‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 60 sur 81 · ESPÈCE. PLOMB IIY DROCH LO RO-CARBON ATE · texte numérisé non relu

ESPÈCE. PLOMB IIY DROCH LO RO-CARBON ATE

( Plomb muno-carbonaté , Berzélius; carbo— hydrochlorate de

plomb , Beudant; plomb carbonalé muriatijere , Haiiy. )

332. Caractères essentiels. Ce minéral a pour couleur le vert jaunâtre; il est peu éclatant extérieurement, et à l’intérieur, il offre un éclat vif et diamantaire ; il est demi-transparent. Sa cassure principale est lamelleuse , sa cassure en travers est

3ao

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conchoïde -, il se laisse couper au couteau , est raye' par le plomb carbonate' et sa raclure est d’un blanc mat de neige. Au chalumeau, il donne d’abord un bouton polyédrique et fond ensuite en un verre d’un jaune citron.

Sa pesanteur spécifique est de 6.

Ses cristaux paraissent dériver d’un prisme droit à bases carrées, les angles ayant donné 90°. Il offre des troncatures sur les arêtes.

Composition. Elle est mal connue : la formule de M. Berzélius = PbCld -|- PbC\ ou 1 atome de quadri- chlorure de plomb et 1 atome de quadri-carbonate de plomb , d’après l’analyse de Klaprotli. Voici, à ce sujet, comment s’exprime M. Beudant :

« Est-ce un chloro-carbonate ou une combinaison de carbonate et de chlorure, ou enfin , un mélange des deux composés, qui peut varier en toute proportion , et auquel le chlorure donnerait ici la forme ? Ce sont des questions auxquelles on ne peut répondre : ce qu’il y a de certain , c’est que presque tous les carbonates de plomb renferment une plus ou moins grande quantité de chlorure. Mais , de quelque manière qu’on envisage cette substance , 011 ne pourra jamais la confondre avec le carbonate de plomb, comme l’a cru M. Haiiy , parce cpie les mesures les plus exactes des facettes modifiantes sur le prisme dominant conduisent à regarder celui-ci comme un prisme à bases carrées, qui, par conséquent, ne peut avoir aucun rapport avec un prisme rhomboïdal. » ( Traité élémentaire de Minéralogie , page 455. )

Gisement. Ce minéral, extrêmement rare, n’a été trouvé, jusqu’à présent, qu’en petits cristaux implantés sur d’autres minerais de plomb, dans le Derby sbire en Angleterre, dans une mine qui est actuellement inondée, où il est accompagné de blende, de galène et de fluor; dans le Sommerselshirc , avec du plomb carbonate ; dans le duché de Bade, au Vésuve,

en petites paillettes blanches solubles dans l’eau ; enfin , dans une mine de plomb auMassachussct (Etats-Unis d’Amérique), où il est en petits prismes à quatre pans, terminés par un poiutement à quatre faces , implantés sur la galène cristallisée.

iOc ESPÈCE. PLOMB rHOSrUATÈ.

{Pyromorphite , plomb vert, traubenerz.)

333. Caractères physiques. C’est une substance lithoïde, offrant presque toutes les couleurs et surtout le vert et le brun, donnant une poussière grise , quelle que soit la couleur de la masse ; ayant un éclat gras et diamantaire , une texture compacte, une cassure légèrement ondulée et peu éclatante, rayant le plomb carbonate'.

Sa pesanteur spécifique est de 6,9.

Caractères chimiques. Elle se dissout sans effervescence dans l’acide nitrique ; la solution précipite par les sulfates, et donne du plomb métallique sur une lame de zinc. Elle donne au chalumeau un bouton polyédrique qui 11e se réduit qu’avec le secours du charbon.

