ire sous-espèce. Quarz hyalin
Caractères physiques . Substance incolore ou très diverset mien t colorée , à cassure ondulée vitreuse, éclatante, offrant 1,111 éclat vitreux, un peu gras, non résineux. Cristaux faciles i a casser , ne rayant pas le grenat ni le corindon, mais rayant l la majeure partie des substances pierreuses. Réfraction double, 1 que l’on peut observer en regardant à travers une des faces 1 de la pyramide et la face du prisme qui lui est opposée. Souvent phosphorescente dans l’obscurité, et répandant une odeur par- ! ticulière quand on frotte deux morceaux l’un contre l’autre.
Pesanteur spécifique, 2,58.
Caractères cristallographiques . La forme primitive est un -homboèdre obtus dont les angles sont de g4°i5’ et 85° 45’.
• Le clivage est très difficile , et l’on ne peut même l ob—
; venir qu’avec les cristaux noirs des montagnes de la Tos- I :ane> encore faut-il les faire rougir, et les plonger dans l’eau j roide. On peut rapporter ses formes dominantes à deux 1 principales , qui sont le prisme hexaèdre régulier, terminé par | un pointement à six faces placées à l’extrémité de chaque face
• du prisme, et la double pyramide hexaèdre, qui est la même 1 orme dont les faces du prisme ont entièrement disparu, et 1 >nt permis aux deux pointemens de se joindre. On observe 1 différentes modifications sur ces cristaux ; il y a quelquefois j Elargissement de trois des faces du pointement aux dépens des
1 rois autres qui restent très petites, et il arrive que ces faces Joiment l’angle du rhomboèdre primitif. Parmi d’autres mo-
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difications, on observe une troncature sut toutes les arêtes qui joignent le pointeinent au prisme. Les faces du prisme sont striées; on observe aussi des troncatures sur les angles solides entre le pointement et les faces du prisme. Ces troncatures sont ordinairement au nombre de trois. Il existe quelquefois sur les angles une troncature en trapèze, qui présente plusieurs facettes successives dont les lignes sont parallèles. M. Haüy a nommé ces cristaux plagiedres. On trouve aussi le rliomboèdre primitif dans la nature. Les cristaux sont souvent réunis en druzes plus ou moins serrées, tantôt accolés , tantôt entrecroisés ; ils sont implantés ou empâtés , et dans ce dernier cas ils sont souvent pyramidés ; on les trouve quelquefois empâtés de cette manière dans des gypses. La cassure des cristaux est conchoide un peu ondulée. Il arrive quelquefois que ces ondulations sont très régulières et symétriques , et l’on donne à la variété qui les offre le nom de quarz guilloché. La cassure est rarement lamelleuse , toujours très éclatante. Les faces des cristaux offrent aussi beaucoup d’éclat, excepté les petites faces trapéziennes des variétés plagièdres.
Les cristaux sont incolores, demi-diaphanes ou translucides.
Quelques cristaux de quarz présentent des cavités (quarz aéro-hydre) contenant de l’eau et un fluide élastique qui peut changer de position lorsqu’on change celle de la pierre. Ce gaz est tantôt de l’azote, tantôt de l’oxigène très raréfiés; l’eau est quelquefois remplacée par du naphte, et le fluide élastique est alors de l’azote très condensé ; enfin , il arrive que l’eau et le naphte se trouvent ensemble dans la même cavité (i).
Tl arrive assez souvent que le quarz prend la place d’autres (*)
(*) Le quarz n’est pus la seule substance qui contienne des bulles remplies de liquide et de fluide élastique, on a observé le même phénomène dans des topazes, des cymophancs, et même dans le gypse des environs de Paris.
substances minérales, et forme alors des pseudomorplioses parmi lesquelles on distingue : l’octaèdre régulier de la chaux lluaté , la forme prismatique de la cliaux carbonatée, le cube de quelques minéraux, et la forme lenticulaire de la chaux sulfatée. Cette dernière pseudomorpliose se trouve dans les couches de marne des collines de Passy , près Paris. Ce sont des groupes formés de cristaux lenticulaires qui ont quelquefois plusieurs pouces de diamètre , sur trois à quatre lignes d’épaisseur à leur centre , et qui sont tout-à-fait semblables , pour la forme et le gisement, aux groupes de gypse lenticulaire de Montmartre. Ce qu’il y a de remarquable, c’est que ces cristaux, quoique très bien terminés de toute part, n’ont cependant que la croûte extérieure ; leur intérieur est vide ou souvent tapissé, tantôt de mamelons siliceux, tantôt de petits cristaux de quarz. Enfin , les pseudomorplioses offrent quelquefois des boules , des rosaces dues à l’agrégation de plusieurs petits cristaux, des géodes, etc. , etc.
