‹ Élémens de minéralogie appliquée aux sciences chimiquesChapitre 76 sur 81 · Tome I · texte numérisé non relu

Tome I

ELI- MENS

HT. Turquoise. On appelle ainsi des fragmens d’ivoire fossile , des dents ou autres parties de divers animaux pénétrés de fer phosphaté qui leur communique une couleur bleue. Cette couleur les a fait comparer aux turquoises orientales , dites de vieille roche, qui sont des substances pierreuses colorées par de l’oxide de cuivre et susceptibles de recevoir un beau poli ; ces dernières sont très estimées dans le commerce des bijoux , et diffèrent encore des fausses turquoises en ce q icelles ne changent pas de couleur à la lumière des bougies , comme font ces dernières. On prétend que certains ivoires fossiles sont susceptibles de devenir d’un beau bleu par une chaleur douce et prolongée.

Les fausses turquoises , dites de la nouvelle roche , sont employées dans la bijouterie : elles ne sont pas d’une grande valeur. Une belle turquoise de cette espèce , bleu de ciel , de 4 lignes sur 4 , a été vendue 12 1 francs.

561. Gisement. Nous n’avons presque rien à ajouter, sur le gisement de cette espèce , à ce que nous avons dit sur les gisemens des variétés en particulier : seulement nous dirons que le phosphate cristallisé se trouve surtout dans les terrains primitifs , généralement implanté sur le fer sulfuré magnétique.

12e ESPÈCE, fer carboeaté.

(Vulgairement fer spalhique, mine de fer blanche, mine d'acier , chaux carbonatée ferro-manganês ifere . )

562. Caractères physiques. Ce minéral est naturellement d’une couleur blanche; mais l’action continue de l’air lui fait subir des altérations qui changent sa couleur, en sorte qu’elle passe par diverses teintes de brunâtre et de noirâtre. Il raie le calcaire et est raye par le fluor. Sa structure est laminaire.

Sa pesanteur spécifique est de 3,6 à 3,8.

Caractères chimiques . Il se dissout à cliaud avec effervescence dans l’acide nitrique. Au chalumeau, il devient brun et attirable à l’aimant.

Composition. Formée de 1 atome de bi-oxide de fer et de 2 atonies d’acide carbonique ~ FeC5.

Caractères cristallographiques . Sa forme primitive est un rhomboïde obtus de io7°ct73°. (Wollaston.) Il se divise parallèlement aux faces de ce rhomboïde avec la même facilité que le carbonate calcaire. Du reste, on trouve à peu près les mêmes formes dominantes ; les plus communes sont celles qu’Haüy a nommées équiaxe, contrastante, basée , prismatique. On rencontre fréquemment le rhomboïde primitif ; ses faces ont souvent beaucoup d’éclat. Presque tous les cristaux sont mélangés de chaux carbonatée. Dans quelques échantillons mêlés de manganèse carbonate , les faces présentent des courbures et des inflexions ; mais dans l’état de pureté elles sont parfaitement planes.

Ses variétés de structure sont les suivantes :

Fer carbonaté laminaire. Il est grisâtre , quelquefois rougeâtre, par suite d’un commencement d’altération.

lamellaire. Il est jaune-brun ou blanchâtre.

lenticulaire.

concrétionné mamelonné. Sur le basalte.

pseudo—morphique . Moulé sur des morceaux de chaux carbonatée métastatique; sous forme de plantes qui se rapprochent des fougères, des licopod lacées , des équisétacées.

lithoidc ou compacte. ( Fer oxidé rubigineux cloisonné, llauy ; fer argileux commun , Jameson. )

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Cette variété n’a, pour ainsi dire, aucun rapport avec les précédentes , tant à cause de son état de mélange que de ses caractères. Sa couleur est souvent le brun jaunâtre , le gris roussâtre ou le rouge de brique sale; sa cassure est grenue et serrée. Elle se laisse aisément rayer, et sa poussière est d’un brun jaunâtre ; elle happe à la langue , a une odeur légèrement argileuse , ne fait effervescence avec aucun acide , noircit au chalumeau sans s’y fondre , et devient attirable à l’aimant par le plus léger grillage. Pèse 3,4 au plus.

