I. Orchite aiguë
M. 7 AA a divisé Forchite aiguë en deux espèces principales, qui diflèrent, nou-seulement par leur cause, mais encore par leur symptôme et par leur marche : l’une, qu'il désigne sous le nom d’orchite uréthrale, qui aurait son point de départ à l’urèthre ou dans les voies urinaires :
(f) J.-L. Petit, Trailé des maiad. chirurg.,t, TL, p. 517, in-8. Paris, 1783. (2) Béraud, Loc, cit, observ. Il, p. 10,
528 AFFECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMME. à cetle espèce appartient l’orchite blennorrhagique, qui mérite une description spéciale ; l'autre se développerait indépendamment de toute espèce d'affection des voies urinaires. Nous décrirons d’abord l’orchite blennorrhagique qui est la plus fréquente, puis nous indiquerons Îles caractères propres à chacune des variétés de l’inflammation du testicule.
A. Orchite blennorrhagique. — On donne ce nom à l'inflammation de l’épididyme ou du testicule, qui survient pendant le cours d’une blennorrhagie. |
Anatomie et physiologie pathologiques. — Les auteurs ont expliqué de plusieurs manières l’envahissement du testicule par l’inflammation blennorrhagique : les uns ont invoqué la sympathie, d’autres la métastase, d’autres enfin l'extension de l’inflammation. M. Velpeau s’est montré particulièrement le partisan de cette dernière explication : cette théorie est celle qui aujourd’hui est le plus généralement admise. L'inflammation s’étendrait de l’urèthre au canal éjaculateur, puis à la vésicule séminale, au canal déférent, enfin à l’épididyme et au testicule ; cette opinion se trouve appuyée par un certain nombre de faits. Chez quelques malades on voit en effet que l’inflammation est loin d’être limitée au testicule; on trouve un cordon dur, douloureux, égalant quelquefois le volume d’une grosse plume à écrire, s'étendant du testicule jusque dans le canal inguinal et même dans la fosse iliaque, et qu’on reconnaît facilement pour le canal déférent: mais souvent aussi le canal déférent et le cordon spermatique conservent toute leur souplesse et sont complétement indolens. Quelquefois une observation attentive de la maladie à son début, apprend qu'avant de se montrer dans les testicules la douleur a été sentie au périnée, au col de la vessie, puis dans la fosse iliaque et dans le canal inguinal, mais le plus souvent ces signes de la propagation échappent complétement. « Dans ces circonstances, dit M. Velpeau, n'est-il pas permis de supposer que l'inflammation peut s’établir dans le testicule, à peu près comme dans les ganglions lymphatiques, c’est-à-dire par la rétrocession ou par la progression. de quelques parcelles irritantes, allant de proche en proche, de l'urèthre jusqu’à l’'épididyme, sans enflammer notablement le conduit qui les transporte ? D'ailleurs l'inflammation elle-même, en supposant qu’elle se borne à la surface muqueuse du canal, ne peut-elle pas gagner aussi l'épididyme ou le testicule sans faire naître nécessairement l'induration ou le gonflement du canal déférent ? Ne voit-on pas tous les jours une écorchure, une plaie quelconque des doigts, provoquer l’adénite axillaire, sans que les vaisseaux lymphatiques qui vont de la blessure à l’inflammation de l’aisselle, offrent des traces d’angioleucite ? Je ne vois donc pas qu’il puisse répugner à l'esprit d'admettre que, dans le plus grand nombre des cas, l’inflammation qui s'étend de
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urèthre à l’épididyme se borne à la surface muqueuse du canal déférent : Landis que quelquefois elle réagit sur toute l'épaisseur de ce canal; d’où suit que l'absence de gonflement, de dureté et de sensibilité même, ou de douleur dans ce conduit, une fois l’orchite établie, se comprend tout aussi bien que l’état contraire (1). »
Les partisans de la métastase ont aussi invoqué des raisons qui paraissent avoir une grande valeur. D'où vient en effet qu’il n’y a ordinairement qu’un seul testicule enflammé? Les orifices des canaux éjaculateurs sont cependant bien voisins, et pour peu que l’inflammation de la portion profonde du canal de l’urèthre soit étendue, ces deux ouvertures doivent subir la même influence.
Si l’on se borne à examiner les faits, il est donc permis de supposer qu’il est un certain nombre d’orchites qui se développent par propaga- | tion ; mais qu'il en est d’autres qui ne peuvent être expliquées par cette théorie ; tels sont ces cas dans lesquels la maladie passe d’un testicule dans celui du côté opposé, sans laisser de traces de son existence. Il n’est donc pas irrationnel d’invoquer ici la métastase ou la sympathie, absolument comme dans la néphrite ou linflammation articulaire que l’on observe quelquefois à la suite de la blennorrhagie ou pendant le cours de cette affection.
Quel est le siége de cette affection décrite sous le nom d’orchite blennorrhagique ? Les opinions sont aussi très différentes : les uns le placent dans l’épididyme, d’autres dans le parenchyme testiculaire, d’autres dans la tunique vaginale ; ils ont donc décrit une épididymite, une orchite parenchymateuse, une vaginalite. Il est certain que dans l'immense majorité des cas l’inflammation porte spécialement sur un des organes que nous venons de citer ; mais les deux autres ne sont pas pour cela à l’abri de l’inflammation ; selon nous, et cette opinion est partagée par un certain nombre de chirurgiens, toutes les parties constituantes du testicule sont envahies par l’inflammation ; mais la phlegmasie se montre dans chacun d’eux à des degrés différens.