Composition. Formé d’un atome de bi-oxide de plomb et

d’un atome d’acide pliosphorique = Pb P. M. Wôhlera trouvé que tous les minéraux compris sous le nom général de plomb phosphaté sont des combinaisons d’un atome de chlorure de plomb et de 5 atomes de sous-phosphate de plomb

= Pb Ch) + 5 P1U ‘P\

Caractères cristallographiques . Sa cristallisation se rapporte à un prisme hexagonal ; on peut la rapporter aussi à un rhomboïde obtus de 1110. Ses variétés de forme peuvent se réduire à deux dominantes, savoir, les prismatiques et les pyramidées , comme pour le quarz. On trouve surtout: le prisme hexagonal ou la double pyramide à G laces qui est un dodé- Tome I. 21

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caèdre triangulaire isocèle, le prisme hexagonal tronqué sur les arêtes latérales, ou sur celles de la base, terminé par un pointement à 6 faces ou par un pointement aigu.

Ses variétés de structure se réduisent à deux principales:

Plomb phosphaté bacillaire , en aiguilles ordinairement

courtes et divergentes. Le plomb phosphaté brjoide se rapporte à cette variété ; ses aiguilles sont très courtes et disposées entre elles de telle sorte que l’ensemble offre l’apparence de mousses. 11 tapisse des pierres très ferrugineuses.

mamelonné .

Les variétés de couleur que présente cette espèce sont assez variées; ainsi on y trouve le jaunâtre , le rougeâtre (la variété qui offre cette couleur renferme habituellement un peu d’acide arsenique), le violâtre, le brunâtre et 1 evert. Les cristaux verts sont translucides; tous les autres sont opaques.

Quelques chimistes attribuent la coloration du plomb phosphaté vert à du phosphate de fer qui est jaunâtre et qui par son mélange avec le phosphate de plomb, qui serait bleu, donnerait le vert. D’autres l’attribuent à du cuivre. Pourquoi ne serait-elle pas inhérente au phosphate de plomb ?

334- Caractères d'élimination. Le plomb phosphaté se distingue du plomb carbonaté, en ce que celui-ci fait effervescence avec l’acide nitrique et se réduit au chalumeau sans addition. On confond encore le plomb phosphaté en mamelons verts avec le cuivre carbonaté vert / mais celui-ci fait effervescence avec les acides, et sa poussière conserve toujours une teinte de vert plus ou moins prononcée.

335. Epigénie. Le plomb phosphaté s’altère quelquefois ; il acquiert une couleur qui tient le milieu entre le bleu cl’indigo et le gris de plomb, prend une texture lamellaire, et se transforme complètement en plomb sulfuré ; il constitue alors le plomb noir ou le plomb bleu de quelques minéralogistes, et le plomb sulfuré épigène d’Haüy. Dans cet état, il conserve toujours la forme cristalline du plomb phosphaté; et celui qui subit une telle métamorphose est ordinairement cristallisé en prismes. Il y a beaucoup de fer sulfuré dans le terrain d’où l’on retire ces cristaux. Peut-être se forme-t-il d’abord du gaz hydrogène sulfuré, qui réagit ensuite sur le phosphate. Cette singulière épigénie n’a encore été trouvée qu’à Tschopau en Saxe, et à Huelgoët, département du Finistère.

336. Gisement. Le plomb phosphaté , de même que le plomb sulfaté, est bien moins commun que le plomb carbonaté, qui, après la galène, est le minerai de ce genre le plus abondamment répandu ; du reste il accompagne presque toujours ces deux dernières espèces dans leurs gisemens. On le cite dans un assez grand nombre de localités, comme à Poullaouan et à Huelgoët (Finistère); Lacroix et Sainte— Marie (Haut-Rhin), Pontgibaut (Auvergne) ; dans plusieurs mines de plomb d’Angleterre et d’Ecosse; dans les mines du Hartz; à Marienberg , Joliangeorgenstad, Tschopau (Saxe), etc.

Le plomb phosphaté est presque toujours associé , dans ses gisemens, au cuivre carbonaté vert , au fer oxidé, au fer sulfuré, au cuivre pyriteux , à la blende et à la galène. Sa gangue la plus commune est le quarz hyalin plus ou moins ferrugineux ; quelquefois c’est la baryte sulfatée. Suivant quelques géologues, l’espèce qui nous occupe se rencontre dans certains lieux en assez grande quantité pour qu’on l’exploite directement; et elle serait, mais très rarement , argentifère.

