X. Il ne faut pas , Monfieur , confondre ces
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deux proportions : la baffe fondamentale eft le principe de la mélodie ; & l'harmonie fuggere la mélodie. Je conviens avec vous de la première de ces proportions , prife dans ce fens , qu'il n'y a point de bonne mélodie qui ne Toit fufceptible d'une harmonie régulière , & qui n'ait Ton fondement dans cette harmonie. A l'égard de la féconde proportion , je n'ai rien décidé , & j'ai propofé des doutes que vous ne levez pas en m'objeclant les homes de mon expérience 9 & en convenant que la mélodie eft ce qui frappe principalement ; V homme borné; car fi la mélodie étoit toujours fuggérée par ly harmonie , il vous reiteroit à expliquer , Monfïeur , comment tant d'oreilles bornées , peu fenfîbles à l'harmonie faute d'ufage & d'exercice , le font pourtant beaucoup à la mélodie ; & comment des personnes nées avec un goût naturel compofent même des chants agréables , fans avoir la moindre teinture d'harmonie.
Auffi convenez-vous enfin dans votre lettre & même comme d'une chofe dont il ne faut pas douter, que la mélodie fuggere la baffe fondamentale , ( & par conféquent l'harmonie ) :
de M. Rameau. 231
mais vous ajoutez que c'eft avec des refirictions; (i c'eft là votre dernier avis , je n'aurai pas de peine à m'y rendre ; car j'ai moimême reconnu &: annoncé ces reftriclions dans l'article Fondamental de L'Encyclopédie pag. 60 & 61 , où je crois avoir expofé d'une manière affez exacle , d'après vos principes mêmes , les droits mutuels & l'influence réciproque que la mélodie & l'harmonie ont Tune fur l'autre.
Je me flatte , Monfieur , d'avoir fumTamment fatisfait à vos critiques , au moins à celles que j'ai comprifes ; mais je me flatte auffi de vous avoir donné des preuves fuffifantes de complaifance & d'attachement en vous répondant une fois ; & je crois par là m'être acquis le droit de garder déformais le {ilence.
J'ai l'honneur d'être &c.
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DES C HAP ITRE 5,