L'inflammation de la tunique vaginale à été surtout étudiée par M. Rochoux, dans un mémoire publié en 1833 (2) ; ce médecin prétend que la maladie désignée sous le nom d’orchite ou de chaudepisse tombée dans les bourses, consiste tout simplement dans une inflammation de la tunique vaginale du testicule, et que le nom qui lui conviendrait le mieux serait celui de vaginalite. Cette opinion est beaucoup trop absolue et des faits nombreux sont venus l’infirmer ; mais le mémoire
(1) Dictionnaire de médecine, en 30 vol., t, XXIX, p. 444. (2) Rochoux, Du siége et de la nature de la maladie improprement appelee orchile blennorrhagique, in Arch. génér. de méd., 1833, 2° sér., t. L[,"p. 51.
de M. Rochoux n’a pas moins rendu un éminent service en appelant l'atteption sur l’épanchement de sérosité dans là tunique vaginale.
M. Velpeau a étudié l’orchiie blennorrhagique avec le plus grand soin, etil est arrivé, après avoir examiné un nombre considérable de malades, aux conclusions suivantes :
4° La tunique vaginale n’est pas constamment le siége d’un épanchement dans l’orchite blennorrhagique; 2° cet épanchement qui existe dans l'immense majorité des cas n'entre que pour un sixième, un cinquièine, un quart, un tiers rarement, et très rarement pour la moitié dans la masse totale du gonflement : 3° l’épididyme est ordinairement le siége principal et quelquefois le siége unique de la tuméfaction; 4° le testicule offre ordinairement un gonflement qui en double ou triple le volume ; 5° enfin la tuméfaction est complétée par un épaississement, une infiltration, un empâtement manifeste du scrotum dans une foule de cas.
Voici comment M. Velpeau explique les différens phénomènes que nous venons de passer en revue. « Apportée par le canal déférent, linflammation trouvant dans l’épididyme mille replis fortement serrés les uns contre les autres, doit nécessairement y être gênée, y être retenue avant de passer aa testicule. Üne {ois là, il est difficite qu’elle ne finisse pas par gagner le corps d'Highmor et la pulpe séminale, El est évident aussi que, retenue dans ces deux parties de l'organe, qu’elle gonfle et tuméfie de manière à distendre la tunique albuginée, elle va réagir sur la tunique vaginale et provoquer un épanchement, comme Vinflammation du parenchyme pulmonaire réagit sur les plèvres et provoque un hydrothorax. Mais si l'épanchement est une conséquence en quelque sorte naturelle de Porchite eumme de la pneumonie, n'est-il pas tout simple aussi qu'il manque parfois dans la tunique vaginale come dans la plèvre, malgré l'existence bien réelle de l'inflammation parenchymateuse ? »
Symytomatologie. — A1 n'est pas très rare de rencontrer des cas dans lesquels l’'inflammation du testicule est précédée de prodromes plus ou moins manifestes, tels que : fièvre assez légère, frissons, malaise, fort couvent sensation de pesanteur dans les bourses, douleurs plus ou moins vives dans l’aine, au périnée, dans la région lombaire, envies fréquentes d’uriner, quelquefois pollutions nocturnes assez douloureuses. Au bout d’un temps en général assez court, la douleur se propage au tesliculé; la marche, le moindre effort, le plus léger frottement exaspèrent ces souffrances qui souvent s'étendent au cordon, et se concentrent principalement vers sa partie inférieure. Si l’on explore avec la main l'organe sécréteur du Sperme, on cofstate de la chaleur et une grande $ensibilité. La douleur testiculaire, légère au début, auginente rapidement
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d'intensité ; en vingt-quatre heures, elle devient quelquefois insup
portable ; puis au bout de quatre ou cinq jours, quelquefois plutôt, elle commence à diminuer et finit par disparaître vers le second septénaire; à cette époque elle ne se manifeste plus que quand on presse le testicule.
En même temps on observe un gonflement extrêmement rapide, il n’est pas très rare de voir la tumeur acquérir, en cinq ou six jours; un volume qui varie depuis celui d’un œuf de poule jusqu’à celui du poing d’un adulte; cette tumeur est constituée par le gonflement du testicule, surtout par celui de l’épididyme et par l'épanchement de sérosité dans la tunique vaginale ; le scrotum est tendu, luisant, et semble adhérer aux tissus sous-jacents ; à cette époque il est fort difficile de sentir le siége de la tuméfaction, à cause de la tension des parties ét surtout de l’excéssive douleur que détermine le toucher. Mais au bout de deux où trois jours la masse semble diminuer et l’on peut constater les dispositions suivantes : la tumeur est divisée en deux parties, lune antérieure, formée par le testicule ; l’autre en haut et en arrière, par l’épididyme ; dans des cas assez rares, cet organe se trouve en avant ou sur le côté. La tuméfaction se prolonge sur le canal déférent, qui est plus volumineux et plus dur qu’à l’état normal ; l’épididyme présente en général un gonflement considérable, la tuméfaction du testicule est plus difficilement appréciable. Le testicule, dit M, Velpeau, donne au doigt qui lexplore la sensation de la fluctuation. Si, ayant bien saisi le scrotum, de manière à faire saillir la tumeur en avant, on explore avec un ou deux doigts, s’il ya mêmeunecouche assez mince de liquide, on sentira d'abord céder sous là pression du doigt un plan non résistant qui, déplacé; permet d'arriver vers un plan plus résistant, dans lequel on pourrait aussi trouver la fluctualion ; c’est le testicule sur léquel on est arrivé en déplaçant la couche liquide; cette seconde sensation est seule perçue lorsqu'il n’y a pas de sérosité épanchée, La masse antérieure de la tumeur est formée par les tuniques du scrotum, infiltrées, épaissies, et par le liquide accumulé dans la tunique vaginale. |
Quand l’épanchement est un peu prononcé, il est possible de sentir la fluctuation ; il est rare qu’il soit assez abondant pour qu’il puisse être constaté par la transpareñce.
