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CHAPITRE X

DE LA MÉLANOSE.

La mélanose (de pelas, noir) est une affection caractérisée par la présence dans l'épaisseur de nes tissus d’une matière noire plus ou moins foncée. | |

C'est aux médecins vétérinaires que nous devons les travaux les plus importans sur cette affection ; elle se présente beaucoup plus rarement chez l’homme que chez les animaux, et, parmi ces derniers, le cheval en est très fréquemment atteint. Dans notre description , nous nous ver rons à chaque instant forcés de recourir aux ouvrages de pathologie vétérinaire , le petit nombre d'observations recueillies sur l’homme ne pouvant nous permettre de tracer une histoire complète de cette affection.

On s'accorde aujourd’hui à reconnaître avec M. Andral « que les mélanoses peuvent exister sous quatre formes : 1° on les voit assez souvent constituer des masses enkystées ou non enkystées ; 2 la matière

qui les compose peut, à l'instar de la matière tuberculeuse, être à létat d'infiltration dans différens tissus ; 3° elle peut être répandue comme une couche plus ou moins épaisse à la surface des organes membraneux ; 4° enfin cette matière peut exister à. l’état liquide, soit pure, soit mêlée à d’autres liquides. Les trois premières espèces de mélanoses ont été admises par Laënnec; quant à la quatrième, il n’en parle point; et cela devait être, puisque donnant à la mélanose le nom de tissu , il ne pouvait point regarder comme tel une matière liquide. »

ANATOMIE PATHOLOGIQUE.—AÀ. Mélanose en masses. — On a rencontré des tumeurs mélaniques dans toutes les parties du corps et dans tous les tissus ; mais le tissu cellulaire paraît en être le siége de prédilection, et c'est dans ses parties les plus lâches qu’on voit le plus souvent ces tumeurs : ainsi dans le tissu cellulaire sous-cutané du tronc et des membres : à l'anus et aux parties génitales chez les chevaux; dans le tissu intermusculaire , dans le tissu sous-muqueux de l’estomac, de l'intestin, de Puretère, dans le tissu sous-jacent au péritoine, à la plèvre, et au péricarde , etc. |

Après le tissu cellulaire, c’est, sans contredit, dans les muscles qu'on rencontre le plus de masses mélaniques. Semblables à celles du tissu celiulaire , elles se développent dans les intervalles qui séparent les faisceaux ou les fibres musculaires : celles-ci sont alors écartées et distendues à la périphérie de la tumeur , et ne participent en aucune manière à l’altération adjacente. |

Bien que la peau n’en présente pas aussi souvent que les tissus dont nous venons de parler, quelquefois cependant elle en contient un assez grand nombre, comme le montre le fait rapporté par Alibert dans sa Nosologie naturelle. Chez ce malade, la peau était recouverte d’une quantité Imnombrable de tumeurs sphériques, dont plusieurs avaient le volume , la couleur, et même le luisant des baies du cassis et du genévrier. Nulle part elles n'étaient aussi nombreuses que sur la partie antérieure du thorax, qu’elles recouvraient presque en entier, et où elles formaient par leur réunion sur le sein gauche trois plaques, dont la plus large avait au moins quatre pouces de circonférence. Laennec, dans son Traité d'auscultation , rapporte un fait analogue.

Les masses mélaniques que le cœur à présentées doivent plutôt être rapportées au tissu cellulaire placé sous ses membranes externe ou interne ; leur aspect est le plus souvent celui d’une tameur polypeuse flottant, soit dans le péricarde , soit dans les cavités de l'organe central de la circulation.

On trouve encore entre les tüniques interne et moyenne des artères des productions mélaniques disposées de la même manière que les concrétions calcaires que l’on rencontre si fréquemment dans cet ordre de

MÉLANOSE. 319 vaisseaux. Les veines n'en ont jamais présenté , et il n’est pas bien démontré que les ganglions Irmphatiques puissent en être affectés.

