Tome I. o
ÉLÉMENS
36 1 . La litharge est le protoxide de plomb fondu. On ne la fabrique jamais directement ; elle provient toujours delà coupellation du plomb d'œuvre ; cette opération, comme nous l’avons dit (?.83), se pratique dans un fourneau à réverbère, de telle manière que le plomb s’oxide et forme au-dessus du bain d’argent une couche liquide, qui s’écoule par une échancrure pratiquée à la partie supérieure de la coupelle , et qui est reçue dans un bassin particulier , où elle se divise , par le refroidissement, en petites lames micacées opaques, et d’une couleur d’or. Mais cet oxide, ainsi obtenu, est rarement pur ; il renferme presque toujours un peu de cuivre et de fer, provenant du plomb d’œuvre soumis au traitement ; aussi l’ammoniaque produit-elle, dans sa dissolution nitrique, un léger précipité d’oxide de fer, et communique-t-elle une couleur bleue plus ou moins marquée à la liqueur surnageante. On connaît dans le commerce deux espèces de litharge, la litharge anglaise et la litharge d' Allemagne : la première est généralement plus pure et par conséquent plus estimée que la seconde. La litharge , quelle que soit d’ailleurs sa pureté , contient toujours une petite quantité d’acide carbonique qu’elle enlève peu à peu «à l’air avec lequel elle est en contact. On distinguait autrefois cet oxide, suivant que sa couleur tirait sur le jaune ou sur le blanc, en litharge d’or et litharge d'argent , et l’on croyait que ces deux variétés devaient leur teinte, la première à de l’or, la seconde à de l’argent; cette opinion, tout-à-fait fausse, n’a plus de crédit qu’auprès des gens dépourvus de connaissances chimiques, et l’on sait fort bien maintenant que cette différence de couleur tient uniquement aux oxides étrangers ci-dessus mentionnés, et à la proportion variable d’un peu de minium que la litharge renferme constamment et qui s’est formé pendant l’écoulement et le refroidissement de cette dernière par le contact de l’air.