AFFECTIONS INFLAMMATOIRES DES BOURSES
plaie avivés par la cautérisation: mais les tractions étant trop grandes, on fat obligé d’enlever les sutures qui causaient des douleurs extrémement violentes; les épingles s’imprimaient profondément dans le testicule; dans un second temps on disséqua le fond de la poche afin de creuser une cavité au testicule. Cette opération, chez les deux malades, fut suivie de la guérison (1).
La rescision du testicule a été faite une fois par M. Éomith, sur un homme de soixante-trois ans : il enleva avec le bistouri tout ce qui débordait le scrotum, et laissa le reste; la cicatrisation se compléta en quelques semaines, et six mois après il avait une cicatrice indolente avec un noyau formé par le reste du testicule et l’épididyme (2).
L'opération de M. Malgaigne est plus compliquée, plus douloureuse que l’excision, néanmoins elle devra toujours être préférée à cette dernière, qui exige le sacrifice d’un des testicules,
$ EX. -— Affections inflammatoires des bourses,
Les bourses, comme toutes les autres parties du corps, sont susceptibles de s’enflammer; mais en raison de la disposition toute particulière des tissus qui entrent dans leur composition, cette inflammation prend des caractères différens de ceux que l’on observe partout ailleurs.
Il est fort rare que l’inflammation ne soit pas très étendue, ce qui s’explique facilement par la laxité du tissu cellulaire; elle se présente sous la forme du phlegmon diffus. Dans un certain nombre de cas, cette inflammation est bénigne ; elle occupe une large surface, mais ne s’accompagne pas de la mortification du tissu cellulaire. Nous donnerons à celte espèce le nom de phlegmon simple des bourses; quant à la seconde espèce, celle qui est accompagnée de gangrène, c'est le ghlegmon diffus proprement dit.
Il est à remarquer que la disposition des tissus ne doit pas seule entrer en ligne de compte dans la manifestation des accidens que nous avons à étudier ; l’état pathologique du scrotum joue un grand rôle dans la marche des phénomènes inflammatoires. Aussi une lésion en apparence des plus simples, une piqûre, une contusion légère, par exemple, qui dans l’état normal passerait inaperçue, pourra être suivie des accidens les plus graves alors que le scrotumn sera distendu par de la sérosité, alors qu’il existera une dilatation des veines du scrotum ou du
(1) Malgaigne, Sur ia hernie traumatique du testicule, ete., dans Revue médico-chirurgicale, 1847, t. 1°, p, 85.
(2) Curling, Maladies du testicule el de ses annexes, traduction de M. Gosselin, p. 573 (Note), in-8, Paris, 1857.
cordon spermatique. Dans le premier cas on voit une inflammation gangréneuse se développer avec une grande rapidité; dans le second on observe une hématocèle pariétale ou vaginale, quelquefois même les veines du cordon s’enflamment, et le malade succombe à la phlébite. Enfin, il n’est pas extrêmement rare, d'observer des symptômes d’étranglement par suite de la constriction par l'anneau du cordon considérablement augmenté de volume.
EL — Phlegmon simple des bourses.
Le phlegmon simple des bourses s’observe à la suite de plaies peu étendues, ou de contusions légères sur le scrotum sain ; on le voit souvent survenir à la suite de fatigue, et surtout de marches forcées:; le frottement des bourses sur la peau de la face interne de la cuisse paraît être la cause de ces accidens. Le contact de lurine ou de tout autre liquide irritant peut déterminer l'inflammation du scrotum.
La peau du scrotum devient rosée, un peu érythémateuse; elle est tendue, luisante, comme œdémateuse, les rides s’effacent plus ou moins complétement. L’inflammation s'étend quelquefois assez loin, gagne la peau de la verge, le périnée, les aines, et même la partie interne des cuisses; les tégumeris prennent une teinte plus ou moins foncée. Les malades ont un peu de fièvre; la langue se couvre d’un enduit saburral.
Cette affection est en général peu grave, le plus souvent elle disparaît avec rapidité, quelquefois cependant elle prend la forme gangréneuse, surtout chez les sujets affaiblis par l’âge ou par les privations.
Le melade sera condamné au repos, dans la position horizontale, les bourses relevées sur le ventre à l’aide d’un coussin placé entre les cuisses, et recouvertes d'un cataplasme ou de linges imbibés d’un liquide émollient; au besoin quelques purgatifs doux compléteront le traitement.