CHAPITRE VIL
Des Symptômes (1), ou de la Symptomatologie (2).
Tour changement perceptible aux sèns, survent dans quelque organe ou dans quelque fonction, et lié à l'existence d’une maladie est un spin;
Les symptômes ne doivent ëtre confondus ni avec les phénomènes ni avec les signes.
Tout acte , tout changement qui Sopère dans le corps sain ou malade est un phénomène. Celui-ci appartient à la santé comme à la maladie, au lieu que le symptôme est toujours l'effet de cette dernière. Là où il n’y a pas de maladie, il n’y a pas de symptôme. Galien avait dit avec raison quelesymptôme suit la maladie comme l'ombre suit le corps. C’est donc improprement que beaucoup d'auteurs ont employé les mots symptômes précurseurs , symptômes consécutifs : tout ce qui se présente avant que la maladie existe , ou après qu'elle a cessé, est un phénomène, et non un symptôme.
Il importe également de ne pas confondre le symptôme avec le signe. Dans le langage vulgaire, on comprend sous le nom de signe tout ce qui peut conduire à la connaissance d’uné chose ignorée.
(1) Süy, avec, en même temps ; rixro ; je tombe.
(2) Aëyos, trailé ; cUurroua, sympiômé.
156 | pEs SYMPTÔMES.
En médecine, on désigne spécialement par ce mot tout ce qui peut faire connaître ce qu'il y a de ca= ché sur l’état passé, présent et futur d’une maladie. Les causes qui en ont précédé le développement, la manière dont elle a débuté et marché , l'influence exercée sur son cours par les. moyens thérapeutiques , fournissent des signes aussi-bien que les symptômes. Le symptôme est simplement une sensation qui ne devient signe que par une opération particulière de l'esprit. L'un appartient par conséquent au jugement, l’autre aux sens. Le symptôme est appréciable pour tout le monde; le médecin seul découvre des signes dans les symptômes. Comme il n’est aucun symptôme qui ne puisse fournir un signe quelconque au médecin, et que les signes d’ailleurs appartiennent également à la santé et à la maladie, on a dit que «tout » symptôme est signe, mais que tout signe n’est pas » symptôme. » Nous verrons plus loin de quelle manière on parvient à convertir les symptômes en signes; nous ne devons parlér ici que des premiers. | Fe Les symptômes ou changemens sensibles que la maladie détermine dans les organes ou dans les fonctions sont extrêmement nombreux. Il importe d'adopter dans leur exposition un ordre au moyen duquel ceux qui ont ensemble la plus grande analogie soient , autant que possible , placés les. uns à côté des autres. On a proposé plusieurs méthodes
qui offrent plus ou moins cet avanlage : telle est
leur divison en symptômes sensibles pour le médecin et en symptômes sensibles pour le malade ; telle
| DES SYMPTÔNMES. | 137 est celle de Boerhaave, qui les partageait en trois séries, selon qu'ils dépendent d’un trouble dans les fonctions , dans les matières évacuées , ou dans les qualités du corps ; telle est encore celle que M. Payle, qui fut notre maître et notre ami, avait récemment proposée : 1l pensait que les symptômes devaient être divisés en vitaux et en physiques : les premiers, qui dépendent seulement d’un dérangement des fonctions sans lésion sensible dans la disposition des organes , disparaissent complètement avec la vie; les autres, au contraire , qui consistent dans un changement appréciable survenu dans les parties elles - mêmes , persistent après la mort. Il est facile de reconnaître que cette distincton avait spécialement rapport à l'anatomie pathologique; elle ne saurait être appliquée à l’exposition methodique des symptômes. Quant à celle de Poerhaave , élle éloigne les choses qui se rapprochent le plus : les sécrétions, par exemple, sont
. séparées des matières sécrétées, et les qualités du
corps des fonctions auxquelles elles appartiennent.
Un autre point également important est d’adopter dans l'exposition générale des symptômes un ordre qui puisse être appliqué avec avantage à l’histoire: de chaque affection , et même à l’examen de chaque malade en particulier. On sait qu'il est un grand nombre de médecins très-recommandables qui, au lit du malade, interrogent successivement toutes les fonctions dont les organes sont placés à la tête, au cou, à la poitrine, à l'abdomen, aux membres; cette méthode, qui se prêterait fort difficilement à l'exposition générale des symptômes,
n'offre pas même, dans l’examen de chaque malade en particulier, les avantages qu'on peut obtenir d'une méthode différente. Elle rapproche les choses les plus disparates, elle éloigne celles qui ont ensemble la plus grande analogie. Les troubles de la digestion , par exemple , au lieu d’être étudiés successivement et sans interruption , se trouvent séparés les uns des autres par un si grand nombre de questions intermédiaires , qu’il devient fort difficile de saisir la liaison qui existe entre chacun d'eux. Il en est de même pour la circulation, dont les organes sont disséminés dans toute l’économie , et pour beaucoup d’autres fonctions.
- est bien plus naturel de s'occuper successivement de tous les troubles que présente Chaque fonction, quelle que soit d’ailleurs la région du iat rs | où se trouvent les organes qui concourent à son exercice, Cet ordre, qui convient également lorsqu'on interroge le malade et lorsqu'on veut tracer le tableau de sa maladie , est le seul qui soit ap- | plicable à la description particulière de chaque affection et à l'exposition générale des symptômes. Mais suivant quel. ordre doit-on examiner les fonctions ? Il serait à désirer que l’on püût suivre la division la plus généralement adoptée en phy= siologie , qu'on interrogeât successivement les fonctons assimilatrices, celles de relation et enfin celles de la génération Toutefois, si cette division, qui est la plus favorable à l’étude de l’homme sain ; n'est pas aussi avantageuse à celle de l'homme ma- | lade , nous ne pensons pas qu il soit nécessaire de s’y astreindre entièrement.
DES SYMPTÔMES. ’ 139 Ce qui frappe le médecin, en abordant un malade , ce qui lui donne une première idée de l’aftection dont il est atteint , c’est la physionomie, l’attitude , les mouvemens et la voix : il est donc naturel de commencer par là l'examen des symptômes ; c’est d’ailleurs à ce moment seul quon peut apprécier avec justesse les changemens survenus dans l'habitude extérieure. Si l’on néglige cette première sensation , les yeux s’accoutument par degrés à ce que la physionomie du malade présente d’insolite, et presque jamais on n’en juge, après être resté quelque temps auprès de lui, comme on en avait jugé d’abord. Il en est de même des mouvemens et de la voix : aussi est-il préférable de commencer l’examen des malades et l'exposition générale des symptômes par les fonctions de relation, et de passer ensuite successivement aux fonctions assimilatrices, puis à celle de la génération. Voici dans quel ordre nous exposerons les symptômes qui appartiennent à chacune de ces trois grandes séries.
1°. Habitude extérieure, Respiration, Locomotion, Cireulation , Voix et parole, - Chaleur, Sensations , Sécrétions.
Fonctions affectives , 3°. Fonctions génératrices de Fonctions intellectuelles , l'homme , Sommeil et veille. Fonctions génératrices de la
n°. Digestion, femme.
ARTICLE PREMIER
Des Symptômes fournis par les fonctions de relation:
Pour bien apprécier les changemens que la maladie apporte dans les diverses fonctions, et spécialement dans celles de relation, il est, sinon indispensable, du moins fort utile, que le médecin connaisse Ja physionomie, l'attitude, les gestes, la voix des. individus dans leur état de santé. Sans ce point fixe de comparaison, il ne peut apprécier que d'une manière approximative les phénomènes qui le frappent.
SECTION PREMIÈRE
Des Symptômes fournis: par l'habitude extérieure.
