Tome I
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tient du quarz. C’est principalement à cette variété' qu’appartient Y aimant naturel ; ce sont ses morceaux qu’on taille pour les armer, et qu’on débite dans le commerce sous le nom de pierres d'aimant.
Fer oxidulé terreux. D’un brun noirâtre, possédant souvent un magnétisme polaire très énergique.
fuligineux. Très friable, d’un noir bleuâtre, tachant les doigts comme de la suie.
547- Caractères d’ élimination. On distingue le fer oxidulé du fer oligiste en ce que celui-ci est peu- ou point attirable à l’aimant , et que sa poussière est rouge.
548. Gisejnent. Le fer oxidulé forme des dépôts très considérables dans les terrains anciens , tels que les primitifs et les intermédiaires : ainsi on le trouve dans le gneis et le micaschiste , et surtout dans les roches schisteuses et ampliiboliques qui font partie de ces terrains. Il s’y rencontre disséminé en cristaux ou en nids , mais le plus ordinairement il est en amas souvent assez volumineux pour former à eux seuls des montagnes entières, comme à Taberg en Suède , dans la province de Smolande , ou bien en bancs puissans qui souvent se répètent plusieurs fois dans l’étendue en hauteur d’une même montagne , comme en Suède, en Norwège, en Hongrie, dans le Piémont, les monts (Durais, les monts Altaï, aux États-Unis , etc.
Nous rapportons au fer titané tout ce que l’on a nommé fer oxidulé arénacé , dont les dépôts, qu’on rencontre çà et là dans les ruisseaux, les rivières, sur le bord des mers,
proviennent de la destruction des diverses roches des terrains volcaniques, telles que les tufs basaltiques, les basaltes, les tracliytes , etc.
549. Annotations . L’aimant est, comme nous l’avons dit plus liant, une variété de fer oxidulé qui a la propriété d’attirer le fer et de supporter quelquefois même des poids assez considérables. C’est à cette propriété qu’on a donné le nom de magnétisme , du mot grec et latin magnes , qui signifie aimant. Les parties pierreuses qui se trouvent mélangées avec ce minéral 11e contribuent en rien à l’effet qu’il produit sur le fer; il réside entièrement dans les particules agglomérées de Foxidule de fer (oxidum ferroso-ferricum). Un fragment détaché au hasard se trouve pourvu de ses deux, pôles , dont l’un est appelé nord ou boréal, et l’autre sud ou austral. Suspendu à un fil délié, il dirige son axe magnétique parallèlement à la ligne nord-sud, non pas directement , car il y a un écart qui , pour Paris, est maintenant de 220 20', en allant du nord à l’ouest : c’est ce qu’on nomme la déclinaison de V aiguille aimantée. Comme nous n’avons pas pour objet d’exposer les phénomènes curieux que présente Y aimant ou Y aiguille aimantée, nous renverrons aux ouvrages de Physique, et nous nous contenterons d’indiquer les usages auxquels il est employé dans les arts. Le plus important est, sans contredit , de servir à la construction de la boussole, instrument précieux avec lequel 011 lève les plans et l’on se dirige sur les mers ou dans les lieux souterrains. On se sert en outre de l’aimant pour retirer des goupilles d’acier ou des brins de fer mêlés à de la limaille de cuivre, d’argent, etc. ; mais un de ses emplois les plus ordinaires , c’est de lui faire indiquer la présence du fer, et par là de servir à faire reconnaître certaines espèces minérales qui en contiennent , tels que les grenats, le péridot, l’hyacinthe, etc. En effet, il suffit d’apporter un corps quelconque à côté du pôle d’une aiguille aimantée librement sus-
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pendue; si celui-ci contient du fer, l’aiguille s’y portera surle-champ. Cependant quand ce métal n’y est qu’en très petite quantité, comme l’action du globe terrestre pour retenir l’aiguille dans l’axe magnétique est très forte , relativement à celle qu’exerce la particule de fer qu’on lui présente, on n’observe plus aucun effet. Il faut alors avoir recours à un moyen très délicat, imaginé par M. Haiiy, qui l’appelle la méthode du double magnétisme. (Voy. son Traité de Minéralog., t. I , page 2i3, 2e édition.)
7e ESPÈCE. FER OZ/G1STE.