Si la coloration noire, partielle ou générale, des organes suffisait pour faire admettre une mélanose , le poumon serait, sans contredit, l’organe le plus fréquemment atteint ; car l’on peut dire qu’il est presque impossible de trouver un poumon qui ne présente point des traces plus ou moins considérables de matière noïre. Mais des observations faites il y a quelque temps en Angleterre ne permettent plus de douter que cette coloration noire, qui augmente avec l’âge des individus, ne soit dans le plus grand nombre des cas due à l'inspiration habituelle et prolongée d’un air chargé de molécules de charbon. Il est facile de constater ce fait sur les poumons des ouvriers forcés de vivre dans une pareille atmosphère , comme les mineurs, les charbonniers, etc. Il ne faut point non plus confondre avec la véritable mélanose cet état dans lequel le poumon, atteint de phlegmasie chronique , présente une coloration noïre à peu près uniforme. Dans la véritable mélanose (et celle-ci n'existe jamais dans le poumon seulement ), cet organe présente dans différens points de petites masses noires du volume d’une noisette; ces masses, dont les caractères sont ceux des tumeurs placées dans d’autres organes , sont ordinairement environnées de tissu pulmonaire sain, circonstance qui peut servir à différencier immédiatement la mélanose de certaines congestions vcincuses.

De tous les organes glanduleux, nous devons placer le foie au premier rang. Celui-ci acquiert quelquefois des dimensions si considérables qu'il quadruple de volume. Sa surface devient inégale ; les différentes bosselures qu’elle présente dépendent du nombre et du siége de ces tumeurs, et paraissent développées dans les espaces intermédiaires aux granulations hépatiques qui se trouvent ainsi plus ou moins refoulées, suivant les dimensions d’ailleurs très variables de chaque masse mélanique.

Les reins et le pancréas, quoique moins fréquemment atteints que le foie, ne laissent pas que d’en offrir un certain nombre ; mais celles-ci, beaucoup plus petites que dans l'organe hépatique, dépassent rarement le volume d’une grosse noisette. Les mamelles se trouvent dans le même cas.

Dans les glandes salivaires, et notamment la parotide et la sousmaxillaire, nous en avons trouvé plusieurs qui ne dépassaient pas le volume d’une avelire. Nous mentionnerons ici le corps thyroïde, qui se trouve quelquefois transformé en totalité ou partiellement en matière mélanique. |

Le üssu nerveux Jui-même n’en a jamais offer! c’est toujours dans le tissu cellulaire placé sous ses membranes qu’on en a rencontré. L'œil est Le seul organe des sens qui en ait présenté.

Rien n'est plus variable que le volume des tumeurs mélaniques :

pour quelques unes il n’est pas supérieur à celui d’un grain de millet, tandis que d’autres atteignent la grosseur d’une noix, d’un œuf de poule, ou même celle du poing, comme nous en avons pu observer une sur un malade qui à succombé, il y a quelques mois, dans notre service, à la suite de cette affection. Gette masse s'était développée dans le tissu cellulaire intermédiaire aux deux feuillets antérieurs du grand épiploon. C’est dans le foie et surtout dans les muscles que l’on trouve les tumeurs les plus volumineuses. On en à vu acquérir chez les chevaux des dimensions encore plus considérables que celles que nous venons de citer, et peser jusqu’à vingt et même trente livres : mais alors elles étaient formées par l’agglomération de plusieurs autres.

Quand la maladie est arrivée à un degré très avancé, on peut dire que les masses mélaniques sont vraiment innombrables : c'est le tissu sous-péritonéal qui nous à paru en offrir le plus grand nombre.

La forme ne présente pas moins de différences que le volume et le nombre. Quand les masses mélaniques sont isolées , elles sont tantôt allongées et ovoïdes, tantôt sphériques, parfaitement arrondies. D’autres fois plusieurs masses se réunissent en une seule, dont la surface est plus ou moins irrégulière et hérissée d’aspérités; ou bien elles présentent un grand nombre de mamelons, dernières traces de leur séparation primitive : plus rarement leur ensemble offre l'aspect d’un cha- pelet ou d’une grappe de raisin.

