‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 43 sur 81 · TRIPOLI · texte numérisé non relu

TRIPOLI

202 .Caractères essentiels. On le trouve généralement en masses et en couches; sa cassure est terreuse, souvent schisteuse ; sa couleur est d’un blanc jaunâtre, grisâtre, souventrosée; se laisse entamer par l’ongle ; poussière très rude : quelques variétés happent à la langue, et répandent une odeur argileuse par l’insufflation; ne forme jamais pâte avec l eau ; infusible au chalumeau.

203. Gisement. Tantôt les tripolis se trouvent dans des terrains assez modernes , et paraissent être le résultat d’un depot fait par l’eau, de silice extrêmement divisée ; ils se rapprochent beaucoup alors du grès : tantôt, au contraire, on les trouve dans le voisinage de pseudo - volcans , dans des terrains qui ont été soumis à une certaine chaleur par la combustion de mines de houille. Ces tripolis, qui contiennent souvent 98 pour cent de silice , sont produits par des schistes argileux dont les molécules ont été durcies par l’action du feu, et qui probablement ont été dépouillées d’alumine par l’acide sulfurique des pyrites de fer qui ont été décomposées.

20 4. Usages. Les tripolis sont employés pour polir les glaces, nettoyer les métaux , etc.; mais on emploie pour cet usage plusieurs autres substances qui portent le même nom que celle que nous venons de décrire , mais qui en diflèient

par leur composition; telles sont la terre pourrie d’Angleterre, qui est le résultat de la décomposition de certaines roches amygdaloïdes , et plusieurs argiles ocreuscs.

205. Préparation. On fait quelquefois subir aux tripolis une préparation qui consiste simplement à les pulvériser et à les délayer dans l’eau, afin qu’ils puissent déposer le peu de matières sableuses qu’ils contiennent. On en prépare aussi artificiellement en calcinant des schistes argileux et des argiles schisteuses.

2e ESPÈCE. SILICIUM OXIDL HYDRATÉ.

{Opale.)

206. Substance blanchissant au feu, donnant de l’eau par la calcination.

Densité moindre que celle des quarz. Cassure luisante , offrant un aspect analogue à celui de la résine nouvellement cassée, parfaitement conclioïcle. Étincelle difficilement par le choc du briquet.

Contient de l’eau combinée, mais la combinaison est faible ; est quelquefois mélangée d’oxide de fer , d’amphibole , de chaux. Infusible au chalumeau, excepté une variété mélangée de chaux , en quantité quelquefois assez grande pour lui permettre de se vitrifier.

On peut partager les diverses variétés de l’opale en cinq sous-espèces, bien moins nombreuses en subdivisions que celles des quarz.

207. ire sous-espèce. Opale h r ali te. Substance offrant une texture vitrée et souvent une structure concrétionnée, limpide ou opaque et nacrée , présentant quelquefois des couches concentriques. La couleur ordinaire est le gris de pei’le. Ressemble assez au quarz hyalin. Se trouve dans les terrains d’origine volcanique. Les roches et les eaux qui sont voisines de son gisement renferment toujours de la soude.

ÉLÉMENS

208. 2e sous-espèce. Opale girasol. Aspect gélatineux , un peu laiteux, joint à un fond d’un blanc bleuâtre, d’où sortent des reflets rougeâtres et quelquefois d’un jaune d’or, lorsqu’on la tourne vers le soleil. Cassure très luisante. Se trouve dans les mêmes lieux que l’hydrophane (21 1).

209. 3e sous-espèce. Opale noble. Substance laiteuse, offrant assez souvent une teinte bleuâtre, et remarquable par les beaux reflets d’iris qui jaillissent de son intérieur et présentent les teintes les plus vives et les plus variées. On attribue ces reflets à un grand nombre de fissures dont la pierre serait parsemée , mais quelques physiciens pensent qu’ils sont dus à des vides qui existeraient dans son intérieur. On la trouve à Tscherwe— nitzka en Hongrie , où elle adhère à une roche qui paraît se rapporter au felspatli porpliyrique altéré. On la trouve aussi à Sinapan au Mexique.

210. 4e sous-espèce. Opale résinite ou commune. Substance offrant toutes les couleurs , quelquefois translucide , le plus souvent opaque, contenant toujours, outre l’eau, de l’alumine et du fer. Il existe une variété rose , qui paraît même être colorée par du fer, et non par du manganèse. Ses principales variétés sont :

Opale résinite cacholong . Substance d’un blanc mat, happant à la langue et plus ou moins terreuse; se distingue de la calcédoine par sa cassure, et du girasol, par l’absence des reflets. Au contact de l’air, elle subit une altération particulière: elle perd l’eau qu’elle contient, s’exfolie et devient semblable à de la craie. On la trouve à Champigny, sur les bords de la Seine, et dans l’île de Féroé , en Bucharie.