55o. Caractères physiques . Sa couleur est le gris d’acier , son éclat est métallique , sa poussière est brune ou rouge ; sa cassure est raboteuse , et parfois vitreuse , ce qui dépend , dans ce dernier cas , de la finesse de ses parties et de leur densité ; sa texture est généralement dense. Il se brise aisément, est assez dur pour rayer le verre et la cbaux phosphatée ; il agit très faiblement sur les aiguilles aimantées , mais n’enlève jamais la limaille de fer.
Sa pesanteur spécifique est de 5,2 à 5, io.
Caractères chimiques. Traité au chalumeau avec le borax , il le colore en vert sombre.
Composition. N’est pas encore bien connue; quelques-uns
admettent Fe; d’autres, d’après une analyse de M. Yauquelin , le regardent comme une combinaison de i atome de bi-oxide
et de 3 atomes de tri-oxide = Fe-f-3Fe , ce qui cependant n’est point encore bien prouvé.
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un rhomboèdre obtus de 8G°io' et q3°5o'. Celui du corindon est de Sb’j' etqo°56', en sorte que ces deux espèces offrent une cristallisation pour ainsi dire identique. Il en est ici du peroxide d’aluminium et du peroxide de fer, comme de la chaux carbonatée
avec la chaux carbonate'e magne'sifère , comme des sulfates de baryte et de strontiane et du sulfate de plomb. Ce fait pourrait expliquer la substitution de l’oxide de fer à l’alumine dans beaucoup de minéraux dont la forme n’est pas changée ; mais il faudrait peut-être aussi dans ces cas prouver qu’un oxide conserve sa forme en se combinant.
Les formes cristallines secondaires sont très nombreuses et assez compliquées; elles résultent des modifications que le rhomboèdre primitif éprouve sur ses angles : ainsi on trouve le rhomboèdre basé , le dodécaèdre triangulaire isocèle tronqué, le prisme hexaèdre régulier, le rhomboïde très obtus, etc. La forme la plus ordinaire des cristaux de l’île- d’Elbe est celle qu’Haiiy a nommée bino-ternaire , qui résulte de la combinaison du prisme hexaèdre régulier avec le rhomboèdre primitif et le rhomboèdre très obtus.
Les variétés de structure sont :
Fer oligiste lenticulaire . Il provient de la variété cristallisée en rhomboïde très obtus, dont les faces ont subi des arrondissemens.
granulaire . Il forme des couches puissantes en divers endroits dans les terrains primitifs. Au Brésil, où il est mélangé de quarz , il porte le nom d 'itabyrite.
laminaire .
compacte.
Ces deux dernières variétés ne diffèrent que par leur forme. Toutes deux sont en cristaux solides, durs, très brillans, offrant une série de diverses couleurs, souvent irisées, qui proviennent de plusieurs causes d’altérations que subit le minéral. Elles forment les cristaux de l’île d’Elbe et de Framont ,
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(tans les Vosges. Elles se trouvent en grande masse, et constituent même des montagnes entières. C’est dans les fissures et les cavite's que se trouvent les cristaux réguliers.
Fer oligisle spéeulaire ou vitreux ( lamelliforme d’Haüy).
Il se présente en petits cristaux tabulaires minces , fragiles, gris et brillans comme l’acier le mieux poli ; leur surface est miroitante, et leur cassure est vitreuse. Ils se présentent ordinairement comme des lames minces de forme hexagonale, dont les facettes latérales s’inclinent sur les bases alternativement dans un sens et dans l’autre ; ils constituent alors une sous-variété du fer oligiste basé, qu’IIaiiy désigne par l’épitliète de segminiforme. On n’a encore trouvé cette jolie variété que dans les pays volcaniques: c’est le fer olgiste des volcans. Les cristaux sont implantés sur les parois des fissures de laves du Stromboli, du Puy-de-Dôme, du Mont-d’Or et de Volvic. Une remarque singulière à laquelle ils ont donné lieu, c’est qu’ils se trouvent surtout dans les terrains volcaniques à base de pyroxène et de péridot, et qu’ils sont moins abondans dans ceux d’amphibole et de felspath. Il n’y a pas de doute qu’ils n’aient été sublimés à l’aide de la chaleur. Les plus grandes lames hexagonales ont été rapportées de la Guadeloupe.
Fer oligiste écailleux ( jer micacé ) .