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APPENDICE

337. Ou doit ranger à la suite du plomb phosphaté le plomb phosphaté arsenifere d’IIaiiy (arsenio-pliospliate de plomb, Jameson), qui est un simple mélange de phosphate et cl’arseniate de plomb. Il donne des vapeurs arsenicales, lorsqu’on le chauffe avec un peu de charbon. Du reste, ses caractères sont sensiblement les mêmes que ceux de l’espèce précédente. Il se trouve tantôt en masses concrétionnées testacées , tantôt en cristaux bien nets , absolument semblables à ceux du plomb phosphaté. On sait, en effet, par les expériences de M. Mitscherlicli , que les phosphates et les arseniates ont le même système cristallin. Cependant il paraîtrait, d’après de nouvelles mesures , que les arseniates donnent un degré de moins dans les angles.

On trouve ce plomb phosphaté arsenifere dans les mêmes localités que le précédent; mais il est moins abondant. Certaines analyses y ont indiqué de l’eau et de l’acide hydrochlorique ; d’autres n’ont pas donné du tout d’acide phosphorique , ce qui remettrait les échantillons de ce genre avec le plomb arseniatë.

IIe ESPÈCE. PZOMB ARSENIATE.

338. Caractères essentiels. Ce minéral, d’un aspect lithoide, d’un vert jaunâtre ou d’un jaune pur, est facile a puUériseï , tendre, translucide et sans éclat diamantaire; il répand des vapeurs arsenicales sur les charbons , donne au chalumeau saus se réduire un bouton polyédrique, et fournit par la fusion avec le carbonate de soude un sel soluble qui précipite en rouge le nitrate d’argent.

Composition. Formé de 1 atome de bi-oxide de plomb et de 1 atome d’acide arsenique — PbÀs. Suivant M."W ôhler, il se-

DE MINERALOGIE.

rait formé, comme le plomb phosphaté , (le i atome de chlorure de plomb et de 3 atomes de sous-arscniate de plomb ,

= PbChf-f-5Pb? As3; et l’acide arseni que peuty être remplacé ou entièrement ou partiellement , et en des proportions indéterminées, par l’acide pnosphorique , parce que celui-ci est isomorphe avec le premier.

Caractères cristallographiques . Il offre le même système cristallin que le plomb phosphaté ; il se présente toujours en prismes qui dérivent d’un prisme hexagonal ou d’un rhomboïde obtus ; ses prismes sont des hexaèdres, ou des doubles pyramides hexaèdres appliquées base à base.

Ses variétés de structure se réduisent aux trois suivantes :

Plomb arsenialé fibreux ; en filamens soyeux y contournés légèrement flexibles et très tendres.

compacte; en masses qui ont un aspect vitreux et gras.

terreux ; sous forme pulvérulente, remplissant les cavités de certaines roches formées de débris organiques.

33g. Caractères d’élimination. Le plomb arseniaté se distingue du plomb carbonate' en ce que celui-ci fait effervescence avec l’acide nitrique, et se réduit sans odeur d’ail; du plomb mo— Ijbdalé , en ce que celui-ci ne répand pas sur les charbons d’odeur arsenicale; et du plomb phosphaté, par le même caractère.

34o. Gisement. Cette espèce , fort rare, a été indiquée en Espagne , dans les montagnes de Brisgaw, aux environs de Redruth dans le comté de Cornouailles, en Sibérie, et aux environs de Saint-Prix, dans le département de Saône-et-Loire. Il accompagne presque toujours le plomb sulfuré.

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341 . Annotations . Le plomb arseniale' a la plus grande analogie avec le plomb phosphate : en effet , il offre la plupart des propriétés physiques de celui-ci , présente la même composition et le même système cristallin; il est donc bien difficile au premier aperçu de les distinguer l’un de l’autre : il 11’y a que les propriétés chimiques qui puissent fournir un moyen certain de séparation .

12e ESPÈCE. PLOMB CARBONATE.

(Vulgairement plomb blanc j autrefois céruse native. )

342. Caractères physiques . Le plomb carbonaté a un aspect litlioïde, un éclat diamantaire et une limpidité parfaite ; lorsqu’il est pur , il est blanc ou plus généralement jaunâtre : sa texture est compacte; sa cassure vitreuse, ondulée, souvent avec reflet gras. Il jouit à un haut degré de la double réfraction , est tendre et fragile.