. Les symptômes que fournit l'habitude extérieure sont de la plus grande importance. Nous les considérerons d’abord dans tout le COrpS, puis successivement dans chaque partie, ‘ + ‘a
S L L’habitude extérieure, considérée en général, comprend l'attitude, le volume du corps, la fermeté des chairs , la couleur de la peau, les Érup= tions, les plicatures , les tumeurs et les solutions de continuité de toute espèce. On pourrait y joindre la chaleur et l'humidité de la peau, les battemens des artères superficielles , la distension des
veines ; mais ces divers objets trouveront plus :
naturellement leur place ailleurs.
Æ. Dans l’état de santé, l'attitude est libre, aisée pendant la veille ; pendant le sommeil, les membres sont demi-fléchis, et le corps incliné vers un des côtés, ordinairement vers le droit. Dans l’état de maladie , l'attitude s'éloigne plus ou moins de l'état naturel.
Si le malade est levé, on remarque le plus souvent, dans son attitude, une langueur, une mollesse inaccoutumées ; dans quelques cas, chez les maniaques, par exemple, plus d'assurance et de force. Dans certaines affections Pattitude peut suffire pour faire reconnaître la maladie : dans la catalepsie , par exemple, par l’immobilité générale ; dans la danse de Saint-Guy, par l’irrégularité et la succession continuelle des mouvemens ; dans l’hémiplégie, par la distorsion des traits et la différence dans la position et le mouvement des membres : lopisthotonos et l’emprosthotonos par le renversement convulsif du corps en arrière ou en avant, etc.
Si le malade est couché, Pattitude peut être variable ; comme on l’observe dans beaucoup d’affections ; mais dans quelques cas , elle est constamment la même. — Quelques malades restent habituellement sur le dos (décubitus dorsal, coucher en supination ), soit par l'effet de la faiblesse, comme cela a lieu dans les fièvres adynamiques , soit à raison de la gêne ou de la douleur qu’ils éprouvent dans d’autres positions, comme on le voit dans le rhumatisme général. — Le décubitus sur le ventre est rare; on l’observe dans certaines affections très - douloureuses de l'abdomen, telles que la
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colique métallique , et dans quelques maladies ac= compagnées de délire. — Il a lieu exclusivement
- sur un côté ( décubitus latéral) lorsqu'il y a un
épanchement dans une des plèvres, ou une douleur aiguë à droite ou à gauche : dans le cas d'é-
- panchement le malade se tient sur le côté affecté,
et sur le côté sain dans le cas de douleur vive. — Enfin, dans quelques affections de poitrine où la respiration est très-gênée, et particulièrement dans l’anévrysme du cœur, dans l’hydrothorax double , le malade est forcé de rester assis sur son lit ; il lui est impossible de se tenir horizontalement ; quelquefois même il est obligé de laisser pendre les membres inférieurs. Dans quelques angines des voies aériennes , le malade se tient | assis la tête renversée en arrière. Lorsqu'une tumeur, et particulièrement un anévrysme de l'aorte, comprime la trachée-artère, le malade est contraint
de prendre une attitude bizarre à laquelle il re-
vient toujours, sans doute parce que, dans cette
osition , la tumeur presse moins sur la trachée, | et le passage de l'air est moins difficile. — Dans d’autres maladies, au lieu d’être astreint à garder sans cesse la même attitude, le malade est contraint d'en changer à tout moment. Cette agi-. tation ou inquiétude physique (inquies) a lieu surtout dans les inflammations de bas-ventre, et! àu début des fièvres éruptives. G 44
B. Le volume du corps peut augmenter ou diminuer dans beaucoup de maladies.
Les fièvres inflammatoires déterminent une lé gère intumescence, qui devient plus sensible dans.
| DES SYMPTÔMES. | 143 les paroxysmes : une intumescence plus marquée a lieu dans le début des maladies exanthématiques ; mais quand l'augmentation de volume est considérable, elle est presque toujours le résultat de l’accumulation de graisse ou de sérosité dans le tissu
cellulaire, et quelquefois aussi du passage de l'air
entre ses lames. |
L’accumulation de la graisse et l'augmentation de
volume qu’elle produit dans le corps ont été ra-
rement observées dans les maladies. Elles pour-
raient avoir heu dans certaines affections locales qui obligent à garder le repos, sans assujettir à aucun régime. Cette accumulation seule , sans autre trouble dans les autres fonctions, doit être
elle-même considérée comme une maladie quand
elle est portée à un degré considérable.
L'augmentation dans le volume du corps est presque toujours, chez l’homme malade, le résultat d’une infiltration de sérosité dans le tissu cel lulaïre ou lamineux. Cette infiltration porte le
nom d’anasarque (1) ou de leucophlegmatie (2)
quand elle est générale , et d’œdème (5) lorsquelle est partielle. On la reconnait à la pâleur,
à la demi-transparence de la peau, et à la dé-
pression qu’on y détermine en y appuyant le doigt.
Quelquefois cette dépression n’est pas sensible à |
la vue; mais en passant légèrement et à plusieurs reprises la pulpe du doigt sur le lieu mm mms eee mme * {t) Âva, dans; oûpË, chair.
(2) Aevxés, blanc; oXeyuxaiæ, inflammation.
(5) Ouduux, enflure. -
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mr : . +
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où la pression a été exercée, on distingue, par le toucher , un léger enfoncement qui indique cette infiltration. On reconnait plus facilement encore le gonflement odémateux lorsque la disposition de la peau permet de la pincer entre les doigts; on parvient souvent de cette manière à distin- : guer, à la partie interne des cuisses, l’œdématie à peine commençante. (1% | L'épanchement d'air dans le tissu cellulaire porte le nom d’emphysème (1). Il a lieu dans les plaies pénétrantes de la poitrine, et dans tous les cas où la continuité des voies aériennes et intéressée : il est dû, dans ces deux cas, au passage de l'air dans les lames du tissu cellulaire. Ailleurs il paraît produit par une exhalation de gaz dans le tissu cellulaire: c’est à cette cause qu'on attribue l’emphysème spontané ; celui qui se forme quelquefois dans les maladies gangréneuses peut aussi en dépendre. Dans tous les cas, il est facile à reconnaître à la crépitation légère que la compression produit sur les parties tuméfiées , à la mollesse et À l'élasticité des tégumens distendus, qui cèdent avec facilité sous le doigt et n’en conservent pas Pimpression. “# La diminution de volume du corps est sensible dans le frisson des fièvres intermittentes; elle est | bien plus marquée encore dans les maladies chroniques, par l'amaigrissement qu’elles produisent. Cet amaigrissement peut offrir des degrés très- | différens , depuis la simple maigreur jusqu'au
(1) Éugiozo ; je souffle dedans.
DES SYMPTÔMES. 146 marasme (1). Dans le cours des maladies aiguës ; le corps diminue peu de volume ; ce n’est ordinairement qu'à l’époque de la convalescence que cette diminution est bien sensible. Il est À peine nécessaire d'ajouter qu’elle peut dépendre de la disparition de l’anasarque et de l’œdème.
C. La fermeté des chairs mérite une très-grande attention chez les malades. Huxham, et plusieurs autres praticiens célèbres, ont attaché À ce sym= ptôme toute l'importance qu’il réclame. Elle est conservée, ou même augmentée dans la plupart des maladies inflammatoires ; elle diminue sensiblement dans les maladies de langueur ; la faccidité des chairs est remarquable dans les maladies vraiment adynamiques.
D. La couleur de la peau peut offrir de grandes variétés ; à raison du climat, du sexe, de l’âge, des occupations habituelles , etc.; néanmoins il est un teint propre à la santé qui n’échappe pas même aux personnes étrangères à l’art. IL est quelques affections légères qui n’influent pas sur la couleur de la peau ; mais dans presque toutes les maladies graves, cette membrane offre un changement remarquable dans la coloration qui lui est naturelle.
