‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 45 sur 81 · ÉLÉMENS · texte numérisé non relu

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que l’on est redevable de la manière de le travailler pour les besoins des arts.

216. Annotations. Le platine ne s’est encore présenté qu’en grains amorphes. M. Sowerby annonce qu’en examinant quelques échantillons de ce métal , il en aperçut plusieurs parcelles où la structure lamellaire était évidente et le sens du clivage distinct. L’une d’elles offrait de plus quatre faces formant l’angle solide d’un octaèdre. (Ann. de Chim. et de Phys ., tom. XY, p. m .) M. Vauquelin est parvenu à obtenir artificiellement de petits cristaux de platine , dont la forme, suivant Haüy, était celle du cube.

Traitement métallurgique du minerai de platine.

217. L’extraction du platine est assez difficile à cause de la composition même du minerai ; ce n’est qu’avec beaucoup de peine qu’on parvient à isoler les différons métaux qui y sont contenus, et surtout les quatre qui appartiennent exclusivement à cette mine, savoir: l’iridium, l’osmium, le palladium et le rhodium. Comme le platine est infusible et que ces métaux sont inoxidables par le feu, 011 est forcé de recourir à des procédés particuliers, qui généralement sont longs et très compliqués. C’est à MM. YauqUelin et Wollaston que l’on doit les travaux les plus intéressans qui aient été faits sur ce sujet. Le mode d’analyse le plus suivi du minerai de platine est celui donné par M. Vauquelin ; le voici tel que M. Thénard l’indique, page 475, tome III.

a A. On introduit le minerai dans un matraS; l’on verse dessus cinq à six fois son poids d’eau régale (une partie d’acide nitrique à 34°, et deux parties d’acide hydrochlorique à 22°), et on en favorise l’action par la chaleur. Quand il n’y a plus de réaction , on décante la liqueur, et ou remet dans le ballon une nouvelle quantité d’acide qu’on décante , comme la première, au bout d’un certain temps. On traite ainsi le mi-

nerai de platine jusqu’à quatre fois, ou plutôt jusqu’à ce que l’acide n’ait plus d’action sur lui; il en résulte une dissolution d’un brun jaune, contenant beaucoup de fer, beaucoup de platine , du cuivre, du plomb , du palladium , du rhodium , du mercure, un peu d’iridium, de l’acide sulfurique et un résidu noir, pulvérulent, formé d’iridium, d’osmium, d’oxide de fer, d’oxide de chrome et d’oxide de titane. Ensuite on mêle ce résidu avec deux fois son poids de nitrate de potasse ; on calcine le mélange dans une cornue, afin de décomposer le nitrate, d’oxider l’osmium et l’iridium, d’acidifier l’oxide de chrome , et de pouvoir recueillir en même temps une certaine quantité d’oxide d’osmium qui se volatilise; on lessive à plusieurs reprises le produit avec de l’eau tiède ; on fait chauffer ce qui ne se dissout point avec un excès d’acide hydroclilorique moyennement concentré, puis on traite de nouveau la portion du résidu non attaqué, parle nitre, l’eau, l’acide , et l’on répète cette opération tant que toute la matière n’est point dissoute. On obtient ainsi deux dissolutions: l’une qui est alcaline , où se trouvent de l’oxide d’osmium, un peu de protoxide d’iridium et de l’acide cliromique ; et l’autre qui est acide, verte, où se trouvent de l’oxide de fer, de l’oxide de titane et de l’oxide d’iridium.

» B. Pour se procurer l’osmium, on sature la dissolution alcaline par l’acide nitrique pur: elle se trouble, et laisse déposer le protoxide d’iridium sous forme de flocons verts. Après l’avoir filtrée, on l’introduit dans une cornue dont le col se rend dans un récipient qu’on refroidit avec soin, et on la distille presque tout entière. L’oxide d’osmium passe en dissolution dans l’eau. On verse une petite quantité d’acide hydrochlorique dans cette dissolution , qui est incolore ; on y plonge une lame de zinc, et bientôt l’osmium s’en sépare : on le rassemble , on le lave et on le calcine dans des vaisseaux fermés, pour lui donner le brillant métallique.