Presque toujours mélangée de matière terreuse et sableuse, de bitume , etc. , elle forme en grande partie les fers terreux argileux , et particulièrement celui cpii se trouve en masses sphéro'idales aplaties dans les terrains liouillers, et dont la grosseur est variable (fer oolitique des houillères). Ces sphéroïdes sont pleins et compactes ; mais on remarque qu’ils sont composés d’une croûte testacée formée par la réunion de plusieurs couches enveloppantes qui se séparent en calottes creuses ; au premier choc, le noyau, plus dur pour l’ordinaire, est souvent divisé, dans son épaisseur, par des fissures croisées qui produisent des prismes triangulaires ou carrés. Ordinairement ces fissures, qui sont produites par retrait, sont vides; mais elles sont aussi remplies par du quarz , de la chaux carbonatée , et même de la baryte sulfatée. Ces masses renferment parfois des ichtj olilcs. Enfin, cette variété offre souvent des Indus, comme la chaux carbonatée. (Brongniart. )

563. Annotations. Nous avons dit plus haut que la plupart du temps les cristaux de fer spatliique étaient mélangés de carbonate de chaux ; il est présumable que dans ce cas c’est une véritable combinaison en proportions définies ; ce serait donc un carbonate double de 1er et de chaux. Peut-être pourrait-on en dire autant du fer spatliique mélangé de carbonate de manganèse.

564- Gisement. Le fer carbonate' est un des minerais de fer le plus abondamment répandus; mais il offre deux manières d’ètre géologiques, suivant sa nature, et sous ce rapport on peut très bien le séparer en deux sous-espèces , savoir : le fer spatliique ou cristallisé , et le fer compacte ou lithoidc. Le premier existe en filons ou en amas dans les terrains primitifs et intermédiaires ; il forme dans le granité des dépôts peu étendus , et s’associe aux matières qui composent les filons de ces terrains. C’est dans cette espèce de gisement qu’on le trouve à Baigorry , Yic-Dessos, etc. , dans les Pyrénées ; à Allevart , en Dauphiné , en Savoie , en Styrie , en Carinthie, au pays de Siégeai , en Espagne, en Angleterre, etc. Le second, ou le carbonate litlioïde , appartient aux terrains secondaires , et particulièrement au grès liouiller ; c’est au milieu de l’argile scliistoide de ces terrains qu’il se trouve disséminé en sphéroïdes aplatis (désignés sous le nom de spheerosiderite) , disposés suides plans parallèles à la stratification. Tantôt il forme des couches plus ou moins étendues dans le grès même , comme en Hongrie et en Galicie, dans la partie orientale des Karpathes, etc. ; tantôt il se trouve avec la houille même, comme aux environs de Saint-Etienne, à Aubin (Aveyron), à Anzin (Nord), en Silésie, et dans la plupart des mines d’Angleterre. Cette variété est un des minerais les plus faciles à exploiter; il donne de très bon fer, dans la proportion de 3o à 4° pour cent.

APPENDICE

565. Le fer carbonate' change de couleur, comme nous l’avons déjà dit , par l’action continuée de l’air; mais ce n’est pas la seule altération qu’il y subit : il perd peu à peu de sa dureté , et se décompose totalement; il abandonne son acide en partie , et le fer s’oxide davantage. Il se présente alors sous forme de masses terreuses ou sous des formes empruntées ; il conserve

souvent celle du bi-carbonate dont il provient, et quelquefois en partie sa structure. C’est alors un véritable carbonate de

tri-oxide de fer, dont la formule = FeCC

I 3e ESPÈCE. FER ARSENIATE SCORODITE.

( Scorodite ou sk orodite; hjdrarseniate de protoxide de fer ,

Beudant. )

566. Caractères essentiels, fl est d’un bleu légèrement verdâtre; chauffé dans un matras, il dégage de l’eau et devient ensuite d’un gris blanchâtre ou jaunâtre : plongé dans la flamme d’une bougie , il s’y fond à l’instant en un globule qui présente à sa surface le brillant métallique. Exposé à une chaleur intense, il répand des vapeurs arsenicales.

Sa pesanteur spécifique est de 3,2.

Il se présente en petits cristaux assez compliqués , que l’on rapporte à des prismes rhomboidaux d’environ 6o° et 1200, à sommets tétraèdres?

Composition. C’est un arseniate de bi-oxide de fer contenant de l’eau en quantité inconnue, = FeAs-f- xÀq.

567. Gisement. Se trouve dans les terrains primitifs avec l’espèce suivante , accompagnant les mines de cobalt et d’étain ; à Graul , près Schwartzemberg.

