‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 46 sur 81 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

ÉLÉMENS

Sa couleur est le blanc d’e'tain un peu sombre, quelquefois avec une teinte jaunâtre, ce qui est dû à un peu de fer sulfuré ; sa cassure est lainelleuse, et quelquefois grenue; elle est tendre et aisément frangiblc; elle tache le papier en noir. Sa solution nitrique précipite en bleu par un ferro-cyanure , et en noir par la teinture de noix de galle.

Sa pesanteur spécifique est de 5,7 à 6.

Elle se présente en petites lames groupées confusément , ou en petites concrétions distinctes grenues , à petits grains; de là deux variétés , l’une lamellaire , que l’on appelle or blanc ; l’autre grenue, que l’on appelle à grains d’acier. Elle offre rarement des cristaux que l’on rapporte à l’octaèdre régulier.

Composition. Formée, d’après Klaproth, de 92, 55 de tellure, 7,20 de fer, et de 0,2.5 d’or. Il est impossible d’établir une formule d’après cette analyse ; car si l’on suppose , comme pour les variétés précédentes , que l’or et le fer soient à l’état de bi-tellure , on trouve un excédant considérable de tellure, dont on ne sait (pie faire. Il faut attendre de nouvelles analyses pour prononcer.

227. Gisement. L’or telluré se trouve toujours, comme substance accidentelle , dans les filons argentifères; il est tantôt implanté à la surface de quelques roches , tantôt disséminé : ces roches font surtout partie des terrains trachy tiques à base de porphyre et de felspath vitreux. Il est généralement rare dans la nature , et on 11e l’a encore signalé qu’en Transylvanie (Nagyag, Zalatua , Olfenbanya) , en Norwège et en Amérique. Ses associations sont très multipliées ; les plus constantes sont avec la blende, le bismuth, le cuivre gris, l’arsenic, le manganèse, le sélénium, le quarz , le calcaire spatliique et le calcaire magnésien.

On l’exploite comme mine d’or. La sous-espèce intitulée tellure blanc ne renferme pas toujours, à ce qu il parait , la

même quantité d’or, et quelquefois elle en est totalement dépourvue; aussi lui a-t-on donné, pour cette raison, le nom d ’aurum problematicum , paradoiicum. L’or graphique contient jusqu’à 3o pour cent d’or.

227 bis. Annotations. N’ayant pas cru devoir établir une famille pour le tellure, nous sommes forcés de parler ici de l’extraction de ce métal, extraction qui se fait très rarement dans les laboratoires. O11 emploie ordinairement pour cet objet la mine de tellure appelée tellure blanc , comme étant la plus commune: Elle est formée, comme nous l’avons déjà dit plus liant, de tellure, de fer et d’or. Après l’avoir séparée de la gangue autant qu’il est possible, et réduite en poudre fine, on la traite par 5 à 6 parties d’acide nitrique à une douce chaleur. La réaction s’opère avec violence; l’acide dissout tout le tellure et la plus grande partie du fer, et ne touche ni à l’or ni à la gangue siliceuse qui 11’a pu être séparée. On étend d’eau , on filtre la liqueur, et on y verse une solution concentrée de potasse caustique, qui détermine aussitôt la formation d’un précipité brun foncé composé de l’oxide de fer et de l’oxide de tellure; mais ce dernier, par un excès d’alcali, se dissout entièrement. On jette sur un filtre : l’oxide de fer reste dessus , et dans la liqueur limpide se trouve le iellurale cle potasse, qu’on décompose par l’acide hydrochlorique. Le tellure se dépose en flocons blancs à l'état de sous-liydrocldorate (sous-chlorure) ; on le lave avec de l’alcool faible , parce qu’il se dissoudrait dans l’eau ; et après l’avoir fait sécher à une douce chaleur, on le mêle avec une certaine quantité de poussier de charbon , et on chauffe le mélange dans une cornue de verre. La réduction s’opère au-dessous du rouge cerise; le métal se fond en culot; une petite partie seulement se sublime et s’attache à la voûte de la cornue. Il serait plus avantageux, au lieu de calciner ainsi l’oxide de tellure avec le charbon, de le dissoudre dans l’acide hydrochlorique, et de

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le précipiter par une lame de fer. On laverait les flocons noirs obtenus par ce moyen, et on fondrait le métal dans un creuset , à la manière ordinaire.

Ce procède' d’extraction peut s’appliquer aux autres mines de tellure , seulement il faut un peu le modifier pour celles qui contiennent du plomb, l’oxide de ce métal étant un peu soluble dans les alcalis. Il suffit, dans ce cas, de verser un excès d’acide sulfurique dans la dissolution alcaline où se trouve l’oxide de plomb et celui de tellure; il se forme du sulfate de plomb insoluble et du sulfate de tellure soluble. On précipite ensuite l’oxide de tellure de sa dissolution dans l’acide sulfurique, à l’aide d’une quantité suffisante d’alcali.

Le tellure , dont la découverte, due à Muller de Reichenstein , date de 1782, est sans usages. Ses mines étant rares, on ne s’en procure jamais que de très petites quantités, et comme objet de curiosité.

Traitement métallurgique des minerais d’or.

228. Les principaux minerais d’or exploités sont: i°. l’or en paillettes mêlées au sable des rivières; 20. l’or en roche, c’est-à-dire disséminé dans une gangue, sous forme de grains ou de pépites; 3°. les sulfures aurifères et les minerais de tellure.

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