CHUTE DU VAGIN
propre du vagia, ses parois sont simplement écartées ; tantôt une plus ou moins grande quantité de liquide s’infiltre entre les mailles du ussu cellulaire qui réunit ces deux membranes ; tantôt, ainsi qu’on le voit à la suite d’accouchemens laborieux, du sang s’infiltre entre les parois du vagin. Ce n'est que dans cette circonstance que l’on constate une destruction des fibres celluleuses.
Etiologie. — Parmi les causes prédisposantes de cette affection on a signalé toutes celles qui peuvent produire la faiblesse et le relâchement des tissus : tels sont une constitution lymphatique ou affaiblie par le défaut d'alimentation, l'abus des bains chauds, les leucorrhées anciennes et abondantes, la fréquence des accouchemens et des avortemens, l’inflanmation chronique du vagin.
Parmi les causes occasionnelles signalons les accouchemens laborieux ; Ja pression exercée par la tête de l'enfant, les instrumens obstétricaux ou même la main de l’accoucheur sur la paroi vaginale ; l’abus du coït; les eflorts trop considérables, les violences extérieures, etc., ont été aussi considérés comme causes de la chute du vagin. |
Symplomatologie. — Les malades accusent un sentiment de pesanteur à la région du vagin, et si elles portent le doigt dans ce point, elles sentent une tumeur de forme variable; celle-ci est arrondie lorsque la chute est partielle, elle est double lorsque Ja muqueuse fait saillie en avant et en arrière; enfin elle est circulaire lorsqu'il existe un prolapsus total. La marche est difficile, la station assise très pénible; souvent, par suite des tiraillemens exercés sur la vessie et sur le canal de l’urètre, on constate de la difficulté d’uriner et même du ténesme vésical; le tiraillement de la paroi du rectum détermine des troubles dans l’acte de la défécation. Lorsque la tumeur fait une saillie notable, on constate d’autres symptômes dus à lirritation que cause le frottement pendant la marche, à celle que détermine le contact de l’urine sur lestissus. Dansles cas dece genre, lamembrane muqueuses’enflamme, sécrète un liquide muco-purulent, se couvre d’excoriations plus ou moins nombreuses, plusou moins profondes ; la tumeur est le siège de douleurs très vives qui s’irradient vers la région lombaire; enfin elle présente un gonflement tellement considérable, qu’elle éprouve un véritable étranglement au niveau de l'anneau vulvaire, Loder cite un exemple de concrétion calculeuse trouvée dans une semblable tumeur et déposée par l'urine au milieu des tissus !
Si l’on examine cette tumeur, on voit qu'elle se continue avec la membrane muqueuse qui tapisse la vulve ; il faut toutefois se rappeler qu’il est parfois difficile de trouver la continuité, au fond d’un sillon circulaire très profond, Si la tumeur est circulaire et si l’on introduit le doigt dans la partie centrale, on trouve le museau de tanche situé plus ou moins profondément,
Le diagnostic de cette affectionest en général très facile. Si cependant le prolapsus existait à la partie antérieure, on pourrait croire à une cystocèle vaginale, mais l'introduction d'une sonde par l’urètre ferait bientôt connaître la véritable nature de la maladie.
Pronostic. — Cette affection est peu grave par elle-même ; avec des soins, on prévient, en général, les accidens que le frottement ou le contact de l'urine peuvent occasionner; par contre, il faut savoir qu'elle est le plus souvent très rebelle.
Traitement, — La première indication est de procéder à la réduction de la tumeur, S’il existe une inflammation très intense, on aura d’abord recours aux antiphlogistiques, puis on fera des applications toniques et astringentes. Quelquefois les malades gardent le repos et le déplacement ne se reproduit pas; mais, dans la plupart des cas, on est contraint d'appliquer un pessaire en bondon, une éponge, que l’on renouvelle aussi souvent qu’il est nécessaire, mais dont on prolonge l’aplication pendant un temps assez long pour que l’irritation causée par la pression qu’exerce ce corps étranger puisse faire contracter des adhérences suffisamment solides entre la membrane muqueuse et la tunique propre du vagin.
L’excision du bourrelel muqueux ne serait indiquée que dans des cas où le prolapsus serait absolument incurable, ne pourrait être pallié par l'application d’un pessaire, où l’on observerait la gangrène de la membrane muqueuse. Les auteurs rapportent des exemples de guérison obtenue à l’aide de ce procédé; mais avant d'entreprendre une semblable opération, il est indispensable de s’assurer de l’état de la vessie ou du rectum, car On serait exposé à ouvrir l’un ou l’autre de ces organes.
Quelquefois, pendant le travail de l'accouchement, le vagin se trouve fortement repoussé en bas par la tête du fœtus: il forme alors à l’orifice vulvaire un bourrelet livide, quelquefois très volumineux. M. Velpezu l’a vu une fois acquérir la grosseur des deux poings. Dans ce cas, si à l’aide de scarifications on n’obtenait pas une diminution de volume assez notable pour laisser passer la tête du fœtus, il faudrait immédiatement procéder à l’application du forceps.
S ÊXE, — Kystes du vagin.
Dans ces dernières années, M. Huguier (1) a décrit des kystes qui se développent dans le vagin, et qui sont déterminés par la maladie des diverses espèces de follicules que l’on rencontre normalement dans le conduit vuivo-utérin: il les désigne sous le nom de kystes folliculaires.
(1) Huguier, Mémoires de la Société de chirurgie, t.[, p. 326. In-4°, Paris, 1847.