Considéré relativement à sa structure, le quarz peut être
laminaire ; lamellaire ; vitreux ;
fibreux, tantôt les prismes sont agrégés parallèlement, tantôt au contraire ils vont en divergeant, et forment alors des masses radiées; granulaire à gros ou à petits grains ; massif;
haché , formé probablement dans des fissures de quelque matière terreuse desséchée ; carié,. rempli de cavités nombreuses.
Les couleurs sont extrêmement variées; parmi celles qui sont dues à des mélanges mécaniques, on distingue :
Le quarz chloriteux, mélangé de mica verdâtre;
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Le quarz argentin, mélangé de mica blanc jaunâtre ou nacré ;
Le quarz amphiboleux (prase), mélangé de parties vertes, qui paraissent être de l’amphibole ou de l’épidote;
Le quarz ferrugineux rouge , mêlé de lamelles de peroxide de fer dans la proportion de vingt-un pour cent;
Le quarz ferrugineux jaunâtre (topaze d>u Brésil), mélangé de fer oxidé hydraté;
Le quarz hémaloide , mélangé d’argile rougeâtre. Quand il est en masses, il prend le nom de sinople, et celui de hyacmte de Composlelle quand il est en cristaux.
Pa rmi les couleurs qui sont dues à des combinaisons chimiques, on distingue :
Le quarz incolore (cristal de roche) , facile à distinguer du cristal ordinaire par sa dureté, et parce que les bulles d’air qui s’y trouvent sont disposées sur un même plan ou sur plusieurs plans parallèles, tandis que dans le cristal artificiel elles sont éparses sans aucun ordre. On le trouve quelquefois en cristaux arrondis par les eaux, cpie l’on connaît sous les noms de cailloux du Rhin, de Cayenne, du Brésil, de Médoc , etc.;
Le quarz rose (rubis de Bohême), dont la couleur, due à l’oxide de manganèse, s’altère par le contact de l’air ;
Le quarz rouge (rubace) , dont la couleur est due aussi â l’oxide de manganèse, et que l’on imite dans les arts en plongeant dans une liqueur colorée des morceaux de matière vitreuse chauffée jusqu’au rouge;
Le quarz améthyste , qui doit encore sa couleur à l’oxide de manganèse; il se trouve en cristaux ou en masses formées par la réunion d’un grand nombre de cristaux allongés. Souvent il tapisse l’intérieur des géodes d’agates ; il est rare que sa couleur soit uniformément répandue dans tout le cristal, elle est toujours plus foncée à l’extrémité du poinlement des prismes
Le quarz bleu , qui se trouve en Espagne sous forme de dodécaèdre ;
Le quarz brun ou enfumé (topaze de Bohême, diamant d’Alençon , topaze occidentale) ;
Le quarz jaune (topaze d’Inde) : on en trouve quelquefois de petites masses roulées qui ressemblent aux topazes du Brésil ;
Le quarz noir, dont le clivage peut quelquefois s’opérer;
"Le quarz laiteux, d’un blanc mat ; cassure vitreuse , transparence assez complète. On peut aussi parvenir au clivage avec cette variété ; mais , comme la précédente , il faut la faire rougir et la plonger dans l’eau.
Le quarz présente aussi des variétés dues au jeu de la lumière. On y remarque :
Le quarz gras , blanchâtre, opaque ou translucide, ayant l’apparence d’une substance onctueuse. C’est ordinairement une gangue des mines d’or du Pérou.
Le quarz irisé, par décomposition de la lumière dans ses fissures.
Le quarz avenluriné ( aventurine naturelle) , couleur brune ou grise ; scintillation produite, soit par décomposition de la lumière entre les grains dont la masse est composée , soit par suite d’un mélange de paillettes de mica. Se trouve aux environs de Nantes ; en Sibérie, en Perse.
