e sous-espèce. Quarz terreux
Caractères essentiels. Cette sous-espèce renferme les quarz poreux ou pulvérulens, entièrement ternes, légers, et ne contenant que 2 pour cent de matière étrangère , qui est du carbonate de chaux ; on en distingue deux variétés.
Quarz terreux nectique. 11 est remarquable par sa porosité, qui lui permet de surnager l’eau ; il offre un aspect terreux , de la friabilité, de la rudesse au toucher; il ressemble à de la pierre ponce; sa pesanteur spécifique est de 0,8 à 0,9$ Il ne surnage pas pendant long-temps, à cause de l’imbibition. On le trouve toujours en masses irrégulières plus ou moins arrondies, blanches ou grisâtres, opaques, à cassure inégale; ces masses enveloppent quelquefois des silex d’une apparence cornée.
On ne le trouve que dans les terrains modernes. On en
rencontre à Saint-Ouen , près Paris, dans des bancs de craie, et sur les bords mêmes d-c la Seine.
Quarz terreux pulvérulent. On trouve dans le département de la Nièvre de la silice presque pure, au milieu d’une couche de silex.
J99- 8e sous-espèce. Quarz grenu (grès).
Caractères essentiels. Cette sous-espèce renferme les quarz en petits grains cristallins, libres ou réunis, soit par l’entrelacement des petits cristaux dont ils sont formés , soit par un ciment de nature siliceuse ou calcaire.
Ces derniers , c’est-à-dire ceux dont les grains sont réunis Par un ciment , ne devraient pas en quelque sorte faire partie des espèces minérales, mais plutôt être considérés comme des roches hétérogènes ; cependant , lorsqu’ils ne contiennent pas d’autres matières que ce ciment, ©n les conserve comme ■variétés de cette sous-espèce, tandis qu’on rejette parmi les roches hétérogènes ceux qui , comme le grès houiller, le grès rouge, etc. , contiennent une assez grande quantité de matières étrangères.
Les principales variétés sont :
Quarz grenu arénace (sable). Ce sont de petits cristaux de quai z isoles, plus ou moins fins, et diversement colorés, qui constituent ce que l’on nomme vulgairement sable. Le plus pur est entièrement blanc; il est plus souvent jaune , quelquefois rougeâtre, verdâtre, etc.
Quai ~ grenu commun. C’est le grès, ordinaire : ses grains ne sont pas réunis par un ciment ; son tissu est peu serré , sa cassuie dioite. Il est friable, opaque en masse, translucide sur les boids ou dans ses parties minces ; scs couleurs sont variées, mais il est ordinairement blanc : tels sont les grès de Fontainebleau, de Meudon, de Palaizeau , de la forêt de Marly, etc.
Quarz grenu lustre. Ses grains sont réunis par un ciment
ÉLÉMENS
de calcédoine; il olïïe un tissu serré, une cassure luisante et conique. On le trouve aux environs de Paris, à Montmorency
Çuarz grenu jlexible. Ce grès est remarquable par sa flexibilité ; il est tantôt pur, tantôt mêlé de talc et de mica. Il paraîtrait , d’après Klaprotli , qu’il contient un peu d’alumine.
Il existe encore beaucoup d’autres grès ; il en est qui sont mous en sortant de la carrière, et qui durcissent à l’air; on leur a donné le nom de mollasses. Il en est d’autres d’une structure pseudo-régulière , qui se divisent en fragmens aplatis , assez réguliers ; ils contiennent souvent du mica, qui lem donne une structure schisteuse.
200. Gisement. On commence à trouver le quarz grenu arénacé dans les terrains de transition, et l’on continue à le rencontrer jusque dans les alluvions les plus modernes. A l’état de sable, on le trouve fréquemment dans les terrains de transport. Il couvre en Afrique des plaines immenses , et s’y amoncelle en collines qui changent j ournellement de place par l’action des vents. Les eaux qui descendent des montagnes charrient dans les vallées une grande quantité de ce quarz , provenant de la destruction des roches. Le grès rouge, le grès liouiller, forment des couches étendues à la base des terrains secondaires , tandis que le quarz grenu commun se trouve dans les terrains plus modernes ; il y existe en couches ou en masses isolées , et forme quelquefois des portions de terrain considérables.
Les grès contiennent .quelques minéraux disséminés, tels que des sulfures de fer, de mercure , de cobalt, de cuivre , de plomb , des grenats ; ils renferment aussi des corps organisés, surtout des empreintes de feuilles, de roseaux, des coquilles marines ou fluviatiles , assez souvent transformées en craie blanche, etc.
Le quarz grenu flexible forme des bancs assez étendus, mais peu épais; il est quelquefois en liions qui contiennent de I or,
et l'on trouve au milieu de ses masses de l’argile litliomarge qui renferme des topazes. Il existe au Brésil , à Yilla-Rica.
201. L sages. Le quarz grenu est celui dont les usages sont le plus multipliés. On emploie les grès pour faire des meules , des pierres à éguiser , pour paver les rues et les grands chemins. Un assez grand nombre de variétés sont employées aussi comme pierres à bâtir : telles sont les grès rouges, les grès houillers, les mollasses , etc. Ceux qui ont une structure pseudo-régulière , fournissent des dales qui servent à paver et à couvrir les maisons. Certaines espèces poreuses sont employées à filtrer l’eau : leur tissu n’est pas assez serré pour être imperméable à ce liquide, mais il l’est assez pour empêcher les matières étrangères de passer avec lui. Le quarz grenu arénacé, ou sable , est employé en agriculture comme amendement pour des terres humides et trop argileuses ; les fondeurs s’en servent pour mouler leurs objets, mais il faut pour cela qu’il contienne un peu d’argile pour lui donner de. la souplesse et lui faire conserver les formes qu’on lui donne. On l’emploie comme fondant, sous le nom d ’erbue, dans le traitement de certaines mines de fer; on l’ajoute quelquefois à la pyrite de cuivre , pour en séparer le fer, qui vient avec le quarz former des scories à la surface. Il entre comme partie constituante du verre avec la potasse, comme partie constituante du cristal avec l’oxide de plomb. Il est essentiel , pour obtenir des verres ou des cristaux limpides et blancs, de choisir du sable parfaitement pur ; si l’on n’en a pas à sa disposition , on peut quelquefois y suppléer par des cailloux siliceux que l’on fait rougir, et que l’on plonge aussitôt dans l’eau, afin de pouvoir les pulvériser. Si ces cailloux contenaient de l’oxide de fer, comme cela arrive presque toujours, on met la poudre •qu’ils produisent en contact avec de l’acide liydrochlorique très étendu d’eau, qui dissout cet oxide et rend le quarz aussi | pu r que le beau sable blanc. C’est par ce procédé que l’on se
ÊLÉMENS
procure toute la milice nécessaire pour la fabrication des cristaux de Baccarat, près Lunéville. En raison de la dureté de ses grains, le sable est souvent employé à polir des corps durs; il remplace souvent l’émeri pour polir diverses matières , pour la taille des cristaux , etc. Enfin , en donnant aux grains de sable un ciment calcaire, on les met dans le cas de pouvoir se réunir de manière à former des grès artificiels, de pouvoir en quelque sorte s’identifier avec les matériaux pierreux dont on se sert dans les constructions , et l’on forme les mortiers.
Appendice au silicium oxidê.