Sa pesanteur spécifique est de 6,5.

Caractères chimiques . Il se dissout avec effervescence dans l’acide nitrique étendu, noircit par le contact des hydrosulfures , décrépite au feu , et se réduit facilement sur les charbons.

Composition. Formé de 1 atome de bi-oxide de plomb et

de 2 atomes d’acide carbonique = PbC\ Il est très souvent mélangé de sulfate de plomb et de diverses matières terreuses : ce sont surtout les variétés compactes qui offrent ces mélanges.

Caractères cristallographiques. Sa forme primitive est, suivant M. Phillips , un prisme droit à base rhombotdale, de 1 1 70 et 63° , et dans lequel la hauteur est à la petite diagonale

3/J : 98. Cette forme est donnée parle clivage et mieux, encore par l’observation des formes secondaires. Mais il se rencontre généralement cristallisé en prismes rhomboidaux à

sommets dièdres; en prismes hexaèdres irréguliers, avec un ou plusieurs rangs de facettes annulaires ou bien avec des pyramides à 6 faces ; en prismes tétraèdres, en prismes rectangulaires plus ou moins modifiés. Les cristaux sont ordinairement petits, et ont beaucoup de tendance à se grouper de diverses manières ; leurs faces ont un poli vif.

Ses variétés de structure sont les suivantes :

Plomb carbonate aciculaire, en aiguilles d’un blanc soyeux,

très éclatantes, tantôt libres, tantôt réunies en faisceaux et souvent recouvertes d’une poussière d’un vert brillant qui est du cuivre malachite.

Se trouve au Hartz.

bacillaire , en baguettes cannelées et entrelacées en différens sens ; ressemble beaucoup à la baryte sulfatée. Se trouve en Saxe.

massif, en masses compactes , jaunâtres , à cassure luisante et comme onctueuse ; tantôt entièrement amorphes , tantôt mamelonnées.

343. Caractères d’élimination. Le plomb carbonate' est lacile à confondre avec le schéélin calcaire, la chaux carbonalée , quelques variétés de baryte sulfatée ( celle en aiguilles fascicule'es ; en octaèdres cunéiformes) et la grammatile. On le distinguera toujours du premier, en ce que celui-ci 11e se dissout pas dans l’acide nitrique , n’y fait que jaunir à l’aide delà chaleur, et ne noircit pas par le contact des sulfures alcalins ; de la deuxième, en ce que celle-ci a une densité moitié moindre.

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se divise en rhomboïdes et non en octaèdres, et ne noircit pas par les sulfures alcalins ; de la troisième, en ce que celle-ci est insoluble dans l’acide nitrique et ne noicit pas par les sulfures • enfin de la quatrième , par les mêmes caractères, et en ce que la pesanteur spe'cilique de cette dernière substance est moitié moins grande que la sienne.

344- Epigénie. Certains cristaux de plomb carbonate, et surtout ceux qu’on trouve à Poullaouan et à Huelgoét (Bretagne ) , présentent un genre d’altération analogue à celui qu’éprouve le plomb phosphaté, c’est-à-dire qu’ils passent à l’état de sulfure de plomb, et sont d’un gris sombre métallique à leur surface. Dans cet état, ils constituent la mine de plomb noir de Kirwan et le plomb carbonate noir d’Hatiy.

345. Gisement. Le plomb carbonate' n’est pas très commun dans la nature; cependant c’est l’espèce qui vient après le plomb sulfuré , parmi tous les minerais de plomb , relativement à l’abondance ; non-seulement il se trouve dans les mines de plomb proprement dites , mais encore dans plusieurs mines d’argent et de cuivre (celles de cuivre carbonate) ; il 11’existe jamais en grandes masses: ses cristaux sont souvent accompagnés de quarz, ou reposent immédiatement sur lui. Les plus beaux échantillons viennent des mines de Gazimour en Daourie, du Hartz , de Léadhills en Ecosse, du Derby. shire , du Cumberland en Angleterre , de Ptiullaouan en Bretagne, de Saint-Sauveur en Languedoc, et de Lacroix et Sainte-Marie-aux-Mines dans le Haut-Rhin.