La peau est péle, blême ou blafarde dans le frisson des fièvres intermittentes; cette pâleur est souvent jointe à une demi-transparence dans les scrophules, la chlorose et l’hydropisie. — Elle est sale et comme incrustée d’une matière terreuse dans les fièvres adynamiques , et souvent aussi dans la phthisie pulmo- 2 SRG SU RU RC A SRE SRE
(1) Macao, je dessèche,
146 rie DES SYMPTÔMES à
naire. — Elle est livide, avec des nuances variées pendant le frisson chez les individus replets, dans
le scorbut, dans les maladies du cœur, et lesi in
flammations chroniques du conduit intestinal. Dans
la plupart de ces:affections, la lvidité est plus prononcée dans certaines parties que dans d’auires ,
aux lèvres, autour des yeux, aux doigts. — La peau
est légèrement rosée dans les fièvres inflammatoires
etavant le développement des éruptions générales ; ,
elle est d’un rouge très-prononcé dans la scarlatine.
-— Elle offre une légère teinte jaunätre dans les fiè-
vres bilieuses ; elle est d’un jaune terne et mat dans
les fièvres intermittentes qui durent depuis un cer tain temps, d’un jaune paille ou terreux dans le cancer, d'un jaune citron ou foncé dansd'ictère. = La peau , dans quelques cas fort rares, présente une
couleur bleue : on désigne sous le nom de cyanose (1) cette coloration singulière. On l’attribue généralement à une conformation vicieuse du cœur, qui permet au sang de passer, au moins en partie, des cavités droites dans les cavités gauches, sans traverser les poumons. Mais la cyanôse est quelquefois mdépendante de toute lésion de ce genre, et parait dépendre d’une stagnation du sang dans les vaisseaux capillaires, causée ‘elle-même par | quelque obstacle à la circulation, soit dans +les cavités droites du cœur, soit dans les poumons(2). -— Nous avons vu la peau offrir une teinte verte très-marquée chez un malade qui paraissait avoir |
Se ": Air mibeiNp Ci pi D 1 L £ : . è " 3 |
VU) Do bleu.
(2) Dictionnaire de Médecine; tom Vi , Cyranose.
DES SYMPTÔMES. 147 une affection du foie. — Elle prend ‘accidentellement, chez quelques individus, une couleur noirâtre, comme cela a lieu dans l’ictère noir. Nous avons soigné pendant plusieurs mois , à l’hôpital de la Charité, un homme naturellement blanc, chez lequel la peau était devenue presque aussi zoire que celle d'un nègre (1). Plusieurs faits semblables ont été observés et publiés par M. Rostan (2).—Il est aussi plusieurs maladies dans lesquelles la peau est nuancée de plusieurs couleurs À marbrée ou parsemeéede taches nombreuses, comme on Je voit dans le scorbut, la syphilis, et dans quelques fièvres adynamiques.
£. Les éruptions (exanthemata ) que présente la peau sont extrêmement variées. Parmi elles, les unes sont considérées comme des phénomènes accidentels : tels sont les pétéchies, le millet, dans les fièvres graves ; les autres forment le principal - symptôme de la maladie qui les produit : tels sont les pustules varioleuses, les plaques ortiées, l'exanthème de la rougeole, de l’érysipèle , des dartres, etc. (
F. Les plicatures sont le résultat de l'impression que produit sur la peau le contact des vêtemens on des draps du lit. Elles sont légères, rosées, disparaissent promptement dans l’état de santé. Dans certaines maladies , elles sont profondes, durables, livides, bleuâtres etquelquefois'excoriées. Les vibices ou coups de fouet (vibices ) peuvent être rapportées
(1) Bulletins de la Faculié, tom. IV, pag. 114. Ca) PEAR 4 TR
148 DES SYMPTÔMES. aux plicatures, bien que, dans quelques cas, elles aient été attribuées à d’autres causes.
G. On doit encore joindre à ces symptômes, fournis par l'habitude extérieure, les tumeurs, les phlyctènes , les excoriations , les gerçures ; les plaies, les ulcères, les fistules, qui peuvent se montrer sur toute la surface du corps. Les tumeurs (tumores ) sont des augmentations partielles dans le volume qui est naturel à une partie quelconque ; elles varient à raison de leur forme, de leur couleur , de leur siége, de leur volume, de leur mode d’accroissement , de leur consistance et des parties qui les constituent. Quelques-unes disparaissent dans certaines circonstances, et particulièrement. par la pression exercée sur elles ; d’autres permettent aux doigts qui les compriment de reconnaître le mouvement ou la fluctuation d’un liquide qu’elles contiennent; d’autres, comme les tumeurs hémor-
rhoïdales, sont douées d’une sorte d’érectilité. — Les phlyctènes ( phlyctænæ ) (1) consistent dans des vésicules transparentes , plus ou moins larges, formées par la sérosité qui s’exhale entre l’épiderme qu'elle soulève, et le tissu muqueux de la peau : on les observe souvent dans l'érysipèle, et quelquefois dans la gangrène. — On nomme excoria- ‘tion (excoriatio) cette légère altération qu'offre la peau dépouillée de son épiderme et des couches les plus superficielles du corion : elle a souvent lieu dans les maladies graves, et précède ordinairement la formation des escharres.
Eee Pen
(1) Ploxzaisa, de vhibu , je bous,
On donne le nom de gerçures (fissura) à des so- lutions de continuité qui surviennent dans diverses parties, et qui semblent, par leur forme allongée et étroite, être le résultat d’une distension excessive de la peau : elles sont dues le plus souvéntau virus sy= philitique ou aux dartres ; elles occupent quelquefois le dos de la main, et plus fréquemment les points où la peau se continue avec les membranes muqueuses, comme les narines, les lèvres, le mamelon et l’orifice du rectum. Les ulcères (ulcera ) sont des solutions de continuité entretenues par un vice interne ou local. Ils offrent des variétés nombreuses, à raison de l'élévation de leurs bords, de la couleur de la surface ulcérée, et des phénomènes généraux qui les accompagnent. Quant aux Jfistules (Jistula), elles consistent en des canaux accidentels qui transmettent au dehors, tantôt les matières contenues dans les conduits naturels, et tantôt le produit d’une exhalation morbide.
$ Il. La téte, examinée dans son ensemble , fournit. quelques symptômes assez remarquables Ë sous le. rapport de son attitude et de son VO lume.
Elle est inclinée latéralement dans les convulsions ou la paralysie des muscles cervicaux d’un seul côté, dans le torticolis, dans la luxxtion des ‘vertèbres, dans certains engorgemens des glandes cervicales; elle est fortement fléchie en arrière dans le croup et dans quelques maladies accompagnées de dyspnée ; en ayant, par l'effet d’une
conformation vicieuse des vertèbres.
Le volume de la tête diminue avec celui du corps
‘150 DES SYMPTÔMES. | dans J’amaigrissement général ; il augmente con sidérablement dans l’érysipèle de cette partie et dans quelques fièvres éruptives. |
La partie de la tête qui correspond au crâne fournit quelques symptômes importans. Son vo— lume est augmenté dans tous les points chez les : enfans atteints d’hydrocéphale : l’écartement des sutures est alors un phénomène très-remarquable. Le crâne offre encore des tumeurs développées dans les os qui le forment, dans les tégumens qui le recouvrent, ou dans Jes parties qu’il renferme. Ses tégumens sont le siége spécial de quelques éruptions, telles que les croûtes laiteuses et la teigne. de
Les symptômes fournis par la face sont extrêmement nombreux: les plus importans et les plus : difficiles à exposer sont ceux que présente la physionomie. Chez l’homme bien portant, elle offre dans son ensemble, comme l’a dit le professeur Chaussier, un caractère de vigueur et d’alacrité, et Son expression est toujours en harmonie avec les objets environnans. Chez l’homme malade , la physionomie présente une multitude de nuances qu'il serait impossible Ge décrire : elle est triste, abattue, inquiète, effravée, indifférente ou attentive u quelquefois riante, ailleurs menaçante où égarée, sans qu'aucune circonstance explique ces modifications des traits qui réntrent tout-à-fait alors dans la classe des phénomènes morbides.