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Tout l’osmium du minerai de platine ne fait pas partie du résidu que l’on obtient en le traitant par l’eau légale ; il s’en dissout une portion. Or, comme d’après les expériences de Tennant, cette portion se vaporise, avec une certaine quantité d’acide , pendant le traitement du minerai , il faut , ainsi que le recommande M. Laugier, opérer la dissolution dans une cornue , condenser dans un récipient la liqueur qui se \olatilise , saturer cette liqueur par un lait de chaux ou de la cliaux en suspension dans l’eau , et procéder à la distillation

pour en extraire l’oxide d’osmium.

« C. Pour se procurer l’iridium, on porte à 1 ébullition la dissolution acide faite avec le résidu dont nous avons pailé précédemment (A); il s’y produit un précipité vert-jaunatie de protoxide d’iridium, d’oxide de titane et de fei , unis sans doute ensemble , et elle passe du vert foncé à un beau rouge ; alors on la filtré et onlave le résidu. Dans cet état , elle contient encore beaucoup de fer, mais peu de titane. Ensuite on la concentre, on y verse de l’ammoniaque de manière a n en pas saturer entièrement l’excès d’acide, et à l’instant même il s’en

sépare , sous forme de petits grains brillans , un sel noir qui est l’hydrochloràte ammoniaco d’iridium. En lavant convenablement ce sel à l’eau froide , le séchant et le calcinant dans un creuset jusqu’au rouge, on en chasse 1 ammoniaque , l’acide hydrochlorique et l’oxigène, et l’indium reste pur. Mais comme la liqueur contient encore une certaine quantité d’iridium , il faut l’étendre de beaucoup d’eau et y ajouter un excès d’ammoniaque. Par ce moyen, l’on en précipite seulement les oxides de titane et de fer , de sorte qu’en filtrant de nouveau, évaporant à siccité et calcinant, on obtient tout l’iridium qui s’y trouve dissous. On peut se procurer de meme la petite portion d’iridium qui se précipite avec les ox * titane et de fer, au moment où Ion fait bouillit la isso lution acide. Il suffit, pôur cela, de traiter auparavant ce

précipité par l’acide hydroclilorique. Enfin, on peut aussi se procurer de la même manière la petite quantité d’iridium qui, dans la première opération, échappe à l’action de la potasse et de l’acide hydroclilorique (A); la seule condition à remplir est de l’attaquer par une grande quantité d’eau régale, et d’évaporer ensuite la liqueur pour en chasser en partie l’excès d’acide.

» D. On voit, d’après ce qui précède, que l’extraction de l’osmium et de l’iridium n’est pas compliquée; il n’en est pas de même de celle du platine, du palladium, du rhodium, parce qu’ils se trouvent dissous dans l’acide hydroclilorique avec un assez grand nombre cl’autres métaux. La première chose que l’on doit faire est de concentrer la dissolution, afin d’en chasser l’excès d’acide ; il faut l’évaporer de manière qu’elle puisse cristalliser par le refroidissement ; alors on l’étend de dix fois son poids d’eau, et l’on y verse un excès d’une dissolution d’hydrochlorate d’ammoniaque saturée à froid. Celuici se combine avec l’hydrochlorate de platine , et forme un sel double, jaune, très peu soluble, qui se précipite à l’instant ; on le recueille sur un filtre et on le lave convenablement. C’est de ce sel double qu’on extrait le platine. A cet effet on le calcine jusqu’au rouge dans un creuset de liesse; l’hydrochlorate d’ammoniaque se sublime, celui de platine se réduit, et le platine seul reste sous forme d’une masse spongieuse composée de beaucoup de petits grains. »

