CHAPITRE XIV
Du chromatique & de l'enharmonique.
245./^ N appelle chromatique un chant ILPartT V^compcfé de plufieurs notes fuccef- Ch. XIV. fives en montant ou en defcendant par demitons. {Voyei LXXXFIII& LXXXIX).
246. Lonque le chant eft chromatique en defcendant , la baiîe fondamentale la plus ordinaire & la plus naturelle , efb un enchaînement de dominantes toniques qui fe fuivent toutes en defcendant de quinte , ou , ce qui revient au même , en montant de quarte. Voyei LXXXVIII ( ////).
modulation de ce monologue , feulement comme une bonne leçon de compofition pour les Commençans , & non le monologue en lui-même comme un modèle d'expreflîon. On peut voir ce que nous avons dit fur ce dernier objet dans l'Ecrit fur la Liberté de La Mufzque , p. 435 du Tome IV des Mélanges de Littérature. C'eft précifément parce que ce monologue eft une bonne leçon pour les écoliers , qu'il en feroit une mauvaife pour un Artifte de génie. L'Ecolier doit apprendre à obferver les règles ; l' Artifte de génie doit favoir les violer quand il le faut.
(////) On peut aufli donner au chant chromatique
204 E LEME N S DE M V S I £ V E
247. Lorfque le chant eft chromatique en Ch. XIF. montant » on Peut former la baffe fondamentale par une fuite de toniques & de dominan-
en defcendant , une baffe fondamentale dans laquelle il entrera des accords de feptieme Se de feptieme diminuée qui fe fuccéderont par intervalles de fauffes quintes & de quintes fuperfîues ; ainfi dans l'exemple X C , où la baffe continue defeend chromatiquement , on voit aifément que la baffe fondamentale porte fucceflivement accord de feptieme & de feptieme diminuée , & que dans cette baffe il y a une fauffe quinte du ri au fol H } & une quinte fuperflue du fol % à l'ut.
La raifon de cette licence eft , ce me femble , que l'accord de feptieme diminuée peut être cenfé repréfenter [Art. 22/.] l'accord de dominante tonique; de forte que cette baffe fondamentale ,
7 j££ 7 7 7 %■ la ré JMM ut fa%. fi mi la,
\Voyci temple XCI.~\ peut être cenfée repréfenter [Art. iift.] celle qui eft écrite au-deffous ,
, 1*7,7 7 % la re mi ut fa ^ fi mi la.
Or cette dernière baffe fondamentale eft formée fuivant les règles ordinaires , fi ce n'eft qu il y a une cadence
rompue de ri à mi , & une cadence interrompue de mi à ut, qui font des licences [Art. 2.13 & Z14. ].
Théorique et pratique. 20$
tes toniques , qui fe fuccedent alternativement __ .
par les intervalles de tierce en defcendant , ^ XJ^ &de quarte en montant. {Voye^ LXXXIX).
Il y a plusieurs autres manières de former un chant chromatique , foit en montant , foit en defcendant -, mais ce détail n'eit pas néceffaire dans un livre d'Elémens.
248. A l'égard de l'enharmonique , il eft fort rarement mis enufage , & nous en avons expliqué la formation dans le premier Livre , auquel nous renvoyons. Nous nous contenterons de dire qu'on trouve dans le beau monologue du quatrième A6te de Dardanus , Lieux funefies , &c. un exemple de l'enharmonique j un exemple du diatonique enharmonique dans le Trio des Parques , Ou courstu malheureux , tfHippolite Ù Aride ; & qu'il n'y a point d'exemple du chromatique enharmonique , du moins dans nos Opéras François. M. Rameau avoit fait un tremblement de terre dans ce genre pour le fécond A&e des Indes Galantes ; mais il ne put , clit-il , le faire exécuter en 1735 Par l'Orcheftre. Le Trio des Parques d'Hippolite n'a jamais été chanté à l'Opéra tel qu'il eft : mais M. Ra-