Parmi les altérations nombreuses qué Pétat de maladie peut apporter dans le facies des individus, il en est quelques-unes qui ont été dési-
gnées par des dénominations particulières : telles sont la stupeur (Jacies stupida), la face vultueuse, grippée , hippocratique. Il est aussi d'observation que les maladies du cerveau, de la poitrine et du ventre impriment à la face des modifications spéciales qui permettent quelquefois au médecin de déterminer , à l’inspection des traits!, le siége de la maladie.
La stupeur est marquée par le défaut d’expression des traits en général, et des yeux en particulier : le malade parait étranger à ce qui l'entoure, sans avoir l'air de réfiéchir intérieurement à quelque chose ; il semble être dans un état d'ivresse. Cetteespèce de physionomie est propre au typhus. |
La face vultueuse est caractérisée par la turgescence et la rubéfaction dé cette partie, la saillie des yeux, l'injection des conjonctives, la distension des paupières , des lèvres, l'expansion de tous les traits. On l’observe particulièrement dans lhypertrophie du cœur et dans quelques congestions sanguines vers la tête. |
La face grippée, qui appartient aux phlegmasies aiguës du péritoine , offre des caractères tout oppesés : la figure est rapetissée, le tent pâle ou livide, les muscles sont contraciés, les traits tirés en haut ou ramenés vers la ligne médiane. L'exposition à un froid rigoureux produit chez l'homme sain quelque chose d'analogue. “à
La face hippocratique a été ainsi appelée parce qu'Hippocrate a parfaitement bien tracé les traits. . qui la signalent. On l’observe quelques jours avant
la mort chez les sujets qui succombent à des maladies chroniques, ou à des affections aiguës qui se prolongent au-delà de quelques semaines. Le nez aigu, les yeux enfoncés, les tempes creuses, les oreilles froides et retirées, la peau du front dure, tendue et sèche, la couleur plombée du visage, les lèvres pendantes et relâchées, forment les principaux traits de la face hippocratique ‘et annoncent une mort inévitable, quand des causes. manifestes, telles que des veilles excessives , un dévoiement opiniâtre, une abstinence prolongée n’y ont pas accidentellement donné lieu.
Les maladies qui ont leur siége dans la tête sont loin , sans doute, d'imprimer à la physionomie un caractère uniforme ; il en est de même des maladies de la poitrine et du ventre. Toutefois il est plusieurs affections des organes contenus dans ces cavités dans lesquelles aspect de la physionomie est caractéristique. L’apparence du sommeil, les convulsions des muscles de la face, la paralysie latérale, l'expression de la fureur ou de la joie, indiquent une lésion primitive ou secondaire du cerveau; la turgescence du visage et du cou, jointe au sifflement de l'air dans le larynx ou aux efforts convulsifs pour avaler ou pour cracher, dénotent clairement une angine. Les maladies du cœur produisent une altération spéciale de la face , et la phthisie pulmonaire a aussi une expression moins caractéristique , sans doute , mais encore assez bien dessinée. La face grippée appartient , comme il a été dit, à la péritonite, et la plupart des maladies organiques . de l'abdomen imprimont
sur les traits du malade un cachet qui les décèle.
M. Jadelot a cru remarquer chez les enfans une correspondance constante entre les maladies de la tête, de la poitrine et du ventre, et certaines altérations de la physionomie, difiérentes de celles dont il vient d’être question. Voici ce qu'on lit, à cet égard, dans un ouvrage récemment publié sous les yeux mêmes de ce médecin (1): Trois traits principaux se remarquent sur la figure des enfans : le premier part du grand angle de l'œil et va seperdre un peu au-dessous de la saillie formée par l'os de la pommette : on peut le nommer oculo-zr8 somatique. Lé second commence à la partie supérieure de l’aile du nez, et embrasse dans un demi-cercle plus ou moins complet la ligne externe de la commissure des lèvres : c’est ie trait nasal, sur lequel en vient tomber quelquefois un autre qui part du milieu de la joue et qu'on a nommé génal; le dernier commence à langle des lèvres et se perd sur le bas du visage : c’est le trait labial.
Le premier est l'indicateur des affections du cerveau et des nerfs; le sécond et son accessoire signalent celles des viscères abdominaux ; le troisième appartient aux maladies du cœur et des or- | ganes respiratoires (2).
(1) Maladies des Enfans, d'Underwood ; publiées par M. de Sulles , avec des notes de M. Jadelot.
(2) Nous nous abstenons de tout jugement sur la valeur de ces signes, d’abord parce que nos observations à cet égard ne
se
La face fournit encore beaucoup d’autres sym— ‘4 ptômes relatifs aux changemens survenus dans ses mouvemens, son volume, sa couleur, et'aux éruptions qui s’y manifestent.
La face offre des mouvemens convulsifs dans le tétanos commencant, une immobilité permanente dans quelques maladies nerveuses, des tremblemens passagers dans les fièvres adynamiques ; dans quelques cas de compression cérébrale, la paralysie est bornée aux muscles de cette région.
Le volume de la face augmente ou diminue rarement sans que le même changement s'opère dans le reste du corps : toutefois la turgescence partielle de cette région a ordinairement lieu dans le début des fièvres éruptives, et quelquefois dans Pimminence des hémorrhagies du nez et du cerveau. Il est aussi à remarquer que dans les cas où l'angmentation et la diminution de volume portent sur toutes les parties, elles sont ordinairement sensibles à la face à une époque où elles ne le sont pas encore dans les autres parties.
La coloration de la face présente, dans l’état de maladie, les mêmes changemens que celle des autres parties; elle offre en outre des modifications qui ne s'étendent pas au reste de la surface cutanée. | La rougeur de la face, par exemple, est un symptôme très-fréquent ; elle peut l’occuper toute entière, ouêtre bornée à quelques-unes deses parties.
sont pas assez nombreuses pour fixer notre opinion, etensuile
parce que le résultat de ces observations ne serait pas conforme
à Popinion de M, Jadelot.
DES SYMPTÔMES. ee 155 Lafaceest d’un rouge vifdanslesparoxysmes des maladies aiguës; elle est d’un rouge foncé et livide dans les accès d'hystérie ou d’épilepsie , et cette circonstance concourt à rendre fort difficile la distinction de ces deux maladies : toutefois la face des hystériques est beaucoup moins hideuse que celle des épileptiques ; et ce signe, comme l’a fait observer M. Landré- Beauvais , est peut-être celui qui a le plus de valeur pour faire discerner ces deux affections. — Le face peut être aussi le siége d’une rougeur passagère, vulgairement connue sous le nom de feux au visage : on remarque particulièrement ce symptôme chez les femmes qui sont ou mal réglées ou parvenues à l’âge critique. — La rougeur occupe les pommettes Fr les redoublemens nocturnes de la plupart des maladies chroniques. — Quelquefois elle est bornée à une seule joue, comme on le voit dans la péripneumonie en particulier; elle dépend alors presque toujours de fa situation que le malade garde dans son lit: la joue qui repose sur l'or ibn est constamment plus rouge que celle du côté opposé. — La rougeur vive et circonscrite des pommettes, jointe à la péleur des autres parties, est un symptôme fréquent dans les affections scrophuleuses. — La couleur jaune, cn caractérise lictère, est ordinairement sensible à la face avant de l'être ailleurs; elle y est encore apparente lorsqu'elle a: complètement : cessé de l'être sur le reste du corps. Dans quelques fièvres bilieuses, la temte jaunâtre est bornée aux commissures des lèvres et aux ailes du nez.
