‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 130 sur 205 · KYSTES SÉBACÉS DE LA VULVE · texte numérisé non relu

KYSTES SÉBACÉS DE LA VULVE

C. L'esthiomène hypertrophique. H est caractérisé par le développement des parties envahies par la maladie, Cette hypertrophie est accompagnée de l’épaississement et de linduration des tissus; elle ne provoque d'autre accident que celui qui résulte du froissement des parties hypertrophiées. C’est à cette espèce qu'appartient le cas dont nous avons rapporté plus haut l'observation. L’éléphantiasis de la vulve pourrait être rangé dans la même classe que l’esthiomène hypertrophique; il appartiendrait à la variété décrite par M. Huguier sous le nom d’esthiomène éléphantiasique.

L’esthiomène de la vulve, quelle que soit la forme qu’il affecte, est une affection fort grave. Sa guérison est extrêmement difficile à obtenir, non-seulement à cause de la maladie elle-même, mais encore de son siége. On comprend que le contact incessant des mucosités vaginales, les congestions qui se font à chaque époque menstruelle vers les organes sexuels, sont des conditions éminemment défavorables. I n’y a que l’esthiomène au premier degré sur la guérison duquel on puisse compter. La maladie ne peut disparaître que par l’excision des parties hypertrophiées, et encore a-t-on à redouter des récidives excessivement fréquentes.

$ VI. — Tumeurs de la vulve.

Lu ystes sébacés de la vulve.

Les kystes sébacés de la vulve sont fort rares. Nous n’en connaissons qu'une seule observation incontestable, publiée par M. Huguier (1). Car rien ne prouve que la tumeur que Boyer décrit sous le nom de tumeur stéatomateuse de la grande lèvre, appartienne à cet ordre de maladie,

La malade de M. Huguier portait trois tumeurs, l’une sur le bord libre de la grande lèvre, les deux autres dans le fond du pli qui sépare les grande et petite lèvres droites. Elles avaient le volume et la consistance d’une petite noisette, elles étaient fermes, résistantes, bien circonscrites, d’un blanc mat, il n’y avait aucune inflammation ni aucune douleur dans les parties environnantes. A côté d’elles et sur plusieurs points de la vulve, on trouvait d’autres tumeurs de même nature, mais à divers degrés de développement ; une simple incision de la membrane muqueuse amincie permit de faire lénucléation de ces trois kystes, les autres furent incisées avec la lancette et vidées par la pression.

(1) Huguier, Mémoire cité, t, XV, p. 582.

IT. — Âypertrophie des follicules vulvaires.

Les cryptes vulvaires, surtout ceux qui sont situés dans l'épaisseur du derme, sont susceptibles de s'hypertrophier. Cet état offre de l’intérêt principalement à cause de l'aspect particulier de ces petites tumeurs qui simulent fort souvent des accidens vénériens.

Les follicules hypertrophiés sont en général peu vombreux ; ils occupent principalement le bord libre et la face externe des grandes lèvres, la partie supérieure et interne des cuisses, le périnée, le voisipage de l'anus. Au début, on constate dans l'épaisseur des tégumens un point plus ferme, plus résistant; peu après la petite tumeur augmente de volume, les couches les plus superficielles du derme sont soulevées, et bientôt on constate une saillie arrondie, bien circonscrite, du volume de la tête d’une épingle, sans douleur, sans changement de couleur des tégumens. A mesure que la tumeur devient plus volumineuse, elle se détache davantage de la peau; elle forme une saillie sphérique et sessile qui ne tarde pas à devenir cylindrique et pédiculée. Au sommet de la petite tumeur, on voit un point déprimé plus terne : c'est l’orifice du folliéule.

Cette affection n'offre aucune gravité, et si ce n’était la possibilité de Ja confondre avec des végétations vénériennes, à peine serait-il utile de la signaler. T1 faut remarquer d’ailleurs qu’une erreur de diagnostic est presque impossible, quand on sait que la région vulvaire peut présenter des tumeurs de ce genre.

Le traitement est des plus simples ; si ces petites tumeurs venaient à déterminer des démangeaisons, à causer de la gêne, on en ferait l’excision avec des ciseaux courbes sur le plat. Le follicule enlevé, la cavité du derme qui le logeait revient sur elle-même, et toute trace de la maladie à bientôt disparu.

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