Vérs le sixième jour environ, la résolution commence par le testicule. La souplesse de cet organe reparaît peu à peu, puis on observe la ré solution du cordon, et enfin de lépididyme. La diminution complète de volume de ces derniers organes marche avec beaucoup plus de lenteur, et dans le plus grand nombre des cas elle n’est complète que du douzième au trentième jour. La résolution de l’épididyme est d’abord assez rapide pendant les premiers jours ; elle porte principalement sur la partie antérieure dé l’organe, mais bientôt elle se ralentit et il reste
à la partie inférieure et en arrière un noyau très dur dont la disparition est excessivement lente et qui, chez quelques sujets, persiste pendant toute la vie. L’absorption du liquide accumulé dans la tunique vaginale s'opère en même temps que la résolution des autres parties.
Les troubles fonctionnels pendant la durée de l’orchite n’ont encore été que très imparfaitement étudiés. On a signalé des pollutions nocturnes, des éjaculations de sperme sanguinolent ; mais ce symptôme appartient aussi, comme nous le verrons plus loin, à Porchite chronique. M. Velpeau a vu que chez deux malades, la matière de l’éjaculation avait la coloration, la consistance et la plupart des autres caractères du mucus ichoreux, c’est-à-dire qu’elle était rougeâtre ou d’un roux sale très prononcé, et qu’elle tachait le linge à la manière du pus séreux d’une blennorrhagie ulcéreuse.
Il est rare que l’orchite blennorrhagique passe et se maintienne à l'état chronique; c’est plutôt dans les cas où la maladie s’est développée lentement que l’on observe ce mode de terminaison.
Presque constaminent la maladie se termine par résolution ; la suppuration est extrêmement rare, et son apparition est déterminée moins par l’acuité de la maladie que par lirrégularité de l'inflammation et une prédisposition tenant à la constitution de l'individu ; le pus est réuni en foyer dans l’épididyme, dans la pulpe testiculaire ou dans le cordon spermatique. Quelquefois l’inflammation du testicule provoque une inflammation intense des bourses, le pus se forme alors entre les tuniques scrotales. Chez quelques malades le pus s’infiltre dans le parenchyme testiculaire, il existe alors un grand nombre de foyers très petits, disséminés dans tout l'organe.
On observe assez souvent, à la suite de l’orchite blennorrhagique, une induration de la queue de l’épididyme; ces petites tumeurs, qui sont indolentes, ne sont point susceptibles de dégénérescence ; à leur niveau, peut-être, pourrait-il y avoir oblitération des voies spermatiques, le testicule de ce côté serait donc frappé de stérilité. Enfin, à la suite de l’orchite blennorrhagique, on a noté l’atrophie du testicule, l’augmentation de volume du même organe, mais ces faits sont peu fréquents. Vidal pense que celte affection prédispose au varicocèle.
É'tiologie. — L’inflammation du testicule se montre rarement au début de la blennorrhagie; c’est principalement de la troisième à la sixième semaine qu’apparaît l’orchite. On possède quelques exemples d'orchites survenues huit jours et même quinze jours après Ja gu : ison de l'affection uréthrale. ti. Velpeau pense que dans ces cas un teste d'irritation s'était maintenue dans la région prostatique de l’urèth:2 ou au col de la vessie.
Les causes auxquelles on a attribué l’orchite blennorrhagique sont
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fort nombreuses. Signalons les marches forcées , la fatigue, le froissement des bourses, le refroidissement, l'équitation, une course dans une voiture mal suspendue, l’usage des boissons et des alimens stimulans, le coït; par contre on a admis que le rétention du sperme chez les individus dont la sécrétion spermatique était très active pouvait amener linflammation du testicule. Les injections irritantes dans l’urèthre paraissent dans certains cas avoir été la cause déterminante de l’orchite. Quelques praticiens ont pensé que l’emploi des balsamiques, du baume de copahu, du cubèbe, pouvait déterminer l’orchite ; d’autres au contraire ont cru que l’action de ces médicamens, loin de provoquer la maladie, étaient plutôt favorables à sa guérison. Nous croyons que cette médication ne saurait produire linflammation du testicule ; que l’action des balsamiques sur l’orchite blennorrhagique est loin d’être démontrée; qu'administrée au déclin de luréthrite, c’est-à-dire à l’époque où l’inflammation du testicule se montre de préférence, les balsamiques n’empêchent pas l’orchite, et que cette affection, coïncidant avec la diminution d'écoulement, a pu faire croire à une métastase.