» E. Ce n’est qu’après avoir retiré la majeure partie du platine de la liqueur provenant de l’action de l’eau régale sur le minerai de platine, que l’on doit s’occuper d’en extraire le palladium et le rhodium. M. Vauquelin plonge des lames de fer dans cette liqueur réunie aux eaux de lavage de 1 hydrochlorate ammoniaco de platine; ces lames y déterminent un précipité noir formé de fer, de cuivre, de plomb, de mercure, de palladium, de rhodium , d’iridium, d’osmium, en partie combinés et oxides. Il met successivement ce précipité

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en contact, à la tempe'rature ordinaire, avec de l’acide nitrique et de l’acide hydrochlorique ; il enlève, par l’acide nitrique, beaucoup de fer et de cuivre, et un peu de palladium; et par l’acide hydrochlorique, beaucoup de fer encore, du cuivre, du palladium , et même du platine et du rhodium. Lorsque ces acides ont cessé d’agir , il lave le résidu avec de l’eau et le fait dessécher fortement , ce qui en dégage , outre l’eau , du chlorure de mercure sous forme de vapeurs blanches, du chlorure de cuivre, du mercure, et, selon toute apparence, de l’oxide d’osmium. Ensuite il le traite à deux reprises par l’eau régale concentrée , en employant chaque fois environ cinq fois autant d’acide que de résidu : l’action est assez forte à froid ; elle devient très vive à chaud. Cependant tout le résidu ne se dissout point, même en soutenant la chaleur pendant long-temps ; il en reste une petite portion , où se trouve beaucoup d’iridium.

» Quoi qu’il en soit, la dissolution contient du platine , du rhodium , du palladium , de l’iridium, et même du fer et du cuivre. On l’évapore jusqu’en consistance sirupeuse , pour en chasser l’excès d’acide; puis on l’étend d’une quantité convenable d’eau, pour en précipiter l’hydroclilorate de platine par l’hydrochlorate d’ammoniaque , comme nous l’avons dit précédemment; après quoi on l’évapore de nouveau presque jusqu’à siccité, et de nouveau encore, on l’étend d’une petite quantité d’eau. Parce moyen, on en sépare un sel grenu, d’un rouge de fleur de grenade, qui n’est formé que d’hydrochlorate d’ammoniaque et de platine , coloré par un peu d’hydrochlorate d’iridium.

» Cela étant fait, on étend la dissolution d’une nouvelle quantité d’eau , et l’on y ajoute un peu d’acide hydrochlorique, si toutefois elle n’en contient point un assez grand excès. Alors on y verse peu à peu de l’ammoniaque, de manière à ne pas saturer tout-à-fait l’excès d’acide ; on agite ,

et à l’instant on voit paraître un grand nombre d’aiguilles fines très brillantes et d’un très beau rose. Ces aiguilles sont uniquement forme'es d’hydrochlorate ammoniaco de palladium, qui est extrêmement peu soluble. On les laisse déposer, on les lave, on les fait sécher, et on les calcine jusqu’au rouge pour en extraire le palladium.

» Enfin, pour obtenir le rhodium, M. Vauquelin fait évaporer les liqueurs dont le palladium a été séparé, jusqu’à ce qu’elles puissent cristalliser en masse par le refroidissement. Il laisse égoutter les cristaux , les broie dans un mortier de verre ou de porcelaine , les met dans un flacon avec de l’alcool à 36°, et les agite de temps en temps. Au bout de vingtquatre heures, il décante l’alcool, quia pris une couleur d’un jaune verdâtre, et en remet d’autre sur les cristaux; il les lave ainsi tant que l’alcool se colore sensiblement. De cette manière, il dissout les hydrochlorates de fer, de cuivre, et l’hydroclilorate d’ammoniaque et de palladium qui a pu se former; et il obtient, sous forme de poudre rouge insoluble dans l’alcool, l’hydrochlorate aminociaco de rhodium. Mais comme celui-ci pourrait encore contenir un peu d’hydrochlorate ammoniaco de platine, il est bon de le dissoudre dans une petite quantité d’eau aiguisée, si l’on veut, d’acide liydrochlorique. L’eau dissout le sel de rhodium , et n’attaque pas sensiblement le sel de platine. Par conséquent , en évaporant la dissolution jusqu’à siccité, et calcinant le résidu jusqu’au rouge, l’on obtiendra le rhodium; ce métal sera blanc, cassant et en masses spongieuses. »