14e ESPÈCE. FER ARSERiATÊ CUBIQUE.

(Hjdrarseniate cubique , Beudant; mine cubique ; winfelerz .}

568. Caractères essentiels. Il est d’un vert plus ou moins foncé, devenant souvent d’un brun rougeâtre à l’air; il raie le calcaire, a une cassure inégale et un peu grasse. Chauffé dans un matras, il dégage de l’eau et devient rouge; au chalumeau, il donne peu ou point de vapeurs arsenicales, se boursouflle un peu , et finit par se fondre.

11 se présente ordinairement sous la forme de petits cubes bien nets ou de cubo-octaèdres. On le trouve aussi en stalactites d’un jaune verdâtre, et quelquefois d’un jaune d’ocre, lorsqu’il a été en partie décomposé. Il est probable que les cristaux bruns sont entièrement à l’état d’arseniate de peroxide. (Beudant.)

Composition. C’est une combinaison , suivant M. Berzélius, d’arseniate de bi-oxide de fer et d’arseniate de tri-oxide, plus

de l’eau = Fe3Às2 -j- 2 Fie3 As* -f- 36Aq.

56q. Gisement. Il a été découvert dans les mines d’étain de Carrarach , de Muttrel , et dans le comté de Cornouailles en Angleterre; il a été depuis retrouvé à Saint-Léonliard , près Limoges (département de la Haute-Vienne). M. Proust l’indique à l’état pulvérulent à Viana en Galice, dans la Manche, en Espagne etauCliili. Il paraît qu’il accompagne les mines d’argent , et qu’il existe de même à Allemont avecl’arseuiate de cobalt et celui de nickel, dans le dépôt connu sous le nom d 'argent merde d'oie. (Beudant.) Cette espèce semble appartenir exclusivement aux terrains granitiques.

l5e ESPÈCE. FER RESINITE.

( Fer s ou s-su If a té , fer résinitej Berzélius ; fer oxide rés i ni te , Haiiy ; mine de fer poissée , Jameson.)

670. Caractères essentiels. Il est d’un brun roussâtre , avec une cassure et un éclat résineux ; il est très fragile, et s’écrase facilement par la pression de l’ongle. Chauffé dans lematras, il donne une très grande quantité d’eau ; à une chaleur assez forte , il dégage de l’acide sulfureux ; sur le charbon, il exhale une odeur d’ail ; plongé dans l’eau, il devient rouge, transparent et vitreux , et se divise en petits grains sans se dissoudre.

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Sa pesanteur spécifique est de 2,4.

Composition. Elle n’est pas encore très bien connue. On l’avait pris d’abord pour un fer sous-sulfate' de la formule

Fe'iS + i2Aq , d’après l’analyse de Klaproth; mais d’après celles de MM. Stromeyer et Laugier, il paraîtrait que c’est un mélange d’arseniate et de sulfate de peroxide de fer, plus de l’eau. La formule chimique n’en a point encore été calculée.

671. Gisement. Ce minéral n’a encore été trouvé qu’à l’état amorphe, sous forme de croûtes, dans deux positions géologiques assez différentes : i°. dans les mines de plomb de Bretagne et les filons pyriteux de Freyberg; 20. dans des terrains liouillers en Sibérie et dans les Vosges. 11 accompagne plusieurs autres minerais de fer.

l6e ESPÈCE. FER CHROMÉ.

572. Caractères essentiels. Il est d’un gris noirâtre; son éclat est vitro-métallique ; sa poussière est d’un gris foncé; il est rude au toucher, assez dur pour rayer le verre, et se casse sous le marteau; sa cassure est raboteuse. Il n’agit pas sur le barreau aimanté, est absolument infusible sans addition ; mais, mêlé avec du borax , il se fond en un verre vert. 11 est insoluble dans l’acide nitrique.

Sa pesanteur spécifique est de 4,3 1 .

Il se trouve presque toujours sous forme de masses , dont la texture est tantôt lamellaire, tantôt granulaire, tantôt compacte; plus rarement, il est cristallisé en petits octaèdres réguliers.

