C. — Flexions
On désigne sous ce nom une déformation de l’utérus caractérisée par la plicature du corps sur le col de cet organe ; lorsque le fond de l'utérus est plié en avant, il y a antéflexion ; lorsqu'il est plié en arrière, il y a rétroflexion. Sous le nom de latéroflexion, on désigne la déformation qui se fait sur le côté, soit à gauche soit à droite.
Anatomie et physiologie pathologiques. — Ge n’est que depuis un petit nombre d'années seulement que l'attention à été appelée sur les flexions utérines, et cet état a été constaté non-seulement sur des femmes qui avaient à souffrir d’accidens du côté de l'organe de la génération, mais encore chez celles dont aucun symptôme ne pouvait faire soupçconner Ja déformation. Des recherches très nombreuses ont été faites avec le plus grand soin, afin de déterminer la part qui devait revenir : 4° à l’état cadavérique ; 2° à l état physiologique ; 3° à l’état pathologique.
4° AM. Depaul est l'auteur qui a le plus insisté sur les déformations cadavériques de l'utérus : « Les nombreuses recherches que j'ai faites sur le cadavre, mont prouvé que l'expansion intestinale agissait avec beaucoup plus de force lorsque, après la cessation de la vie, les organes
n’obéissaient plus qu'aux lois de la matière. J'ai fait voir que les empreintes profondes laissées sur l'utérus par les circonvolutions de l’intestin, que l’abaissement presque constant de cet organe, que son refoulement, soit en avant soit en arrière, aussi bien que ses diverses flexions, étaient ordinairement un effet cadavérique... J’ai naturellement conclu, des investigations auxquelles je me suis livré, que la position qu’affectait cet organe au moment de l’autopsie pouvait, dans beaucoup de cas, être toute différente de celle qui avait existé pendant la vie (4). »
2e Déjà on avait remarqué qu’à l’état normal, le corps de l'utérus était fléchi en avant. M. Boulard avait déjà insisté sur ce point, et avait montré que chez le fœtus, chez l'enfant en bas âge, chez la femme qui n'avait pas eu d’enfant, 1l existait normalement, surtout chez le fœtus, un grand nombre de flexions utérines. Sur 107 cas il a trouvé 98 antéflexions ; il à vu en outre que l’antéflexion, chez le fœtus, était d’autant plus marquée que le col utérin était plus long (2). Pour M. Aran, l’antéflexion, souvent à angle aigu, existe chez la moitié des jeunes filles à peu près, et avec l’âge l'utérus se redresse, il ne reste plus qu'une antécourbure. Les recherches de M. Houel lui ont conné les mêmes résultats, mais dans une proportion moindre.
3° Enfin, il existe incontestablement des flexions pathologiques ; c’est un point que nous développerons plus loin, lorsque nous examinerons dans quelles conditions se produisent ces déformations; disons cependant que toutes les flexions qui se rencontrent jusqu’à l’époque de la puberté paraissent normales, ei que s’il était constaté que toujours l'utérus se redresse vers celte époque, les déformations que l’on trouvera dans un âge plus avancé pourraient être considérés comme appartenant à un état pathologique.
Le point où se fait la flexion estordinairement au niveau de Ja Jonction du col avec le corps de l'utérus, un peu au-dessus de l’orifice interne du col utérin.
Lorsqu'il existe une flexion, il est presque toujours facile de rendre au corps de l'utérus sa direction normale, mais cet organe reprend jimmédiatement sa disposition vicieuse. Il est assez fréquent de trouver les flexions combinées avec d’autres déviations de l'utérus.
Les flexions exercent une action : 1° sur le tissu utérin: 2° sur la cavité utérine; 3° sur les organes voisins.
4° Au niveau de l'angle de flexion, les auteurs ont signalé une alté. ration du tissu de l'utérus, tel que Île ramollissement, l’engorgement.
(1) Depaul, Rapport sur le lraïlement des déviations utérines (Bulletin de l'Académie de médecine, 1854, t. XIX, p. 639). | (2) Boulard, Quelques mots sur l'utérus, Thèse, Paris, 1853,