Tels sontles procédés les plus faciles , et en même temps les plus exacts, pour analyser la mine de platine du commerce. Mais lorsqu’on n’a pour but que de se procurer le platine , comme dans les arts, alors, au lieu de tous ces divers trai— temens que nous avons indiqués , on traite le minerai de la manière suivante : après l’avoir chauffé jusqu’au rouge

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pour en dégager le mercure , on le traite par de l’eau régale plusieurs fois de suite , ou jusqu’à ce que l’acide paraisse ne plus agir sur le résidu. On fait évaporer cette dissolution en consistance sirupeuse , pour en séparer l’excès d acide, on l’étend de dix fois environ son poids d’eau, et l’on y verse un excès de dissolution de sel ammoniac saturée à froid; on recueille le précipité jaune qui se forme (hydrochlorate ammoniaco de platine); on le lave, non avec de l’eau qui en dissoudrait une partie, mais avec une dissolution saturée de sel ammoniac ; on le fait sécher , et on le calcine dans un creuset jusqu’au rouge. Le platine se réduit et reste seul sous forme de masse spongieuse. A mesure que celle-ci se forme , onia comprime avec force, afin d’en réunir toutes les parties , lui donner du liant, et pouvoir ensuite la forger sans addition. Généralement, afin de parvenir à forger le platine, on l’allieavec la huitième partie de son poids d’arsenic , on coule l’alliage en plaques peu épaisses ou en lingots , et on l’expose à l’action d’une température graduée jusqu’au rouge-blanc, afin d’en chasser entièrement l’arsenic; on obtient alors le platine aussi pur qu’il était d’abord, et susceptible d’ètre forgé avec facilité ; mais il est préférable d’employer , autant que possible , le premier procédé.

218. Usages. La propriété qu’a le platine de résister au feu le plus violent , d’être inattaquable par tous les acides , le rend très précieux dans les arts ; on en fait des évaporatoires pour les fabriques d’acide sulfurique, de grandes bassines, etc., et, en Chimie, un grand nombre d’ustensiles, tels que cornues, creusets, capsules, tubes, etc. La Physique l’emploie pour la construction des miroirs de télescope à réflexion. 11 est cependant une observation à faire relativement à la durée des vases en platine, c’est d’avoir soin d éviter de les mettre en contact, à une température élevée, avec des alcalis caustiques, tels que la potasse et la soude , et des métaux lu-

sibles 011 des matières capables de laisser dégager du phosphore; car dans le premier cas, on de' terminerait la formation d’une quantité très sensible d’oxide de platine, et, dans le second, on opérerait la fusion d’une partie du métal, en sorte que, dans les deux circonstances, les vases seraient perforés. Le platine n’est pas autrement employé en Pharmacie et en Chimie. Sa rareté et sa cherté empêchent que son usage ne soit répandu dans l’économie domestique. Il vaut, brut, de 5 à 6 fr. l’once , et 16 à 2.4 fr- lorsqu’il est travaillé.

IIIe FAMILLE. OR.

219. L’or ne se présentant jamais qu’à l’état natif, il sera toujours facile de le reconnaître. Cependant il existe quelquefois dans les roches en si petites quantités , que pour le découvrir , il faut employer quelque moyen chimique. Dans ce cas, on broie le minerai réduit en poudre avec du mercure, et l’on chauffe ensuite celui-ci pour recueillir le bouton métallique. Ce bouton est en dernier lieu traité par la coupellation.