El est peud’éruptions qui soient propres à la face:
cepéndant le front est souvent, dans la jeunesse ; le siége de boutons qui ne se passent que vers la vingt-cinquième année; les lèvres offrent fréquemment une éruption croùteuse qui se renou-— velle souvent chez les enfans, et qui, chez les adultes, se montre quelquefois au déclin des fièvres éphémères.
Les diverses parties de la face fournissent aussi un grand nombre de symptômes : nous allons les énumérer le plus succinctement possible.
Lesyeux , dans l’état de santé, sont médiocrement saillans et humectés, vifs, brillans; ils se meuvent avec facilité, et se dirigent l'un et l’autre vers le même objet; le blanc de l'oeil est lisse, sans stries, sans teinte étrangère ; la pupille se dilate et se rétrécit d’une maniére prompte et égale dans les deux yeux; les paupières, minces , trè A égale- “ment écartées pendant la veille , recouvrent entièrement l’œil pendant le sommeil; les sourcils sont un peu relevés. Dans l’état de maladie, le globe de Voil , et les parties qui le protègent, présentent. des changemens remarquables.
L'expression des yeux est le plus souvent la même que celle de la face; quelquefois néanmoins , dans le désordre qui accompagne les fièvres malignes et les phlegmasies cérébrales , leur expression est différente : ils peuvent être doux, supplians , memaçans , hagards, PHTANCSE etc.
Les Neon qu'on observe dans les mouvemens du globe oculaire sont presque toujours liés
à une lésion primitive ou secondaire de l’encéphale. Les yeux sont fixes dans la catalepsie, dans l'extase
LA
DES SYMPTÔMES. 157 des mélancoliques ; ils sont agités de convulsions dans l’hydrocéphale des enfans ; le strabisme ou la divergence des axes optiques, quand il survient accidentellement, est également presque toujours l'effet d’une maladie du cerveau.
Le volume du globe de l'œil paraît augmenté
( œil proéminent) dans certaines fièvres inflammatoires , et surtout dans le cas où un obstacle quelconque s'oppose au cours du sang veineux dans les “vaisseaux du cou, dans les angines graves, par exemple, et dans l’asphyxie par strangulation; le volume de l'œil paraît diminué, au contraire, lorsque le tissu cellulaire graisseux du fond de l'orbite devient moins abondant. L’ouverture inégale des paupières fait aussi quelquefois paraître un des. yeux plus volumineux que l’autre; mais, dans tous ces cas, leur volume réel reste à-peu-près le même. Ilaugmente véritablement dans inflammation im= terne de l'œil et dans lhydrophthalmie; 11 diminue dans l’atrophie qui succède à différentes maladies de cet organe , aux plaies et à certaines opérations. Sa couleur participe ordinairement à celle du reste de la face; mais ces altérations de couleur sont “presque toujours bornées à la sclérotique ou à la membrane qui la recouvre : toutefois, dans les affections accompagnées de délire ou d’une trèsgrande faiblesse, la cornée devient souvent terne peu de temps avant la mort.
La cornée présente quelquefois des taches de diverses formes, des phlyctènes, des excoriations , des collections purulentes , etc. , dans les maladies “qui lui sont propres.
Les mouvemens de la pupille peuvent être trou blés de diverses manières. Quelquefois cette onvertureoffre une dilatation considérable quoiqw’elle soit exposée à une vivelumière, oubien elleneserétrécit que fort peu et avec beaucoup delenteur, comme on le voit dans lesaffections comateuses ; ailleurselle est rétrécie , comme on d’observe dansl'ophthalmie interne et dans l’inflammation des méninges; elle est presque toujours immobile dans l’amaurose , et quelquefois elle présente dans les deux yeux une largeur inégale , soit parce qu'ils ne sont pas doués de la même force , soit à raison d’une compression exercée sur un des côtés du cerveau; $a forme devient quelquefois irrégulière dans les maladies de l'iris. Cette irrégularité a quelquefois heu dans les maladies vermineuses , d'après l'observation de M.: Jadelot.
Le cristallin ainsi que sa capsule deviennent opaques dans la cataracte ; l'humeur aqueuse et lhumeur vitrée offrent aussi des altérations de couleur dans l'hypopyon et le glaucôme. ‘
Les parties comprises par aller sous la dénomination detutamina oculi présentent, chez l’homme malade , de nombreuses altérations. |
Les paupières offrent quelquefois, dans lama mie et l’idiotisme , des mouvemens rapides et ré pétés, un clignotement ( hippus ) perpétuel ; d’autres fois elles ne se meuvent qu'avec une iteut} extrème, comme cela a lieu dans les fièvres graves, Elles sont pesantes dans la céphalalgie, suivant. l'expression de qu aqses malades ; ; elles sont constamment rapprochées dans les aRtctieas comateuses : dans certaines ophthalmies , ce rapprochement
DES SVMPTÔMES, 159 &st accompagné d’une fortecontraction des muscles ; clles sont, chez quelques malades, entr’ouvertes pendant le sommeil; chez d’autres, pendant la veille , elles sont inégalement écartées à droite et à gauche, comme on le voit dans l'émicränie, lhémiplésie , et dans quelques affections aiguës du cerveau. — Le volume des paupières augmente avec celui des parties voisines dans lérysipèle et dans Yocdème ; ‘le gonflement y est, en général, plus considérable , à raison , sans doute, de la laxité du issu cellulaire qui entre dans leur structure. — La coloration des paupières est ordinairement an2-— logue à celle de la face ; leurs bords libres sont rougeâtres et tuméfiés dans l’ophthalmie chronique; ils sont renversés en dedans ou ‘en dehors dans quelques maladies dont elles sont le siége. Leurs bords adhérens, et surtout: celui de la paupière inférieure, sont souvent marqués par uneligue bleuâtre : on dit alors que les veux sont cernes. Ce phénomène a lieu chez beaucoup de femmes pendant la me nstruation.
La conjonctive devient plus humide et ordinaire ment plus rouge dans les fièvres éruptives et dans le typhus: Son humidité naturelie parait quelquefois diminuée : on dit alors que les yeux sont secs. Elle segonfleà des degrés divers dans: linflammation. Dans quelques cas, le mucus qu'elle exhale forme des stries blanchâtres sur le globe de locil : les yeux sônt alors pulvérulens.
La caroncule lacrymale fournit peu de sympiômes importans : elle est d’un rouge vif dans les ma- : dadies imflammatoires, et défient pèle dans les
maladies chroniques. Quelques auteurs ont CONS
déré la pâleur de ce petit organe comme un sym—
ptôme qui accompagne constamment l'hydropisie ; mais cette assertion est inexacte. Il se développe quelquefois à sa surface des poils dont le contact irrite l'œil, et produit des ophthalmies rebelles.
Les cils sont quelquefois chargés de poussière , et plus souvent de chassie, dans les affections de l'œil et dans les maladies aiguës graves. Leur déviation produit aussi des inflammations opiniàtres , et leur chute est souvent le résultat de l’ulcération du bord libre des paupières.
Le sac lacrymal devient gonflé, rouge, et s’ulcère par l'effet d’un obstacle qui s'oppose au cours des larmes dans leur conduit : la même cause donne souvent lieu à l'écoulement des larmes sur la joue.
Les sourcils sont relevés dans le délire furieux
des fébricitans et des maniaques , déprimés dans la”
mélancolie et la céphalalgie intense. Ils s'élèvent et s'abaissent alternativement pendaut l’inspiration et
l'expiration , dans quelques maladies accompagnées |
d’une gêne considérable de la respiration. Quelquefois ces mouvernens alternatifs. ont lieu seulement dans un des sourcils, tandis que l’autre reste immobile. |
Le front, dans l’état de santé, est ordinairement ,
uni et serein ; il concourt à lexpression de la face.