Le quarz chatoyant (œil de chat) , couleur brune ou grise ou gris-verdâtre. Les reflets qu’il présente sont dus à la disposition particulière des parties ou bien à la présence de quelques corps étrangers , souvent à de l’asbeste à fibres parallèles, mais contournées.
Enfin, le quarz hyalin présente une variété nommée quarz fétide , parce que la percussion ou même le frottement y développe une odeur alliacée ou analogue à celle de l’hydrogène sulfuré. Cette odeur se perd par l’exposition à l’air ou au feu.
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Se trouve dans le département de la Mayenne et aux États- Unis d’Amérique.
1 83 . Caractères d’élimination. Le quarz hyalin incolore et taillé peut être confondu avec le diamant , le corindon hyalin, et la topaze incolore. Le diamant en diffère par sa dureté , par son éclat adamantin , sa réfraction simple et sa plus grande pesanteur spécifique. Le corindon incolore ou saphir blanc en diffère aussi par sa plus grande dureté, son éclat plus vif, sa pesanteur spécifique plus grande, et par la propriété qu’il a de conserver pendant plusieurs heures l’électricité acquise par le frottement. La topaze incolore, dite goutte d’eau, en diffère par les mêmes caractères, qui servent aussi à distinguer la topaze jaune du Brésil , de la variété jaune du quarz hyalin , et le corindon violet du quarz améthyste.
i8q. Gisement. Le quarz hyalin diffère assez des autres sous-espèces, par son gisement. Jamais il ne forme de terrains, quoiqu’il existe en masses considérables, sous forme de couches , d’amas , de cristaux , dans toutes les formation de quelqu’àge qu’elles soient , bien que cependant il soit plus abondant dans les terrains primitifs. C’est surtout dans ces derniers qu’on le trouve en filons , soit seul , soit associé à d’autres substances, les unes terreuses, acidifères, les autres métalliques , et auxquelles il sert de gangue. Ces filons en se dilatant laissent des cavités plus ou moins considérables, dont les parois sont revêtues ou hérissées de cristaux transparens de quarz prisme', qui ont quelquefois jusqu’à trois décimètres ou environ un pied de diamètre. O11 nomme ces cavités poches ou fours à cristaux. (Montagnes de la Tarentaise, Alpes du Dauphiné et montagnes de Madagascar. )
A l’état de cristallisation régulière, et plus ordinairement en grains informes de différentes grosseurs, il est une des parties intégrantes de beaucoup d’espèces de roches granitiques. En grains cristallises , il entre dans la pâte de plusieurs roches
DE MINERALOGIE.
porphiriques ; il lorme la base ou la matière prédominante d’un grand nombre de roches micacées.
Dans certains lieux , des liions quarzeux de plusieurs mètres de puissance , mis à découvert et devenus saillans par la dégradation des roches dans lesquelles ils étaient engagés, ont pu latre naître l’opinion qu’il existait des montagnes entièrement composées de quarz. •
On trouve assez fréquemment du quarz informe en veines et en filons; ainsi que des cristaux limpides etréguliers delà même substance , dans les couches de pierres argilo-ferrugineuses et argilo-calcaires des terrains secondaires. Plusieurs carrières d’ardoises, beaucoup de géodes argilo-calcaires, en particulier celles de MeiUant , près Grenoble, les collines d’argile adossées aux Apennins , et celles de la Sicile , certaines masses gypseuses , les cavités des couches de marne et de craie qui forment les collines situées le long de la Seine , servent également d habitation à des cristaux quarzeux, les uns prismes les autres simplement dodécaèdres, groupés ou solitaires.
L’infiltration dépose continuellement dans les cavités des laves et dans les amas de divers produits volcaniques , des molécules quarzeuses qui se réunissent ensuite, conformément aux lois de 1 affinité, (llauy, d’après Dolomieu).
