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p' (1) Koutæ, ventre.
(2) Asrevripie, de Xéras, lisse ; et de évrepov , intestin.
DES SYMPTÔMES. 235 ouvre un passage et y verse le fluide qu'il rénferme. | ILE
Les matières excrétéés par l'anus peuvent être sous formes gazeuse, liquide ou solide. — La fétidité des gaz augmente dans l'embarras intestinal et les fièvres putrides ; leur quantité devient plus considérable chez les hypochondriaques, qui se trouvent soulagés par leur sortie : cette excrétion est queltjuefois suspendue dans la constipation opiniâtre ; elle est douloureuse dans l’inflammation des tumeurs hémorrhoïdales, dans la dysenterie, etc. — Les matières excrétées sont, dans quelques maladies, plus dures que dans l’état de santé, dans le cancer stomacal, par exemple , etsurtout dans la colique des plombiers : dans ce dernier cas, elles forment de petits globules noirs et très-consistans, semblables aux excrémens des brebis : on dit alors, par ce motif, que les matières sont ogillées (1). — Lorsqu’elles sont liquides, leur consistance peut varier depuis celle de l’eau jusqu’à celle de la bouillie: dans ce dernier cas, on dit qu’elles sont pultacées (2). |
La quantité des matières excrétées présente de grandes différences, soit dans chaque excrétion en particulier, soit relativement au nombre de fois que l’excrétion a lieu dans un temps donné. Âu début de la dysenterie, le mucus exprimé est en quantité si petite, que le linge qui le reçoit en est à peine taché. Dans certains dévoiemens quisuccèdent HA HO AE SLT ARE one de GPU ui 4 phil
(1) Ovis, brebis. | |
(2) Puls , pultis , bouillie.
à une constipation opiniâtre , dans le rétrécissement squirrheux des intestins, par exemple, une:seule excrétion fournit quelquefois plusieurs livres de matières. Lorsque les excrétions sont très-fréquentes, comme dans la dysenterie observée par Zimmermann, où quelques malades allaient jusqu’à deux cents fois à la selle en douze heures, la
quantité de matière excrétée devait être consi-
dérable, en:supposant même qu'elle fût chaque fois très-petite.
Les matières sont quelquefois pellucides et incolores , ordinairement troubles et colorées, le plus souvent jaunes, brunâtres ou verdâtres, quelquefois blanches, noires ou rouges. — La fétidité propreaux excrémens augmente souvent beaucoup dans l’état de maladie ; on connaît l'odeur cadavéreuse qui leur est propre dans les fièvres adynamiques, et celle qui accompagne les ulcérations chroniques des intestins. — Enfin les matières fécales peuvent contenir des corps étrangers, formés à l'intérieur ou venus du dehors. On a vu plusieurs fois, -dans les matières excrétées , des lambeaux membraneux qui paraissaient être le résultat de la phlogose de la tunique muqueuse; on ya même reconnu des portions d'intestins qui s'étaient séparées du reste de ce conduit; on y a trouvé des tumeurs, des calculs biliaires ou stercoraux, des vers de difiérentes espèces, etc. Quant aux corps étrangers. ve. nus du dehors, ils offrent la plus grande variété: quelquefois ce sont des substances qui ne sont pas propres à nourrir ; d’autres fois ce sont des matières alimentaires qui n’ont pas subi convenablement
DES SYMPTOMEST 287 l'action des organes digestifs. On a vu des graines enveloppées de leur épiderme (1), des pois secs, par exemple; être rendus encore intactes au bout de plusieurs mois. à
Les changemens qui surviennent, chez l’homme malade, dans la nature, la consistance , la quantité et la couleur des matières excrétées, ne dépendent pas seulement de la maladie ; ils peuvent être aussi. l'effet: des remèdes. Tout le monde connaît l’influence des purgatifs sur la fréquence des excrétions alvines et la consistance des matières excrétées. La rhubarbe leur donne une couleur jaune et quelquefois une teinte rouge semblable à celle de l'eau dans laquelle on a fait dissoudre quelques gouttes de sang. Il importe beaucoup de ne pas confondre l'effet des remèdes avec les phénomènes de la maladie.
SECTION Il.