}l devient ride dans les maladies douloureuses et -
convulsives; il offre quelquefois des boutons et des exostoses dans les affections syphilitiques invétérées. … Les /empes , pleines et unies dans l'état naturel, deviennent concaves vers la fin des maladies aiguës
ÿ DES SYMPTÔMES. 16:
ou chroniques. On a observé que leurs artères su
perficielles offraient des battemens plus manifestes dans les maladies où l'impulsion du sang vers Îa tête est augmentée.
Les joues, fermes et arrondies chez l’homme sain , plus colorées aux pommettes qu'ailleurs , peu vent être, chez l’homme malade, frappées de paralysie ou agitées de mouvemens convulsifs ; elles sont flasques dans le premier cas , très-dures dans le second. L'une d'elles ou toutes deux augmentent de volume dans les fluxions, dans l'odontalgie ,dans quelques affections* des sinus maxillaires. Elles sont quelquefois parsemées de plaques ou de
‘ pustules rouges et persistantes , désignées sous le nom de couperose (gutta rosa) , que quelques médecins considèrent comme liées à une affection particulière du foie.
Le nez, qui concourt peu à l'expression de la
- face, ne fournit qu'un très-petit nombre de symptômes. On a quelquefois observé qu'il était dévié à droite ou à gauche avant les convulsions, et rouge avant l’épistaxis. IL est gonflé et Juisant au début d’un érysipèle qui ne s'étend pas encore au reste de la face. Il s’effile par degrés vers la fin des maladies aiguës et des maladies chroniques. Son extrémité devient livideet gangréneuse dans quelques
fièvres adynamiques. |
Les narines méritent aussi quelque attention : leur dilatation est rapide et convulsive, au moment de l'inspiration, dans les affections où la gène de la respiration est considérable ; mais quand la faiblesse est portée au plus haut degré, elles sont
au contraire resserrées, comme on l’observe dans la face hippocratique. Elles préséntent aussi un amas de mucus noirâtre dans le cours des fièvres graves , une éruption croûteuse au déclin de quelques maladies légères, et des gerçgures habituelles ou fréquentes chez les enfans scrophuleux. Les tumeurs développées dans les fosses nasales peuvent être aperçues par les narines ; dans quelques cas elies font saillie au travers de ces ouvertures. PP Ne PATRNGE Les lèvres, chez l'homme sain, sont libres et souples dans leurs mouvemens ; dans. le repos, elles sont rap xpriochées , fermes, soutenues par l’action de leurs muscles; leurs bords sont lisses , arrondis , ét d’une couleur rosée. Dans la maladie, elles offrent des altérations fort importantes relatives à leur position , à leurs mouvemens, à leur volume, à leur couleur , à leurs éruptions et à leur état de sécheresse ou d'humidité.
Elles sont pendantes dans les fièvres adynamiques et dans l’agonie de diverses affections ; très-éloignées l'une de l'autre dans la luxation de la néchete inférieure en avant ; serrées et contractées dans les grandes douleurs , tremblantes dans quelques malatlies nerveuses ; elles sont tout-à-coup poussées en avant et brusquement écartées au moment de l'expiration dans quelques apoplexies mortelles : on. dit alors que le malade fume la pipe.. Les lèvres sont entrainées à droite ou à gauche lorsqu'un des côtes de la face est affecté de paralysie où de convulsion ; dans ce dernier cas, on donne au symptôme dont il s'agit le nom de spasme cynique
DES SYMPTÔMES. 165 {spasmus cynicus ) (1) ; quand les deux commissures sont entrainées en sens contraire, c’est le rire sardonique (risus sardonius) (2).
La lèvre supérieure est fort grosse chez les scrophuleux ; le gonflement des deux lèvres précède et accompagne ire éruptions qui Sy développent au.
déclin de quelques affections aiguës.
Leur couleur est rouge et vermeille dans les
maladies inflammatoires, pâle dans la chlorose et l'hydropisie, bleuâtre dans le frisson des fièvres intermitlentes et dans les lésions organiques du cœur.
… Les lèvres sont sèches, ordinairement lisses, quelquefois fendillées, dans les fièvres inflammatoires; elles peuvent offrir alors un enduit sec et noirâtre; cet enduit est grisâtre ou brun dans les fièvres adynarmiques.
Le menton participe aux changemens qui surviennent à la face; 1l en est peu qui lui soient particuliers : seulement il est éloigné de l'axe du corps dans la luxation d’un des côtés de la mâchoire; il est souvent déformé dans la fracture de cet os. H est aussi, dans quelques cas, lesiége d’une éruption dartreuse qu'on a désienée sous le nom de men- Lagra. |
Les régions parotidiennes offrent, dans quelques affections, un gonflement remarquable, qui peut D Rp Et it
(1) Küwv, xuvos, chien.
(2) On prétend qu’on a donné ce nom au rire convulsif, parce qu'il est quelquefois produit par l'usage d’une plante
qui croit en Sardaigne, ad herb& Sardonid.
avoir son siége dans les glandes elles-mêmes où dans le tissu cellulaire qui les recouvre. Ce sym= ptôme, quise montre dans letyphus etdans plusieurs autres maladies aiguës, soit dans leur commencement, soit vers leur terminaison, appelle toute lattention du médecin. On le désigne commuünément sous le nom de parotides. Il peut être borné à un côté, ou s'étendre aux deux à la fois ou SUCCESSI— vement; être à peine sensible, ou très-considérable, etc.
Les oreilles sont livides et froides dans le frisson des fièvres intermittentes ; elles sont rouges et brûlantes dans le paroxysme de presque toutes les ma— ladies fébriles, et surtout de celles qui sont accompagnées de congestion sanguine vers la tête. Le conduit auditif externe peut être le siége de divers écoulemens : il en sort du mucus, du pus, du sang, et dans certains éas, des fragmens osseux. Dans quelques affections, l'air qui pénètre dans la cavité du tympan par la trompe d’'Eustache peut sortir avec assez de force pour agiter une lumière placée dans la direction du conduit auditif, ou pour produire une espèce de gargouillement en se mé lant au pus qu'il entraine. |
La chute des cheveux , indiquée par ippocrate comme un symptôme de la phthisie, accompagne rarement cette affection. Elle a lieu plus fréquemment dans les affections syphilitiques, et s'étend quelquefois alors à la barbe et à tout le reste du système pileux ; au bout d'un certain temps , les cheveux et les poils repoussent au moins en partie. Dans le cas où ils ne se reproduisent pas, on désigne *\
| DES SYMPTÔMES. 165 ce phénomène par le nom d’alopécie (1), symptôme fort rare, et dont les causes ne sont pas bien connues.
Dans la teigne, les cheveux tombent et sont remplacés par des toulles lanugineuses éparses sur le cuir chevelu. Dans la plique polonaise , l’entrelacement inextricable des cheveux, leur feutrage, est le principal symptôme de cette singulière maladie, dont l'existence est encore en question.