Cette variété renferme les minerais de fer qui s’attachent aux doigts quand on les touche, et qui se divisent par le plus léger frottement en paillettes brillantes et douces au toucher. Ces paillettes, au lieu d’être implantées sur une gangue comme la variété précédente, sont posées à plat, et appliquées les unes sur les autres en forme (l’écailles plus ou moins étendues et curvilignes. Leur couleur lire plus sur le noir que sur le gris d’acier; leur poussière est d’un rouge vif. Elles se trouvent surtout parmi le fer oligiste compacte. On en cite à la sur-
face de certaines houilles , ce qui prouve que cette variété n’appartient pas exclusivement aux terrains primitifs. Les Arabes en récoltent au-dessus des cataractes du Nil, et l’apportent aux Égyptiens , qui l’emploient pour les maladies des yeux. Elle est exploitée comme une mine très riche: elle renferme quelquefois de l’or disséminé , comme au Brésil.
Fer oligiste pseudo-morphique. Il se montre sous la forme de
chaux carbonatée métastatique , aux environs de Dusseldorf en Westplialie.
55 1. Gisement. Les gisemens du fer oligiste sont absolument les mêmes que ceux du fer oxidulé; ainsi, comme lui, il appartient essentiellement aux terrains primitifs et intermédiaires. Il y forme quelquefois des assises étendues, des montagnes entières , comme à Gellivara en Laponie ; Itacolumi , au Brésil , côte de Coromandel, etc. ; ou des amas et des fdons puissans, comme en Suède, àl’île d’Elbe, à Framont dans les Vosges, etc. ; ou bien simplement des rognons plus ou moins volumineux, et des veines disséminées dans les diverses roches de ces terrains. On le trouve quelquefois dans les teiTains secondaires. Il est rare que le fer oligiste soit absolument pur dans ces vastes amas que nous venons d’indiquer; il est ordinairement mélangé de fer oxidulé, comme dans presque toutes les mines de Suède, ou de fer oxidé rouge, comme dans les mines de Laponie, du Brésil, etc. Les substances minérales qui l’accompagnent sont le quarz , le mica , le talc , le pyroxène (cocolithe et salilite), l’amphibole, le felspatli, et en plus petite quantité le fer sulfuré, le cuivre pyriteux et le cuivre carbonate'. Plus rarement il est associé à l’or natif (Brésil), et au titane oxidé rouge (au Saint-Gothard).
Enfin il existe, mais en très petite portion, dans les terrains pyrogènes, soit anciens, soit modernes, où il est un produit du
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feu des volcans. Ainsi on le trouve dans les fentes des roches trachy tiques (Mont-d’Or, département du Puy-de-Dôme) ; dans les laves en coulées distinctes, à \ olvic, même département; dans les scories qui bordent les cratères des volcans anciens , au Puy-de-la- Vache , au Puy-Pariou, même département; et dans les laves des volcans en activité, comme au Stroinboli, l’une des îlesLipari.
Usages. Il n’a d: autre usage que de servir à l’extraction de son métal.
8e ESPÈCE. FER 0X1 DÈ ROUGE.
( Mine de fer rouge ; peroxide de fer, Beudant.)
552. Caractères essentiels. Cette espèce offre presque tous les caractères de l’espèce précédente , si ce n’est qu’elle ne possède jamais, ou du moins très rarement, l’éclat métallique, que sa texture est ordinairement terreuse et grenue, et que sa poussière est d’une couleur rouge foncée. Elle n’est jamais magnétique, noircit sans se fondre au chalumeau, et colore le borax en vert olive jaunâtre.
Sa pesanteur spécifique est de 3,5 à 5,oo5 ?
M. Beudant a cru remarquer qu’elle se présentait quelquefois sous la forme de l’octaèdre régulier et du cube, comme le fer oxidulé; mais il est douteux que ces cristaux appartiennent à cette espèce.
Composition. C’est le tri— oxido de fer de Berzélius ~Fe. Il est rarement pur dans la nature.
Variétés de structure. C’est à cette espèce qu’il faut rapporter toutes les variétés terreuses ou hématitiformes qu’Haiiy avait décrites dans la première édition de son traité, sous le nom de fer oxide', et qu’il a cru devoir faire rentrer depuis dans l’espèce du fer oligiste. On peut en distinguer quatre variétés distinctes.
Fer oxide rouge concrélionnê , vulgairement hématite rouge.
