C ESPÈCE. FER SULFURÉ MAGNÉTIQUE
( Pyrite magnétique , Brongniart; sulfure de fer magnétique ,
Beudant. )
536. Caractères physiques. 11 est d’un jaune de bronze mêlé de brunâtre ; son éclat est métallique : il a une cassure raboteuse , une structure très sensiblement laminaire , une dureté moyenne. Son caractère distinctif est d’attirer l’aiguille aimantée à la manière du fer; quelquefois son magnétisme est polaire.
Sa pesanteur spécifique est de 4 >5.
Caractères chimiques. Ils sont les mêmes que ceux de l’espèce précédente ; il donne , en outre , un dégagement de gaz hydrogène sulfuré par l’acide sulfurique étendu d’eau.
Composition. Suivant M. Berzélius, c’est une combinaison de i atome de quadri-sulfure de fer et de 6 atomes de bi-sulfure = FeS^-j- 6FeSa. Peut-être existe-t-il encore dans la nature quelques combinaisons de ces deux sulfures dans d’autres rapports. Quelques analyses de fer sulfuré magnétique semblent conduire à cette idée.
Caractères cristallographiques . La forme primitive n’est pas encore bien déterminée. Le clivage conduit à un prisme droit rhomboidal , divisible dans le sens de la petite diagonale, suivant M. Haüy. M. de Bournon admet pour forme primitive le prisme hexaèdre régulier. 11 est rarement cristallisé; on a observé des tables hexagonales qui paraissent une aglomération de cubes.
Ses variétés de structure se réduisent aux trois suivantes :
Fer sulfuré magnétique laminaire. Il est en lames très éclatantes.
lamellaire .
massif. En masses plus ou moins compactes.
537. Gisement. Le fer sulfure' magnétique est assez rare ; il appartient exclusivement aux terrains primitifs , et surtout au gneis et au micaschiste, où il se rencontre en petits amas dans les couches et filons. O11 le cite principalement à Bodemnais en Bavière , à Andréasberg au Hartz , à Sclimolnitz en Hongrie , dans le Tyrol, le Cornouailles, près de Nantes en France et au Balm d’Oris, en Oisans. Il est souvent accompagné de zinc sulfuré et de fer phosphaté.
Usages. O11 l’exploite, comme les autres pyrites, quand 011 le trouve en assez grande quantité pour en retirer du soufre et former du sulfate de fer.
4e ESPÈCE. FER CARBVRÉ.
( Graphite , plombagine ou crayon noir. )
538. Caractères physiques. Il est d’un gris noirâtre avec le brillant métallique , tache le papier ou les doigts en gris métallique plombé, est très facile à entamer avec le couteau , a une surface grasse et onctueuse; sa texture est tantôt compacte, tantôt grenue, tantôt laminaire. Isolé et frotté, il acquiert l’électricité résineuse , mais n’électrise point la cire d’Espagne par le frottement.
Sa pesanteur spécifique est de 2,08 à 2,45.
Caractères chimiques. Il est infusible , inattaquable par les flux. Il fuse avec le nitrate de potasse, et donne un très petit résidu d’oxide de fer et de carbonate de potasse. Il cède à l’acide nitrique une très petite portion de 1er, dont la présence est indiquée par l’hydro-ferro-cyanate de potasse.
ÉLÉMENS
Composition. Encore mal connue = FeC*. 11 est presque toujours mélangé d’argile, d’oxide de fer et de pyrite.
Caractères cristallographiques . Il présente quelquefois des indications de cristaux, de petites lames hexagonales (?) qui semblent conduire à un prisme hexaèdre régulier dont les dimensions sont inconnues.
Ses variétés de structure sont peu nombreuses; ce sont :
Fer carburé feuilleté ou écailleux. Il est en petites lames d’un
blanc d’étain. Norwége, Calabre.
Compacte.
53g. Caractères d'élimination. Il se distingue du molybdène sulfuré en ce que celui-ci forme sur la porcelaine des traits verdâtres, et qu’il communique à la cire d’Espagne l’électricité vitrée au moyen du frottement.
540. Gisement. Le fer carburé paraît appartenir exclusivement aux terrains d’ancienne formation, tels que les primitifs et les intermédiaires. Dans les premiers, il est disséminé ou se trouve en amas et filons dans diverses roches , telles que le gneis , le calcaire, le micaschiste, les schistes argileux (Passaw en Bavière; vallées deStura et de Lucarna en Piémont ; montagnes de Labourd, dans les Pyrénées, etc.). Dans les seconds, il se rencontre aussi dans les schistes, tantôt disséminé dans toute la roche à laquelle il communique sa couleur, tantôt sous forme d’amas plus ou moins volumineux (Borovvdale, dans le Cumberland, en Angleterre; c’est la mine la plus estimée , à cause de la pureté du minerai et de son étendue). On l’indique dans les siénites (New-Yorch), dans les calcaires de transition, dans le grès houiller, mais toujours en petite quantité. Enfin, il accompagne quelquefois l’anthracite, comme au mont Saint-Bernard.