Les masses mélanjques, quel que soit d’ailleurs leur pere ont ordinairement une couleur noire plus ou moins foncée, RE ms à celle de la suie ou de l'encre de Chine. Cette coloration est tantôt primitive, c'est-à-dire qu'elle existe depuis le moment où l’on à pu constater la présence de la tumeur ; tantôt, comme dans l’ecchymose , elle subit diverses transformations: ainsi, rouge-brun au début, elle noircit peu à peu, devient violacée, et arrive plus tard au noir le plus foncé. Ces varialions, que nous avons pu constater pendant la vie sur des masses nélaniques siégeant dans le tissu même de la peau, peuvent se retrouver encore après la mort, en plaçant sur un linge, du papier ou tout autre Corps blanc une très petite quantité de matière mélanique : c’est ainsi que nous avons pu trouver tous les intermédiaires entre la couleur rouge cla're du sang et celle de l'encre de Chine.

Leur densité présente de grandes différences suivant les tumeurs que l'on examine: les unes, ayant la cohésion de la rate, donnent au toucher une sensation analogue ; les autres, contenant une matière à peu près liquide, sont élastiques et facilement dépressibles. Ces variations, sensibles au doigt, deviennent encore plus évidentes quand on incise ces masses dans leur partie moyenne : pour les premières, la coupe est lisse, unie, résistante, et la tumeur conserve sa forme; pour les deuxièmes, au con-

MÉLANOSE. 379 traire , la surface de section laisse échapper une matière noire semiliquide, qui a plus ou moins de tendance à s’écouler. Ces différences avaient porté Laënnec à admettre, comme pour le cancer, deux degrés variables suivant l’âge de la tumeur ; il reconnaissait une première époque, de crudité, et une deuxième, de ramollissement ; celui-ci se faisait du centre à la circonférence, et la mélanose, d’après lui, se transformait partiellement d’abord, puis en totalité, en une sorte de pulpe ou de bouillie noirâtre. Peu disposé à reconnaître le ramollissement de Laënnec, M. Andral paraît plus porté à croire que le ramollissement de la mélanose dépend tout simplement dans certains cas du ramollissement même des tissus naturels ou accidentels auxquels cette production était unie ou même combinée.

Les masses mélaniques se composent de deux parties bien distinctes : l’une, placée à la périphérie, formée par du tissu cellulaire, et l’autre, qui en occupe le centre, espèce de pulpe ou de bouillie noirâtre, qui constitue à vrai dire la mélanose. Nous donnerons un peu plus bas ses caractères physiques et chimiques, après avoir achevé la description des autres variétés que présente cette affection, Le tissu qui forme pour ainsi dire les limites de la tumeur paraît formé par l’entrecroisement en tous sens de fibres ordinairement peu serrées. Dans un certain nombre de cas, on constate à l'extérieur la présence d’un véritable kyste, qui avait fait admettre à quelques auteurs une variété de mélanose dite enkystée. |

De la surface interne de tissu fibro-celluleux qui circonscrit la masse mélanique partent une grande quantité de prolongemens entrecroisés laissant entre eux des intervalles remplis par la pulpe mélanique.

Ces tissus offrent du reste très peu de traces d'organisation : les injections artificielles de matière colorante n’y démontrent la présence de vaisseaux qu’à la surface seulement, l’intérieur n’en présentant jamais de traces. On n’y à pas non plus observé de filets nerveux.

B. Mélanose infiltrée. — On dit que la mélanose est infiltrée dans un organe, quand une partie ou la totalité de cet organe présente une coloration noire plus ou moins uniforme, la matière mélanique s'étant pour aimsi dire unie molécule à molécule avec le tissu, dans la trame ‘duquel elle se rencontre. MES

Cette variété est beaucoup plus rare que la précédente, sans laquelle elle ne paraît pas exister. Chez les individus qui offrent beaucoup de masses mélaniques, on ne voit habituellement qu’un très petit nombre d'organes présenter des traces de cette infiltration de matière noire.

Sur un cheval blanc, MM. Trousseau et Leblanc ont trouvé le tissu cellulaire sous-péritonéal, dans l'étendue de deux pieds carrés au moins,

d'une teinte bistre uniforme , tout-à-fait semblable à celle du réseau muqueux de la peau d’un mulâtre.

Ces auteurs ont encore eu de nombreuses occasions d'observer dans les muscles cette infiltration.