Composition. O11 11’est point encore d’accord sur la véritable composition de ce minéral : les uns le regardent comme un composé cl’oxide de chrome et de peroxide de fer, et veulent qu’on l’appelle fer chromé (Laugier) ; d’autres le considèrent comme un composé d’oxide de chrome, île peroxide de fer, d’alumine et de silice, ou plutôt comme un sel double

du à l’union du clnomite de fer et du sous-silicate d’alumine. (Bertlrier, Annales des mines, t. VI, p. 573.) M. Beudant pense que l’alumine et la silice sont accidentelles et proviennent de la gangue ; mais il est plus probable qu’elles font parties intégrantes du composé ; car M. Bertliier les a trouvées dans toutes les variétés de fer chromé, même dans celles qui, vues à la loupe , ne présentaient aucune partie hétérogène. D’après les analyses des diverses variétés du fer chromé , on serait conduit à établir deux espèces distinctes, l’une du minerai du Yar et des sables de Saint-Domingue; l’autre du minerai de Baltimore, de celui de Chestercoutz et de celui de Sibérie.

572 bis. Caractères dJ élimination. On distingue le fer chromé du zinc sulfuré noirâtre en ce que ce dernier ne colore pas le borax en vert.

573. Gisement. Le fer chromé appartient exclusivement aux terrains primitifs : il se trouve surtout dans des roches de serpentine subordonnées au micascliite. 11 est tantôt en amas plus ou moins considérables, disséminés dans la roche même; tel est celui de Baltimore , dans le Maryland (Etats-Unis), de Chestercoutz dans la Pensylvanie, de Bastide-la-Carrade , département du Var; tantôt il forme de très petits nids, comme en Silésie, en Styrie, en Sibérie, sur les bords du Wiasga, dans les monts Ourals, etc. C’est surtout à Baltimore qu’on le rencontre cristallisé en octaèdres. Enfin , il existe encore sous la forme de sables, comme l’oxide magnétique; tel est le fer chromé de Saint-Domingue.

574- L sages. Le fer chromé sert à préparer dans les arts le chromate de potasse à l’aide duquel on obtient des chromâtes métalliques insolubles, dont les couleurs sont vives et dont on se sert en peinture et en teinture ; tels sont principalement ceux de plomb et de mercure. Depuis que la mine de fer chromé du département du Var est épuisée, on a recours à celui de Baltimore, qui arrive par la voie du commerce. C’est en

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le traitant par le nitre que l’on prépare le cliromate de potasse ; mais avant il faut le débarrasser de sa gangue autant que possible, ce qui n’est pas toujours aisé, à cause de la similitude de nuance et de la manière dont ils sont enchâssés l’un dans l’autre : cependant on reconnaît la serpentine à son tissu feuilleté et à cette espèce d’onctuosité qu’elle présente au toucher. On mélange ensuite le chromite pulvérisé avec la moitié de son poids environ de nitrate de potasse, et on l’introduit dans un creuset de terre qu’on garnit de son couvercle. On soumet le tout à une chaleur rouge pendant un temps plus ou moins long, suivant la quantité sur laquelle on opère. La calcination achevée, on enlève la matière des creusets et on la jette, encore chaude, dans l’eau. Cette matière, d’un jaune verdâtre, est très poreuse ; elle s’imbibe facilement, et on obtient une première lessive très chargée. On fait bouillir et on réitère les lavages jusqu’à épuisement; mais les derniers sont mis de côté pour lessiver de nouveau chroinate. Si l’opération a été bien conduite et les matériaux bien choisis, l’alcali se trouve complètement saturé par l’acide , et l’on s’en aperçoit facilement à la saveur. Si la chaleur n’a point été sufli— santé , il reste encore beaucoup de nitre qui cristallise après le cliromate neutre. Lorsque la proportion de nitre a été trop considérable , alors la lessive contient beaucoup d’alumine et de silice, surtout si le chromite employé n’est pas pur : on est obligé, dans ce cas, de saturer l’excès d’alcali avec la moindre quantité possible d’acide nitrique. On voit se former un magma jaune assez considérable , qu’on sépare de la liqueui en la filtrant. Cette lessive, ainsi disposée, est propre à obtenir, par double décomposition , tous les chromâtes insolubles. Si l’on destine cette lessive à faire du cliromate de potasse cristallisé, il suffit » le l’évaporer. Ce sel est jaune, et affecte la forme de petits prismes rhomboidaux. (Voir pour plus de détails le Dictionnaire technologique , t. \ , p. 25p.)

I 7e ESPÈCE. FER T JT A FIAT F.