L’hémati te rouge est compacte, très dure, et o lire un aspect fibreux, quelquefois cristallin. Sa surface se lime, se polit, et peut même acquérir un éclat presque métallique. Elle est ordinairement d’un rouge brun; son éclat est vitreux, légèrement soyeux , et sa poussière est rouge. Elle pèse de 4>8 à 5. Sa fracture produit des fragmens qui ressemblent assez à des éclats de bois. La surface extérieure des masses est toujours concrétionnée, mamelonnée, et présente souvent des sections de sphère ou des cylindres accolés.
Elle renferme presque toujours un peu de silice et d’eau, en sorte qu’on peut facilement la confondre avec Y hématite brune, variété du fer hydraté. Mais on pourra la distinguer à ce que la poussière de cette dernière est jaune au lieu d’être rouge.
L’hématite rouge se trouve dans les terrains primitifs ; elle forme des stalactites, et tapisse les fissures et les cavités dans les filons des autres mines de fer. C’est un minerai très riche.
C’est à cette variété qu’appartient ce qu’on appelle pierre à brunir, et dont on se sert pour polir certains corps,. et en particulier les métaux.
Fer oxidé rouge compacte.
D’un rouge brun assez foncé, quelquefois très vif; cassure unie ou largement conchoïde; sa texture, qui n’est jamais fibreuse , le distingue de Y hématite concrétionnée. Il forme des filons, des couches ou des masses considérables qui se divisent quelquefois en prismes à l\ ou 5 pans , probablement çar un retrait que la matière aura subi en se refroidissant ou en se desséchant. On trouve de pareilles masses à Saarbruck (Meurthc) et sur les bords du Rhône, dans le département de l’Ardèche. Cette variété rend jusqu’à 70 j pour cent de fonte.
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Fer oxide rouge ocreux ou terreux. (Ocre de fer rouge; fer oxide rouge argilifère, W. et Ilauy. )
Se distingue des variétés précédentes par son rouge vif, son aspect terne et terreux et par son toucher , qui est doux sans être onctueux. Il s’écrase facilement, mais ne contient pas assez de matière terreuse pour que cette addition puisse changer les caractères distinctifs ; c’est cette seule considération qui fait distinguer le fer oxidé ocreux des ocres ferrugineux rouges. Il accompagne presque toujours l’hématite, et se trouve dans les terrains primitifs. On ne l’exploite pas comme mine de fer, mais on l’emploie dans la peinture ; ce que l’on appelle communément sanguine et crayon rouge des dessinateurs, n’est autre chose que cette variété plus ou moins mêlée d’argile ; c’est le rhœthel de Werner.
Fer oxidé rouge luisant. (Fer rouge écailleux , écume de fer.)
En masses d’un rouge sombre , ayant un aspect luisant , et laissant sur les doigts un enduit gras de leur couleur. Elles sont ou granulaires ou compactes : quelquefois les grains sont semblables à de petites fèves. C’est alors la variété cyamoide d’Ilaüy. Cette variété est assez rare ; on la trouve avec les autres minerais de fer en Allemagne, en Hongrie et en Angleterre.
553. Gisement. Le fer oxidé rouge constitue quelquefois à lui seul des gîtes plus ou moins considérables, tantôt enfilons, tantôt en couches, dans les terrains primitifs (La Aoulte, Ardèche ; Somorostro en Biscaye ; Minas-Geraes , au Brésil) ou dans les terrains intermédiaires (Elbingerode, Lauterberg, Altenau, Zorge, Leerbach, au Hartz). 11 forme aussi depetits (dons ou nids dans ces derniers (Moutier en Taren taise ; Co— mor, en Hongrie), et se trouve dans un grand nombre de lieux avec les divers minerais de fer, tantôt en grande quantité (île d’Elbe, l’rainonl), tantôt seulement en petits amas, en
stalactites (dans les dépôts intermédiaires d’hydroxide). On le connaît en veines, dans les détritus des roches ignées (Musay en Hongrie, Tolfa dans les états romains), en cristaux dans les fissures des tracliytes (Puy-de-Dôme, où il est en octaèdre, en cubes?). Il colore les argiles qui proviennent de la décomposition des laves (Auvergne, "Vivarais , etc.), ou celles qu’on trouve dans quelques parties des terrains secondaires. (Beudant.) Les substances minérales qui lui sont le plus ordinairement associées sont le quartz, la baryte sulfatée, le calcaire , la lithomargè.
