CHAPITRE XVII
De la cadence rompue ou interrompue.
. p 131. TH\ Ans une baffe fondamentale par Chap, ' J— ^ quintes , il y a toujours , comme
XVJL on l'a déjà obfervé (Chap. VI IL), un repos plus ou moins parfait d'un fon à l'autre ; & par conféquent il y a auffi repos plus ou moins parfait d'un fon à l'autre dans l'échelle diatonique qui réfulte de cette baffe. On peut démontrer par une expérience fort {impie, que la caufe du repos dans la mélodie eff uniquement dans la baffe fondamentale exprimée ou fous-entendue. Qu'une perfonne chante ces trois notes ut ré ut , en faifant fur le /-/un tremblement appelle communément cadence -, le chant lui paroîtra fini après le fécond ut , de manière que l'oreille n'y defirera point de fuite. Il en fera de même fi on accompagne ce chant de fa baffe fondamentale naturelle ut fol ut -, mais fi au lieu de cette baffe on lui donne celle-ci , ut fol la , alors le chant ut ré ut ne paroîtra plus fini , & l'oreille lui defirera une fuite. C'efl une expérience aifée à faire.
Théorique et pratique, ioi 132. Ce paffagefolla, où la dominante fol
monte diatoniquement fur le la , au lieu de l' Part* defcendre de quinte fur le générateur ut , XVIL comme elle le devroit naturellement , s'appelle cadence rompue , parce que la cadence parfaite fol ut , à laquelle ioreille s'attend après la dominante fol, eft pour ainfî dire , rompue & arrêtée par le paffage de fol à la.
133. De-là il s'enfuit que fi le chant ut ré ut paroît fini quand on ne lui fuppofe aucune baffe , c'eft qu'on fous-entend fa baffe fondamentale naturelle ut fol ut ; puifque l'oreille defire une fuite à ce chant, dès qu'elle eft forcée d'entendre une autre baffe.
134. La cadence rompue peut, ce me femble , être regardée comme ayant fon origine dans le double emploi ; puifqu'elle ne confifle , comme le double emploi , que dans une marche diatonique de la baffe en montant ( C/iap. XII.). En effet, rien n'empêche de defcendre de l'accord fol fï ré fa à l'accord ut mi fol la , en rendant la tonique ut fous- dominante , c'eft-à-dire , en paffant tout d'un coup du mode d'ut dans le mode de fol ; or defcendre de fol fi ré fa à ut mi fol la , c'eïî. la
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