’oxidation , dont l’un, dans la flamme extérieure, donne un verre jaune avec le borax, et l’autre , dans la flamme intérieure, donne un verre d’un pourpre bleuâtre très pur. On peut donc conjecturer que l’anatase est ce dernier degré inférieur d’oxidation , puisqu’on le voit quelquefois translucide et d’un beau bleu. D’un autre côté , MM. Vauquelin et Berzélius ont trouvé que le nubile contient toujours de l’oxide de fer et de l’oxide de manganèse. On pourrait donc encore supposer que l’anatase est 1 oxide pur, et le ruthile un sur-titaniate de 1er et de manganèse. Ges deux
hypothèses, que l’on peut également admettre pour le moment, exigent que de nouvelles recherches viennent éclairer ce sujet et faire prévaloir l’une d’elles ou les infirmer toutes deux.
Extraction du titane.
ing. Le titane est sans usage dans les arts. On ne l’obtient que dans les laboratoires, pour servir aux expériences. Comme ses oxides naturels sont rarement purs , on est obligé de préparer ad hoc un oxide de titane , à l’aide du procédé suivant, indiqué par M. Laugier. On pulvérise l’un ou l’autre de ses oxides naturels, et on le chauffe fortement dans un creuset de platine avec une partie de potasse caustique ; celle-ci s’unit à l’oxide de titane , détruit sa cohésion et le rend attaquable par les acides : on lessive la masse calcinée afin d’enlever l’excès d’alcali, et on dissout le résidu ( titaniate de potasse) , à l’aide de la chaleur, dans de l’acide hydrochlorique liquide; on verse alors dans la solution acide de l’acide oxalique qui détermine la formation d’un précipité blanc floconneux d’oxalate de titane retenant de l’acide hydrochlorique: on lave bien ce précipité, et enfin on le calcine. Cette dernière opération vaporise l’acide hydrochlorique , décompose l’acide oxalique, et laisse pour résidu de l’oxide de titane blanc et entièrement pur. C’est de cet oxide bien desséché qu’on extrait le titane métallique à l’aide du procédé que nous avons déjà indiqué à l’occasion du chrome 045). On ne l’a encore obtenu que sous forme de pellicules blanches.
VIe FAMILLE. SILICIUM.
180. On n’est pas encore entièrement d’accord sur le nombre des espèces contenues dans cette famille. La plupart des minéralogistes n’en admettent qu’une : le silicium oxide' ou quarz,
dont la composition est Si , ou bien en poids 5o d’oxigène et 5o
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de silicium. M. Berzélius, en admet deux : le silicium oxide pur et le silicium oxide' impur; mais ces deux espèces passent si fréquemment de l’une à l’autre, qu’il est impossible de les établir sur ce principe. En effet, les différentes matières qui altèrent la pureté de l’oxide de silicium ne paraissent jamais y être à l’état de combinaison, mais à l’état de simple mélange, il ne paraît pas en être de même de l’eau que l’on rencontre dans plusieurs quarz. M. Berzélius la regarde comme simplement interposée; mais il paraîtrait, d’après de nouvelles recherches, qu’elle y existe à l’état de combinaison , et peut-être même qu’il existe plusieurs hydrates de silice. On peut regarder la formule Si2 -f- Aq comme la plus probable, mais non pas comme certaine à cause de la facilité avec laquelle la décomposition de cet hydrate a lieu. Nous formerons par conséquent dans la famille silicium deux espèces, le silicium oxide ouïe quarz, et le silicium oxide hydraté ou l’opale. Nous partagerons ensuite chacune de ces deux espèces en sous-espèces, et les sous-espèces en variétés.
1 8 1 . Caractères génériques. L’oxide de silicium pur ou hydraté offre pour caractères communs : une grande dureté qui lui permet de rayer le verre et d’étinceler sous le choc du briquet (*) ; une infusibilité complète, une pesanteur spécifique de 2 à 2,58; une réfraction double et la propriété d’acquérir l’électricité vitrée par le frottement.
Avant de commencer la description des minéraux nombreux qui composent cette famille, nous avons cru devoir offrir en un seul tableau une distribution méthodique des principales variétés qui la composent. 11 s’en faut de beaucoup que nous les ayons indiquées toutes; nous nous sommes contentés de faire
(*) Quelques variétés ne peuvent pas présenter ce caractère, quoiqu clics le possèdent icellemcnt, ce qui tient h leur état de cohésion. Ainsi le sable, quoique très dur, ne peut pas donner d’ctinccilcs par le briquet
Elit, ■ •is de Minéralogie , tome I, page sot.