AFFECTIONS NERVEUSES DU TESTICULE
Cette affection offre une durée variable. L'observation apprend que les accès deviennent moins fréquens et moins intenses à mesure que le malade avance en âge, jusqu’à ce qu’ils finissent par disparaître tout à fait. Elle peut être compliquée d’une névralgie de l’urèthre, de l'anus et du col de la vessie.
Étiologie. — Les causes de la névralgie du testicule sont peu connues. On observe cette affection principalement dans lenfance et à l’époque de Ja virilité ; jusqu’à présent on ne l’a pas encore rencontrée chez les vieillards ; elle paraît moins rare dans les pays froids et humides que sous les climats chauds et secs. Elle se montre quelquefois à la suite d’une contusion du testicule et du cordon, d'une orchite, d’une blennorrhagie; la masturbation, les excès de coït, la continence trop abselue ont été regardés comme cause de la névralgie du testicule. Gette affection ne serait pas, dit-on, très rare chez les sujets affectés du varicocèle.
Diagnostic. — La névralgie du testicule ne peut être confondue avec aucune autre affection de cet organe; l'intensité et l’instantanéité de la douleur, l’absence de tuméfaction du côté des bourses ou du testicule ne sauraient donner lieu au moindre doute. L’affection avec laquelle celle-ci pourrait être confondue est la colique néphrétique; mais l'examen des urines mettra facilement le chirurgien sur la voie, En effet, dans la névralgie testiculaire, celles-ci ont conservé leur caracière normal, tandis que dans la colique néphrétique elles sont rouges, quelquefois sanguinolentes, et laissent déposer des graviers plus ou Moins nombreux.
Lorsque l’on aura reconnu l'existence d’une névralgie du testicule, on devra chercher si le malade ne porte pas un varicocèle. La dilatation variqueuse des veines du cordon peut, dans quelques cas, être le point de départ de la névralgie. |
Pronostic. — Cette affection ne compromet pas la vie des malades, mais elle est fâcheuse par les douleurs excessives qu’elle détermine, à cause de l'impuissance des moyens thérapeutiques. La névralgie proprement dite est peut-être moins fâcheuse que l’autre FFE en ce sens que les douleurs ne se montrent, dans la première, qu’à des intervalles souvent très éloignés, tandis que, dans la seconde, les souffrances presque continues jettent les malades dans un découragement prefond, et leur fait demander avec instance l’ablation de l’organe malade.
Traitement. — Les ressources de la thérapeutique font bien souvent défaut. Presque tous les moyens conseillés contre cette affection ont échoué ; ce n’est que dans les cas où la névralgie se montre d’ane manière périodique que l’on peut espérer en triompher assez facilement ; il est indiqué, dans ces cas, d’administrer le sulfate de quinine comme dans toute autre espèce de névralgie.
Les antiphlogistiques, surtout lorsque le sujet est vigourenx, que la maladie est à son début, qu’il existe un léger gonflement du testicule, paraissent avoir quelquefois procuré du soulagement.
Les bains prolongés, les bains froids, les douches d’eau froide, les applications émollientes et narcotiques, les vésicatoires, le chlorhydrate de morphine par la méthode endermique, les divers antispasmodiques, tels que la valériane, le camphre, l’asa fœtida, etc., ont été emplovés avec des succès variés, et, nous devons l'avouer, bien souvent inutilement. Pouteau rapporte un cas dans lequel la névralgie a été guérie par l'application successive de trois moxas.
On a proposé l’incision des nerfs du cordon; il n’est pas besoin d’insister sur l'extrême diflculté de pratiquer une semblable opération ; elle n’a été faite qu’une fois et n’a pas été suivie de succès.
L'amputation du testicule est quelquefois demandée avec instance par les malades; le chirurgien ne devra jamais leur céder, car tôt ou tard cette maladie finira par disparaître complétement, et, dans l'immense majorité des cas, on peut sinon guérir la maladie, du moins apporter un soulagement considérable par un traitement bien dirigé et par des soins hygiéniques convenables, tels que le repos, le régime. Les voyages ont paru exercer une action favorable sur cette affection. Chez quelques sujets, on a vu la maladie disparaître par le mariage.
S VIE. — Kystes du testicule.
Ils sont de plusieurs espèces, les uns se développent entre la tunique séreuse et la tunique albuginée, et constituent, lorsqu'ils sont volumineux, laffection décrite sous le nom d’Aydrocèle enkystée du testicule; les autres se montrent dans le testicule lui-même, et sont désignés par Curling sous le nom de maladie kystique du testicule. Nous allons examiner ces deux affections, et nous terminerons ce paragraphe par quelques mots sur les kystes hydatiques.