Diagnostic. — Il est extrêmement simple: l'existence d’un écoulement d’une part, la marche et les symptômes de la maladie d’autre part, ne peuvent laisser aucun doute sur la nature de l'affection.
Pronostic. — Il n’a rien de grave. Cette maladie n’entraîne généralement pas avec elle des conséquences fâcheuses ; peut-être l'orchite bilatérale pourrait-elle être suivie de la stérilité.
Traitement. — Les moyens de traitement conseillés contre l’orchite blennorrhagique sont extrêmement nombreux. Nous nous contenterons de signaler ceux qui nous paraissent les plus rationnels.
Les malades affectés d’orchite blennorrbagique seront dès le début condamnés au repos au lit dans la position horizontale, les bourses relevées vers l'abdomen et soutenues par un large cataplasme émollient, des bains généraux tous les deux ou trois jours compléteront ce traitement qui est suflisant pour les cas légers ; en général, la maladie disparaît dans l’espace de deux à trois semaines. Mais s’il y avait une réaction un peu vive, de la fièvre, il pourra être utile de pratiquer une saignée du bras. Les antiphlogistiques locaux sont indiqués lorsque l'inflammation du testicule est intense; on applique des sangsues au nombre de 20 à 30 environ, non pas sur les bourses, mais bien sur le trajet du cordon. Si nous proscrivons les applications de sangsues sur la peau du scrotum, ce n’est pas que nous redoutions, à l'exemple de quelques praticiens, la gangrène de cet organe, mais c’est qu’il est parfaitement démontré que ces applications ne donnent pas un résultat aussi avantageux que les émissions sanguines faites dans le point que nous avons indiqué ; là, en ellet, le dégorgement est beaucoup plus direct,
par conséquent la maladié se trouve plus rapidement et surtout plus sûrement arrêtée dans sa marche, Cette saignée locale est particulière ment indiquée lorsque le cordon est dur, douloureux ; aussi, devraitelle être répétée si le dégorgement n'était pas complet au bout de quelques jours.
Le traitement que nous venons de formuler convient, à très peu d’exceptions près, à toutes les orchites. Plusieurs chirurgiens l'ont modifié plus ou moins profondément et ont préconisé des médications toutes spéciales ; nous allons rapidement les examiner.
Les applications topiques conseillées en pareil cas sont extrêmement nombreuses. Citons les narcotiques appliqués sous forme de cataplasines où de compresses arrosécs de laudanum, ce moyen peut calmer là douleur ; le chloroforme recommandé par M. Bouisson cause d’abord des souffrances très vives, puis déterminerait un soulagement très notable : ce liquide n’a encore été que rarement employé; les onctions avec l'onguenñt napolitain étendu en couche épaisse paraissent calmer la douleur assez promptement, mais elles ont l'inconvénient de déterminer la salivation; les réfrigérens, les répercussifs, tels que l’eau froidé, les solutions d’alun, de sulfate de fer, la boue de rémouleur, etc., ont été préconisés eh pareil cas, et paraissent avoir quelquefois arrêté l'inflammation au début. Mais leur succès est loin d’être costant ; on s'expose, dit M. Velpéau, en les emploÿant, à donner à l’orchite uné gravité qu’elle n’aurait point eue. Avec de tels topiques on joue véritablement à quitte où doublé: d’où il suit que la prudence ne permet pas d’en conseiller l'emploi.
Les médications internes réussissent rarement contré l’orchite. Nous avons dit plus haut quelle était la part qu’il fallait accorder aux balsaimiques ; on à pensé que les purgatifs pouvaient arrêter l’orchite dans sa marche : il est certain qu’il y a avantage à faire disparaître la constipation, mais là se borne l’action de cette héthode: peut-être est-ce à l’action purgative du beaume dé copahu que l’on doit atiribuer le soulagement qui aurait été obtenu avec ce médicament.
Les vésicatoires volans causent des douleurs excessives qui sont loin de compenser les avantages que l'on a cru pouvoir en tirer. Peut-être seraient-ils indiqués dans la seconde période de la maladie, c’est-à-dire lorsque Pétat aigu disparaît; c’est dans cette période que l'on peut utilement appliquer les résolutifs, tels que les compresses iimbibées d’acétate de plomb, l’emplâtre de Vigo, etc.
La compression à été préconisée par M. Velpeau vers l’année 1850, et lai à donné des résultats avantageux. Mais elle a été à peu près complétemeut abandonnée ; elle est en effet d’une application très difficile ; Les bandelettes de diachylum dont on enveloppe le scrotum $e déplacent
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avec la plus grande facilité, De plus il est extrêmement difficile, pour ne pas dire impossible, de comprimer exactement le testicule; enfin, elle ne saurait être appliquée dans ces cas où le testicule est tellement douloureux qu'à peine si l'exploration de cet organe est possible. Célte méthode pourrait peut-être provoquer des symptômes d’étranglement si les ban: delettes étaient apposées sur une tumeur dont l’inflammation est très intense.
A côté de la compression, nous placerons le collodium dont M. Bon: nafont à préconisé l’emploi dans ces dernières années. Dans son mé moire lu à l’Académie de médecine en 1854 (1), il cite des cas de guérison obtenus assez rapidement par ce procédé. Le collodium a été expérimenté par plusieurs praticiens, eten particulier par M. Ricord (2), Les résultats obtenus ont été loin de justifier les espérances de M. Bonnafont;
Il nous reste à signaler deux moyens plus énergiques que les précédens, il s’agit en effet de porter le bistouri sur la tumeur : l’on est la ponction de la tunique vaginale ; V'autre le débridement du testicule.
