CANCER DU TESTICULE
Que l'on mette dans la main d’un individu une pièce d'or d'un certain volume ; que huit jours après on lui donne une pièce de cuivre du même volume , et qu’on lui demande alors d'apprécier le poids spécifique relatif de ces deux métaux, certes la chose ne sera pas facile; mais elle deviendra bien autrement difficile si on lui présente des pièces d’un volume différent, et cependant le poids spécifique de l'or est plus du double de celui du cuivre.
Que sera-ce done quand il s'agira de comparer ici, entre elles et dans des conditions aussi défavorables que celles que nous avons signalées tout à l'heure, des masses d’un poids spécifique aussi peu différent que l'hydrocèle et les autres tumeurs du testicule? Car il ne faut pas S'y tromper, la différence du poids spécifique du liquide de l’hydrocèle et des matières qui constituent les autres affections du testicule est presque insignifiante. C’est ce dont on peut se convaincre facilement en jetant les yeux sur les chiffres que nous avons obtenus, en comparant le poids de tumeurs de diverse nature au poids d’un même volume d’eau.
Une première Lumeur, appartenant à la variété décrite sous le nom de kyste hydatique du testicule, fut pesée dans l'air et donpa pour poids 466 grammes ; plongée dans un vase complétement rempli d'eau elle déplaça de ce liquide 450 grammes ; la différence du poids spécifique de la tumeur et de l’eau est donc ici de moins de 1/30°.
Une deuxième tumeur constituée par du tissu encéphaloïde donna pour poids dans l'air 205 grammes; plongée daus l’eau elle en déplaçait 200 grammes; la différence ici est moindre encore, elle n’est que de 41/40°.
Une troisième tumeur (kyste hydatique) pesait dans l'air 283 grammes; l’eau qu’elle déplaça pesait 276 grammes; la différence était donc de +297.
Une quatrième tumeur fut pesée, c'était un sarcocèle cancércux enlevé à un tout jeune enfant, il pesait 58 grammes ; l'eau déplacée par cette tumeur pesait 53 grammes ; dans CC Cas, la différence était plus forte, elle était d'environ 1/13°.
Or, ilest évident qu’une différence même de 1/12" est complétement inappréciable dans les conditions où le chirurgien opère ; observons, en outre, que toutes ces tumeurs ont été comparées à l’eau dont la densité est un peu inférieure à celle de la sérosité de l’hydrocèle. Ajoutons enfin, qu'ici nous comparons le poids des tumeurs à celui de l’eau sans tenir compte de l’adjonction des tissus que l’on ne peut éviter sur le vivant.
Or ces tissus, c’est-à-dire le testicule et ses enveloppes, ont à peu près Ja même densité que li matière cncéphaloïde. Ce sont done là deux éléments nouveaux qui concourent à rendre pius petile encore la difié-
rence déjà si minime qui existe entre le poids spécifique de ces tumeurs. On peut donc dire que le signe tiré du poids spécifique des tumeurs du testicule est un signe qui ne saurait avoir aucune valeur. C’est là un de ces signes inventés dans le cabinet, et qui ne se sont transmis jusqu’à nous que parce que personne n’a songé à en vérifier l'exactitude.
Le cancer encéphaloïde donne quelquefois, comme l’hvdrocèle , une sensation de fluctuation ; mais avec un peu d'attention, on reconnaît des points plus durs à côté de points ramollis.
Lorsque dans ‘’hématocèle , la fausse membrane présente une grande épaisseur, le diagnostic est plus difficile, la fluctuation est très obscure et manque souvent , il n’y a pas de transparence. Nous examinerons plus loin les caractères distinctifs de ces deux affections (voyez ématocèle de la tunique vaginale). |
Le diagnostic du cancer et des kystes du testicule est souvent fort difficile , il n’y a que la marche de la maladie et au besoin la ponction exploratrice qui puisse mettre sur Ja voie. :
Pendant sa première période, le cancer encéphaloïde offre des caractères qui ne permettent pas de le distinguer de lorchite chronique, il n’y à guère que le traitement qui puisse servir à poser un diagnostic exact. En effet, l’orchite chronique diminuera sous l’influence d’un traitement convenable, tandis que le cancer ne cessera de faire des progrès.
Le diagnostic du cancer avec les tubercules du testicule a été exposé plus haut.
Pronostic. — Il est fort grave comme celui de toutes les affections cancéreuses.
Traitement. — Que dire du traitement du cancer encéphaloïde du testicule ? Il n’y a que la castration qui puisse débarrasser le malade de sa tuineur, et, malheureusement, non-seulement cette opération est souvent impraticable à cause des altérations qui se propagent dans la cavité abdominale par le canal déférent et les ganglions lymphatiques, mais encore l'ayant pratiquée daus les meilleures conditions, c’est-à-dire sans engorgement ganglionnaire et avec un canal déférent tout à fait sain, on a fréquemment à déplorer des récidives extrêmement rapides. Cependant, comme on à vu Ja récidive se montrer tardivement chez un certain nombre de sujets, on doit pratiquer l’opération lorsque l’état des organes ne la contre-indique pas et permet d'espérer une guérison durable.
B. Le squirrhe du testicule est rare, il diffère de l’encéphaloïde par la forme, la consistance de la tumeur et la lenteur de sa marche.
Le testicule est irrégulier, besselé, excessivement dur. Les ganglions envabis par la dégénérescence sont également beaucoup plus résistans que dans lencéphaloïde. La tumeur n’acquiert jamais un volume très considérable, et le malade succombe à la cachexie cancéreuse alors que