346. Annotations . Nous avons dit plus haut cpie très souvent le plomb carbonate' était accompagné de plomb sulfaté à l’état de simple mélange. M. Beudant, à cause de cette circonstance, partage son espèce carbonate de plomb en deux sousespèces : la première , qu’il appelle carbonate de plomb prismatique , est le plomb carbonate' pur , auquel il donne pour forme primitive un prisme rhomboïdal de 1 1 70 et (>3° ; et la

deuxième , nommée carbonate de plomb rhomboédvique , est celui qui est mélangé de sulfate, dans des proportions variées, et qui se présente en petits cristaux rliomboédriques aigus d’environ 720 3o' et 107° 3o'. Suivant M. Brooke, cette seconde sous-espèce serait une combinaison , et non un simple mélange de sulfate et de carbonate de plomb , dans les proportions de 27,50 du premier et de 72,50 du second ; ou de 52, 10 de sulfate et de 47,9° de carbonate, comme cela se rencontre quelquefois. Quelques auteurs regardent aussi comme une espèce distincte la variété de plomb carbonate qui est mélangée de plomb sulfaté et de cuivre carbonate', dans des proportions fixes, suivant eux. Mais comme les analyses de ces diverses substances ne conduisent pas à des proportions définies, il faut attendre que de nouvelles expériences viennent enfin démontrer, d’une manière péremptoire, la véritable nature de ces composés. Jusqu’alors on doit les considérer comme des mélanges.

APPENDICE

Plomb carbonate cuprifère . C’est un mélange de plomb carbonate et de cuivre carbonate' , qui se rencontre dans la plupart des mines où ces deux minerais sont associés ; le plus pur et le mieux caractérisé est celui de la mine de plomb de la Croix près Linarez en Andalousie. Il est en masses laminaires, et offre une couleur bleuâtre avec l’éclat vitreux.

l3e ESPÈCE. PLOMB CHROMA TE.

{Plomb ronge de Sibérie.)

347. Caractères physiques. Il a un aspect litho’ide, une couleur rouge orangée, donne une poussière jaune orangée, est translucide et quelquefois transparent (*) ; sa cassure est

G) Lorsque le plomb chromatc est transparent, on peut y observer , sui-

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transversale et raboteuse ; son éclat est gras ; il se laisse facilement gratter par le couteau.

Sa pesanteur spécifique est de 6.

Caracler.es chimiques. Traité au chalumeau, il pétille, se fendille aussi dans la longueur des cristaux ; une certaine portion se réduit, et la masse se convertit en scorie noire qui colore le borax en vert.

Composition. Formé de i atome de bi-oxide de plomb et

de i atome d’acide cliromique = PbCr.

Caractères cristallographiques . »Ses cristaux se rapportent à un prisme rhomboidal oblique , dont l’angle est de 93° et dont la base repose sur une arête. Sa forme dominante est un prisme à quatre pans terminés par un double biseau, ou par un seul très comprimé ; les faces du prisme sont souvent striées en longueur. Presque toujours ses cristaux sont brillans, groupés et difficiles à déterminer.

Le plomb chromaté s’offre toujours en petits cristaux brillans, implantés dans des cavités et couverts parfois de stries profondes.

348. Caractères d'élimination. Nous avons dit plus haut que ce minéral colorait le borax en vert au chalumeau. Ce caractère le distingue suffisamment de tous les minéraux rouges avec lesquels on pourrait le confondre, tels que le mercure sulfuré, l'arsenic sulfuré ronge , l’argent rouge , etc. Le cuior'e oxidulê rouge pourrait seul présenter ce caractère ; mais ce minerai est d’une couleur rouge si différente, que l’on 11’a pas même besoin d’être très exercé pour le distinguer au premier coup d’œil du plomb rouge.

vaut M. Sorct , deux axes de double refraction ; et en regardant perpendiculairement aux pans des ptismes, on remarque une espèce de diebroisme, qui fait paraître le cristal tantôt rouge, tantôt orange, suivant la position qu’on lui donne.