Ponction de la tunique vaginale. — Lorsqu'une certaine quantité de sérosité s’est accumulée dans la tunique vaginale, M. Velpeau conseille d’évacuer ce liquide; il aurait ainsi fait disparaître immédiatement la douleur et abrégé considérablement la durée de la maladie. L'opération consiste à pratiquer à l'aide d’une lancette où d’un bisiouri à lame très étroite, une ou plusieurs mouchetures sur les points les plus saillans de la tumeur; l'instrument, on le comprend, doit pénétrer jusque dans la tunique vaginale, Le plus souvent un jet de sérum pur ou de sérum sanguinolent s'échäppe par la piqûre. Lorsque le liquide est en très petite quantité, il s'écoule goutte à goutte; il est bon de laisser l'instrument dans la plaie jusqu'à l'évacuation complète de la tuniqué vaginale, car si on le rétirait trop tôt, les lèvres de la plaie et celles de la membrane séreuse pourraient perdre leur parallélisme et l’évatuation du liquide serait arrêtée.
Débridement du testicule. — Lorsque la ponction de la tunique vaginale est insuffisinte ét jue inflammation a envahi le parenchÿme du testicule, Vidal conseille de débrider cet organe en faisant une incision à la tunique albuginée; cette petite opération, sur l’innocuité de laquelle insiste son inventeur, aurait pour résultat immédiat de faire cesser la douleur, Dans les cas où l’inflammation est limitée à l’épididyme, il conseille encore le débridement. On a craint, dit Vidal, que cette Opération he fit sortir les canaux séminifères ; il pense que ceux-
(1) Bulletins de l’Académie de médecine, 1853-1854, t. XIX, p. 384. 2) Ibid,, pi 1084.
ci restent à leur place dans la coque testiculaire, maintenus par des brides assez résistantes pour empêcher toute espèce de hernie ; ce déplacement ne s’observerait que quand l'inflammation a détruit ou altéré ces liens; l’incision de la tunique albuginée n'aurait jamais été suivie d’atrophie du testicule. Quoi qu’il en soit, nous ne conseillons pas cette opération comme méthode générale de traitement de l'orchite blennorrhagique ; elle serait réservée tout au plus pour les cas où l'inflammation déterminerait des symptômes généraux assez graves pour causer des inquiétudes sérieuses. |
B. Orchite non blennorrhagique. — L’orchite non blennorrhagique est assez rare; cependant les causes qui ont été assignées à celle affection sont extrêmement nombreuses. Nous les étudierons successive ment. Tels sont :
4° Les affections des voies urinaires, de l’urêthre, de la prostate, du col de la vessie, les manœuvres que nécessitent la lithotritie et le cathétérisme, la présence d’un calcul dans le réservoir urinaire, etc. Les orchites dues à cette espèce de cause débutent en général par l’épididyme, comme les orchites blennorrhagiques ; le canal déférent participe quelquefois à l'inflammation, d’autres fois il y échappe; en général, la maladie ne suit pas une marche aussi régulière que la précédente ; le plus souvent elle cause des douleurs moins vives, disparaît plus rapidement : il est assez rare que la tunique vaginale se remplisse de sérosité.
Le repos, les émolliens suffisent généralement pour la faire disparaître ; nous n’avons pas besoin de dire que pendant tout le temps où le testicule est enflammé il faut suspendre toutes manœuvres opératoires du côté de la vessie ou de l’urèthre.
Lorsque l’orchite est déterminée par une affection organique de Îa vessie ou de la prostate, elle se renouvelle à des intervalles plus ou moins éloignés, avec une intensité variable. Elle sera combattue par le repos, les émolliens et Surtout par les moyens propres à faire disparaître l'affection qui l’a déterminée. (Voyez Affections de la vessie et de la prostate.)
90 La masturbation. Gette cause détermine rarement l’orchite. On comprend cependant que, répétée, la masturbation fasse naître au fond de l’urèthre une irritation qui devient la cause de l’orchite. Dans cette variété, l’épididyme est moins souvent pris, ou plutôt il y a moins de gonflement, peu ou pas de liquide. Si la cause cesse, la résolution est accomplie, dit M. Velpeau, en trois ou quatre jours. Ce n’est que depuis quelques années et en interrogeant de près les malades, que, dit ce chirurgien, J'ai été conduit à soupçonner, puis à admettre cette cause d'orchite comme réelle et méritant d’être signalée à part.
3° Les contusions du testicule déterminent quelquefois l'inflammation
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de cet organe, e gonflement, dans ces cas, porte tout aussi bien sur le testicule que sur l’épididyme ; souvent même le testicule est seul enflammé et reste seul affecté pendant toute la durée de la maladie ; le canal déférent ne participe presque jamais à l’inflammation. La tumeur estgénéralement inégale, bosselée ; on trouve des noyaux très durs à côté d'espaces beaucoup plus souples. Il n’est pas très rare de la voir se terminer par suppuration; il se forme un ou plusieurs abcès dans le parenchyme testiculaire. Dans la plupart des cas, la tunique vaginale ne renferme pas de sérosité.
