‹ Élémens de pathologie chirurgicale (volume 2)Chapitre 82 sur 205 · I. — Posthite Balanite · texte numérisé non relu

I. — Posthite Balanite

On désigne sous le nom de posthate l’inflammation du prépuce. L’inflammation de la membrane muqueuse du gland est désignée sous le nom de balarite.

Il est rare que linflammation de la membrane muqueuse de ces deux organes soit isolée; aussi presque toujours on observe une balanoposthite.

La face extérieure du gland rouge, surtout au niveau de sa couronne, dépolie, offre parfois de petites excoriations superficielles. Le prépuce rouge à sa face interne, est tumélié, et si l'ouverture préputiale est déjà étroite, il y a phimosis, il est impossible de découvrir le gland. Lorsque l’on peut examiner ce dernier organe, on trouve sa surface muqueuse plus rouge qu’à l’état normal, surtout au niveau de la couronne; sur quelques points, elle semble dépouillée, ses papilles sont à nu comme si elle avait été recouverte par un vésicatoire. La surface interne du prépuce et externe du gland sécrètent un liquide d’une odeur repoussante, semblable au pus de la blennorrhagie. Le malade accuse un prurit fort incommode et une chaleur quelquefois assez vive.

La balano-posthite s’observe principalement à la suite du coït avec une femme affectée de blennorrbagie, ou simplement de leucorrhée ; on la rencontre encore après le coït pratiqué au moment des règles; les

excès de coït, la masturbation peuvent la déterminer; on l’a vue se montrer chez des hommes dont le prépuce est très étroit, et chez lesquels une grande quantité de matière sébacée s’accumule entre le prépuce et le gland; dans quelques cas, enfin, elle paraît déterminée par des chancres développés sur la couronne du gland.

Cette affection est peu grave ; en général, elle marche assez rapide ment vers la guérison, surtout lorsqu'elle est traitée avec un soin convenable, Quelquefois cependant elle passe à l'état chronique, ou bien, après une amélioration très sensible, elle se reproduit sous l'influence de la cause la plus légère.

Traitement. — La balanite aiguë cède presque toujours très rapidement à des soins de propreté : des injections fréquentes d’eau fraîche ou d’eau blanche, ou d’une solution légère d’azotate d’argent entre le prépuce et le gland, suffisent pour la faire disparaître. Un excellent moyen, et qui malheureusement ne peut être appliqué dans tous les cas, consiste à interposer une petite couche de charpie molle et fine entre les deux surfaces enflammées : on comprend que ce pansement n’est possible que quand le prépuce est assez large pour qu’on puisse découvrir le gland. Si la maladie résistait à ce mode de traitement, on pourrait aider à la cicatrisation en saupoudrant la charpie avec du calomel. Dans quelques

cas, On est contraint de toucher les ulcérations avec un crayon d’azotate d'argent.

IL — fnflammation du pénis.

L'inflammation de la verge est fort souvent limitée aux tégumens ; elle affecte alors la forme érysipélateuse ; elle est consécutive, soit aux plaies de cet organe, à une piqüre de sangsue, à la surexcitation d’un chancre; soit à l’érysipèle des régions environnantes, des bourses, de la partie supérieure des cuisses, de Ja paroi inférieure de l'abdomen. Dans d’autres cas, linflammation est plus profonde, elle envahit l'épaisseur des corps caverneux et détermine des accidens fort sérieux.

L'érysipèle de la verge n’est généralement pas très grave. La peau du pénis se gonfle, se boursoufle, puis bientôt, sous l'influence d’un traitement irès simple, bains locaux, fomentations émollientes, tous les accidens disparaissent : la maladie s’est terminée par résolution. D’autres fois il se forme sous les tégumens de petits abcès que l'on ouvre et qui disparaissent. Dans quelques cas enfin l’érysipèle prend Ja forme phlegmoueuse, la peau se décolle dans une étendue plus ou moins considé-

rable, se sphacèle dans certains poinis, et ce n’est qu’à l’aide d’incisions longitudinales, comprenant toute lé

arrêter les progrès du mal.

L'inflammation profonde de la verge présente un bien plus haut de-

paisseur des tégumens, que l’on peut

Page 1