‹ Élémens de pathologie générale (volume 2)Chapitre 12 sur 94 · DU SIÈGE · texte numérisé non relu

DU SIÈGE

quelles les phénomènes morbides se portent successivement d’un lieu à un autre. Il n’est pas rare de suivre cette marche dans certaines maladies des

viscères et de léurs membranes : l’inflammation,

par exemple, peut occuper successivement divers points des membranes muqueuses, et quelquefois même les parcourir toutes. Dans les affections cutanées, cette mobilité est plus évidente encore. Aïnsi, dans l’érysipèlé, la maladie cesse dans l'endroit qu'elle avait prmitivement occupé , elle se

PPPeO | à peu vers les parties VOISINES , et s” é—

tend ainsi par degrés fort loin du lieu où elle avait commencé. On observe quelquefois la même chose dans certains ulcères serpigineux , qui se cicatrisent d'un côté et font de l'autre des progrès vers les parties VOISINES.

fl est enfin des maladies qui, au lieu de s ‘étendre

progressivement d’un lieu vers un autre, se trans-

portent tout-à-coup de l'endroit où liés se sont .. montrées dans un autre qui est fort éloigné. L'é-

rysipèle présente quelquefois cette mobilité : on le

nomme alors érysipèle ambulant. L'urticaire est dans le même cas : elle disparait subitement dans le lieu qu’elle occupe, et se reproduit dans un autre; c’est par ce motif que quelques auteurs lui ont donné l’épithète de saltans. Cette mobilité est également propre aux affections rhumatismales ; elle en forme un des caractères les plus éssentiels : c’est, en effet, surtout dans cet ordre de maladies qu’on voit Les phénomènes morbides se porter rapidement d’un lieu dans un autre, et occuper alternativement un plus où moins grand nombre de parties. Quelques

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DES MALADIES. 7 op affections nerveuses sont aussi très-mobiles ; mais; en général, elles Le sont moins que le rhumatisme. Les hémorrhagies changent quelquefois de siége. Onavu, à chaque époque menstraelle, pendant la. suppression des règles , le sang tantôt s'écouler par le nez, les yeux, le coduit auditif ou ia bouche, tantôt être rejeté par le vomissement , ou excrété par le rectum ou la vessie ; on la vu même suinter par d'anciennes cicatrices, par l’ombilic, par les extrémités des doigts, et quelquefois, chez . la même femme, l’hémorrhagie avoir lieu suc-” cessivement par ces diverses parties.

$ LEE. On a remarqué depuis fort long-temps que les âges influent d’une manière bien prononcée sur le siége des maladies. Dans Penfancé, la plupart des affections occupent la tête : c’est à cette époque qu'on observe l’hydrocéphale, les croûtées de diverses espèces , la teigne , les feux volages , les gereures ét les excoriations des lèvres, du nez et des. oreilles , les aphthes, lépistaxis : le déhre accompagne les affections les plus légères; les glandes sous-maxillaires sont souvent engorgées ,. et le larynx est le siége de quelques affections très-graves ; le croup se manifeste rarement à une autre période de la vie, — À l’époque de la puberté, c'est la poitrine qui devient le siége de presque toutes les. maladies ; c’est à cet âge que se montrent les inflammations de la plèvre et du poumon, l'hémoptysie; c'est souvent alors que se développent les premiers signes des maladies du cœur, et la, -phthisie pulmonaire est tellement commune qu'on croit vulgairement qu’elle n’attaque jamais avant la.

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