Cette espèce d’orchite sera traitée comme toutes les affections phlegmoneuses; les antiphlogistiques seront dès le début appliqués avec énergie. Il est quelquefois impossible, malgré ces moyens, d'obtenir Ja résolution ; le pus s’accumule en foyer ; il convient alors d'appliquer des émolliens jusqu’à ce que l’abcès soit ouvert et détergé. Il n’est pas toujours facile d'ouvrir ces foyers purulens en temps utile ; la profondeur de l'organe, la douleur que cause l'exploration, font méconnaître la fluctuation au début; d’un autre côté, les malades hésitent à laisser porter l'instrument tranchant sur leurs testicules et les praticiens craignent qu’on ne vienne à leur reprocher d’avoir causé par leur opération la perte de l'organe; aussi n’est-il pas très rare de trouver des testicules complétement désorganisés par la suppuration. Dans tous les cas, si après avoir ouvert le foyer il restait des fragmens de canaux séminifères encore intact, il faudrait bien se garder d’y porter le doigt ou l'instrument tranchant, de les attirer au dehors avec des pinces, car ils peuvent avoir conservé leur vitalité, et après la guérison il reste un organe sinon aussi complet, mais du moins qui pourra peut-être encore concourir à la sécrétion du sperme.
L° Les efforts ont été aussi indiqués comme cause d’orchite, Il n’est pas très rare de voir cette affection survenir sans cause appréciable, c'est-à-dire en dehors de toute inflammation, irritation ou lésion de l’urèthre ; dans ce cas il arrive que les malades accusent souvent un effort. Les données fournies par l’anatomie avaient conduit à nier l’influence de cette cause ; l'anneau fibreux ne pouvant en effet comprimer le cordon, on avait été conduit à déclarer impossible l’orchite par effort. Mais depuis, des dissections attentives ont démontré que du bord externe de l’aponévrose du muscle droit se détache un faisceau de fibres qui va se fixer à la crête iliaque. Ces fibres forment une arcade à concavité supérieure sur laquelle repose le cordon qui fait au niveau de l’orifice interne du canal inguinal un angle plus ou moins aigu. Le redressement brusque de cette arcade fibreuse qui comprime le cordon pendant l'effort, devient cause occasionnelle d’orchite lorsque cette pression est portée assez loin pour jeter un trouble notable dans la circulation du
cordon : cette espèce débute comme l'orchite blennorrhagique par le cordon testiculaire et par l’épididyme, elle présente à peu près les mêmes caractères anatomiques; ses suites la rapprochent de l’orchite simple ou traumatique, néanmoins elle se termine plus rarement par suppuration. À
5° Il n’est pas très rare d'observer des orchites survenues à la suite d'oreillons, et sans que l’on pât l'expliquer autrement que par la métastase, Cette variété mérite d’être distinguée; car elle n’a ni la même durée, ni la même marche, ni la même physionomie que lorchite ordinaire. L’épididvme est modérément gonflé ; le testicule a augmenté de volume : les deux testicules se prennent quelquefois simultanément ; le scrotum est légèrement érysipélateux ; il n°y à pas ordinairement d’eau dans la tunique vaginale. Ces orchites se développent rapidement. Arrivées presque d'emblée à leur summum, elles décroissent spontanément, et la résolution est bientôt complète. Le repos, les cataplasmes émolliens, les applications de compresses imbibécs d’eau blanche, suffisent dans l'immense majorité des cas : ces orchites, comme les oreillons d’ailleurs, semblent être quelquefois épidémiques.
6° Il nous reste à mentionner cette orchite que lon observe quelquefois pendant le cours ou au déclin des fièvres graves, fièvre typhoïde et particulièrement la variole ; tantôt elle marche avec une extrême lenteur, d’autres fois elle se développe avec une très grande rapidité et se termine très vite par suppuration. Nous n'avons pas à insister sur cette affection qui n’est qu’un épiphénomène d’une maladie beaucoup plus sérieuse, et dont la marche, le pronostic et le traitement sont subordonnés à l'affection première; ni sur cette orchite qui survient à la suite de la constipation et des maladies de l'extrémité inférieure du recium.
IT. — Orchite chronique.
L'orchite chronique est une affection assez rare ; c’est peut-être une de celles qui a été le moins étudiée, et sur laquelle les travaux les plus modernes laissent encore beaucoup de doutes. Lisez le traité de Curling sur les maladies du testicule, et vous serez convaincu que son orchite chronique n’est autre chose qu'une affection tuberculeuse du testicule. Le principal caractère anatomique de cette forme d’inflammation, dit-il, est le dépôt d’une matière jaune particulière, homogène et inorganique (1). Il décrit ensuite les deux formes sous lesquelles cette matière se présente à l'observation, et qui ne sont que les formes que nous sigualerons eu parlant du testicule tuberculeux. Il discute le siége primilif de cette matière, et conclut que c’est dans l’intérieur des tubes
(4) Curling, Traité des maladies du testicule, p. 289.
ORCHITE CHRONIQUE. 539 séminifères qu'elle est déposée dans son origine. Il ajoute que dans un cas où ilextirpa le testicule malade, l’épididyme était fortement engorgé ; sa tête était remplie d’une matière molle, mais concrète, qui tapissait une cavité irrégulière avec laquelle communiquait un trajet fistuleux.
