I. Plaies et contusions du testicule
Les plaies par instrumens piquans du testicule ne sont pas très OTraves ; lorsque cet organe se trouve piqué accidentellement par une lancette où par un trocart, les blessures guérissent en général avec rapidité et sans laisser de traces.
Les instrumens tranchans déterminent des lésions plus sérieuses : les tubes séminifères font quelquefois hernie à travers la tunique albuginée, et apparaissent entre les lèvres de la plaie sous forme de flocons brunâtres ; le chirurgien devra repousser ces tubes herniés dans le scrotum, il évitera de les tirer au dehors, car il entraînerait infailliblement une portion de ceux restés en place, et détruirait ainsi une partie de la glande. Ces lésions guérissent le plus souvent assez facilement, le testicule conserve même ses fonctions ; il ne faut pas désespérer trop vite d’un testicule blessé même gravement par un instrument tranchant.
La contusion du testicule est un peu moins rare que l'affection précédente. On l’observe à la suite de l’exercice de l'équitation, le testicule se trouvant pressé contre le pommeau de la selle : à la suite du rapprochement brusque des cuisses; elle est déterminée quelquefois par un coup de pied ; dans ce dernier cas la violence agit de bas en haut, le testicule se trouve comprimé entre le corps vulnérant et le pubis. Mais le plus souvent la glande échappe, il y a seulement contusion des bourses. Nous aurons à revenir sur ce point. |
Aussitôt que le testicule a été atteint par un agent contondant, le malade éprouve une douleur extrêmement vive, qui s'irradie dans la région lombaire et le force de se plier en avant; souvent elle s'accompagne de syncopes, de vomissemens. Dans le plus grand nombre des cas, cette douleur diminue peu à peu par le repos, par les affusions froides et surtout par la précaution de soutenir les bourses ou de les relever lorsque le blessé est couché. D’autres fois la contusion est suivie d’une inflammation des plus intenses qui peut compromettre sérieusement l'organe ; lorsque la contusion est très violente, je testicule peut être complétement désorganisé; dans ces circonstances, on combattra la lésion traumatique par un traitement antiphlogistique énergique.
La contusion du testicule détermine souvent un épanchement de sang dans l'intérieur de l'organe ; lorsque l’épanchement est peu abondant, il passe inaperçu, le sang se résorbe : mais lorsqu'il est considérable, il en résulte une Aématocèle du testicule.
Hématocele du testicule.
indiquée par Richter, Pott et J.-L. Petit, cette affection a été décrite pour la première fois d’une manière complète par M. Béraud (1).
Le testicule est plus volumineux qu’à l’état normal, gorgé de sang dune couleur noire plus où moins intense. Les filamens spermatiques tantôt conservent les rapports normaux entre eux, tantôt font hernie à travers l'ouverture de la tunique albuginée, et se présentent sous l’aspect de fils noirs que l’on peut, avec une pince, dérouler suivant une longueur variable.
Symptômes. — Les symptômes propres à l’épanchement de sang dans le testicule sont obscurs. Au début, les signes anamnestiques sont d’une faible ressource ; le malade ne peut distinguer la part qu'il faut faire à la contusion de l'organe de celle qui appartient à la contusion des bourses. Il n’est pas facile de trouver le testicule au milieu de la tumeur sanguine constituée par l'infiltration ou l'épanchement de sang dans les bourses et dans la tunique vaginale. Si cependant on pouvait saisir le testicule, soit parce que l’épanchement dans la tunique vaginale ne serait pas considérable, soit parce qu'un travail d'absorption se serait déjà fait, on trouverait cet organe plus volumineux, plus dur, plus rénitent que celui du côté opposé; il ne paraît pas que la pression sur le testicule détermine toujours un accroissement de la douleur : enfin, on trouve à la surface du testicule des bosselures plus ou moins considérables.
M. Béraud expose de la manière suivante le mécanisme de la formation de ces bosselures :
« Que le sang vienne à s’épancher entre la substance testiculaire et la tunique albuginée, la coque qui donne sa forme au testicule résistera, ce sang comprimera les filamens spermatiques ; mais si lon a égard à l'inégalité d'épaisseur de la tunique albuginée, si F’on se rappelle qu’il y a des points très minces qui résistent faiblement, on ne sera pas étonné de voir survenir ces bosselures, qui peuvent être un bon caractère pour reconnaître la maladie, quand il y a possibilité d'explorer convenablement le testicule. »
L'épanchement du sang dans le testicule peut-il se terminer par résolution ? Il est vraisemblable que des cas se sont rencontrés dans lesquels il existait un épanchement léger qui s’est terminé par résolution. Mais si la contusion est violente, si l’épanchement est considérable , le chirurgien devra-t-il compter sur cette terminaison ? Nous ne possédons pas de faits qui puissent nous permellre de trancher cette question.
Diagnostic. — Al est fort difficile de reconnaître la maladie au début :
(4) Béraud, Considéralions sur l’hémalocèle, ou épanchemens sanguins du scrotum. Archiv. génér de med., mars, 1851.
ORCHITE AIGUE. 527 à vérité, le testicule est gonflé, bosselé ; mais cet état ne pourra être constaté que lorsqu'on aura obtenu la résolution de l'épanchement extratesticulaire où quand on aura ouveit la tunique vaginale.
On ne confondra pas la maladie avec une orchite aiguë ou chronique ; les commémoratifs suffiront dans la plupart des cas : d’ailleurs il est possible que l’orchite traumatique soit, comme nous l’avons dit, accompagnée d'un éparchement sanguin dont on ne peut constater l'existence.
Traitement. — Le traitement antiphlogistique, la position, les émolliens, les résolutifs seront conseillés au début : si la tunique vaginale était déchirée, et si le testicule apparaissait dans la plaie, tuméfié, distendu par la collection sanguine ; si l’on ne pouvait en espérer la résolution, on débriderait la tonique albuginée, et, à l'exemple de J.-L. Petit (1), on se garderait bien de toncher aux canaux séminaux.
Si quelques-uns de ceux-ci faisaient hernie à travers la plaie, on ne les soumettrait à aucune traction. En suivant cette conduite, M: Giraldès a pu conserver une portion du testicule malade (a.
S ZZI. — Affections inflammatoires du testicule.
L'histoire des inflammations testiculaires a soulevé des discussions assez vives : Certains chirurgiens en effet ont englobé sous le nom d'or chte un très grand nombre d’affections différentes, caractérisées par le gonflement, la douleur du testicule ; d'autres ont divisé lorchite proprement dite, ils en ont fait une épididymite, une vaginalite, une orchite parenchymateuse. Ces divisions parement anatomiques ne peuvent ètre acceptées dans la pratique ; en effet, conservera-t-on le nom d’orchite à Finflammation de toutes les parties constituantes de l'organe sécréteur du sperme, tandis qu'on imposera un nom particulier à l'inflammation limitée à l'épididyme, ou à la tunique vaginale ou au tissu de la glande ; l'expérience clinique a démontré que dans lim nense majorité des cas, toutes ces parties participaient plus où moins à inflammation ; aussi nous bornerons-nous à décrire une seule espèce de maladie, l’orchite, quels que soient les tissus dans lesquels l'inflammation prédomine.
L’orchite peut être aiguë où chronique.