90 ESPÈCE. FER SULFATÉ.
( Sulfate de fer des chimistes ; hydro-sulfate de fer, Beudant ; couperose , vitriol de fer. )
554* Caractères essentiels. Substance saline , verdâtre , soluble , d’une saveur astringente , dégageant de l’eau lorsqu’on la chauffe dans le matras , et de l’acide sulfureux lorsqu’on la fait rougir. Sa dissolution dans l’eau précipite abondamment en vert bleuâtre par l’hydro-ferro-cyanate de potasse, et en noir foncé par la teinture de noix de galle.
Sa pesanteur spécifique est de i,84-
Composition. C’est un tri-sulfate de bi-oxide de fer, conte-
liant 12 atomes d’eau -=FeS2 -j~ i2Aq.
554 bis. Caractères d’élimination. On distingue le fer sulfaté fibreux du zinc sulfaté en filets capillaires, en ce que celui-ci, exposé au feu, donne des flocons blancs accompagnés d’une flamme brillante, et que sa dissolution ne précipite pas en noir par la teinture de noix de galle.
554 1er. Gisement. Le fer sulfaté se trouve dans la nature sous forme de concrétions et de filamens libres ou adliérens, d’un blanc jaunâtre, qui deviennent verts quand ils acquièrent une certaine épaisseur, à la surface de certaines roches schisteuses : il pro-
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vient surtout de la décomposition du fer sulfuré blanc radié ou de celui qui est disséminé en grains microscopiques dans les schistes alumineux. On le trouve rarement cristallisé. Celui que l’on obtient artificiellement sous cet état offre des cristaux qui dérivent d’un prisme oblique rhomboidal , peu différent d’un rhomboèdre aigu , dans lequel les inclinaisons des faces situées vers l’angle supérieur sont de 8on3’j' et82°2o', d’après les mesures prises avec le goniomètre à xéflexion. Ces cristaux offrent la double réfraction. Ils s’effleurissent à l’air, en absorbant l’oxigène, mais seulement à leur surface, et se couvrent peu à peu de taches ocreuses.
555. Préparation. La fabrication du sulfate de fer se fait très en grand dans les arts, en imitant le procédé à l’aide duquel le fer sulfaté se forme dans la nature, c’est-à-dire en exposant les pyrites ou les schistes argileux qui en contiennent à l’air humide. Ce procédé s’exécute en France, dans les départemens de l’Oise, de l’Aisne et de l’Aveyron. Comme le sulfure de fer y existe mêlé avec l’argile , on s’y prend de telle manière qu’on obtient tout-à-la-fois de l’alun et du sulfate de fer. On expose le sulfure à l’air, sous des hangars, en tas plus ou moins longs et plus ou moins larges, et dont l’épaisseur est d’environ trois pieds : on les humecte légèrement , et on les remue quelquefois pour renouveler les surfaces. Peu à peu le sulfure de fer absorbe l’oxigène de l’air et se convertit en sulfate qui vient s’effleurir à la surface des tas, et qui est très reconnaissable à sa saveur d’encre. Mais à mesure que le soufre se brûle, une portion d’acide sulfurique se combine avec l’alumine qui fait partie du sulfure employé, en sorte qu’il en résulte également du sulfate d’alumine. Au bout d’un an environ, on lessive la matière; on dissout ainsi les deux sulfates, et o;i concentre convenablement la liqueur dans des chaudières de plomb : le sulfate de fer cristallise presque tout entier, tandis que le sulfate d’aluiuinc, qui est déliquescent,
reste dans les eaux mères. Ou decante celles-ci , on lave le sulfate de 1er avec une petite quantité' d’eau ; on le fait égoutter et séclier, et on le livre ainsi au commerce, Mais ce sel ainsi obtenu n’est pas pur, il contient toujours une quantité variable de sulfate de cuivre, parla raison que les pyrites exploitées renferment constamment du sulfure de cuivre. Dans plusieurs fabriques , avant de livrer la couperose verte au commerce, on la dissout dans l’eau, et on plonge dans la liqueur des lames de fer ou de la ferraille , qui précipitent en totalité l’oxide de cuivre, de sorte qu’en décantant et faisant cristalliser, on obtient du sulfate de fer parfaitement pur.