Sa queue renfermait une matière semblable, sans ouverture à l'extérieur. Ces dispositions sont, du reste, très bien indiquées dans une figure annexée au texte. Cependant l’auteur prévoit l'objection qu’on va jui faire. Aussi a-t-il bien soin de dire que ce n’est pas là la tuberculisation, mais bien quelque chose de tout différent. Cette matière jaune, dit-il, a été appelée fubercule jaune du testicule; mais comme il diffère du dépôt tuberculeux qui se développe également dans le testicule, ce terme est répréhensible et pourrait conduire à l'erreur. Néanmoins toute sa description est un tableau complet des symptômes de l'affection tuberculeuse da testicule : il parle de l'organe, du ramollissement de la matière tuberculeuse (car il ne rejette pas même cette dénomination qu'il a condamnée), des trajets fistuleux qui s’établissent, des adhérences que lorgane contracte avec le scrotum.
Mais Curling ne se borne pas à faire la description de la tuberculisation du testicule : il ajoute encore les symptômes des accidens tertiaires de la syphilis, du testicule syphilitique ; il parle de la perte de sensibilité de l'organe, d’un épanchement dans la tunique vaginale, Ce n’est pas tout : il y ajoute la description de ce qu’on à désigné sous le nom de fongus du testicule, affection du corps du testicule dans laquelle le travail inflammatoire détermine la rupture de la tunique albuginée, et l'issue au dehors des canaux séminifères : ces canaux viennent végéter à l'extérieur et former une variété de fongus. Dans cette description de l’orchite chronique, il y a donc un peu de tout : affection tuberculeuse, testicule syphilitique, fongus de cet organe; ce qui certainement est bien plutôt de nature à embrouiller les choses, qu’à nous éclairer sur les signes de cette affection.
Aussi, malgré toute la bonne volonté que l’on peut y mettre, n°y trouve-t-en qu'une confusion extrême et rien qui caractérise lorchite chronique. Cependant nous croyons à l'existence de cette orchite chronique; mais nous devons ajouter que nous la croyons très rare. Dans certains cas, le testicule s’enflamme, il se fait une infiltration plastique différente de la tuberculisation. La matière infiltrée peut se résorber sans s’abcéder : mais elle peut aussi persister pendant un temps considérable, comme nous le voyons pour les engorgemens de l'épididyme, et alors l’engorgement persiste dans la totalité du testicule, et c’est Ià ce qui constitue l’orchite chronique. Chez le malade dont nous rapportons plus bas l’observation, nous avons affaire à une affection de cette nature. L’inflammation du testicule à été entretenue par livritation du
canal de l’urèthre, et a amené cet engorgement chronique du testicule que nous avons pu reconnaître.
Il est un fait bizarre que l’on remarque quelquefois chez les sujets atteints de cette affection. Chez quelques-uns, en effet, la sécrétion spermatique est modifiée dans ses qualités physiques. Ils léjaculent du sperme rouge ou rosé, ressemblant beaucoup à de la gelée de groseille. Ce fait était assez curieux pour que nous ne nous en tinssions pas à cette seule notion. Nous avons suivi de près certains de ces malades, Voici ce que nous avons pu constater :
Cette modification dans la couleur du sperme dure habituellement assez longtemps sans empêcher les rapports sexuels ; puis elle disparaît peu à peu, et le sperme reprend son aspect normal. Cette altération ne paraît pas entraîner l’impuissance ; car certains malades, qui n’ont point renoncé aux rapports maritaux, ont pu donner le jour à des enfans, malgré cette disposition du sperme. On ajoute même que les enfans engendrés dans ces conditions présentent ordinairement; quelques particularités, telles que peau colorée en rouge, etc., etc.
Ce sont là des contes qui n’ont évidemment aucun fondement. Nous avons fait des recherches pour voir si pareille chose avait été observée par d’autres médecins, nous avons trouvé cette particularité relatée par Swediaur, qui dit avoir vu des malades qui en étaient très effrayés.
Voici le fait auquel nous avons fait allusion dans le cours de cet article.
Cogner (Charles), âgé de vingt-six ans, paraît très robuste ; ‘il est bateleur, profession qui exige beaucoup de force. Son principal exercice consiste à manœuvrer une de ces grosses boules pesant vingt-cinq à trente livres, et qu'il fait monter avec les pieds sur un plan incliné.
Il y à environ quatre ans, il contracta une chaudepisse. Cette circonstance est bonne à relater, car elle n’est probablement pas tout à fait étrangère à la maladie qu’il porte aujourd’hui. Cette chaudepisse dura quatre semaines à peu près, et fut suivie d’une épididymite. Depuis cette époque, le testicule est toujours resté gros, et le malade, quoiqu'il n'ait pas eu de nouvelle blennorrhagie, a constamment éprouvé un peu de douleur en urinant ; puis cette douleur est devenue plus vive; enfin il lui est arrivé quatre ou cinq fois depuis de rendre quelques gouttes de sang à la fin de la miction.
Il y a un mois environ, une violence extérieure est venue s'ajouter à son mal. Dans l'établissement où il est, on montre des animaux. IL était occupé à soigner une autruche, lorsque tout à coup celle-ci lui lança un coup de pied dans la région hypogastrique. Un coup de pied d’un pareil animal peut certainement produire des accidens graves : aussi notre malade n’hésite-t-il pas à attribuer à ce coup la recrudescence de son mal. Il ajoute qu’il y a un an il a fait une chute où les bourses ont
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été atteintes. Tout cela doit être pris en considération quand il s’agit d’une affection testiculaire obscure comme celle-ci. Je dis obscure, et il sera aisé de s'en convaincre par l’examen des parties affectées.