Des Symptômes fournis par la respiration:
Dans l’état de santé, la respiration est facile, égale, sans bruit; sa fréquence, c’est-à-dire le: nombre d'inspirations et d’expirations dans un temps donné, est relative à l'âge et aux diverses conditions propres à chaque individu. Le nornbre des respirations est en général de trente-cinq par minute dans la première année, de vingt-cinq dans . la seconde, de vingt à la puberté, et de dix-huit.
(1) De Sedib. et Caus: morb., epist. xxxr ; art. 27.
dans l’âge adulte. Il est un peu plus consid chez la Tone , chez les personnes vives et d’une stature petite, que dans les conditions opposées; ce nombre augmente chez tous les sujets après les grands mouvemens, les efforts de déclamation , les émotions profondes, etc. La dilatation de la poitrine dans l’enfance a lieu principalement par le mouvement des côtes; dans la vieillesse, par celui du diaphragme, dans l’âge adulte, par l’un et l’autre à la fois.
Chez l’homme malade, la respiration offre un grand nombre de symptômes. Nous exposerons d’abord ceux qui appartiennent aux mouvemens alternatifs d'inspiration et d'expiration ; nous parlerons ensuite de ceux qui sont accidentels, comme la toux, l’éternuement, etc.
$ LE. La respiration, considérée dans les mouvemens alternatifs d'inspiration et d'expiration , fournit un grand nombre de changemens relatifs, 1°. à la fréquence de ces mouvemens, 2°. à leur vitesse, 3°. à la quantité d'air inspiré et expiré, 4°. à la difficulté de la respiration, 5°. àses inégalités, 6°. au bruit qui l'accompagne, 7°. aux qualités de Pair expiré; 8°. enfin 1l faut joindre à ces phénomènes ceux que fournit l’auscultation de la poitrine.
Pour bien apprécier ces divers changemens, le médecin doit faire en sorte que le malade soit assis. ou couché sur le dos; il doit attendre que l'émotion occasionée par sa présence soit calmée, et ne point paraitre examiner cette fonction plutôt qu une autre, parce qu'elle est teliement sous l'influence de la volonté, qu’elle cesse de s'exercer suivant son
rhythme ordinaire dès l'instant ou la pensée du malade se fixe sur elle.
1°. La respiration est fréquente lorsque, dans un temps donné, dans une minute, par exemple, le nombre des inspirations et expirations est plus grand que dans l’état ordinaire; elle est rare lorsque ce nombre est plus petit.
2°. Elle est vite rie lès mouvemens d’inspiration et d'expiration s’exécutent avec rapidité ; lente dans les conditions opposées. La vitesse et la fréquence, la lenteur et la rareté existent simultanément dans la plupart des maladies dont le thorax est le siége. Néanmoins dans quelques cas, dans la pleurésie , par exemple, la respiration est vite sans être fréquente, ou du moins sa vitesse surpasse de beaucoup sa fréquence; d’autres fois même la respiration est vite et rare, comme on le voit souvent dans l’agonie, où le malade fait, à des intervalles éloignés, un effort rapide d’inspiration qu'il n Lhoé pas, et auquel succède un long repos.
3°. La respiration est grande lorsque le volume d'air qui pénètre dans les poumons à chaque inspiration est plus considérable qu’à l'ordinaire; elle est petite lorsque ce volume est moindre, comme dans la pleurésie et la péripneumonie.
4°. La dyspnée ( dyspnæa) (x), ou la difficulté de respirer, se présente sôus plusieurs formes. La respiration: est simplement laborieuse lorsque les efforts que fait le malade pour respirer nel’obligent
(1) Avorvou : de ds, difficilement , et rvéw, je respire.