349. Gisement. Ce minerai ne s’est encore trouvé que dans quatre localités seulement : i°. au Bre'sil , dans les environs de Cocaes, sur la route de Villa-Rica à Tejuco, en cristaux d’un rouge vif, accompagnés de plomb chromé vert, dans un psanimite sablonneux et ferrugineux alternant avec une argile scliis-> teuse, et à Congonlias-do-Campo , dans un filon de quarz aurifère qui traverse un terrain de stéachiste; 20. à Zimapan , au Mexique, en cristaux bruns renfermant i5 pour cent d’acide cliromique, avec du fer et de l’arsenic ; 3°. en Moldavie, en petits cristaux sur un quarz très celluleux, associés avec de l’oxide de fer; 4°- enfin en Sibérie, dans les mines d’or de Bérésof, sur la lisière orientale des monts Ourals, etc. En Sibérie, dans les mines d’or de Bérésof, il est disséminé sur une gangue quar— zeuse , dans un filon de plomb sulfuré, parallèle à celui qui renferme les pyrites aurifères décomposées. Cette gangue quarzeuse contient dans sa partie supérieure de l’oxide de plomb, de l’antimoine et de la silice ; et dans sa partie inférieure elle est entièrement siliceuse. On le trouve encore en cristaux implantés sur un psammite , analogue à celui du Brésil , formant des collines à i5 lieues au nord de Bérésof, et renfermant aussi des pyrites aurifères décomposées.

350. Usages. Le chromate de plomb est employé dans les arts, à cause de la belle couleur qu’il fournit. On s’en sert dans la peinture sur toile et sur porcelaine. On l’emploie aussi pour faire des fonds jaunes, particulièrement sur les caisses de voitures.

35 1. Jnnolaiions. C’est en analysant le plomb rouge de Sibérie que M. Vauquelin a découvert, en 1797, l’acide chromique et le chrome.

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l4C ESPÈCE. PLOMB MOLYBDATE.

( Plomb jaune de Carinthie.)

352. Caractères physiques. Cette espèce est d’un jaune plus ou moins pur , tendre et cassante ; elle a une cassure conclioide et un éclat vitreux non diamantaire.

Sa pesanteur spécifique est de 5,6.

Caractères chimiques . Traitée au chalumeau, elle décrépite, se fond en une masse d’un gris jaunâtre et se réduit, mais avec peine ; elle donne au borax une couleur bleuâtre. Chauffée avec l’acide nitrique, elle s’y dissout en laissant précipiter une poudre blanche , un peu soluble dans l’eau, qui devient d’un bleu pur par l’action d’un barreau de zinc.

Composition. Formée d’un atome de bi-oxide de plomb et

de 2 atomes d’acide molybdique == P b Mo2.

Caractères cristallographiques . Ses cristaux se rapportent à un octaèdre symétrique à triangles isocèles , dans lequel l’incidence des faces d’une pyramide sur celle de l’autre est de 76°4o\ Elle offre pour formes dominantes: le parallélépipède rectangle ; l’octaèdre à base carrée , le même tronqué sur ses angles et très aplati, le même avec une troncature oblique sur les arêtes. Il y a des cristaux laminaires, qui sont le parallélépipède rectangle, dont les petites faces terminales sont souvent arrondies.

Le plomb molybdaté est toujours cristallisé dans la nature; ses cristaux sont ordinairement très petits, et offrent un éclat vif à leur surface.

353. Caractères d' élimination. On le distingue du plomô carbonate en ce que celui-ci se dissout avec effervescence dans l’acide nitrique étendu , et ne colore point le verre de borax.

354. Gisement. Le plomb molybdaté, très rare dans la nature , se trouve surtout à Blcyberg en Carinthie; on le cite

encore en Saxe , clans le Tirol, en Transylvanie, en Écosse, aux États-Unis, et au Mexique. Partout sa gangue est la meme ; c’est un calcaire compacte jaunâtre. En France, on le trouve dans une diabase verdâtre, au pied de la montagne des Chalanches , près d’Allcmont , departement de l’Isère. Dans ses divers gisemens, il est associé à d’autres minerais de plomb, à de la blende , du fer ocreux , rarement des pyrites, à du fluor, de la baryte sulfatée et du calcaire spathique.

l5e ESPÈCE. PLOMB TTjNGSTATÉ.