Le cou augmente de volume dans quelques angines, dans le goitre ; il diminue avec les autres parties dans l’amaigrissement général, et sa longueur paraît alors plus considérable. La distension des veines superficielles du cou, des jugulaires externes , le reflux ondulatoire du sang dans ces vaisseaux, depuis la clavicule, où il est très-apparent jusqu’au voisinage de la mâchoire, où il cesse de l'être, ont ordinairement lieu dans l’anévrysme des cavités droites du cœur. Les pulsations des artères carotides sont fréquentes dans l'anévrysme actif du ventricule gauche; elles précèdent quelquefois le délire dans les maladies aiguës. Le gonflement des glandes lymphatiques est aussi un des symptômes les plus importans que présente la région cervicale. |
La poitrine, qui doit offrir chez l’homme sain une grandeur proportionnée à sa stature et à sa force , est étroite et plate dans la phthiste pulmonaire, large et bombée dans les anévrysmes du pe 2 8 ARR en AA EL RSS HER ES
(1) ÂkornË , renard, On dit que cet animal est sujet , dans sa vieillesse , à la chute des poils. °
cœur, contournée dans le rachitis. Les tégumens qui la recouvrent deviennent très-minces dans les maladies chr oniques ; ; dans la phthisie , ils forment entre les côtes, qui les soulèvent, des enfoncemens profonds. Dans l’'empyème, au contraire, on observe quelquefois une saillie plus prononcée dans les espaces intercostaux qu'aux endroits qui corres— pondent aux côtes : cette disposition particulière n'est appréciable qu'autant que les tégumens ont peu d'épaisseur. Il est un certain nombre de cas dans lesquels un des côtés de la poitrine est plus volumineux que l’autre : cette disposition morbide peut dépendre de deux causes opposées, de l’agrandissement d’un des côtés, ou du rétrécissement de V'autre ; en sorte que tantôt c’est dans le côté le plus large, et tantôt dans le côté le plus étroit que le mal a son siége. L’agrandissement est le résultat d’une accumulation de liquide, et quelquefois de gaz daus la poitrine. Le rétrécissement est toujours consécutif à un épanchement , et par conséquent à l'agrandissement du même côté de la poitrine : le poumon qui a été comprimé pendant un certain temps ne reprend plus son volume, et les parois de la poitrine, en se rapprochant de ce viscere, perdent nécessairement une partie de leur ampleur.
Les mamelles présentent aussi quelques sym=ptômes dont 1l sera question ailieurs.
Les épaules sont ordinairement élevées et saillantes chez les phthisiques. La saillie d’une des vertèbres dorsales est le symptôme le plus mmportant du mal de Pott. Dans l’hydrorachis, l'œil distingue,
| | DES SYMPTÔMES. 167 sur la région vertébrale, une tumeur molle, fluctuante, quelquefois pellucide, et le toucher fait connaître l'absence d’une ou de plusieurs apophyses épineuses. L’excavation de la partie inférieure du sternum, chez quelques ouvriers, n’est pas le résultat d’une mäladie , mais de la pression exercée , habituellement par les instrumens dont ils font usage. Cette difformité est très-fréquente chez les cordonniers.
La poitrine présente quelquefois , mais trés-rarement, dans les cas d'épanchemens pleurétiques , une fluctuation sensible au toucher ou appréciable par l’ouïe. Ce n’est que dans le cas où cette cavité contient à la fois de la sérosité et de l'air que peut
être produit le bruit. propre à un liquide agrté dans un vase.
L’exploration de la poitrine par la percussion et J'anscultation fournit encore d’autres phénomènes -très-importans qui seront exposés dans les articles
consacrés aux symptômes fournis par la respiration et la circulation , et dans le chapitre du diagnostic.
L'abdomen, dans l'état de santé, a un volume variable, selon les individus, et une résonnance médiocre ; il est ferme sans dureté et souple sans mollesse.
Le volume du ventre peut augmenter où diminuer dans l’état de maladie ; son augmentation peut être partielle ou générale. Dans ce. dernier cas , elle est presque toujours due aux gaz accumulés dans le conduit digestif ou à la sérosité épanchée dans le
… péritoine. Une accumulation médiocre de gaz dans | Les intestins augmente le volume et Île résonne-
ment du ventre : on nomme météorisme ( meleoris= mus) (1) cet état de l'abdomen. Si l'accumulation de gaz est plus considérable et que le ventre en soit distendu, c’est le ballonnement ou la tympanite (tympanites ) (2) ; ces deux mots expriment à-peuprès la même chose : seulement le dernier est plus généralement consacré aux maladies chroniques, J'autre aux maladies aiguës et particulièrement aux fièvres graves (3). Quelques auteurs ont considéré la tympanite comme une maladie essentielle, le ballonnement et le météorisme comme des sym- ‘ ptômes; mais d’autres ont employé ces, différens termes comme synonymes.
L'augmentation de volume qui est oAiEs par l’épanchement de sérosité dans le péritome, peut être portée à un degré considérable. En appliquant une main sur un des flancs, et en frappant du côte opposé avec les doigts de l’autre main , on sent une légère secousse due à l’impulsion transmise au liquide : la résonnance abdominale a disparu, et la percussion donne un son entièrement mat. Dans quelques cas, l'augmentation du ventre dépend à la fois de l’'épanchement de sérosité dans le péritoine et de l'accumulation de gaz dans le conduit digestif. Dans ce cas, on distingue la fluctuation à la bte la plus déclive, où le son est mat , tandis que dans la région sus-ombilicale, la résonnance est plus claire que dans l’état de santé. L'augmentation du
EEE RS
(1) Merswmopos, de peréwpos , élevé.
(2) Tiurayoy, lambour.
(3) Franck, tom. VIT, pag. 55.
ventre dépend aussi quelquefois d’un épanchement de sang ou de pus dans cette cavité ; la consistance de ces liquides permet rarement d’ y percevoir la fluctuation. Si le sang ou le pus s’est amassé sous les intestins , le ventre conserve sa résonnance ; il la perd si ce liquide est placé au-devant d’eux.
Le ventre est fréquemment le siége d’un gonflement partiel. Les hypochondres sont tuméfiés dans les maladies du foie et de la rate ; on observe tous les jours le gonflement de la région épigastrique dans l’hystérie; la vessie, distendue par lurine, forme à l’hypogastre une tumeur ovoïde qui s'élève . quelquefois jusqu'au nombril ; les intestins , l’estomac, les ovaires , les glandes mésentériques forment aussi, dans diverses régions du ventre , des tumeurs plus ou moins distinctes ,au toucher, et quelquefois à la vue : il en est de même des kystes qui se développent dans cette cavité, etc. Ces diverses tumeurs sont quelquefois très-apparentes ; d’autres fois, elle ne se montrent que par une rénitence obscure et profonde. Les intersections des muscles droits en ont souvent imposé pour des tumeurs dé-
-veloppées dans l’abdomen ; il est important d’être
en garde contre une semblable erreur. Il y a moins d'inconvénient, pour le diagnostic, à ne pas dis-
à -tinguer une tumeur qui existe qu'à en reconnaitre
‘une Îà où il n'y en à pas.
La diminution dans le volume du ventre peut
également être générale ou partielle.’
Le ventre die de volume dans beaucoup de maladies chroniques , par l'effet de lPamaigrissement général. Il diminue promptement, mais d’une ma-
nière bien moins marquée, dans quelques affections aiguës , dans les violentes celiques, et en par-
ticulier dans celle qui est produite par les métaux. .
Dans les fièvres adynamiques , dans l’inflammation du péritoine, le ventre s’affaisse souvent peu de temps avant la mort : on observe même quelquefois un phénomène semblable dans Phydropisie de cette cavité. Le-ventre diminue et augmente alternativement de volume dans quelques affections, et particulièrement dans l’hystérie etdans lesquirrhe des :gros intestins ; dans cette dernière affection, l’affaissement du ventre succède à des évacuations abondantes etmomentanées, que remplacent bientôt
la constipation habituelle et l’intumescence prôgres-
sive du ventre. La diminution partielle du ventre cest plus rare que le gonflement : elle est relative plu- “tôt qu'absolue , et succède ordinairement à ce dernier : telle est celle qu'on observe à l’épigastre dans quelques affections nerveuses , à lhypogastre après l’excrétion de l’urine long-temps retenue , dans les hypochondres lorsqu'un engorgement du foie ou de la rate se termine favorablement , etc. Toutefois une diminution réelle a lieu dans quelques cas assez rares : telle est la dépression de Vépigastre et du flanc gauche qui a lieu lorsque l’estomac ou a rate heat ces régions et se rapprochent de lhypogastre : Horgagni en a cité plusieurs exemples. k
La fermeté du ventre est générelètatet en rap-
port avec son volume; l’un et l’autre augmentent
et diminuent simultanément. Néanmoins le ventre ,
est quelquefois fort dur quoique son volume soit :
Miminue: comme dans la colique métallique et * dans quelques affections chroniques; il est mou dans certains cas d’hydropisie, mais seulement quand il a eu précédemment un volume plus considérable encore que celui qu'il offre.