240 DES SYMPTÔMES.- Sn point de se tenir sur son séant : si la gène de la respiration le force de rester assis, c’est l’orthopnée (1). Lorsqu’en même temps il y a menace ét danger de suffocation, c'est la. dyspnée: suffocante, anhéleuse ; enfin , il est une dyspnée dou-
loureuse, dans laquelle les mouvemens du thorax sont comme arrêtés par la douleur qui se fait sentir
pendant qu'ils s’exécutent, dans la pleurésie , par exemple. — La respiration haute ou sublime est celle dans laquelle le malade est obligé de se tenir assis, comme dans l’orthopnée, et de dilater le thorax, en élevant les côtes , comme dans la respiration grande. — La gène de la respiration est quelquefois portée au point que les contractions des muscles inspirateurs , et celles du diaphragme en particulier, sont comme convulsives : la poitrine et le ventre s'élèvent alternativement, le cou est renversé en arrière, le sternum est entrainé à chaque inspiration vers le rachis, surtout chez les enfans, et dans quelques cas tous les muscles du corps sont dans
un état de spasme, qui indique à la fois l'anxiété du malade et l'impuissance où il est de dilater suffisamment sa poitrine. La respiration enfin peut . être complètement suspendue, ce qui constitue l'apnée (2). La gène de la respiration: présente encore cette particularité remarquable , que tantôt l'inspiration et l'expiration sont également difficiles ,
et que tantôt l’une d'elles, et c'est toujours l'ex: : piration, s'exécute avec liberté, tandis que l’autré
(1) Op0orvou: de 6p0oç, droit, .et de nvéw ; je respire. (2) A privatif, rvéw, je respire.
| DES SYMPTÔME: | 24É 68t très-laborieuse, comme on l’ébsérve dans la maladie connue sous le nom d’oœdème de la glotte.
5°. La respiration est irégale lorsque le volume d'air qui pénètre dans le thorax est sensiblement différent dans un certain nombre d’inspirations successives; elle est irrégulière lorsque les mouvemens alternatifs d'inspiration et d'expiration ne sont pas séparés par des intervalles égaux ou qu'ils n'ont pas lieu selon l’ordre accoutumé : telle est la respiration iñtermittente ; dans laquelle l'intervalle qui sépare certaines expirahons de l'inspiration suivante est tellement long ; qu’une respiration entière aurait pu avoir lieu Hot ce temps ; telle est encore la respiration interrompue (interrupta) ; dans laquelle l'inspiration et l'expiration ne se font qu'à moitié, et se succèdent avec rapidité, sans être séparées par un temps de répos ; telle est enfin la respiration entre-coupée, dans laquelle la dilatation du thorax a lieu par plusieurs mouvemens d’inspiration ; et son resserrement par plusieurs expirations successives. Gette respiration est assez sem * blable à celle des personnes qui pleurent : on l’ob< serve quelquefois dans l’hystérie, el souvent dans le frisson qui forme le premier stade des fièvres in= termittentes:
6°. Dans l’état de santé, un frémissement À à peme “ sensible accompagne la respiration; un ronflement | plus ou moins fort peut avoir lieu dans le sommeil. Dans l'état de maladie, la respiration peut devenir siflante, suspirieuse, luctueuse ou plaintive, siertoreuse ou rälante. — La respiration sif{ante est caractérisée par ce bruissement aigu qu’on connaît
242 DES SYMPTÔMES. < sous le nom de sifflement, qui tantôt se fait entendré. dans l'inspiration et l'expiration, comme dans la compression de la traclice par une tumeur , ettantôt n’a lieu que dans l'inspiration , comme on l’observe dans quelques angines. — La respiration SUs— pirieuse ( suspiriosa ) est celle qui présente par intervalles, à la suite d’une inspiration plus grande, une expiration prompte et accompagnée d'un bruit particulier qu'on nomme soupir. — La respiration plaintive ou luctueuse (luctuosa) est caractérisée par des gémissemens qui se font entendre à chaque expiration; on l’observe dans les phlegmasies de poitrine et dans quelques fièvres graves. — Le bruit qui accompagne l'inspiration est quelquefois flûté, où semblable au son produit par un-tuyau d’airain ; ce symptôme n’est point rare dans la der=nière période du croup; dans quelques cas, mais * beaucoup plus rarement, l'expiration seule est so— nore, l'inspiration ne fait entendre qu'un bruit obscur. — La respiration séertoreuse est celle qui fait entendre dans les mouvemens d'inspiration et d'expiration un son fort et vibrant qu’ Aippocrate avait comparé au bruit de l'eau bouillante : dans la respiration rélante, ce bruit est plus faible. Le stertor diffère du ronflement par la gène des mouvemens de la poitrine qui accompagne le premier, et par l'endroit où le son est produit : le stertor parait avoir son siége dans la trachée et le larynx; le ronflement, dansles fosses nasales ou l’arrièrebouche, 7°. Les changemens que l’état de maladie déter= mine dans l'air expiré ont rapport à sa tempéra=
DES SYMPTOMESS 45 tuve et à son odeur: L” haleine est brélante dans la fièvre inflammatoire ; froide dans les affections adynamiques. Son odeur est douceâtre ou acide dans quelques maladies aiguës ; elle est fétide et nauséeuse dans les fièvres Re ét dans l'embarras t gastrique : quelquefois elle est ammoniacale ou semblable à celle d’un cadavre en macération ; comme dans la phthisie ulcéreuse : elle est moins vivé, mais aussi repoussante dans l’ulcère syphilitique de l’arrière-bouche: Il est à peine nécessaire de faire remarquer que l’ odeur de Pair expiré né dépend pas seulement des maladies des organes de la respiration : celles de la bouche, des fusées na= sales ét du pharÿnx l’'altèrent cvalement : c’est ce qu'on observe dans la FR mercurielle , dans le gonflement scorbut: ique des gencives , Hu l’angine membraneuse du a db affections dans desquelles l’haleine est d’üne fétidité insupportable.