1 85. Usages. Les diverses variétés du quarz hyalin sont taillées en bijoux, en vases, etc. On emploie aussi la variété incolore pour se procurer la silice dans les laboratoires; on peut la remplacer par du grès blanc. Dans l’un et l’autre cas , on prend une partie de grès ou de quarz hyalin en poudre fine , on la mélange avec deux parties d’hydrate de potasse , et on chauffe le tout dans un creuset de terre ou de platine, à une température rouge, pendant une heure ; la niasse se boursoufïle beaucoup , laisse dégager l’eau contenue dans la potasse, et finit par entrer en fusion ; on coule la matière, on la concasse quand elle est refroidie, et on la fait bouillir dans
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une capsule avec trois fois son poids d’eau; on filtre la liqueur et on y verse peu à peu de l’acide liydro-chlorique ou de l’acide nitrique. Il se forme un sel à base de potasse , et la silice se précipite sous forme d’hydrate gélatineux; on décante la liqueur , on lave le précipité à plusieurs eaux , on le fait sécher, puis on le calcine jusqu’au rouge. Si l’on dissolvait la potasse silicate'e qui se forme dans cette opération , dans une trop grande quantité d’eau , il ne se formerait pas de précipité par l’addition d’un acide , et il faudrait alors faire évaporer la liqueur pour augmenter la cohésion de la silice.
Enfin, le quarz hyalin est quelquefois employé dans quelques opérations métallurgiques , pour séparer le fer de certains minerais, mais on emploie plus fréquemment, pour cet objet , les sables et autres espèces de quarz plus répandues.
j 86. 2e sous-espèce. Quarz agate.
Caractères essentiels. Il est aussi dur que le précédent , translucide , d’une texture légèrement cireuse , à cassure écailleuse. Sa composition est assez variable. Quelquefois il est formé de q8 à 99 pour cent de silice ; d’autres fois il renferme i5 à 16 pour cent d’argile et 3 à 4 6e fer. La pâte dont il est formé est fine. Il a des couleurs vives et prend un poli très brillant, ce qui le distingue des silex ; il ne contient pas d’eau, ce qui le différencie du quarz résinite.
Les agates présentent presque toutes les couleurs , excepté le bleu et le rouge. Tantôt ces couleurs sont pures et non mélangées , tantôt au contraire elles sont mêlées , sans être pour cela bien fondues.
Parmi les couleurs uniformes , on distingue :
Quarz agate cornaline , rouge-orangé, translucide, homogène, perdant sa couleur et une partie de sa transparence au chalumeau. Les plus belles viennent du Japon ; on les emploie comme objet d’ornement.
Quai'z agate sardoine. D’une couleur orangée , susceptible île passer tantôt au brun noirâtre , tantôt au jaune pâle , tantôt au rougeâtre. Les sardoines viennent de la Chine. On en trouve quelques-unes dans le département de l’Indre.
Quarz agate héliotrope (jaspe sanguin). Vert foncé, ponctué de rouge. Se distingue du jaspe par sa translucidité.
Quarz agate prase ou chrysoprase. D’un vert pomme qui passe quelquefois au vert foncé ; coloration due à l’oxide de nickel. Se trouve en nodules ou en veines dans la serpentine en Haute-Silésie.
Quarz agate plasma. D’un vert d’herbe, ordinairement entremêlé de blanc, de blanc verdâtre et de jaune brunâtre distribués par taches ; a une cassure un peu résineuse ; se trouve en concrétions mamelonnées recouvertes de silice, en Moravie , dans des serpentines en Hongrie.
Quarz agate calcédoine. Transparence nébuleuse; renferme tous les quarz agates qui ont une teinte de laiteux, quelle que soit au reste leur couleur. Cassure terne ou très légèrement luisante, souvent écailleuse.
AI. Haüy pense qu’elle cristallise en rhomboèdres qui offrent les mêmes angles que le rhomboèdre du quarz hyalin. AI. Brongniart ne partage pas son opinion, et croit qu’on ne la trouve jamais qu’en masses.
Elle présente quelques sous-variétés , tant sous le rapport de la nuance de couleur que sous celui delà texture. Parmi les agates dont les couleurs sont mélangées, on distingue:
Quarz agate onyx. Couleurs disposées par bandes successives, dont les bords sont nettement tranchés.
Quarz agate œillé . Couleurs à bandes circulaires, au milieu desquelles se trouve un point isolé et d’une couleur tranchée, de sorte que la pierre ressemble à un œil.
Quarz agate ponctué ou tacheté. Couleurs disposées sous forme de petits points isolés et non limités.