‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 65 sur 205 · HERNIES DU TESTICULE · texte numérisé non relu

HERNIES DU TESTICULE

bre d'observations dans un très intéressant mémoire qu’il a publié sur ce sujet (4).

Les caractères de cette affection sont extrêmement faciles à saisir. Le scrotum est déchiré dans une étendue plus ou moins considérable, quelquefois la cloison des dartos elle-même est dilacérée ; en dehors des lambeaux qui représentent les bourses, les testicules sont pendans et descendent quelquefois jusqu’à la partie moyenne de la cuisse, Roux (2) a observé un cas de ce genre chez un blessé dont le scrotum avait été percé de part en part par une balle, les deux testicules étaient intacts. Gaston (de Saint-Ibars) (3) a vu le testicule descendre jusqu’au tiers inférieur de la cuisse. Il est beaucoup plus rare d'observer une plaie du scrotum assez étroite pour que le testicule ne puisse être remis en place. M. Voillemier en a observé un cas; un malade s'était blessé en s’asseyant sur une chaise sur laquelle était un instrument tranchant, la plaie était linéaire, non mâchée, longue de 3 à 4 centimètres. Le testicule était plus volumineux qu’à l’état normal, douloureux au toucher: le cordon spermatique n’était ni dur ni douloureux, le testicule adhérait aux lèvres de la plaie a l’aide de brides celluleuses. L'organe ne put être remis en place, soit que le testicule augmenté de volume n'ait pu repasser par la plaie, soit que cette dernière eût été rétrécie par le fait d’un travail de rétraction. On fut obligé de détruire les adhérences et de pratiquer une incision longitudinale perpendiculairement à la plaie et s'étendant jusqu’à elle.

Les indications que présente cette espèce de lésion sont précises. H faut remettre le testicule en place en élargissant la plaie, si cela est nécessaire, comme dans le cas cité plus haut. Puis les bords de la solution de continuité seront réunis par des points de suture. Si les lèvres de la plaie sont contuses, irrégulières, elles seront convenablement avivées. Il est souvent utile de laisser ‘à la partie la plus déclive une ouverture qui permette au pus de s’écouler au dehors. Le repos, une position convenable, c’est-à-dire les bourses relevées, des applications émollientes, complètent le traitement.

B. Hernie secondaire. — Si on ouvre les auteurs classiques, on ne trouve que fort peu de détails sur cet état, qui, comme nous l'avons dit, est caractérisé par la saillie du testicule entre les lèvres d’une solution de continuité ancienne du scrotum.

« Il arrive quelquefois, dit Boyer (4), que les enveloppes du testi-

(1) Gazelte des hôpitaux, 1846.

(2) Roux, Bulletin de l’Académie de médecine, 1848, t. XIII, p. 1318, (3) Annales de la Société de médecine de Montpellier, 1806.

(4) Traité des maladies chirurgicales, t. X, p. 166, 4° édit., 1831.

cule se retirent en arrière de cet organe, l’abandonnent presque entièrement et le laissent à nu. Alors la surface de cet organe se recouvre de bougeons charnus qui deviennent la base d’une pellicule mince qui tient lieu de tégumens. » La première partie de la proposition de Boyer est parfaitement exacte; mais quant à la seconde, elle ne saurait être appliquée à tous les cas. Si chez un malade observé par M. Clément Ollivier les choses se sont passées exactement comme le dit Boyer ; s'il en a été de même chez un malade dont le scrotum avait été en grande partie détruit par une infiltration urineuse : sur deux malades confiés aux soins de M. Malgaigne, ce chirurgien constata que le testicule se couvrait d’une couche filamenteuse blanche, paraissant tenir à la gangrène de la tunique albuginée, qui s’en allait par pellicules; et bien loin de présenter sur sa surface des bourgeons charnus qui attiraient au-devant de lui la peau des bourses, le testicule avait au contraire de la tendance à faire saillie au dehors. Des accidens généraux graves se montrèrent chez le premier malade, on chercha à repousser le testicule en arrière à l’aide d’une petite lame de carton, sur laquelle on rapprocha les bords du scrotum à l'aide de bandelettes agglutinatives. Mais cela n’aboutit qu’à ramener la peau en avant des bords de la plaie retenus en arrière par de fortes adhérences : il fallait donc se décider ou à sacrifier le testicule, en excisant la partie saillante, ou bien à le replacer dans le scrotum à l’aide d’une opération qui, 1° détruirait les adhérences, 2° creuserait dans le scrotum une nouvelle loge pour le testicule. M. Malgaigne se décida pour le dernier parti. Chez son second malade il pratiqua l'opération de la manière suivante :

«Un aide ayant saisi le testicule et le portant en dedans, j'attaquai avec le bistouri les adhérences du scrotum à la racine du testicule en bas et en dehors. Arrivé au delà des tissus indurés qui constituaient ces adhérences, je portai le doigt indicateur dans le tissu-cellulaire, et j'y creusai sans difficulté une poche cépable de recevoir le testicule. Celui-ci se trouvant à peu près isolé de toutes parts, et pendant seulement à son cordon, je le repoussai en arrière dans la poche que je lui avais creusée, ce qui ne put se faire toutefois sans détruire encore quelques brides qui avaient résisté en arrière, Les bords du scrotum furent ramenés par-dessus lui en avant, et maintenus en étroit contact à l’aide de trois points de suture entortillée, Je n’appliquai sur la tumeur ni linge cératé ni charpie; je fis relever les bourses avec une compresse longuette fixée à une ceinture, et appliquer des cataplasmes émolliens toutes les trois heures. »

Sur le premier malade confié à ses soins, M. Malgaigne se contenta d’abord de détruire les adhérences et de rapprocher les bords de la

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