La chimie à fourni à l’histoire de l’homme sain des résultats très-précieux sur les changemens que subit l'air atmosphérique dans les poumons. Il est à regretter qu’elle ne nous ait pas également éclairés sur les Ebafcations qu'apportent incontesta= blement dans ces résultats les affections diverses dont les voies aériennes peuvent être le siége. Len durcissement inflammatoire du poumon , son en- Yahissement par des tubercules, sa compression par un liquide épanché dans la plèvre, l'inflamma= tion de sa membrane muqueuse, les concrétions membraniformes qui la recouvrent dans quelques cas, sont autant d’affections dans lesquelles l'air qui pénètre dans les poumons éprouve des modifications
qu'il serait fort intéressant de connaître avec exacti= tude, et qui certainement sont différentes de celles qui ont lieu dans létat sain ; malheureusement, malgré les essais entrepris sur cet objet par Nysten et par quelques autres médecins, on na encore aucune donnée précise sur ce point de patho= logie.
8°. À ces phénomènes sur lesquels l'attention des médecins a été appelée depuis long-temps, il faut en joindre d’autres que M. Laennec a récemment signalés et qui ne sont sensibles que par le moyen du cylindre acoustique connu sous Le nom de stethoscope (1), ou par l'application immédiate de l'oreille sur la poitrine. | Si l’on applique sur la poitrine d’un homme sain l’oréille ou l'extrémité évasée du stéthoscope, ont entend pendant l'inspiration et l'expiration un bruit où murmure très-distinct produit par l'entrée et la sortie de l'air dans les cellules du poumon. Ce bruit n’est pas également marque dans tous les points de la poitrine; 1l l'est d'autant plus, comme la résonnance produite par la voix, que les parois thoraciques sont plus minces. Il est aussi beaucoup plus fort chez les ‘enfans que chez les adultes. Du reste, chez ces derniers , il peut offrir des différences d'intensité trèsgrandes sans qu'il existe de lésion dans les poumons : chez les uns il n’est sensible que dans les in
Ps " à s | PR ee
(1) De l’Auscultation médiate, on Traité du diagnoseic des maladies des poumons et du cœur, fondé principalement sur ce nouveau moyen d'exploration, par R.-T.-H. Laennec. Paris, 1019. |
| DES SYMPTÔMES. 245 spirations rapides ; chez d’autres 1l conserve pendant toute la vie la force qu’il offrait dans l'enfance ; chez presque tous, un des poumons peut accidentellement présenter ce murmure puéril, lorsque l'autre poumon devient accidentellement impropre à la respiration.
Dans l’état de maladie, le murmure naturel de la respiration peutdiminuer, cesser, augmenterou être remplacé par d’autres bruits très-différens, dans une portion plus ou moins considérable de la poitrine.
Le murmure respiratoire devient moins sensible dans lapneumonieau premier degré,danslecommencement de plusieurs autres maladies de la poitrine qui, parvenues à une période plus avancée , donnent lieu dans les points qu'elles occupent à la suspension complète du bruit respiratoire. Cette suspension à lieu dans la pneumonie au second et au troisième degré, dans l’'emphysème, la dégénérescence cancéreuse et tuberculeuse, les kystes et autres productions accidentelles développées dans le tissu pulmonaire, les épanchemens de liquides séreux ou purulens, desang , de gaz dans les cavités des plèvres.
La suspension du bruit respiratoire dans une