‹ Elémens de musique théoretique et practiqueChapitre 26 sur 99 · CHAPITRE IX · texte numérisé non relu

CHAPITRE IX

Du mode mineur & de fin échelle diatonique.

78. 1\T Ous avons expliqué dans le chapitre I ^ fécond de cet Ouvrage ( An. 29.

30. 31. & 32.) comment &: d'après quels principes on peut former l'accord mineur ut mi \ fol ut , qui eft l'accord caraclériftique du genre ou mode mineur. Or ce que nous avons dit alors en prenant ut pour fon principal & fondamental , nous aurions pu le dire de même en prenant pour fon principal & fondamental tout autre fon de la gamme : mais comme dans l'accord mineur ut mi [y fol ut , il fe rencontre un mi [? qui n'eft point dans la gamme ou échelle diatonique ordinaire ?

Théorique et pratique. ô$ naire , nous allons d'abord y fubflituer pour ' " ■ r " |, plus de commodité & de facilité , un autre Ï£^T; accord , auffi mineur,' & parfaitement femblable , dont tous les fons fe trouvent dans la gamme.

79. La gamme nous fournit trois accords de cette efpece , favoir , ré fa la ré, la ut mi la, &cmi jolfi mi; parmi ces trois nous choierons la ut mi la, parce que cet accord, fans renfermer aucun dieze ni bémol , a deux fons communs avec l'accord majeur ut mi fol ùt, & que d'ailleurs l'un de ces deux fons eft le fon ut lui-même ; enforté que cet accord paroît avoir le rapport le plus immédiat, 8c en même-tems le plus {impie avec l'accord ut ml fol ut. Au refte, cette préférence de l'accord la ut mi la , à tout autre accord mineur, n'efl: en elle-même d'aucune néceffité pour ce que nous avons à dire dans ce Chapitre far la gamme ou échelle diatonique du mode mineur ; nous aurions pu choifir de même tout autre accord mineur ; & c'eft uniquement, comme nous l'avons dit, pour plus de facilité & de commodité , que nous nous arrêtons à celui-ci.

6(5 Elemens z>e MvsiQ.vt

-g— ^ 80. Remarquons d'abord que dans tout

~LVÂ^ moae , majeur ou mineur , le fon principal

QuIX' portant l'accord parfait majeur ou mineur,

eit appelle tonique y ainfi ut eft tonique dans

le mode à' ut, la dans celui de la &c. Cela

pofé ,

81. Nous avons fait voir comment les trois fons fa, ut, fol, qui condiment ( Art 38.) le mode à' ut , & dont le premier & le dernier fa 9 fol, font les deux quintes d'ut , l'une en defcendant , l'autre en montant, donnent l'é-

IV« D. chelle jg^-ii', rf , 99 , /* a /*' * ^ » du mode majeur, par le moyen de la baffe fondament3lefol,ut,fol,ut,fa, ut, fa : prenons de même les trois fons ré, la, mi, qui condiment le mode de la, par la même raifon que les fons fa, ut, fol, conftituent le mode d'ut ; & formons-en cette baffe fondamentale , toute femryn G. blable à la précédente , mi , la , mi , la , ré , la , ré: mettons enfuite au-deffus de chacun de ces fons un de leurs fons harmoniques, comme nous avons fait ( Chap. V .) pour la première échelle du mode majeur ; avec cette différence que nous ferons porter la tierce mineure aux fons ré & la de la baffe fonda-

T.H.éûRl<lUE ET PRATIQUE. Ô-f

mentale pour cara&érifer le mode mineur : >— — ±i

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&: nous aurons l'échelle diatonique du mode çh ^'

mineur ,

fil M- '■> ^a •> fi 9 ut> ™> m*- > fa*

82. Le fil ^ qui répond au mi de îa baffe fondamentale , fait avec ce mi une tierce majeure , quoique le mode foit mineur ; par la raifon que la tierce de la quinte du fon fondamental doit être majeure, {Art. y y.) dès que cette tierce monte au fon fondâmes tal la.

83. Il eu. vrai qu'en faifant porter à mi fa tierce mineure fil, on monteroit encore au la , par une marche diatonique : mais cette manière de monter au la feroit moins parfaite que la précédente ; par la raifon ( Art» y 6.) que le repos abfolu ou cadence par' faite mi , la , qui fe trouve dans la baffe fondamentale , doit être repréfenté de la manière la plus parfaite dans les deux notes de l'échelle diatonique qui lui répondent , fur-tout lorfque l'une de ces deux notes eft la tonique même la , fur laquelle fe pratique le repos. D'où il s'enfuit que la note précédente doit

! . • ' ;■ être fol% , plutôt que fol; parce que fol% I.Part. ^tant contenu dans mi {Art. zc,.) repréfente ' bien plus parfaitement la note mi de la baffe , que ne feroit la note foi, qui n'eft point contenue dans mi.

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