Le tissu osseux est un de ceux qui présentent le plus fréquemment cette infiltration. La plupart des os du malade mort dans notre service offraient en quelques points cette altération de couleur ; mais Ja densité, la cohésion et les autres propriétés du tissu ne paraissaient point changées : cependant on a noté plusieurs fois la friabilité des os dans ces circonstances.

Est-ce à l’infiltration de la matière mélanique qu’il faut attribuer la coloration noire qui complique certains produits accidentels , ou quelques dégénérescences de tissus, comme les tubercules, les cancers, etc. ? Ne doit-on pas les rapporter quelquefois à une phlegmasie chronique ou à la présence du sang dans les mailles de leur tissu ?

C. Mélanose déposée sous forme de couche solide à la surface des membranes. — C'est surtout dans le péritoine que l’on a observé cette variété : celle-ci, mieux observée, devra probablement rentrer dans la précédente; car, ainsi que le fait remarquer M. Andral, ce ne sont que de fausses membranes colorées en noir ou infiltrées de mélanose.

D. Ffélanose à l'état liquide. — Les anatomo-pathologistes rapportent à cette quatrième et dernière forme les matières d’un noir plus ou moins foncé rendues par le vcmissement dans certaines affections de l’estomac, celles que l’on rencontre dans le péritoine à la suite de certaines phlegmasies chroniques de cette séreuse.

Après avoir indiqué les-rapports de la mélanose avec les organes environnans etles tissus où elle se trouve, nous devons l’étudier isolément, c'est-à-dire exposer ses propriétés physiques et chimiques. — C’est une matière homogène, dont nous avons déjà noté la consistance et Ja couleur. Elle est à peu près inodore et insipide (Breschet), opaque , miscible à l’eau, insoluble dans l'alcool et l’éther. La peau et Île linge tachés

“par cette substance perdent facilement cette coloration par le lavage.

Vuc au microscope, elle nous a paru formée de globules sanguins et de corpuscules noirs, irréguliers dans leur forme et leur disposition, en nombre d'autant plus grand que la matière était plus noire. M. Gruby l’a trouvée constituée par des vaisseaux à parois si minces , que, suivant lui, elles doivent se rompre chaque fois qu'une injection est poussée dansleur intérieur ; entre ces vaisseaux se trouverait un très grand nombre de cellules contenant un petit novau central de matière mélanique.

L'examen comparatif des diverses analyses qui ont été faites par les chimistes démontre que la matière inélanique contient tous les élémens naturels du sang : ainsi l'on v trouve de l’albumine, de la fibrine, des

MÉLANOSE. 311 sels alcalins de potasse et de soude, du fer, etc. Cela vient done confirmer l'opinion de ceux qui regardent la mélanose comme une altération du sang.

Il n’est pas facile de donner une idée de la nature et de l’origine de la

mélanose. Les uns , en effet, avec Noack, MM. Trousseau et Leblanc, Ja regardent comme une déviation du pigment; d’autres auteurs, tels que MM. Breschet et Andral, comme une altération particulière du sang. !

SYMPTOMATOLOGIE. — La mélanose ne présente pas, suivant M. Cazenave , de symptômes qui lui soient particuliers. Nous allons néanmoins essayer d'indiquer les principaux phénomènes présentés par les malades dont on a publié les observations. La peau présente ordinairement des taches noirâtres, de forme et de grandeur variables comme le nombre, et qui offrent plus ou moins de ressemblance avec de véritables ecchymoses. Dans les points correspondans à ces dernières , ou dans des parües plus ou moins éloignées , on trouve presque toujours, soit dans l’épaisseur même de la peau, soit dans le tissu cellulaire sous-cutané , de petites tumeurs dures , peu élastiques, de couleur noirâtre, pouvant être indolentes, ou devenir le siége de douleurs faibles qui n’ont point de caractère particulier. Aussi, le plus souvent, le hasard seul fait découvrir au malade ou au médecin la présence de ces corps mobiles dans le tissu sous-cutané, la douleur ou la coloration de la peau ne forçant que très rarement l’un ou l’autre à v porter leur attention. La tumeur reste plus où moins longtemps stationnaire. Puis il peut arriver deux choses : ou bien ses dimensions augmentent insensiblement jusqu’à la mort, où bien elle s’excorie. L'ulcération qui en résulte est le plus souvent le produit de frottemens continuels : aussi ne les remarque-t-on généralement que dans les parties qui y sont le plus exposées. I n'existe dans la science que deux ou trois cas où l’ulcération paraît devoir être attribuée à une césorganisation spontanée, et non point au frottement continuel de quelque corps sur la tumeur. Quoi qu’ilen soit, dans ces cas, la surface ulcérée verse continuellement un liquide noir, à peu près inodore, qui offre beaucoup d’analogie avec la matière mélanique.