Opale résinite ménilile ( quarz résinite subluisant d’Haiiy , pcchstein de Menilmontant). Substance un peu translucide, ayant une cassure schisteuse, une couleur brune, d’une pesanteur spécifique de 2,18, contenant beaucoup d’eau et un peu de magnésie, si toutefois cette dernière substance n’appartient

pas plutôt à la roche qui l’accompagne. Se trouve en masses tuberculeuses engagées dans une argile schisto'ide qui happe fortement à la langue, souvent divisible en feuillets, et que l’on pourrait regarder, selon M. Beudant, comme une variété' terreuse et schisteuse d’opale ménilite, souillée par un peu d’argile.

Le ménilite offre une sous-variété brune que l’on trouve à Ménilmontant , à Pantin près Paris , et une autre grisâtre que l’on trouve à Villejuif.

Opale résinite xiloïde. C’est de l’opale résiuite qui a pris la place de troncs d’arbres. Tantôt elle a remplacé des troncs cl’arbres dicotylédons et présente des couches concentriques , tantôt elle s’est substituée à des troncs de palmiers, et offre une structure semblable à celle arbres monocotylédons.

21 1. 5e sous-espèce. Opale hydrophane. Substance ti’ès poreuse, opaque ou seulement translucide sur les bords, remarquable par la propriété qu’elle a de devenir transparente lorsqu’on la plonge dans l’eau, par l’effet de l’imbibition (i). Ses coiffeurs sont le blanc, le jaunâtre ou le rougeâtre. Elle happe fortement à la langue. L’hydrophane se trouve en veines dans des roches qui ont l’aspect argileux , à Châtelaudren en France, en Saxe et dans l’île de Féroé.

L’hydrophane paraît provenir d’un commencement d’altération de quelques opales. Quand cette altération est parvenue à son terme, on trouve une matière siliceuse pulvérulente et douce au toucher.

212. Gisement des opales. L’opale se trouve principalement en rognons, en petites veines ou sous forme de troncs d’arbres, dans les dépôts qui proviennent du remaniement des terrains traehytiques par les eaux, comme sur les bords du Rhin , en Hongrie , au Mexique ; ou bien en petits fdons dans (*)

(*) Voyez, pour l’explication de ce phénomène , le Traité de Minéralogie d’Haiiy, seconde édition , tome II , page 281.

ÉLÉMENS

«les serpentines et des diallages, comme près de Turin , à l’ilc d’Elbe. Ou la trouve encore en rognons dans les terrains tertiaires , tels que dans l’argile de Ménilmontant , ou dans des filons métallifères, comme l’iiydropliane à Chàtelaudren en Bretagne. (Beudant.)

Usages . Plusieurs variétés d’opale sont employées comme objets d’ornement.

IIIe ORDRE. MÉTAUX ÉLECTRO-POSITIFS

Dont les oxides ont une glus grande tendance à jouer le rôle de base que celui d’acide.

I,e SOUS-DIVISION .

Métaux dont les oxides , soumis à V action d’une haute température, se réduisent, soit par eux-mêmes , soit par l’addition de charbon, et qui sont les radicaux des anciens oxides métalliques proprement dits.

Ve FAMILLE. IRIDIUM.

ESPÈCE UNIQUE. I RI DI LM OSMlÉ.

21 3. Ce minéral ne s’est encore trouvé que sous forme de grains ou paillettes , à l’état de mélange avec les grains de platine. Ces paillettes ressemblent assez à celles de ce dernier métal, pour qu’il soit à peine possible de les distinguer à la vue ; leur couleur est la même , elle est blanche ; mais leurs autres propriétés sont essentiellement différentes. Elles sont sensiblement plus dures et plus pesantes, non malléables, insolubles dans tous les acides, et donnent une odeur particulière approchant de celle du chlore, par la calcination dans un tube ouvert.

Leur pesanteur spécifique est de 19,5. Ces grains présentent des indices de cristallisation , et leur lonnc paraît

tendre, suivant M. Ilaiiy , vers celle du prisme hexaèdre régulier.

Composition. C’est un alliage , dans des proportions encore inconnues , d’osmium et d’iridium. Le signe chimique est jrq Os. La découverte en est due au docteur Wollaston, qui traita le sable platinifère en quantité considérable par l’acide bydrochloro-nitrique (eau régale). L’osmiure d’iridium , sur lequel cet acide est sans actiou, resta sans avoir été attaqué, mêlé avec les substances pierreuses contenues dans le minerai de platine.

IIe FAMILLE. PLATINE.

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