Quant aux eaux mères du sulfate de fer , qui renferment le sulfate d’alumine, on s’en sert pour faire de l’alun qui est un sulfate d’alumine etde potasse ou d’ammoniaque. {Voir préparation de l’alun 82.4.) Lorsque les pyrites que l’on exploite s’effleurissent mal, ce qui arrive quelquefois, ou qu’elles sont trop mélangées de terre , ce que présentent les résidus qu’on obtient après avoir déjà exposé le minerai à l’air et l’avoir lessivé, comme dans ce cas la vitriolisalion serait trop longue, et qu’alors il y a plus d’avantage à obtenir de l’alun , on s’y prend de manière à n’obtenir pour ainsi dire que du sulfate d’alumine. Pour cela, on met le feu au sulfure, après l’avoir disposé toutefois de telle sorte que la combustion puisse se propager. L’acide sulfurique provenant du grillage de la pyrite se porte, à cette température, presqu’en totalité sur l’alumine. Après 8 ou g mois d’exposition à l’air, on lessive, on concentre les liqueurs, et on les transforme en alun, à la manière ordinaire , c’est-à-dire en y ajoutant une proportion convenable de sulfate d’ammoniaque.
556. On distingue dans le commerce plusieurs sortes de couperose verte diversement estimées suivant leur pureté : la couperose à’ Angleterre, celle de Beauvais et celle à’ Allemagne.
La couperose d’Angleterre , dont il n’entre que très peu en
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France, est la plus estimée, parce qu’elle contient peu de cuivre.
La couperose de Beauvais, colorée légèrement en noir avec de la noix de galle avant d’être livrée au commerce, est loin d’être pure; non seulement elle renferme une assez grande quantité de cuivre , mais encore de l’alun en proportion assez forte, ce qui est dûau mode de préparation qu’on emploie. On l’extrait d’une terre tourbeuse et pyriteuse très abondante dans toute la Picardie , et qui s’efïïeurit aisément.
La couperose d’Allemagne cristallisée en prismes rhomboïdaux assez volumineux et bien formés, contient une grande quantité de sulfate de cuivre ; aussi est-elle d’un bleu assez foncé. C’est la moins estimée de toutes, et avec juste raison.
On a préparé autrefois la couperose, en la fabricant de toute pièce, par la réaction de l’acide sulfurique étendu sur le fer : on en obtenait aussi en faisant rapprocher et cristalliser la solution de sulfate de fer qui résulte de l’action de l’acide sulfurique sur la ferraille dans la préparation de l’bydrogène dont on emplit les ballons: mais aujourd’hui la couperose que les grandes fabriques d’alun recueillent dans leurs opérations est versée dans le commerce à si bas prix que toute cette fabrication devient trop coûteuse.
Nous avons dit plus haut que les cristaux de sulfate de fer exposés à l’action de l’air humide, ne tardent pas à se couvrir d’une pellicule jaune ocreuse , qui n’est autre chose qu’un sous-trito-sulfatc ; dans cet état, ils sont souvent refusés dans le commerce. Pour éviter que la couperose ne prenne cette apparence aussi vite, on plonge les cristaux dans une solution chargée de mélasse ; il se forme une sorte de vernis à la surface , qui contribue à la défendre de l’action de l’air atmosphérique.
557. Usages. Le sulfate de fer est très employé dans les arts : on s’en sert dans la fabrication du bleu de Prusse, dans la composition des teintures en noir et en gris, dans la prépa-
ration de 1 encre, et dans celle de la poudre à rasoir. Sa dissolution, versée dans celle de l’hydroclilorate d’or, sert à obtenu 1 oi tics divisé qu on emploie pour dorer la porcelaine. En Pharmacie, on en prépare le colchoiar ou le tritoxide de fer , et le sous-carbonate de fer. On le prescrit aussi en nature comme astringent
10e ESPÈCE. FER SOU S— S V LF A T JS TERREUX.
( Ocre de vitriol, fer sulfaté ocreux, Berzélius; hydro-sulfate bi-ferrugineux , Beudant; pittizite.)
558. Caractères essentiels. Substance jaune ou brunâtre , résinoïde ou terreuse, insoluble dans l’eau, présentant tous les autres caractères de l’espèce précédente.
Composition. C’est un sous-sulfate de tri-oxicle de fer cou-
tenant 6 atomes d’eau = FVs -f- 6Aq.
On la trouve sous forme de mamelons, de stalactites, d’incrustations ou de poussière à la surface de diverses substances et accompagnant les minerais de fer, principalement les sulfures.
55g. Annotations. M. Berzélius cite un fer sulfaté rouge, pro- \ enant d un puits de la mine de Fahlun nommé Jnsjo, et qui paraît être, d’après son analyse, un mélange ou une combinaison de 1 atome de sulfate de bi-oxide de fer, de 6 atomes de sulfate de
tri-oxide , et 72 d’eau = Fe'^-f 6FeSa+ 72 Aq. Il est probable qu’il doit exister dans les mines d’autres mélanges analogues, mais en proportions variables.