355. Caractères essentiels . Cette espèce, fort rare, a une couleur jaunâtre ou verdâtre; chauffée avec l’acide nitrique, elle s’y dissout en laissant une poudre cpii devient jaune par l’ébullition de la liqueur.

Sa pesanteur spécifique est de 8?

Elle se présente en petits cristaux implantés sur du quarz. Ce sont des prismes terminés par une pyramide à 6 faces, trèsaiguë.

Composition. Formée de x atome de bi-oxide de plomb et

de 2 atomes d’acide tungstique = Pb ïua.

Gisement. On ne l’a encore trouvée qu’à Zinwald, en Bohème , accompagnant l’étain oxidé.

16e ESPÈCE. PLOMB MYDRO-AL TJ MIN A TE .

{Plomb hydro-alumineux, Haiiy; vulgairement plomb gomme.)

356. Caractères essentiels. Cette espèce ressemble à des gouttelettes de gomme arabique. Elle aune couleur jaunâtre plus ou moins sale, un éclat très vif; elle esL plus dure que le fluor ; a une cassure conchoïde, une texture compacte; isolée et frottée, elle acquiert l’électricité résineuse; par la chaleur elle décrépite, donne de l’eau, se divise en feuillets et se change en une espèce de chou-fleur ; fondue avec la potasse caustique et traitée par l’acide nitrique, elle s’y dissout en totalité; la so-

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lution précipite du plomb métallique sur une lame de zinc, et donne ensuite un précipité gélatineux par l’ammoniaque.

Sa pesanteur spécifique est inconnue.

Elle ne s’est encore présentée qu’en petits mamelons composés de couches minces et testace'es.

Composition. Formée d’un atome de bi-oxide de plomb, 4

atomes d’alumine et 12 atomes d’eau = P b Al* -f- 12 Aq. Contient encore quelques autres corps, tels cpie silice, oxide de fer, de manganèse, cliaux et acide sulfureux; mais ils sont accidentels. On l’a regardée pendant quelque temps comme du phosphate, parce qu’elle a été trouvée dans un lieu où existe un phosphate concrétionné ayant la même texture qu’elle. C’est M. Berzélius qui a fait connaître sa véritable nature.

35y. Gisement. On 11e l’a encore rencontrée que dans un seul lieu, à Huelgoët en Bretagne, associée au plomb carbonate' et à la galène.

Traitement métallurgique des minerais de plomb.

358. De toutes les mines de plomb , le sulfure ou galène est la seule que l’on traite partout pour en retirer le métal. Le plomb carbonate' est, à la vérité, fondu dans quelques usines, mais le plus souvent mêlé avec la galène.

Le minerai est d’abord trié , bocardé et lavé avec plus ou moins de soin , afin de le débarrasser de sa gangue. Alors, pour en isoler le métal et l’obtenir pur, il ne s’agit plus que d’en chasser le soufre. O11 connaît trois procédés pour remplir cet objet ; nous allons les décrire tels qu’on les pratique dans les diverses exploitations de galène.

I. Le plus ancien procédé consiste à prendre la galène en morceaux concassés ou plutôt en poussière (Sehlichs), à la mêler avec du combustible et de l’argile délayée , à en former

des tas dans un espace entoure de trois petits murs destines à soutenir la matière, et à la griller convenablement. On est souvent oblige de faire subir plusieurs grillages à la masse, afin de la décomposer entièrement. Par cette opération, le soufre se convertit en acide sulfureùx qui se dégage; mais le plomb se trouve oxidé en même temps; de plus, une portion de cet oxide se combine avec de l'acide sullurique produit, et forme du sulfate de plomb. On mêle ce mélange d’oxide et de sulfate avec du charbon de bois , et on le fond dans des fourneaux à manche plus ou moins élevés. L’oxide libre est promptement réduit: mais le sulfate passant à l’état de sulfure, donne des mattes qu’il faut griller et refondre de nouveau pour en retirer le métal.