L’or colore le verre en rouge violet , et sert à imiter le rubis. Lorsque l’or est en combinaison avec quelques autres métaux , il suffit de traiter les minerais par l’eau régale; cet acide dissout l’or contenu , et cette dissolution précipite en poupre par le protochlorure d’étain ; elle fournit encore un précipité brun d’or métallique très divisé par le sulfate de fer ou le proto-nitrate de mercure.

Cette famille comprend deux espèces.

Ire ESPÈCE. OR NATIF.

220. Caractères essentiels. L’or natif est tendre , ductile, flexible ; sa couleur est le jaune d’or plus ou moins vif, offrant parfois une teinte verdâtre. Sa cassure est liamiforme. Il présente d’ailleurs tous les caractères de l’or obtenu pour les

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besoins du commerce, seulement sa densite' est toujours un peu plus faible ; elle n’est que de 19, 3, tandis que celle de l’or travaille' est de 20.

Composition. Corps simple de la Chimie, dont le signe est Au, mais qui, dans la nature , n’est jamais pur; il est allié avec l’argent ou le cuivre , et quelquefois avec le fer. La présence du premier de ces métaux communique à l’or une teinte verdâtre , celle du second exalte sa couleur jaune , et celle du fer la vend bleuâtre. Ces modifications de couleur sont plusou moins intenses, selon la quantité des métaux étrangers.

Caractères cristallographiques. Sa forme primitive est le cube. On le trouve assez fréquemment cristallisé. Ses cristaux, petits, sont des cubes, des octaèdres, des dodécaèdres rliomboïdaux, et des cubo-dodécaèdres. Ces derniers, que l’on trouve au Brésil (Matto-Grosso) , sont très réguliers, et d’un volume sensible.

Ses variétés de structure sont plus variées et plus abondantes ; ce sont les suivantes :

Or natif lamelliforme. Se présente en lames tantôt planes,

tantôt contournées, à la surface des gangues.

ramuleux ou dendritique. En petits cristaux groupés dont les mieux prononcés paraissent composés de petits octaèdres implantés les uns dans les autres.

capillaire.

granuliforme. En grains ou en paillettes disséminées dans les sables ou engagées dans du sulfure de fer ou de l’hydroxide de fer provenant de la décomposition de • ce dernier, etc.

Or natif massif On donne vulgairement le nom de pépites d'or aux morceaux d’un volume notable, et qui sont détachés de toute gangue. Les pépites d’une certaine grosseur sont assez rare.

221. Caractères d’élimination. Au premier coup d’œil, le fer sulfuré et le cuivre pjrileux peuvent être confondus avec l’or natif; mais 011 distinguera toujours très facilement ces trois espèces en observant que les deux premières sont cassantes et que l’or est très ductile, que l’acide sulfurique et l’acide nitrique dissolvent très bien les minerais pyriteux, tandis qu’ils sont sans action sur l’or, etc.

222. Gisement. L’or natif se présente dans trois positions géologiques différentes, savoir: formantdes gîtes particuliers , disséminé dans des dépôts arénacés, etfaisantpartie de dépôts métallifères.

I. L’or se trouve dans des filons qui traversent les roches primitives et dans ces mêmes roches, telles que le granité , le gneis, les schistes micacés, les schistes argileux, etc.; il s’y rencontre en grains , en ramifications et en cristaux. Il a généralement pour gangue le quarz, mais il est quelquefois adhérent à d’autres matières pierreuses, telles que la bary te sulfatée,, la chaux carbonatée, mélangées de clilorite , de tourmaline, de cuivre sulfaté et carbo.naté , de fer oligiste, d’argent rouge, etc. Ces dépôts énormes de quarz (quarz élastique chloriteux de M. d’Eschwege ou ilacolifmite ) , dans lesquels l’or se trouve disséminé en assez grande quantité et qui se rencontrent au Brésil (dans la capitainerie de Minas-Geraès ) ont fait penser à quelques géologues que c’està leur destruction qu’on doit attribuer les dépôts arénacés dans lesquels on trouve à la fois l’or, le platine et les diamans de cette partie du nouveau monde Les pays dans lesquels on cite l’or dans

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des filons quarzeux sont peu nombreux et peu productifs ; c’est surtout la Gardette , au pays d’Oisans ( Dauphine' ) , Gastien ( Salzburg ) , le Mont -Rose en Piémont, et quelques provinces du Pérou, du Mexique et de la Nouvelle- Grenade.