IIe ESPÈCE. FER PnOSEIIATÉ.
{ber azuré , Brongniart ; hydrophosphate de fer, Beudant -
vivianile. )
56o. Caractères essentiels. A l’état de pureté et cristallisé , il est transparent et d’une couleur verdâtre; opaque, il est d’un
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bleu très fonce. Sa poussière est d’un bleu pâle et tache le papier. Il est fragile, raie le gypse; il prend au chalumeau une couleur rouillée , et se réduit ensuite en un bouton magnétique qui a l’aspect métallique • il se dissout complètement et sans effervescence dans l’acide nitrique étendu, ainsi que dans l’ammoniaque, mais il 11e leur communique pas sa couleur. L’huile le colore en noir, ce qui sert à le distinguer du cuivre carbonaté bleu qui ne jouit pas de cette propriété.
Sa pesanteur spécifique est de 2,6.
Composition. C’est un phosphate de bi-oxide de fer contenant de l’eau en proportions variables.
Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un prisme rectangulaire oblique , dont la base est inclinée d’environ ioo° sur la face correspondante. Les joints parallèles aux faces de ce prisme sont très sensibles, mais ils n’ont pas tous le même éclat.
Nous partageons cette espèce en trois variétés principales.
I. Fer phosphaté cristallisé. On trouve quelques petits cristaux de cette variété qui ont la forme de prismes octogones , terminés, les uns, par des pyramides dièdres, les autres par des sommets trièdres ; mais il est plus ordinaire de le trouver en petites masses composées de lames radiées, ou en aiguilles tantôt libres, tantôt radiées. Cette variété se rencontre à l’Ilede-France, aux États-Unis, en Sibérie, à Sainte-Agnès dans le Cornwal, à Bodenniais en Bavière, au Groenland, et parmi les produits de la houillère embrasée de la Bouiehe en Bourbonnais. On a trouvé, dans cette dernière localité, des vertèbres fossiles dont l’intérieur était tapissé de cristaux de
cette substance. La formule indiquée par M. Berzélius se-
rait = Fcd P! + i6Aq.
II. Fer phosphaté terreux ou pulvérulent. Sa couleur , d’abord cl’un blanc grisâtre , passe au bleu d’indigo ou au bleu de
smaltpar le contact de l’air. 11 est tantôt compacte et en masses composées de particules terreuses sans éclat, tantôt sous la forme d’une poussière fine. On le trouve, sous ces états , dans trois gisemens différons : i°. dans les terrains pyrogènes, disséminé dans les roches basaltiques , comme à l’île de Bourbon ; 2°. dans les terrains d’alluvion moderne , formant de petits nids dans des dépôts d’argile ou de fer limoneux , ou dans les tourbières et autres terrains marécageux. C’est ainsi qu’il existe à Alleyras (département de la Haute -Loire ) , dans la vallée de Vignet, près Mauriac, sur les bords du canal de Caen, et en Saxe, en Pologne, en Bavière, en Sibérie. On le rencontre fort souvent sur les racines des végétaux encore vivans qui se trouvent dans ces sortes de terrains; il tapisse aussi quelquefois l’intérieur de certaines coquilles, ou en revêt l’extérieur sous forme de belles taches bleues, comme sur quelques coquilles de Grignon, près Versailles. 3°. Dans les terrains primitifs , disséminé dans la masse même des divers phosphates de fer, de manganèse, trouvés par M. Alluaud aîné dans le granité à grandes parties des carrières de Hureaux, du département de la Haute— Vienne. Quoique, dans ce dernier gisement, ce minéral ait le plus souvent un aspect pulvérulent, on reconnaît à la loupe qu’il n’a rien de terreux comme celui des terrains supérieurs, et qu’il forme de petits mamelons concrétionnés et cristallins.
M. Berzélius admet pour cette variété une autre formule de composition, calculée d’après une analyse de Klaproth ,
— Fe’P2-4- 12 Aq. Cette anomalie de composition , entre deux variétés qui offrent à peu près les mêmes caractères, disparaîtrait probablement devant une nouvelle analyse. C’est à cette variété qu’on a donné autrefois le nom de bleu de Prusse natif, sa couleur l’ayant fait prendre pour cette substance artificielle.