{Fer oxidulc litaiiifbre , Ilaüy ; litamate de fer , Beudant; ni grine, ménakanite , isérine, fer volcanique. )

!jr5. Caractères essentiels . Sa couleur est d’un noir fonce, métallique, quelquefois bleuâtre; il est assez dur. Sa cassure est concho'ide; sa texture est très grenue. Il est infusible et inaltérable au chalumeau, sans addition : avec le sel de phosphore, il donne, au feu de réduction , un verre qui est jaune à chaud et d’un beau violet à froid ; il est d’un rouge sanguin s’il y a du fer. L’addition de l’étain au globule détruit l’influence de l’oxide de fer, et le bouton devient vert ou bleu. Il n’est pas attirable à l’aimant.

Sa pesanteur spécifique varie de 3,9 à 4,6.

On le trouve cristallisé en très petits octaèdres réguliers , en dodécaèdres , et plus souvent en petits grains arénacés , constituant des sables mélangés de diverses substances pierreuses ,

Composition. Oxide de titane et bi-oxide de fer dont les

proportions 11e sont pas encore bien déterminées ; c’est peut-

être un bi-titaniate de fer = FeTi. M. Henri Rose indique,

pour Y isérine, la formule suivante , =Fe*ïi3; mais parce qu’il est vraisemblable, d’après M. Berzélius , que tous les minéraux d’une couleur noire, et qui doivent cette couleur au fer, contiennent non-seulement du protoxide, mais aussi du peroxide de fer, il est de même vraisemblable que l’isérine contient aussi du peroxide de fer. {Ann. de Ch. et de Phjs. ,

t. xxix, p. 1 34. )

576. Gisement. Le fer titaniaté se rencontre toujours, sous forme de sables, dans le voisinage des volcans; et M. Cordiei a reconnu que ces sables ferrugineux provenaient du détritus de certaines laves et autres produits ignés, tels que des ira-

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cliites , des basaltes ou tufs basaltiques. Ces sables se trouvent dans une foule de rivières, de ruisseaux , sur les bords des mers ; on cite surtout les localités suivantes : ruisseau d’Expailly, près du Puy (llaute-Loire); Saint-Quay en Bretagne; rivière d ' Iser dans la Bohême (d’où le nom d 'isérine) , fleuve du Don dans l’Aberdeensliire, Saxe, Hongrie, Angleterre, Sicile, Albano , Ischia, Frascati , Martinique, Guadeloupe, etc. La variété appelée mcnakcinite fut découverte par Gregor dans la vallée de Ménakan dans le Cornouailles. On l’a ti’ouve'e depuis dans l’île de la Providence, à Botany-Bay et dans les montagnes de schiste micacé, près de Gènes. I.a nigrine se rencontre dans File de Ceylan, la Sibérie, la Transylvanie, etc. Dans certains endroits , comme dans le ruisseau d’Expailly , le fer titaniaté existe en petits cristaux ou en grains d’un volume plus ou moins sensible, et il est entremêlé de zircons, de grenats et de corindons. (Hauy. )

18e ESPÈCE. cnAITOXlTE.

( Crichtonite , de Bourn. ; fer oxichdê titane , lïaüy.)

5’j'j. Caractères essentiels. Sa couleur est le noir violâtre , joint à un éclat vitro-métalloïde très vif; la couleur de sa poussière est le noir foncé ; elle raye la chaux fluatée , et est rayée par le verre. Sa cassure est conclioide et éclatante. Elle a tous les caractères chimiques de l’espèce précédente.

Composition. Elle est formée , comme le précédent, d’oxide de titane et d’oxicle de fer, mais dans des proportions qui sont encore inconnues.

La craitonite se trouve toujours cristallisée; elle se présente en rhomboèdres très aigus, tronqués aux sommets jusqu’aux diagonales, et en rhomboèdres très surbaissés, également tronqués aux sommets et donnant des lames hexagonales, (-es diversesformes dérivent tV un rhomboèdre aigu de()i°2o'cl 1 tS’jo

Gisement. Cctlc espèce est lort rare ; elle appartient, comme l’analasc , au granité alpin : elle s’y trouve dans des veines remplies de felspath, quarz, chlorite, accompagnant l’anatase et le fer oligiste en cristaux prismatiques. On l’indique seulement à Oisans, département de l’Isère. C’est M. de Bournon qui l’a fait connaître.

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