La forme du ventre varie à raison de la maladie qui en augmente le volume : dans l’ascite, le ventre est dilaté, surtout d'avant eu arrière, et lombilic, soulevé par la sérosité qui le distend, forme une petite tumeur pellucide sur-aj outce à la vaste tumeur que représente l'abdomen. Dans le gonflement oœdémateux des parois du ventre, au contraire, le plus grand diamètre de cette partieest transversak, et les flancs acquièrent une largeur extraor-
. dinaire. Paris l’un et l’autre cas, le ventre tombe, selon l'expression vulgaire, du côté où le malade reste incliné; il conserve d’ailleurs une forme assez
. régulière. Il en est autrement dans les cas où l’augmentation de volume est produite par la présence d’une tumeur enkystée, ou par l'affection organique
. d’un des viscères. Dans tous ces cas, à moins qu'il n’y
‘ait simultanément ascite, le ventre offre dans sa forme une irrégularité remarquable, au moins dans la première période de la maladie.
Le ventre présente encore, dans plusieurs points d'et notamment à l'ombilic, à l'anneau inguinal et à Varcade crurale, des tumeurs qui se montrent et disparaissent, ou tout au moins augmentent et di- Iminuent dans des circonstances déterminées, et qu'on nomme kernies. Des tumeurs semblables se
(à montrent quelquefois aussi au thorax et à la tête;
mais ellessontaussiraressur ces deux parties qu elles
172 | DFS SYMPTÔMES «À sont communes à l'abdomen. Les régions inguinales. sont encore le siége de plusieurs phénomènes très-" importans, tels que les bubons dans la syphilis et” dans la peste. C'est aussi là qu'apparaissent le plus ordinairement les abcès formés dans les régions ihaques et au-devant de la colonne vertébrale.
Les organes de la génération fournissent quelques phénomènes importans : les maladies vénériennes y ont presque toujours leurs symptômes primitifs; des écoulemens , des ulcères, des végétations s'y manifestent fréquemment, ainsi qu'au pourtour de l'anus , qui est aussi le siége spécial des tumeurs hémorrhoïdales.
Le volume de la verge est plus considérable que dans l’état ordinaire chez les enfans calculeux , chez ceux qui s’adonnent à la masturbation, chez. les adultes qui se livrent immodérément aux plaisirs | de l'amour. Elle est, chez la plupart des malades, dans un état permanent de flaccidité ; elle disparaît sous les tégumens dans quelques affections du scrotum et 1 la tunique vaginale. Dans d’autres ma- Jadies, telles que la M et le satyriasis., .
elle est, au contraire , souvent ou continuellement. en érection. Les testicules sont ramenés fortement contre l'anneau dans la néphrite calculeuse , dans. la névralaie ilio-scrotale et dans les coliques vio-" lentes ; dans quelques cas, cette rétraction des testicules est accompagnée d’une douleur très-vive. L'épidydime est fréquemment le siége d’une tuméfaction à laquelle le testicule participe rarement. La tunique vaginale est souvent distendue par le liquides qu’elle exhale. Le scrotum est considérablement tu
| DES SYMPTÔMES. 175 méfié dans l’'anasarque, dans les hernies inguinales complètes, dans les abcès urineux, etc.
Les grandes lèvres, chez la femme, présentent Souvent un gonflement énorme dans l’hydropisie, et quelquefois une inflammation très-vive , quisuccède à celle des parotides , et alterne quelquefois ave elle, comme l’'inflammation des testicules chez l’homme.
Les membres fournissent un assez grand nombre de phénomènes à la symptomatologie.
Ils sont immobiles et souples dans la paralysie; leur immobilité est accompagnée de roideur dans le ramollissement du cerveau, dans les affections rhumatismales , dans les crampes et les convulsions : leurs mouvemens sont désordonnés dans quelques névroses.
Leur volume augmente et diminue dans les mêmes maladies qui déterminent l'augmentation et la diminution du reste du corps.
Un des membres devient quelquefois œdémateux et engourdi , lorsqu'une tumeur comprime les’ vaisseaux et les nerfs qui s’y distribuent. Une tumeur placée dans le flanc produit ces changemens dans la cuisse correspondante : le bras les. Offre souvent dans l'anévrysme de la crosse de l’aorte.
Les membres offrent souvent un gonflement partiel qui répond, soit aux Atos soit aux in terv valles qui Les séparent : le premier a lieu dans la goutte , l'hydropisie articulaire, les tumeurs blan- SR etc. ; le second, qui est beaucoup plus rare, a été quelquelois observé dans le scorbut, où les … muscles sont le siége d’une exhalation de sang entre
» Jeurs fibres ; des phleemons : des abcès, des ané:
vrysmes ont aussi produit ce gonflement partiel, | Pme ile peuvent le produire ailleurs.
. Les membres diminuent de volume dans la pa.
ralysie; cette diminution porte spécialement sur“
les membres impotens, sur les deux cuisses dans la paraplégie, sur le bras et la cuisse d’un côté dans
l’hémiplégie. Lorsque la paralysie a lieu chez des.
enfans , l'accroissement en longueur est quelque-
fois suspendu, et le membre paralysé est, au bout
de quelques années, plus court que l’autre de plu-
queiq » P q
sieurs pouces. . | Les, extrémités des membres présentent aussi,
sous Le rapport du volume, quelques changemens
remarquables. Celui des mains est augmenté dans
des maladies dont elles ne sont pas particulière . ment le siége, dans la scarlatine, par exemple,
et dans la variole. On remarque aussi, dans la pléthore, que l'intumescence générale est beaucoup plus prononcée aux mAINns qu’ aux autres parties : : le gonflement des doigts est quelquefois tel, que ces organes ne peuvent plus être fléchis. Il est un sym-
ptôme fort remarquable que présentent les doigts
chez quelques enfans atteints d’anévrysme du cœur :
les extrémités offrent un volume plus considérable
que le reste de ces organes; ce qui donne à chacun , ; Pa
d'eux la forme d’une petite massue (1).
Le volume des pieds augmente aussi dans quel-
ques affections, et particulièrement dans l’anasarque commencçante.
(1) Ge singulier phénomène à été observé chez un grand nombre d'enfans , par M. Zéclard, professeur d'anatomie à la Faculté de Médecine.
DES SYMPTÔMES. 175 Les extrémités présentent, relativement à leur couleur , chez l’homme malade, quelques parti- : cularités : elles sont livides dans le frisson, marbrées dans quelques fièvres adynamiques, bleu4tres dans l’anévrysme du cœur. Nous avons vu lés tégumens des pieds présenter une couleur gris— ardoise, et des sillons profonds et réguliers, avec gonflement et dureté de leur tissu , chez une femme affectée d’éléphantiasis.
Les ongles méritent peu d'attention sous le rapport de la symptomatologie ; ; 1ls sont pales où livides dans le froid qui marque le premier stade . d'une fièvre intermittente ; ils offrent une teinte
jaunâtre dans l'ictère. Æippocrate avait observé qu'ils se recourbaient chez les phthisiques : ce phénomène, quelle que soit la cause de cette diffé rence, n’a point ordinairement lieu parmi nous.
Tels sont Les principaux syinptômes fournis par lhabitude extérieure ; il en est plusieurs autres dont nous n'avons pas parlé, parce qu'ils se trouveront plus naturellement placés dans l’exposition des symptômes fournis par chaque fonction en particulier.