CHAPITRE PREMIER
Ce que ceft que mélodie, accord, harmonie, intervalle.
\ E chant , ou la mélodie , n'eft autre chofe qu'une fuite de fons qui fe fuccédent les uns aux autres d'une manière agréable à l'oreille.
2. On appelle accordle mélange deplulîeurs fons qui fe font entendre à-la-fois -, & l'harmo-
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■ nie eft proprement une fuite d'accords qui en
' fe fuccédant flattent l'organe. Harmonie fe dit *' ' auffi en parlant d'un feul & même accord ? pour lignifier l'union des fons qui forment cet accord , & la fenfation qui réfulte à l'oreille de cette réunion. Nous emploirons quelquefois le mot harmonie dans ce dernier Cens , mais de manière qu'il ne pourra jamais y avoir d'équivoque.
3. Dans la mélodie & dans l'harmonie , on nomme intervalle la différence qu'il y a d'un fon à un autre plus ou moins aigu.
4. Pour apprendre à connoître les intervalles , & la manière de les distinguer , prenons la gamme ordinaire ut, fe 9 mi , fa , fol , la ,fi y UT , que toute perfonne entonne naturellement, pourvu qu'elle n'ait ni l'oreille ni la voix exceffivement faufîe. Voici ce que nous remarquerons en chantant cette gamme.
Le fon ré eft plus haut , ou plus aigu , que le fon ut , le fon mi plus que le fon fé\ le fon fa plus que le fon mi , &c. & ainfi de fuite ; dé forte que X intervalle , ou la différence du fon m au fon ré, eft moindre que l'intervalle ou la
ThÈ 0&I<iZJÈ et PRATIQUÉ* 3
différence du Ton ut au Ton mi, l'intervalle de ■ ■
utkmi, moindre que celui de ut à fa, &c. &Intro£>* qu'enfin l'intervalle du premier ut au fécond Chaj,t *' UT eu le plus grand de tous. C'eft pour diftinguer ces deux ut, que j'ai défigné le fécond par des lettres majufcules.
5. En général l'intervalle de deux Tons en: d'autant plus grand, que l'un de ces fons efr. plus aigu ou plus grave par rapport à l'autre : mais il faut bien remarquer que deux fons peuvent être également aigus ou également graves , quoique d'inégale force. Une corde de violon touchée avec un archet rend toujours un fon également aigu, foit qu'on la touche fortement ou foiblement ; le fon fera feulement plus ou moins fort. Il en efl de même de la voix : qu'on forme un fon en enflant la voix peu à peu , on s'appercevra que le fon augmentera de force , mais qu'il fera toujours également grave, ou également aigu.
6. Nous remarquerons encore dans la gamme, que les intervalles de Y ut au ré, du ré au mi , du fa ru fol, du fol au la , du la aujï, font égaux , ou à peu près égaux ; & que les intervalles du mi dxxfa , ck duyz à Y ut , font aufli égaux
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4 E LEMEN S DE M U S I QU E
■. entr'eux , mais qu'ils*ne font qu'environ la
Introd. mo-lti£ des premiers. Ce fait eft connu &
ap' ' avoué de tout le monde : nous en donnerons
la raifon dans la fuite , & on peut facilement
s'en affurer par le fecours de l'expérience, (a)
{a) Cette expérience eft facile à faire. Que l'on chante la gamme ut, ré , mi , fa, fol, la, fi, UT, on remarquera d'abord fans peine , que la demi-gammeyè/, la, fi, UT,-eR toute femblable à la demi-gamme ut, ré, ml, fa: enforte que fi après avoir chanté cette gamme , on vouloit la chanter de nouveau en donnant à ut le même fon que fol avoit dans le premier chant, le ré du nouveau chant auroit le même fon que le la du premier, le mi que le/, & le fa que l'UT.
D'où il s'enfuit qu'il y a même intervalle d'ut à réy que de fol à la ; de ré à mi, que de la à.Ji7 ck de mi à fa , que de fi à UT.
On trouvera de même que du ré au mi , du fa au fol, il y a le même intervalle que de Y ut au ré. Pour s'en convaincre , il faudra d'abord chanter la gamme une fois , puis la chanter de nouveau en donnant à ut, dans ce nouveau chant , le même fon que l'on a donné à ré dans'le premier ; ck l'on s'appercevra que le ré du fécond chant aura le même fon , du moins fenfiblement , que le mi du premier chant : d'où il s'enfuit que l'intervalle de ré à mi eft du moins fenfiblement égal à celui d'ut à ré. On trouvera de même que l'intervalle de fa à fol eu fenfiblement le même que celui d'ut à ré.
Cette expérience peut coûter quelque peine à faire