Comme symptômes généraux , nous noterons la prostration générale des forces, la diminution de la sensibilité, une sorte d’apathie qui rend le malade indifférent à tout ce qui se passe autour de lui. Les autres symptômes que l’on peut observer, tenant aux troubles fonctionnels des différens appareils affectés de mélanose, n’appartiennent point en propre à cette dernière, et ne méritent point par conséquent d’être notés ici.

L'œil est un des premiers organes dont les fonctions s’altèrent , et Ja marche de la maladie y paraît plus rapide qu'ailleurs ; elle v débute souvent par la choroïde , refoule la rétine et offre les signes de l’amaurose =

plus tard la sclérotique s’amineit, l'affection se communique au tissu cellulaire ambiant, et l’on voit bientôt survenir un exorbitis.

La durée de cette affection est d’autant plus difficile à préciser, que l'on ne peut savoir à quelle époque elle a débuté, quel est le tissu qui en a été primitivement le siége ; l’on ignore également si c’est dans les muscles, dans le foie ou ailleurs que la matière mélanique s’est d’abord déposée. La mélanose paraît se terminer toujours par la mort au bout de deux ou trois ans : aussi le pronostic en est-il excessivement grave.

DIAGNOSTIC. — La plupart des auteurs, Laënnec et Alibert entre autres, n’ont point parlé du diagnostic différentiel; cela devait être, puisqu'ils réunissaient sous une seule et même dénomination la mélanose et le cancer mélané. Malgré les rapports qui peuvent rapprocher ces deux maladies, leurs différences sont assez nombreuses pour en faire deux affections distinctes. Comme caractères communs, il faut noter la coloration noire du produit morbide, et l'impossibilité d’arrêter les progrès de la maladie. Dans le cancer mélané, la maladie consiste dans une désorganisation de tissu s'étendant de proche en proche aux parties voisines, qu’il envahit à l’instar des autres formes du cancer ; les ganglions lymphatiques correspondans sont aussi affectés , tandis que la mélanose paraît constituée par un produit de nouvelle formation qui se rencontre dans des tissus pour ainsi dire inaccessibles au cancer, le cœur. par exemple. Si dans la mélanose on rencontre quelquefois des ulcéra- Lions, celles-ci sont le plus souvent dues au frottement des parties voisines , travail pathologique bien différent de l’ulcération cancéreuse. Ainsi pensons-nous que la mélanose est une affection sui generis.

TRAITEMENT. — Nous devons avouer que nous ne connaissons pas de moyen capable de guérir la mélanose ou d’en arrêter seulement les progrès. L'extirpation elle-même , qui peut jusqu’à un certain point retarder la terminaison funeste des maladies cancéreuses, ne peut donner ici aucun espoir de cette nature, puisque la mélanose existe en même temps dans toute l'économie, et que l’ablation d’une masse mélanique superficielle n’entravera point le développement de celles qui se trouvent dans les viscères. On ne doit recourir à l'instrument tranchant que si la tumeur est superficielle, et qu’en même temps elle amène trop de gêne dans les fonctions des organes voisins. C’est dans ces cas que des chirurgiens ont pu extirper celles qui se trouvaient dans l'orbite.

- Disons enfin que M, Cazenave prétend avoir constaté sur un malade que l'usage des bains faisait diminuer les tumeurs appréciables au toucher. (Dictionnaire de médecine , t, XIX, art. Mélanose. )

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