II. Mais c’est disséminé dans les sables des terrains de transport anciens et d’alluvions moderne, que se trouve la plus grande partie de l’or qui existe à la surface de la terre. C’est, après le fer, le métal le plus fréquent, mais aussi celui qui se trouve en plus petite quantité. C’est ainsi qu’il se montre d’abord dans le nouveau monde , où il est très abondant au milieu des dépôts arénacés, qui renferment également le platine et le diamant. Ces dépôts , formés de fragmens et de cailloux roulés quarzeux , liés entre eux par une matière argilo-ferrugineuse , sableuse , plus ou moins abondante , renferment accidentellement du fer oligiste, de l’oxide de fer magnétique, de l’oxide rouge métalloide , diverses variétés de quatz coloré, etc. L?or y est l’objet d’un très grand nombre d’exploitations au Chili , au Brésil et à la Nouvelle-Grenade. Il paraît exister de même dans des dépôts arénacés en Afrique et en Asie.

L’Europe n’est pas dépourvue de ce métal. L’Espagne était

célèbre dans les temps anciens par ses mines d’or. C’est encore dans des dépôts sableux (comme en Transylvanie et au Banat) ou dans le lit des rivières qu’on le rencontre dans l’ancien 'continent. En France, plusieurs rivières charrient des paillettes d’or, telles sont le Rhône, l’Arriège, la Cèze, le Rhin près Strasbourg, le Salat dans les Pyrénées, la Garonne près de Toulouse, l’Hérault près de Montpellier, etc.; et on le donnait également dans divers autres pays, principalement en Espagne, en Piémont et en Allemagne. 11 y a des hommes nommés orpailleurs ou pailloteurs , dont l’unique occupation est de ramasser cet or.

Enfin l’or est extrêmement répandu dans tous les dépôts arénace's, mais en quantité infiniment petite.

III. L’or se rencontre encore, mais d’une manière accidentelle, dans quelques dépôts métallifères, que l’on nomme, pour cette raison, aurifères, tantôt disséminé en particules invisibles, tantôt, mais plus rarement, en parcelles ou en petits cristaux implantés dans les fissures des gangues. C’est surtout dans les mines d’argent que l’or se trouve le plus abondamment, et dans beaucoup de localités des minerais d’argent aurifères sont exploités pour en retirer ce précieux métal : telles sont les mines du Pérou, de la Nouvelle-Grenade , du Mexique , dans le nouveau continent , et celles de Hongrie et de Transylvanie , dans l’ancien. Quelques mines de cuivre du Hartz et de Suède en renferment une petite quantité. Les pyrites de fer en contiennent aussi, et, dans quelques endroits , la proportion de l’or est assez considérable pour qu’on les exploite avec avantage: telles sont les pyrites du Piémont, de Bérézof en Sibérie, et de Freyberg en Saxe. Enfin, quelquefois l’or s’associe d’une manière visible à un autre métal ; tel est l’or dont les grains sont mêlés avec ceux du platine , ou qui estjuxta-posé au tellure et à l’antimoine sulfuré.

2e ESPÈCE. OR TELLURE.

223. Nous réunissons sous ce titre les diverses espèces que l’on trouve, dans la plupart des auteurs, décrites sous les noms de tellure natif auro-argenlif ère, plombifere, etc. Quoique le tellure existe dansle sein de la terre à l’état métallique, cependant on ne peut pas le considérer comme une espèce distincte, par la raison qu’il est toujours uni à l’or, et souvent à plusieurs autres substances métalliques. Ces unions ne se font pas acciden, tellement : ces alliages sônt de véritables combinaisons en proportions définies. Nous établirons dont une espèce sous le nom d’t>r telluré, et nous la partagerons en trois

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sous-espèces distinctes , savoir : Y or graphique ou le tellure auro-argenlif'ere, le tellure feuilleté ou le tellure auro-plom bifere , et le tellure blanc ou le tellure auro-ferrifere.