II. Un autre procédé de traitement pour la galène suffisamment pure, et qui présente beaucoup d’avantages, c’est de griller et de fondre dans un fourneau à réverbère chauffé au bois ou à la houille.

On commence d’abord par griller le minerai à une chaleur modérée , et pendant quelque temps sans le remuer; on augmente ensuite le feu peu à peu, et on a le soin de mélanger les couches supérieures presque entièrement composées de sulfate de plomb, avec les couches inférieures, qui ne sont formées que de sulfure non décomposé : par ce moyen , le soufre de ce dernier enlève tout l’oxigène à l’oxide et une partie de celui de l’acide du sel, en sorte qu’il en résulte du plomb métallique provenant du sulfate et du sulfure, et du gaz acide sulfureux en très grande abondance.

III. Le troisième procédé n’exige aucun grillage , et est très économique; il consiste k désulfurer le minerai par le moyen du fer. A cet effet, on se sert encore du fourneau à réverbère; mais, dès l’instant que le minerai est fondu, on ajoute successivement un quart de son poids de vieille ferraille ou de fonte granulée, en ayant soin de bien brasser toute la masse. Le

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soufre est alors absorbé par le fer, et le plomb se trouve réduit très promptement; ce métal fond et se rassemble au bas du fourneau, et s’écoule ensuite dans un bassin destiné à le recevoir; mais comme le sulfure de fer coule avec lui dans ce premier récipient, et qu’il reste d’ailleurs à sa surface à cause de sa moindre pesanteur , on décante le bain métallique dans un second bassin , à l’aide d’une ouverture pratiquée à la partie inférieure du premier.

Quelquefois on grille d’abord le minerai , on le fond ensuite dans le même fourneau à réverbère , et on n’ajoute le fer que sur la fin de l’opération , pour décomposer les sulfures et les sulfates de plomb qui demeurent encore sur la sole du fourneau. Cette pratique réduit de beaucoup la consommation du fer métallique , et diminue les frais.

Lorsque les minerais ne sont point argentifères , ce qui arrive assez rarement, le plomb obtenu par ces divers procédés peut être immédiatement livré au commerce. Mais, pour peu qu’il renferme en argent de quoi couvrir les dépenses, et tel est celui qui provient de la galène à petites et à moyennes facettes, on cherche à en séparer ce métal précieux. Il prend alors le nom de plomb d'œuvre, et on le soumet à la coupellation, comme nous l’avons dit en parlant de l’extraction de l’argent (283).

35g. La quantité de plomb extrait annuellement dans les diverses parties du globe s’élève à plus de 55o,ooo quintaux , dont la valeur est de plus de 22,000,000 de francs. Le tableau suivant indique les quantités de ce métal que fournissent les pays où se trouvent des exploitations en activité.

Angleterre

Prusse

Autriche

Hartz

Espagne

France

Nassau-Ussingen

Savoie

Pays-Bas

Ânlialt-Bernbourg

Pavs de Baden

Total. 52g, 8bo quintaux.

36o. Usages et diverses préparations . Les usages du plomb sont très multipliés et assez généralement connus : réduit en lames d’environ deux lignes d’épaisseur, on l’emploie à couvrir des édifices ; on en fait des tuyaux de conduite, des réservoirs, des chaudières, des chambres dans lesquelles se fabrique l’acide sulfurique, des balles et de la grenaille. Allié avec environ un quart de son poids d’antimoine , il constitue les caractères d’imprimerie; avec la moitié de son poids d’étain, il forme la soudure des plombiers. On en prépare en grand le blanc de plomb ou céruse , la litharge, le massicot et le minium. Il est également très employé pour l’exploitation des mines d’argent et d’or. En Médecine, on n’en fait point directement usage; mais il entre dans la composition de plusieurs préparations, telles que les acétates de plomb, les différé ns emplâtres à base d’oxide, etc.

Nous allons entrer dans quelques détails relativement à la préparation de quelques-uns des composés que le plomb fournit aux arts et qu’on obtient toujours en grand, c’est-à-dire la litharge, le massicot, le minium, la céruse et le sel de Saturne.

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