Le testicule droit (c’est le seul côté malade) a augmenté de volume, mais dans des proportions peu considérables : il n’a pas tout à fait la grosseur d’un œuf de poule, Au premier abord, il paraît assez régulier ; mais si on le palpe avec soin, si on cherche à découvrir ses divers accidens de forme, on reconnaît bientôt qu'il n’est pas d’une régularité parfaite. Sa consistance n'est pas non plus tout à fait uniforme : il ya des parties plus dures ; d’autres sont plus melles. Cependant il est impossible de bien délimiter les parties dures, engorgées. Avec la plus grande attention et la plus grande persévérance dans ces recherches, on arrive point à dissiper ces doutes, Il y a des noyaux engorgés dans l'épididyme ; 5 y en a également dans le corps du testicule, et il est impossible d'établir une démarcation entre les parties engorgées et celles qui ont conservé leur consistance normale. A la partie antérieure, on trouve une petite dépression plus molle que tout le reste de l'organe, dépression qui pourrait loger l'extrémité du petit doigt. A cette plus grande souplesse et au cercle induré qu’on sent autour, il est facile de reconnaître une éraillure de la tunique vaginale. Les élémens du cordon sont souples et non réunis par une infiltration plastique. La sensibilité du testicule est légèrement augmentée ; en comprimant, même médiocrement, on ne tarde pas à produire de la douleur. Cette compression médiocre est moins bien supportée que du côté sain.
L'orchite chronique peut succéder à l’orchite aiguë; quelquefois cependant elle est primitive, principalement chez les sujets affaiblis par l’âge ou par les maladies. Les contusions des bourses, les uréthrites chroniques sont quelquefois la cause d’une semblable affection.
On peut la confondre avec lhypertrophie testiculaire, les tubercules, le cancer, l’orchite syphilitique, et nous discuterons ce point de diagnostic lorsque nous aurons fait connaître ces différentes tumeurs.
Lorsque l’orchite chronique est idiopathique, on cherchera à la com battre à l’aide de légères émissions sanguines : sangsues mises en petit nombre sur le trajet du cordon. Des frictions seront faites sur le scrotum avec l’onguent napolitain ; des emplâtres de Vigo, de ciguë, seront appliquées sur la même région. Des dérivatifs sur le canal intestinal peuvent être très utiles ; il en est de même des DAMON iodées ou iodurées administrés à l'intérieur,
Dans l’orchite chronique symptomatique, on s’attachera à combattre la cause de la maladie. Ainsi, chez le malade dont nous rapportions l’histoire tout à l'heure, il fallait d’abord combattre l’inflammation de l'urèthre, puis attaquer la maladie elle-même par la médication con-
seillée plus haut et surtout par les révulsifs cutanés, la pommade stibiée par exemple.
$ IV. — Fongus du testicule,
La description de cette affection ne date que de quelques années seulement: le fongus du testicule avait bien été observé par A. Cooper et par Curling ; mais ces chirurgiens n’ont fait que l’entrevoir et ont méconnu ses principaux caractères. Il a été surtout parfaitement étudié par M. Jarjavay (4), qui, en 4849, a publié un mémoire très intéressant sur ce sujet. Plus tard, M. Deville (2), dans un mémoire sur les hernies du testicule, décrit seulement une des formes de fongosités testiculaires.
Anatomie pathologique. — M. Jarjavay décrit deux formes de fongosités testiculaires : l’une, le fongus superficiel, est constituée par des végétations qui se développent sur l'enveloppe fibro-séreuse; l’autre, le fongus parenchymateux, prend naissance dans le tissu propre du testicule et se présente au dehors, à travers une perforation de la tunique albuginée.
Le fongus superficiel peut se montrer dans deux cas : tantôt les enveloppes du testicule ont éprouvé une solution de continuité, la glande est mise à nu; tantôt les enveloppes sont intactes. Dans ceite dernière forme il existe une hydrocèle concomittante.
Quelle que soit la nature de la solution de continuité du scrotum, que ce soit une plaie accidentelle, une incision faite à la tunique vaginale dans le but de guérir une hydrocèle, un séton passé dans le même but dans la tunique vaginale, une perte de substance consécutive à un abcès ou à la gangrène du scrotum, on voit quelquefois la tunique fibroséreuse s’enflammer et devenir le siége de ces exubérances qui ne tardent pas à faire saillie à travers l'ouverture du scrotum.
Dans le fongus profond, la tumeur se continue avec la substance même du testicule, qui est altérée dans une étendue plus ou moins considérable. Une portion de l'organe conserve sa structure et sa disposition normales, tandis que l'autre a perdu plus ou moins complétement ses propriétés. La trausition entre la partie saine et la partie malade est généralement insensible : il n'est pas très rare d'observer des cas dans lesquels la pulpe testiculaire a complétement disparu dans la masse du fongus.
Le volume du fongus du testicule est variable; il est égal à celui d’une
(4) Jarjavay, Mémoires sur les fongus du testicule, dans les Archives générales de médecine, 1849, 4° sér., t. XX, p. 129.
(2) Deville, Moniteur des hôpitaux, 1853,