Toutes ces sous-espèces ont pour caractères communs de se présenter avec un éclat métallique, d’être fusibles au chalumeau , d’y brûler avec une flamme assez vive , d’une couleur bleue, qui verdit un peu sur les bords , de former ensuite des fumées blanches , le plus généralement sans odeur sensible , mais quelquefois répandant une odeur de rave ou légèrement alliacée , ce qui provient de la présence accidentelle du sélénium ou de l’antimoine ; d’être solubles en partie dans l’acide nitrique , et de donner une solution qui forme , par les alcalis, un précipité qui se redissout bientôt en tout ou en partie , et qui précipite en noir par l’action cl’une lame de zinc ou d’étain.

224. ire sous-espèce. Or graphique ou tellure auro-argentifere.

Sa couleur est le gris d’acier clair ; sa cassure est inégale , à grains fins ; elle est tendre et fragile : passée avec frottement sur le papier, elle le tache légèrement en noir. Sa dissolution dans l’acide nitrique laisse un résidu d’or en poudre ou conservant la forme du fragment, et elle donne l’indice de l’argent sur une lame de cuivre ou par le précipité qu’elle forme avec un hydrochlorate, précipité insoluble dans l’acide nitrique , et soluble dans l’ammoniaque.

Sa pesanteur spécifique est de 5,8.

Ses cristaux, rarement bien formés, dérivent d’un prisme droit rectangulaire; ils sont le plus souvent modifiés par des facettes, qui remplacent les bords latéraux, et ordinairement terminés par des pyramides droites à quatre faces. Dans la variété dendritique , qui est la plus commune, les petits cristaux prismatiques se réunissent deux à deux, par une de leurs extrémités, sous un angle droit, et ils se groupent par ran—

!gées , de telle manière qu’ils imitent grossièrement des caractères orientaux , d’où est venu le nom d’or graphique.

Composition. Formée de i atome de tellurure d’argent et de 3 atomes de tellurure d’or = AgTea -f- 3AuTe.

225. 2e sous-espèce. Tellure feuilleté ou tellure auro-plom — h if ère , vulgairement or de ISagj'ag.

Sa couleur est le gris de plomb , quelquefois avec une teinte jaunâtre ; sa cassure est lamelleuse , ainsi que sa structure ; elle est tendre , flexible sans élasticité ; elle tache légèrement le papier en noir. Sa solution nitrique précipite abondamment par l’acide sulfurique, et donne du plomb métallique sur une lame de zinc.

Sa pesanteur spécifique est de 7 à 9.

Elle se présente en lamelles rectangulaires plus ou moins modifiées , ou en petits prismes dérivant d’un prisme droit à bases carrées. Quelquefois elle est en masses compactes , composées de lames qui se séparent assez facilement dans le sens de leurs grandes faces, lesquelles sont éclatantes et un peu raboteuses.

Composition. Formée de 1 atome de tellurure d’argent, de 2 atomes de tellurure de plomb , et de 3 de tellurure d’or — AgTea-f- 2PbTe2-f- 3AuTe3 ; presque toujours accompagnée de sulfure de cuivre ou de cuivre gris.

On connaît une va-riété de tellure auro - plombifère dont la composition est sensiblement différente ; c’est celle que M. Berzélius appelle, dans sa classification , tellure natif auro plombifère laminaire , et qu’il range dans la famille du plomb. Elle 11e contient point d’argent , mais paraît être mélangée de sulfure de plomb. Sa formule chimique est AuTe3 — aPbS2— j— zjPbTea, ou plutôt AuTe3-f~4PhTea, mélangée de galène, ou PbSa.

226. 3e sous-espèce. Tellure blanc ou tellure auro-ferrifère.

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